Trophée Jules Verne 2016
2017
 
Record de Francis Joyon / Idec Sport ( page 2 / 2 )
   

Temps partiels
(depuis Ouessant)
Équateur
Cap Bonne
Espérance
Cap des
Aiguilles
Cap
Leeuwin
Tasmanie
Anti-
méridien
Cap
Horn
Équateur
Ouessant
2011/2012
Loïck Peyron
Banque Pop. V
5j 14h
55m 10s
11j 21h
48m 18s
11j 23h
49m 18s
17j 23h
57m 18s
20j 7h
11m 33s
22j 11h
34m 12s
30j 22h
18m 48s
38j 2h
45m 48s
45j 13h
42m 53s
2015/2016
Yann Guichard
Spindrift 2
4j 21h
29m 2s
11j 22h
4m 2s
12j
2m 2s
18j 11h
25m 2s
20j 4h
37m 2s
22j 7h
43m 2s
30j 4h
7m 2s
39j 13h
31m 2s
47j 10h
59m 02s
2016/2017
Francis Joyon
Idec Sport
5j 18h
59m
12j 19h
28m
12j 21h
22m
17j 6h
59m
18j 18h
31m
20j 7h
4m
26j 15h
45m
35j 4h
9m
40j 23h
30m 30s
 
Ouessant /
antiméridien
de l'antiméridien à Ouessant
les informations non sourcées proviennent de : www.idecsport-sailing.com

05/01/17
Antiméridien
 
Francis Joyon et ses 5 équipiers ont coupé la longitude 180° E/W, marquant le franchissement de l'antiméridien, le jeudi 5 janvier 2017 à 15 heures et 23 minutes TU, soit après 20 jours, 7 heures et 4 minutes de mer depuis Ouessant.

Idec Sport compte une avance de 2 jours, 4 heures et 30 minutes sur son concurrent virtuel Banque Populaire V.

06/01/17
Cap au Sud
 
Francis Joyon : « On espérait faire un seul empannage, on en a fait de nombreux. Ça a été un peu plus compliqué (que prévu) parce que chaque fois qu’on revenait tribord amure, on rentrait dans une zone sans vent qui séparait les deux dépressions. Donc on a tricoté pour sauter de la dépression qui nous a accompagnés pendant dix jours, jusqu’à celle qu’on vient d’accrocher. On n’était pas certain de réussir à l’attraper par les cheveux. On était un peu inquiet. Mais ça l’a fait.

On pique en diagonale vers le Sud. On va se retrouver assez rapidement vers 57° Sud et après on y restera. On n’aura pas de raison de remonter.

Jusqu’au Cap Horn on aura plusieurs systèmes à traverser. Une dépression qu’on attrape par le Nord puis on visera son centre de façon à pouvoir ressortir dans des vents de Nord-Ouest. Après on aura un anticyclone qui barrera la route et nous obligera à descendre très très Sud dans les glaces. Il faudra réussir à se faufiler entre les glaces et cet anticyclone en descendant le plus Sud possible. J’espère que l’Océan Pacifique sera à la hauteur de non nom et qu’il nous amènera de bons vents portants.
»

Bilan jour 22 - distance en 24h : 679.20 mn - moyenne : 28.30 nds - reste : 9 717.80 mn - avance : 976.30 mn
 

07/01/17
« Au Horn, on serait très largement dans les temps du record »
 
Francis Joyon et ses équipiers ont rattrapé en 48 heures les quelques 200 milles nautiques perdus, en basculant d'un système météo à un autre. À la clôture de la 22e journée de navigation il comptaient une avance de 976.30 milles nautiques par rapport à Banque Populaire V, détenteur du record depuis 2012.

Après avoir parcouru 1/3 du Pacifique, positionné par 55° 50' Sud, à 2 650 milles nautiques du Cap Horn, le trimaran naviguait à la vitesse de 35.70 noeuds, cap au 98 avec une VMG de 33.70 noeuds (94.4%).

Francis Joyon : « La nuit dernière, on eu pas mal de mer qui nous empêchait de dépasser les 30 nœuds. On butait dans les vagues. Petit à petit on s’éloigne du centre de la dépression, ce qui fait que la mer se lisse un petit peu et on peut accélérer depuis 2-3 heures. Il y a quelques heures, on avait 43 nœuds de vent avec à peu près 5 mètres de mer. C’est en train de mollir à 28-30 nœuds, de ce fait la mer baisse en même temps.

