Dommage qu'ils ne partent pas tous en même temps, nous aurions eu une superbe régate ...
« On est prêt depuis le 20 décembre, mais il n'y a pas grand-chose pour l'instant du côté météorologique. Peut-être d'ici sept ou huit jours, mais ce n'est pas encore sûr. » En attendant l'équipage peaufine les ultimes réglages de Géronimo. S'il reste discret sur les modifications techniques apportées au bateau, Olivier de Kersauson est plus disert sur une préparation dans laquelle les sorties en mer ont été nombreuses. « Nous avons beaucoup navigué », relève-t-il, tout en soulignant la bonne intégration des trois nouveaux équipiers (Xavier Briault, Armand Coursaudon et Philippe Laot). « Ils se sont vite adaptés au bateau, mais ce n'est pas bien compliqué. » Comme l'an passé, Géronimo s'attaque au trophée Jules-Verne en devant composer avec la concurrence. Sur Orange II, Bruno Peyron devrait partir en février tandis que Steve Fosset vient de mettre en émoi le monde de la mer en refusant de s'acquitter des droits d'inscription du trophée... tout en étant sur le point de mettre les voiles avec Cheyenne pour faire la course «Fosset fait ce qu'il veut, c'est son problème ... c'est un trophée fondé sur l'honneur et l'élégance, mais personne n'est obligé d'y adhérer». Cette concurrence ne bouleverse pas Olivier de Kersauson, son seul objectif étant de faire mieux que les 64 jours 8 h 37'24'' réalisés par Bruno Péron en 2002. « Notre vrai challenge, c'est de faire péter le record. Peyron et Fosset ont un beau bateau et ce serait bien que l'on parte en même temps. Mais on pense à la concurrence une fois sur l'eau, pas avant. » (source Ouest France)
Pour le moment, il n'y a pas de fenêtre météo prévisible avant la fin du mois de janvier.
de Plymouth au plus tard vendredi après midi pour se positionner dans la nuit a proximité de la ligne de départ. (Cap Lizard - Ouessant)
Ce record est accroché pour un bon moment.
Compte tenu de la date tardive du départ, le Français Thomas Coville a du renoncer au challenge, pour préparer ses projets nautiques 2004 personnels.
Question : Pensez-vous être capable de boucler le Jules-Verne en moins de 60 jours dans des conditions idéales ? Peyron : Il n'y a jamais de conditions idéales. Sur ce tour du monde, il y a à peu près six partiels, deux à la descente, deux en bas, deux à la remontée. On a bien regardé toutes les tentatives depuis notre première en 93, c'est intéressant de noter qu'à chaque fois, il y a eu le même pourcentage (un tiers-un tiers-un tiers) de bonnes conditions, de très mauvaises et de moyennes. La meilleure démonstration pour ceux qui parlent de 60 jours et à mon avis rêvent un peu, c'est que si on additionne les meilleurs partiels de toutes les tentatives, on est déjà à 59. C'est donc quasiment impossible car on n'aura jamais les conditions qui nous permettront de faire ça. Question : Vous pensez que Cheyenne ou Geronimo prendront le record ? Peyron : Oui, parce qu'on sait qu'on n'a pas beaucoup poussé en 2002, ils ne peuvent pas casser ou mal naviguer tous les deux ! Et comme manifestement, ils ont pas envie de nous attendre ...
"Une belle légende - Depuis mardi matin, on dit et répète que Francis Joyon est « entré dans la légende de la voile ». Comme toujours, quand l'émotion me prend, je consulte le dictionnaire. J'aime savoir pourquoi mon cœur bat. Au mot « légende », j'ai trouvé, parmi quelques autres, une belle définition : « Texte qui accompagne une image et qui lui donne un sens ». Oui, monsieur, votre course est une belle légende. Car elle donne plus de sens à notre planète. Votre vitesse m'intéresse moins que ce qui l'a rendue possible : ce formidable dialogue avec vous-même, la mer et les vents. Les enfants d'albatros sont des chevaliers. Kenavo ar sizhun all."
