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La médiocrité de l’autre ne me surprend plus, je connais la mienne


Olivier de Kersauson



Olivier de Kersauson
En ville, OdK se dit " timide réservé ", d'autres le traitent d'ours mal léché :
" Ours mal léché non, j’ai été bien léché parfois … "
" J'aime bien être tranquille, tout seul. J'ai toujours considéré la compagnie de l'autre comme un plaisir, pas comme un besoin. Je ne suis pas quelqu’un de disponible, pour me parler il faut avoir rendez-vous. Je ne suis pas grossier, je suis assez brutal. Je ne veux pas passer cinq minutes de ma vie avec quelqu’un que je n’ai pas envie de voir. Je suis le roi de l’esquive. "

" Plus je vais en âge, plus j’ai le respect de l’autre. J’aime bien le vocable miséricorde dans le sens le plus profond du terme. Ce n’est sûrement pas de la pitié, mais c’est l’acceptation de l’autre dans son entité. Les gens font ce qu’ils peuvent et non pas toujours ce qu’ils auraient aimé faire. Je ne me suis jamais construit sur le mépris de l’autre, cela ne veut pas dire que l’autre est autorisé à m’emmerder plus de cinq minutes. ... J'aime bien les gens aussi, mais pas trop. L'autre doit rester un plaisir."

" Ma pensée ne se repose qu'en mer. Je ne fuis pas mes semblables. D'abord pour être honnête, ils ne m'intéressent qu'assez peu pour que je les boude vraiment. "

" J’ai toujours été heureux à Brest, les choses sont fortes ici, les gens ont une âme. " ... " Même pour un nomade comme moi, je me dis parfois que si je devais quitter la Bretagne pour « toujours », eh bien je crois que j'en mourrais. "

" Il n'aime pas qu'on l'appelle l'Amiral " cela m'énerve, d'ailleurs cela m'énerve quand on m'appelle en général. Je ne crois pas de ma vie avoir adressé la parole en premier à quelqu'un. "

" Je reste violemment indépendant, pas du tout sensible aux trucages de la tape dans le dos et plein de hargne pour le tutoiement, cette maladie de la fausse proximité. Je suis d'une époque où l'on appelait les gens par leur nom de famille. Disons que, réfugié dans l'âge mûr, je me suis aussi retranché de certaines familiarités. " " Parmi les legs de Tabarly, la dimension exacte de ce qu'est l'indifférence est sûrement celui qui me sert tous les jours. "

A ceux qui le disent misogyne, il répond : " La partie romantique de l'amour m'a assez vite échappé, la partie fonctionnelle, le simulacre de la reproduction m'intéressent énormément, le sexe est un moment d'absolu. "

Si on lui demande est-ce que vous préférez aimer pour faire l'amour ou faire l'amour pour aimer, il répond "je m'en fiche de votre question à la con, j'aime faire l'amour quand j'en ai envie, c'est tout"

Odk a eu un fils (Arthur) avec Caroline Piloquet (née en 1958), belle fille par alliance de Georges Verne, lui même arrière petit fils de Jules Verne : " Je suis content d’avoir un garçon mais cela m’a obligé à faire des métiers que je n’aurais pas faits si je n’avais pas eu un enfant à élever. " Caroline est décédée le 11 mars 2005 à Neuilly-sur-Seine. A cette occasion il a déclaré : " C’est une femme formidable. Je n’étais peut-être pas fait pour faire un mari magnifique, mais c’est quelqu’un de qualité. "
En 2013, il annonce son mariage avec Sandra, jeune femme de 39 ans, rencontrée à Tahiti.

Il n'aime pas les conflits de couple, ne sait pas rompre, il part tout simplement en mer. " Le paradis terrestre est quand Eve arriva et l'enfer quand Adam en pris d'habitude "

Vous pensez qu'on vous connaît plus parce que vous êtes marin ou parce que vous êtes marrant ! " Je ne sais pas, ... je m'en fous d'ailleurs, ce qui m'intéresse c'est ce que je connais moi, ... de moi "

Olivier de Kersauson méprise les honneurs, la vanité, le pouvoir, l'argent : " Si quelqu'un me dit un jour : On vous donne cent millions de dollars et vous changez d'activité. Je réponds non, sans même réfléchir. Je me demande parfois comment est fait le cerveau de celui qui n'a jamais vu la mer. Si j'étais l'homme le plus riche du monde, je ferais ce que je suis en train de faire. J'aime cette vie, elle m'amuse, elle m'intéresse, elle m'enthousiasme. "

En 2001, à un journaliste spécialisé en économie qui lui pose la question : "Olivier de Kersauson, vous êtes un homme riche ???", il répond d'une pirouette de la langue faisant goulûment le tour de la bouche, feignant l'outrance, esquissant un sourire, la malice jusqu'au plus profond de son regard bleu : " Ah, je vois votre oeil qui frétille ... l'argent, il n'y a que cela qui vous intéresse. Pour moi la véritable richesse est d'être abrité, de ne pas avoir faim et de ne pas devoir choisir entre acheter du fioul pour se chauffer ou du gaz oil pour se transporter. "

" J’ai un rapport avec l’argent qui est hyper malsain. J’aime le gagner, parce que c’est un combat, mais après je ne sais pas m’en occuper, je ne sais pas le gérer. " - " Je n'ai besoin de rien, je suis un nomade, je ne m'attache à rien. Comme on n'emporte rien dans la tombe, je n'emporte rien avec moi. "

" On a la chance d’être vivants, donc on doit être actifs, on doit se battre. Il faut avoir un certain sens de l’essentiel. On a des devoirs de comportement, des obligations. "

" Il n'y a pas de belle mort. La mort est infecte. La mort en mer est aussi dégueulasse que les autres, c'est toujours une merde totale. C'est voir disparaître des gens qu'on aime ou qui sont aimés par d'autres, c'est la fin d'une intelligence, c'est la fin d'une capacité d'émotion. Non non, personne ne veut la mort. "

" J’ai compris que je mourrai seul. C’est un geste d’amour de tenir la main de celui qui se débat dans les affres de la mort. Je ne me fais pas d’illusions : je finirai seul. Je suis accroché à ma solitude. Cela ne signifie pas que je suis complètement fermé à l’amitié, mais c’est mon plaisir d’être seul comme c’est mon plaisir de naviguer."
 
documentation :
Thé ou café (C. Ceylac - France 2 )
Homme libre (OdK et Jean Noli - Fixot)
Fortune de Mer (OdK et Jean Noli - Presses de la Cité)
Ocean's Songs (OdK - Le Cherche Midi)