On est en train de faire du Sud, on descend vers les glaces. Cette nuit, on va descendre encore plus Sud pour essayer de se glisser sous un anticyclone. La météo est vraiment favorable.

Les marins sont superstitieux
(au sujet de l’Eta au Cap Horn), ils n’osent pas trop dire ce genre de choses. Mais, au vu de la météo, on serait très largement dans les temps du record. »

Bilan jour 23 - distance en 24h : 676.20 mn - moyenne : 28.18 nds - reste : 9 045.50 mn - avance : 1188.20 mn

07/01/17
Tout est possible
Les visiteurs, les plus assidus et les plus attentifs, de ce site auront certainement noté que Bruno Peyron conserve dans sa musette, depuis 2005, le plus vieux record WSSRC, sur un tour du monde. Il s'agit du record de la traversée de l'Océan Pacifique, de la pointe Sud de la Tasmanie au Cap Horn, établi en 8 jours, 18 heures et 8 minutes, à bord du catamaran Orange II.

Vous voyez où je veux en venir ? Moi aussi...

Selon la règle édictée par le WSSRC, pour battre ce record d'une minute, Idec Sport devra franchir la longitude du Cap Horn au plus tard le jeudi 12 janvier 2017 à 20h57.

Si Francis Joyon et ses équipiers réalisaient cet exploit, je n'ose même pas vous dire quelle avance ils auraient sur Banque Populaire V ! Pour vous préparer psychologiquement au choc, faites donc le compte sur un bout de papier.

Nous en reparlerons...

08/01/17
Au milieu de nulle part
 
Idec Sport croisait, ce matin, par 133° W et 58°4' S, zone éloignée de 2 100 milles nautiques (3 900 kilomètres), de toute possibilité d'assistance. En cas de besoin, aucun moyen aérien ne serait à même d'intervenir. Seuls des moyens maritimes pourraient être mis en œuvre, mais en comptant près sept jours de voyage avant d'être opérationnels. Désert glaçant où l'homme n'est plus confronté à un record, mais à lui-même.

Francis Joyon : « On a été embêté par une brume tenace toute la journée. On voyait à peine plus loin que l’étrave du bateau. Elle s’est levée et on voit à 100 mètres, 200 mètres devant nous. Dans la nuit on a eu un écho radar (provoqué par un iceberg) à 6 milles, par le travers. Rien de bien inquiétant puisqu’on ne faisait pas route dessus. On a continué notre route en surveillant l’écho qui a défilé rapidement. Il y a un polygone de glaces au nord de la mer de Ross mais on est en train de s’éloigner de cette partie à risques plus élevés.

En ce moment, on tient une vitesse de 25 nœuds, avec le maximum de toile, grand gennaker, grand-voile haute et le bateau marche bien. On va rester encore un peu de temps par 59° Sud et même un peu plus Sud. Le vent est trois-quarts arrière. Il va adonner et va passer complètement à l’arrière. On va être amené à tirer des bords. Selon la bande de vent la plus forte, on tricotera un peu plus Sud que 59° ou un peu plus Nord. Il y aurait une cinquantaine d’empannages à prévoir avant d’approcher le Horn.

En ce qui concerne le Cap Horn, il y a une grande incertitude. Les fichiers indiquaient qu’il fallait passer très Nord, à toucher la côte en atterrissant par le Nord du cap. Il y a des petites dépressions pas très actives avec des centres mous, sans vent. Le but est d’éviter ces calmes plats. Ça ne pas être simple. Un dernier fichier indique qu’il faut au contraire plonger plein Sud pour essayer de se faufiler avant que le centre dépressionnaire ne se colle à la côte. On est dans l’incertitude totale sur la manière dont va se passer l’atterrissage sur le Cap.
»
 

09/01/17
« Accumuler du matelas »
 
Francis Joyon : « On fait des petits bords entre le 58e et le 60e, dans un petit couloir de vents un peu plus soutenus. Cela permet d’avoir la meilleure progression vers le Cap Horn.

Marcel
(Van Triest, routeur) nous a signalé une zone située par 86° W et 57° S, avec quelques icebergs qui pourraient se disloquer et faire des petits growlers. On restera un peu plus dans son Sud.