Une décision définitive sera prise dans la soirée.
Question : Le fait d'être trois sur la ligne de départ cette fois-ci induit-il une stratégie dans le choix du moment de l'appareillage et la navigation qui s'ensuit ? OdK : "Nous ne sommes que deux. Peyron et moi. Question : Que faites-vous du milliardaire américain Steve Fosset ? OdK : " Il n'est pas inscrit dans le Jules-Verne. Il ne fait pas le Jules-Verne. Je ne sais pas ce qu'il fait... Il ne veut pas payer son inscription". Pourquoi ? OdK : " C'est un mauvais choix de sa part. Le record du tour du monde s'est fait sur ce parcours-là dans le cadre du Jules-Verne. C'est son problème (il ronchonne)". Question : Et s'il part sans payer et qu'il bat le record ? OdK :" Attendez... (il élève la voix) Le règlement du Trophée Jules-Verne est clair : on ne peut y participer sans prévenir longtemps à l'avance de son départ. Afin que des hommes du Jules-Verne viennent regarder votre bateau pour voir s'il y a bien le bon matériel. Un exemple ? Si on retire le mouillage, cela fait déjà 200 kilos de moins... Le Jules-Verne n'a pas été créé pour le plaisir de faire des règlements. Le Jules-Verne a été créé par des marins pour qu'une épreuve appartenant à des marins soit gérée par des marins et qu'il n'y ait pas d'organisateurs en peau de lapin qui viennent décider ce que l'on fait. C'est d'une simplicité totale ! Pourquoi faut-il payer pour entrer ? Parce que s'il n'y a pas d'avocats pour défendre le nom Jules-Verne, le concept, etc., tout le monde essaierait de nous le confisquer. On l'a fait pour garantir une pureté au Jules-Verne. Vous avez déjà vu des banderoles ? Non, c'est le Trophée Jules-Verne, point. C'est propre, élégant, maritime. Pour ça, des gens comme Peter Blake, Peyron, MacArthur, moi où Tracy Edwards nous avons tous payé 30 000 euros. Pas pour se faire un petit club restreint, puisqu'on accueille volontiers des gens. Mais pour justement que ce trophée conserve toute son énergie. Quand un mec prétend venir s'attaquer au record du tour du monde qui n'a été accompli que sur le Trophée Jules-Verne, sans y participer je ne trouve pas ça bien. À ce moment-là, il ne faut pas qu'il vienne couper la ligne de départ du Jules Verne. En plus son éventuel record à l'arrivée ne pourrait exister qu'en fonction des temps déjà établis depuis 1993. J'ai du respect pour Fosset, pour ce qu'il a fait, mais je trouve un peu dommage qu'il ne vienne pas nous aider à conforter le Jules-Verne. En plus, nous ne sommes que trois à l'avoir décroché, cela serait bien qu'il y en ait un quatrième ".
Avant le départ, Bruno Peyron a déclaré : «Nous n'avons pas le choix. Je me doutais que Fossett et Kersauson ne nous attendraient pas. Ils ont pris leur décision et je préfère ne pas faire de commentaires. Je suis juste frustré d'être privé de combat. En plus de la stratégie météo que l'on trouve sur une tentative de record, la régate nécessite de la tactique. C'est encore plus intéressant ... Pour gagner, il faut déjà arriver. Donc le record des 24 heures ou un tour du monde en moins de 60 jours ne sont pas d'actualité. Mes objectifs sont les mêmes : concentration, lucidité, ambition et humilité.» Se basant sur la somme des meilleurs temps de référence enregistrés à ce jour sur tout le parcours, Bruno Peyron pense qu'il n'est pas possible de descendre en dessous des 60 jours. A suivre ... Geronimo approche de la pointe nord-ouest de l’Espagne, il est attendu demain soir ou vendredi à Brest. Dès la mise à quai effectuée, les gennakers seront acheminés chez le voilier pour modifications. La voilerie a mis en place tous les moyens disponibles pour remettre en état les voiles concernées dans les plus brefs délais. L’avitaillement sera complété pour compenser les 10 jours d’aliments déjà consommés et le trimaran sera alors prêt à se relancer sur le parcours. Le skipper et la cellule météo sont dors et déjà concentrés sur l’étude du nouveau départ. Olivier de Kersauson considère qu'Orange 2, qui s’est élancé ce matin avec une belle et large fenêtre météo est « un sérieux client », sûr et expérimenté, avec un catamaran high-tech de taille et de puissance extraordinaires. Geronimo se sent bien petit face à ce nouveau lièvre, mais cela ne lui retire point son appétit ...
