Tentative de TROPHEE JULES VERNE
du 8 au 13 février 2004 remerciements à
Le trimaran quittera alors le ponton du port militaire en milieu d'après-midi pour aller se positionner au large de Ouessant. Une décision définitive sera prise dans la soirée.
Les onze braves devront la recouper avant le 13 avril à 4 h 57 m 46 s GMT pour remporter le challenge. Les conditions sont considérées comme raisonnables avec moins de 15 noeuds de vent au départ. Geronimo devra traverser le Golfe de Gascogne en bordure d'un système d'engrenage d'anticyclones qui devraient emener le trimaran jusqu'aux Alizés. Cette tentative de Trophée Jules Verne est la 7ème pour Olivier de Kersauson qui compte à son actif 5 tours du monde achevés en qualité de skipper et 2 en qualité d'équipier d'Eric Tabarly. L'équipage totalise 18 tours du monde à bord de multicoques. Il y a 3 "petits nouveaux" à bord : Philipe Laot, Armand Coursaudon et Xavier Briaud. Souhaitons à tout l'équipage bon vent, un peu d'audace et beaucoup de prudence !!!
Position à 20 h 21 GMT : lat 42°42 N long 12°20 W - 462 miles parcourus - moyenne 19,25 noeuds.
Position à 20 h 21 GMT : lat 37°01 N long 16°33 W - 393 miles parcourus - moyenne 16,36 noeuds.
Position à 20 h 20 GMT : lat 32°41 N long 21°54 W - 370 miles parcourus - moyenne 15,44 noeuds.
Position à 20 h 21 GMT : lat 24°10 N long 24°01 W - 523 miles parcourus - moyenne 21,79 noeuds.
Extraits de la vacation radio : "Nous sommes dans les temps pour remonter, on n’est pas loin. On est à 6/7 jours de route de Brest, on a le temps de retourner à la voilerie pour remettre les problèmes à plat. Vraisemblablement, on va trouver une solution à ce problème mécanique, complètement imprévisible, ça nous laisse le temps de revenir dans des délais relativement rapides En confectionnant les pièces différemment et les montages aussi, ça devrait permettre d’éviter ces cisaillements et ces ruptures. Je pense que le problème pourrait être réglé en 2 ou 3 jours et après refaire route.
C’est tout le problème des voiles neuves, on ne tire pas trop dessus à l’entraînement pour qu’elles le restent, et là paradoxalement, nous n’avons pas trop tiré dessus et ça a cassé ! Ça ne sert à rien de se plaindre, tout ça c’est du passé. L’actuel de Geronimo, c’est maintenant de remonter à Brest, de passer à la voilerie, de remettre ça propre et de recouper la ligne de départ. Ça va se régler. Ça ne sert à rien d’épiloguer, on se retrouvera bientôt dans une nouvelle descente de l’Atlantique, sauf si le destin nous met 40 baleines en travers de notre route ou 60 calamars géants L’équipage de Geronimo est formidable, en manœuvre, quand il a fallu récupérer la toile déchirée, ce n’est jamais simple, les manœuvres ont été impeccables. Pas un seul morceau de tissu n’est tombé dans l’eau. Tout était nickel. Nous sommes, avec l’équipage, exaspérés et très content à la fois de cette navigation. Lorsque j’ai annoncé que nous faisions demi-tour, je n’avais pas besoin de le dire, ils avaient tous bien compris qu’avec cette casse mécanique, on ne pouvait pas continuer après seulement 4 jours de mer depuis le départ. Et continuer un tour du monde en ayant en soute 400 kg de voile qui ne servent plus à rien et qui ne sont plus utilisables, et un gennaker qui risque, pour les mêmes raisons, de se déchirer comme les deux autres. C’est un problème de tissu, il ne faut pas jouer avec ça ..."
"On commençait à toucher des lumières de printemps. Nous étions au large des Canaries. C'était mai au mois de février. C'est une chose rare de voler un mois qui ne nous appartient pas. C'était une descente délicieuse et, même si nous sommes habités par la performance, on ne se lasse jamais de ces plaisirs secondaires. C'est le privilège de notre curieux métier. Est-ce un bonheur collatéral ? Ça y ressemble."
photos Yannick Le Bris que je remercie vivement pour son envoi
Geronimo a peiné pour rentrer à Brest sous voilure réduite (deux, voire trois ris et trinquette). « On a la tête dans le guidon pour le moment. En plus, on a eu des conditions éprouvantes pour remonter vers Brest. Du 40 noeuds sur le pont en pleine poire ». Olivier de Kersauson ne comprend toujours pas ce qui a pu causer la dégradation des gennakers et du solent : « C'est une série de voiles neuves qui a lâché. Il s'agit probablement d'un problème de montage des panneaux. Tout cela est anormal car les voiles ont cédé dans des conditions maniables, voire douces ». A Brest, 18 personnes sont mobilisées tout le week-end pour la remise en état. Bertrand Cudennec, patron de la voilerie, ne se risque à expliquer quoi que ce soit. L'important est de savoir si elles sont réparables, et si oui dans quel délai : « Pour ce qui est des médium, je pense que sous 36 heures c'est jouable. » Le problème réside davantage sur l'autre type de gennaker, conçu à partir de matériaux spécifiques et difficiles à se procurer sous huitaine : « S'il n'y a pas la possibilité de rapiécer les parties déchirées avec du Cuben fiber, il faudra tout simplement se résoudre à changer de voile. » Une alternative de dernier ressort, mais déjà envisagée afin de permettre à Geronimo un départ rapide.
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