Il y a une zone de calmes qui s’étend en direction du Cap Horn. On va faire notre possible pour la contourner par le Nord. Même si on arrive avant elle, elle nous rattrapera dans le détroit de Lemaire. Il y aura forcément un moment difficile pour nous où on aura des calmes et peut-être même un peu de vent debout. Après, peut-être, si tout se passe bien, on aura des vents portants pour continuer à remonter.

On est dans une latitude où chaque mille ne compte pas double mais beaucoup. Quand on navigue par 60° Sud, la progression en direction du but est beaucoup plus rapide que si on est plus Nord. On aura des conditions favorables pendant encore presque deux jours. On espère encore creuser l’avance. On sait que l’Atlantique est toujours très incertain. Il faut accumuler du matelas, des milles d’avance, pour augmenter nos chances d’être bien pour la ligne d’arrivée.

Nous passerons le Cap Horn dans un peu plus que 3 jours, mais cela va plutôt être 4, je crois.
»

Bilan jour 25 - distance en 24h : 582 mn - moyenne : 24.25 nds - reste : 7 968 mn - avance : 1 712.70 mn
 

10/01/17
En direction du Horn
 
À la clôture de la 25e jounée de navigation, Idec Sport comptait 1 712 milles nautiques d'avance sur son concurrent. Il lui restait 7 968 milles nautiques à parcourir pour rejoindre Ouessant, soit un rapprochement par rapport au but de 545 milles nautiques en 24 heures.

Il pourrait franchir le Cap Horn dans sa 28e journée de navigation, enregistrant ainsi une avance confortable d'un peu plus de 3 jours. Mais pour l'instant, compte tenu des prévisions météo actuelles, la remontée de l'Atlantique Sud devrait être compliquée, voire même très compliquée...

Francis Joyon : « Il y a un petit mieux ce matin sur le fichier CEP qui laisse espérer un passage du Cap Horn assez rapide. D’autres fichiers montrent des séries de dépressions sans vent sur notre route. Rien n’est acquis mais on peut dire que c’est un peu meilleur qu’hier. On va faire route le plus possible vers le 90. À un moment donné il faudra choisir entre la route relativement Sud, plus rapide mais risquée, et la route Nord, plus lente mais qui permet de garder du vent plus longtemps.

Un fichier prévoit le passage (du Cap Horn) dans 1 jour et 7 heures et un autre dans 2 jours et 2 heures. (Cette vacation ayant été enregistée à 14h30 heure Française, cela donnerait un franchissement du Cap Horn, soit le 11/01 vers 21h30, soit le 12/01 vers 16h30. Dans les deux cas, le record WSSRC de la traversée su Pacifique tomberait.)

On creuse, on creuse. L’idée est d’avoir un petit matelas d’avance au Cap Horn car on sait que l’Atlantique va être très compliqué. On peut y perdre beaucoup de temps. Il y a beaucoup de systèmes à traverser avec beaucoup de transitions. C’est important d’avoir ce petit matelas d’avance et 1500 milles en matière de vitesse de multicoque c’est à la fois beaucoup et à la fois peu quand on se retrouve arrêté dans un calme et qu’un bateau
(BP V) galope à 600-700 milles par jour. Donc on est très content d’avoir ce petit matelas. »

Bilan jour 26 - distance en 24h : 623.90 mn - moyenne : 26 nds - reste : 7363.10 mn - avance : 1 940.10 mn

11/01/17
Le Cap Horn par la face Nord
 
Finalement, Francis Joyon a empanné le 10 janvier vers 19h36, décidant ainsi de suivre une route Nord pour parer le Cap Horn.

Idec Sport s'est rapproché du but de 604.90 milles nautiques dans les dernières 24 heures, ce qui constitue une très belle performance compte tenu des empannages réalisés dans la journée. À la clôture de la 26e journée, il était distant de 350 milles nautiques du cap mythique et comptait 1940 milles nautiques d'avance sur Banque Populaire V.