Déclaration du skipper : « Ce qui nous est arrivé ne nous permet pas de continuer la course mais nous sommes encore suffisamment proches du départ pour pouvoir revenir, réparer notre avarie et reprendre un départ. On n'a pas d'explication à ce problème parce qu'on est sûr de ne rien avoir touché. Personne n'a rien senti à la barre. Il est possible que cet élement sensé servir de fusible soit un peu faible. Le problème actuel est que nous nous trouvions dans des conditions de vent et de mer exceptionnelles pour continuer notre glisse au portant, et que nous allons devoir maintenant remonter au près contre un vent de 35 noeuds. »
Victime d'une avarie de gréement alors qu'il comptait un jour d'avance sur le record de Bruno Peyron, Cheyenne a un moment envisagé de faire route sur le Cap de Bonne Espérance distant de 1000 miles nautiques. Steve Fossett et son équipage ont réussi à réparer avec les moyens du bord et ont ainsi pu reprendre leur cap initial.
C'est le deuxième record mythique fracassé cette année avec la performance réalisée début 2004 par Francis Joyon en multicoque. Victoires de deux marins hors normes, mais également de deux hommes humbles et au grand coeur. Ces nouveaux temps de référence sont en béton. Jamais deux sans trois ? Fossett est un sérieux postulant pour le 3ème record (tour du monde sans escale, en équipage, sur multicoques). Au 30ème jour de navigation, il compte près de 4 jours d'avance (2200 milles nautiques) sur le record de Bruno Peyron ... Mais Olivier n'a pas dit son dernier mot !
A titre de rappel Steve Fossett a choisi de ne pas faire le tour du monde dans le cadre du Jules Verne, mais sur la base des règles de la WSSRC qui sont les suivantes : il faut que le concurrent parte et revienne au même point, qu'il franchisse les trois caps, qu'il avale au moins 21.600 milles, qu'il croise tous les méridiens de longitude au moins une fois et enfin qu'il coupe l'équateur.
Olivier de Kersauson a toujours considéré que « La priorité d'un tour du monde est de ramener les hommes, le bateau, et enfin le Trophée. »
Au delà de l'exploit sportif incontestable, les innocents qui s'extasient benoîtement devant le tour du monde de Fossett devraient méditer un peu sur les conséquences de sa victoire sur l'existence même du Trophée Jules Verne ... Il serait bien naïf d'imaginer que des raisons financières puissent être à l'origine de sa non participation au challenge.
Olivier de Kersauson et son équipage ont reçu la médaille de la ville de Brest des mains de son Maire et un chèque de 1000 euro pour chacun. Cette récompense est remise à tout équipage qui s'engage sur le Trophée Jules Verne en faisant un standby à Brest d'au moins 48 heures avant le départ et revient à Brest à son retour en restant une nouvelle période de 48 heures dans le port. Par ailleurs, Olivier de Kersauson, président de l'association Tour du monde en 80 jours, va engager des démarches auprès du Musée de la Marine à Paris afin que le Trophée Jules Verne soit exposé à Brest pendant l'année 2004. remerciements à |