Francis Joyon et ses équipiers devraient couper la longitude 67° 16' marquant le franchissement du Cap Horn, dans la 2e partie de la nuit. Les routages divergent sur l'heure d'atterissage. Entre 1h et 2h du matin pour l'un et entre 5h et 6h du matin pour l'autre. Dans ces deux cas, Idec Sport fixerait un nouveau temps intermédiaire de référence sur la distance Ouessant - Cap Horn en près de 26,5 jours et, il empocherait le plus vieux record WSSRC à battre sur un tour du monde : Tasmanie - Cap Horn en environ 8 jours. Il était détenu depuis 2005 par Bruno Peyron en 8j 18h 8m.

Bilan jour 27 - distance en 24h : 460.50 mn - moyenne : 19.19 nds - reste : 6 880.50 mn - avance : 1821.70 mn
 

12/01/17
Cap Horn : la moisson continue
 
Francis Joyon et ses cinq équipiers ont coupé la longitude 67° 16' marquant le franchissement du Cap Horn, le jeudi 12 janvier 2016 à 0 heure et 4 minutes TU après 26 jours, 15 heures et 45 minutes de navigation depuis Ouessant. Ils améliorent le meilleur temps intermédiaire sur la distance, réalisé en 2015 par Yann Guichard à bord de Spindrift 2 en 30 jours, 4 heures et 7 minutes.

Ils comptent 4 jours, 6 heures et 34 minutes d'avance sur Banque Populaire V.

Idec Sport d'adjuge le record WSSRC de la traversée de l'océan Pacifique, Tasmanie - Cap Horn, en 7 jours, 21 heures et 14 minutes. Il était détenu, depuis 2005, par Bruno Peyron à bord du catamaran Orange II, en 8 jours, 18 heures et 8 minutes.

Le trimaran améliore également les temps intermédiaires de référence suivants :

- Équateur - Cap Horn avec un chrono de 20 jours, 20 heures et 46 minutes. Le meilleur temps avait été réalisé en 2015, par Yann Guichard à bord de Spindrift 2, en 25 jours, 6 heures et 38 minutes.

- Cap des Aiguilles - Cap Horn avec un chrono de 13 jours, 18 heures et 23 minutes. Le meilleur temps avait été réalisé en 2010, par Franck Cammas à bord de Groupama 3, en 17 jours, 12 heures et 46 minutes.

- Cap Leeuwin - Cap Horn avec un chrono de 9 jours, 8 heures et 46 minutes. Le meilleur temps avait été réalisé en 2010, par Franck Cammas à bord de Groupama 3, en 10 jours, 14 heures et 12 minutes.
 

12/01/17
« Rien n'est simple, rien n'est gagné »
 
Francis Joyon : « Cela a été un grand moment d’enthousiasme pour tout le monde d’arriver (au cap Horn) avec une belle avance sur le temps de Loïck. On a échappé aux calmes qui menaçaient, en cherchant, contrairement à d’habitude, une option a terre qui a été payante.

En ce moment, on est dans l’Ouest des Falkland, avec du vent de travers assez fort de 30 nœuds. Le bateau va à 35 nœuds sur la route. Dans l’immédiat, c’est plutôt pas mal. Arrivé au nord des Malouines, on va avoir une zone de transition et après on attrapera un vent de Sud-ouest qui permettra de remonter vers le Nord, pendant une journée et demi. Après, cela se compliquera à nouveau avec une nouvelle zone de transition beaucoup plus complexe. Les records ne sont jamais gagnés, surtout quand on voit un atlantique un peu complexe comme on a là.

On est hyper content du travail qui a été fait et de ce temps au cap Horn mais on reste ultra vigilant, ultra tendu. Cette nuit on a du s’arrêter pratiquement deux heures parce qu’on a eu un problème de cadène de gennaker. On ne pouvait plus rouler le gennaker. Cela a été une bagarre pour réparer. Rien n’est simple, rien n’est gagné avec un grand bateau comme ça, ultra exigent, ultra rapide.
»

Bilan jour 28 - distance en 24h : 422.80 mn - moyenne : 17.62 nds - reste : 6 458 mn - avance : 1851.70 mn

12/01/17
« Une partie de moi voudrait être battue, l'autre... »
 
Loïck Peyron : « Cela fait deux trois jours que je n’ose plus suivre Francis Joyon et son équipe. C’est presque schizophrénique, une partie de moi veut être battu, car les records sont faits pour tomber, une autre voudrait le conserver.

Je serai ravi d’être battu, pour y retourner, ça me motiverait. Bien sûr, les progrès des bateaux et des marins expliquent les performances de Thomas
(Coville) et d’Idec, mais la météo est incroyable, incroyable ! Quel bel hiver pour la voile. Pour moi, la météo compte pour plus de 50% dans un record. Mais ce côté aléatoire de la météo étant de plus en plus aléatoire, cela me pèse un peu. J’y retournerai, mais cela dépend de l’écart.

Bien sûr, les nouveaux bateaux apporteront un gain de performance important. Mais outre les conditions météo, on s’aperçoit que ce qui fait battre les records aujourd’hui, ce sont les phases de transition. On le voit avec Idec : dans le sud, il a suivi la même dépression qui se déplaçait juste à la bonne vitesse, 30/35 noeuds. Cela ne lui servait à rien d’aller plus vite. Idec Sport, c’est Groupama 3 avec un plus petit mât, donc le même bateau avec un moteur moins puissant.

C’est toute la réflexion que je me fais depuis des années : quelle est la bonne voie ? Est-ce qu’il faut voler sur l’eau, aller franchement plus vite en se rallongeant la route, pourquoi pas ? Ou au contraire faut-il construire des bateaux plus légers capables de s’extraire des zones plutôt sans vent, qui n’est pas du tout l’évolution des bateaux actuels ?
»

Source : Patrick Favier pour www.sudouest.fr

13/01/17
« Ça va être costaud »
 
Clément Surtel : « On est au portant, avec 30 nœuds de vent sous gennaker, grand-voile haute à 140-145° du vent, on glisse. On fait route au 85 et cela devrait tourner tranquillement. La mer est maniable, courte, mais le bateau passe bien. Grand soleil, ciel bleu, on ne se plaint de rien. On reste bien concentré sur le bateau pour ne pas commettre d’erreur. »

Gwénolé Gahinet : « Le vent va bien se renforcer dans la journée. D’ici 3-4 heures on va passer sous J1 parce que le vent va monter à 30-35 nœuds. Il y aura un empannage en fin d’après midi. Le vent sera à presque 40 nœuds. Ça va être costaud. On a prévu de faire un petit crochet par le Nord, pour se décaler un petit peu par rapport au routage idéal, pour éviter le plus fort de la dépression. »

Bilan jour 29 - distance en 24h : 509.70 mn - moyenne : 21.24 nds - reste : 5 997.20 mn - avance : 2 103.70 mn
 

14/01/17
« À donf’ dans la brise ! »
 
Par 45° Sud, Idec Sport a, comme prévu, obliqué sa route en direction du 121 pour s'éloigner du coeur de la dépresseion venue d'Agentine, avec des vents de 45 noeuds en son centre. À 10h TU, le trimaran, distant de 5 928 milles nautiques d'Ouessant, comptait 2 083.60 milles nautiques d'avance sur Banque Populaire V, qui avait réalisé une très mauvaise 29e journée, avec une réduction du restant à parcourir de seulement 224 milles nautiques.

Sébastien Audigane (message envoyé dans la nuit) : « À donf’ dans la brise ! (…) Nous avons empanné pour nous éloigner du centre de la dépression et du vent trop fort… La mer est creuse, 5 à 6 mètres par moment, le vent souffle à 45 nœuds en rafale, mais on navigue " safe " vers des vents moins forts. L’équipage se porte bien et se remet tranquillement des dernières semaines du Grand Sud. Quelques albatros planent encore dans notre sillage. Dans quelques jours nous serons sortis de leur territoire. »

Francis Joyon (vacation de 10h30) : « Cette nuit, c’était plus que tonique. On a eu une mer vraiment chaotique. Ça commence à passer un petit peu mieux mais on a du ralentir énormément le bateau pour ne pas casser cette nuit. On a fait du très grand portant avec 2 ris et J2 dans une mer déferlante. Le bateau partait sur des vagues à 45° et plantait dans le bas des vagues. On a été obligé de réduire énormément. Ça commence à s’arranger. On en a encore pour une petite dizaine d’heures pour être vraiment sorti de l’influence de cette dépression.

Dans 2 ou 3 heures on va empanner, faire une trajectoire vers le Nord, en faisant une route rapprochante vers Ouessant. Le passage de la zone de dorsales anticycloniques tendue, ne va pas être rapide. Elle se reconstitue lentement et on remontera au fur et à mesure de sa reconstitution. Après on attaquera les alizés assez loin à l’Est de manière à avoir un bon angle.
»

Bilan jour 30 - distance en 24h : 655.10 mn - moyenne : 27.30 nds - reste : 5 453.20 mn - avance : 2 229.20 mn
 
 

15/01/17
Désirs d'avenir
 
Idec Sport est sorti cette nuit des 40e rugissants et naviguait ce matin par 38° Sud, à la vitesse instantanée de 26 nœuds, cap au 21. Le trimaran a parcouru 655 milles nautiques sur le fond en 24 heures et s’est rapproché d’Ouessant de 544 milles nautiques. Il lui reste 5453 milles nautiques à parcourir.

Avant de pouvoir faire la jonction avec les alizés salvateurs, Idec Sport doit négocier une deuxième zone de transition qualifiée de "très complexe" par Francis Joyon, dans cette remontée de l’Atlantique Sud.

Des routages officieux, à prendre avec des pincettes, indiquent invariablement depuis 4 jours, qu’Idec Sport pourrait franchir l’Équateur le 21 janvier, avant la clôture de sa 36e journée de navigation. Il lui resterait alors près de 9 jours et demi pour rejoindre Ouessant.

Rappelons qu’en 2012, Banque Populaire V avait parcouru la distance Équateur - Ouessant en 7 jours, 10 heures et 56 minutes. Le meilleur temps de référence intermédiaire sur le parcours, a été réalisé par Franck Cammas à bord de Groupama 3 en 2010 en 6 jours, 10 heures, 35 minutes et 52 secondes.

Francis Joyon : « On a eu plus qu’une mer hachée. Il y avait 6-7mètres de houle croisée, limite déferlante par moments. Le bateau descendait les vagues penchées de 30°. Il y avait des glissades et en fin de glissade, les étraves tapaient. L’appui de la grand-voile avait tendance à lever l’arrière. On a dû beaucoup réduire. C’était un peu chaud.

On a utilisé cette dépression Argentine pour remonter et bien se positionner sur une route relativement directe pour l’Équateur. Elle permettra de limiter les calmes, qui seront inévitables avant de raccorder le système d’alizés.

Maintenant ça va bien, on est sous un beau soleil, les températures remontent et on n’est plus sous les paquets de mer. Là on est grand-voile haute gennaker.

On va empanner dans quelques heures pour repartir avec des vents qui vont passer d’Ouest à l’Est. Les vents molliraient très sensiblement. Ils baisseraient jusqu’à 3-4 nœuds. Donc des vents très très faibles. Et on repartirait dans ces vents faibles pour essayer de retrouver des vents d’Est. La transition va être un peu longue.

Au 30e jour, Loïck était encore au cap Horn. C’est une grande satisfaction d’avoir réussi à mettre cette distance entre les deux bateaux.
»

Bilan jour 31 - distance en 24h : 309.60 mn - moyenne : 12.90 nds - reste : 5 146.80 mn - avance : 1 903.40 mn
 

16/01/17
Le calme après la tempête
 
Hier, en fin d'après midi, Francis Joyon et ses équipiers ont subi les ralentissements annoncés. Ils ont enregistré, à 17h45 TU, une vitesse de 5.1 noeuds avec une VMG de 4.7 noeuds. À la clôture du jour 31, ils comptaient un peu moins de 3 jours d'avance sur Loïck Peyron. En 2011, 1 heure 42 minutes avant la fin de la 31e journée, Banque Populaire V venait de dépasser le cap Horn...
Ce matin, le trimaran a repris un peu de vitesse, évoluant à 17.30 noeuds, cap au 56. Ce qui lui permet de se recaler un peu plus dans l'Est et lui donnera un meilleur angle au vent lorsqu'il touchera les alizés orientés Est - Sud-est, dans environ 24 heures.

Un routage officieux prévoit actuellement le franchissement de l’Équateur le 21 janvier vers 3h TU.

Francis Joyon : « On est dans une espèce de dorsale sans vent qui se reconstitue au fil des heures. Deux vents de Sud-est vont se rassembler et devenir le véritable alizé qu’on va pouvoir utiliser jusqu’à l’Équateur. On devrait sortir de ces petits vents incertains en milieu de nuit.

On a eu des problèmes informatiques, on a réparé l’étrave et après le chariot de grand-voile qu’on a dû démonter et remonter. Le tambour de gennaker s’est libéré tout seul et a tapé sur la coque en faisant une douzaine de trous dans le bateau. J’ai rebouché ces trous, c’était important pour que le nid d’abeille ne soit pas arraché par les paquets de mer. On a profité du calme pour tout réparer.
Une heure perdue maintenant ne retarde pas du tout notre temps d’arrivée à l’Équateur. Qu’on aille vite ou pas, cela ne change rien.

On va vite parce que les gars ne peuvent pas s’en empêcher, c’est plus fort qu’eux. Dès qu’il y a une risée, crac, ils bordent, ils règlent et on retombe dans un calme plat. Bon c’est leur nature. On ne peut pas les empêcher. C’est bien comme ça.
»

Bilan jour 32 - distance en 24h : 447 mn - moyenne : 18.63 nds - reste : 4 702.90 mn - avance : 1 715.40 mn

17/01/17
« Scénario idéal »
 
Distant de 1600 milles nautiques de l'Équateur et de 4700 milles nautiques d'Ouessant, Idec Sport a effectué la connexion avec les alizés de Sud-est. Il navigue à la latitude de Rio de Janeiro à la vitesse de 27.1 noeuds avec une VMG de 26.4 noeuds et compte 3 jours d'avance sur Banque Populaire V.

Francis Joyon et ses équipiers pourraient franchir l'Équateur dans la nuit du 20 janvier, avant minuit. Si ce timing était respecté, ils amélioreraient de plus de 60 heures le record WSSRC Équateur aller - Équateur retour, détenu par Loïck Peyron, et disposeraient d'un peu moins de 10 jours pour rejoindre Ouessant.

Sébastien Audigane : « On est sorti de la zone de pétole cette nuit pour rentrer dans les alizés Brésiliens. On va toucher du vent de Sud-est puis Sud-ouest sur l’arrivée. Bon, c’est encore loin mais ça se précise pas trop mal. Ça fait un petit moment qu’on voit qu’il y a une possibilité pour nous. On regarde la météo de plus en plus. On sait comment ça va se passer. On va arriver avec un bon Sud-ouest de 30 nœuds, bien "crachineux de chez Brest." Ça va s’affiner au fil des jours, mais, pour le moment le scénario est idéal. »

Bilan jour 33 - distance en 24h : 607.60 mn - moyenne : 25.32 nds - reste : 4147.20 mn - avance : 1618.80 mn
 

18/01/17
ETA Équateur, perspectives Ouessant
 
Francis Joyon : « Nous avons des conditions vraiment sympa pour avancer. Tout à l’heure le vent s’est renforcé de 2-3 nœuds, le bateau a pris tout de suite 37-38 nœuds de vitesse. Là c’est redescendu un petit peu, on est à 32 nœuds avec peu de grains, une mer qui reste assez plate, des angles de vents parfaits, le soleil est présent mais pas brulant. Les conditions sont idéales pour avancer vite et confortablement.

On a même un peu plus de vent que prévu, ce qui fait qu’on prend une légère avance sur les prévisions. Cela va durer jusqu’au Pot au Noir qui semble un peu plus compliqué, il va déterminer la suite de l’Atlantique Nord.

Les fichiers Américains disent que ça passe assez bien alors que les fichiers Européens sont beaucoup beaucoup beaucoup plus pessimistes et nous envoient sur une route en direction de la Guyane pour remonter après, au près, pour éviter une zone sans vent très étendue sur la route directe. On attend demain matin pour décider si on essaye de traverser cette zone sans vent ou si on fait un grand détour par l’Ouest qui sera très couteux et nous obligera après à être très au près dans le vent de Nord-est. Après il y aura un bon flux de Sud très au Sud des Açores qu’on aimerait bien attraper, si on ne prend pas trop de retard sur le Pot au Noir. C’est le challenge actuel.
»

ETA Équateur : Francis Joyon : « On passerait l’Équateur demain (le 19 janvier) entre 19 et 21 heures. (TU ?) »

Si ce timing était respecté, Idec Sport effacerait le temps de référence Ouessant - Équateur retour, établi en 2011 par Loïck Peyron en 38 jours, 2 heures, 45 minutes et 48 secondes et s'adjugerait le record WSSRC, sur la distance Équateur aller - Équateur retour, possédé depuis 2011 par le même Loïck Peyron en 32 jours, 11 heures et 52 minutes.

Perspectives Ouessant : Le site Idec Sport a enfin communiqué au sujet de l'arrivée à Ouessant. Information mise en ligne vers 17 h : "Des premières estimations, à prendre avec toute la prudence qui s’impose, envisagent une fin de circumnavigation d’ici une huitaine de jours ", soit vers le 26 janvier 2017. Francis Joyon pourrait ainsi pulvériser de 4 jours le record établi par Loïck Peyron en 2012 ! Ce qui était absolument inimaginable le 16 décembre 2016, jour du début de l'aventure à Ouessant.

Bilan jour 34 - distance en 24h : 614.60 mn - moyenne : 25.61 nds - reste : 3 604.40 mn - avance : 1 515.80 mn

19/01/17
« Un Pot au Noir assez inquiétant »
 
Francis Joyon : « On est toujours dans le bel alizé de Sud-est au large des côtes Brésiliennes, presque au nord du continent Sud Américain. On a eu une petite molle dans la nuit liée à la proximité relative du continent et là ça revient au fur et à mesure qu’on se dégage. On avance à des moyennes correctes.

Nous sommes à 350 milles nautiques de l’Équateur
(à 10h08 TU) que nous devrions passer vers 5h du matin demain (vendredi 20 janvier). Nous ne battrons pas le temps de Loïck, qui avait eu des conditions exceptionnelles, mais nous ferons un bon chrono quand même.

Depuis hier soir on cherche à faire le plus d’Ouest possible pour se caler le plus à l’Ouest possible dans le Pot au Noir, qui est assez inquiétant. Il y a une énorme bulle dans notre Nord, qui parait compliquée à contourner par l’Est et qui semble plus "safe" à contourner par l’Ouest. On va commencer rentrer dedans cette nuit et une fois dedans, il faut être à la bonne longitude parce que après on ne peut plus tellement changer.

Sur les 4 Pot au Noir que nous avons traversés cette année, on en a eu 2 très difficiles. Donc c’est sûr qu’on est un peu inquiet. On va peut-être être amené à aller jusqu’à 36° de longitude Ouest, pour réussir à éviter cette bulle, ce qui est assez énorme en détour. Marcel
(Van Triest, routeur) nous parle aussi d’un risque de ralentissement au niveau de latitude des Canaries, si on traine trop dans le Pot au Noir. Si on arrivait à enchainer, ce serait merveilleux, mais il y a encore quand même un ou deux obstacles importants sur notre route. Il ne faut pas trop qu’on soit trop contrarié si la météo nous met quelques bâtons dans les roues. C’est normal.

On aura une idée vraiment plus précise
(de la date d’arrivée à Ouessant) en sortant du Pot au Noir. En regardant les routages on pourrait dire qu’on approcherait dans 7-8 jours. Mais c’est encore un petit peu lointain. »

Bilan jour 35 - distance en 24h : 421.80 mn - moyenne : 17.58 nds - reste : 3 348 mn - avance : 1 389.50 mn
 

20/01/17
Équateur : distribution des prix
 
Idec Sport a changé d'hémisphère le vendredi 20 janvier 2017 à 12 heures, 28 minutes TU, après 35 jours, 4 heures et 9 minutes de mer depuis Ouessant, meilleur temps de référence sur la distance.

Banque Populaire V avait réalisé en 2011 un chrono de 38 jours, 2 heures et 45 minutes. Francis Joyon et ses équipiers comptent 2 jours, 22 heures et 36 minutes d'avance.

Au passage, Francis Joyon s'empare du record WSSRC sur la distance Équateur aller - Équateur retour parcourue en 29 jours, 9 heures et 10 minutes (sous réserve de validation par le WSSRC). Il améliore de 3 jours, 2 heures et 42 minutes le record établi en 2011 par Loïck Peyron en 32 jours, 11 heures et 52 minutes.

Il reste 10 jours, 9 heures, 32 minutes et 53 secondes aux 6 hommes pour remporter le Trophée Jules Verne.

20/01/17
« Ce n’est quand même pas encore vraiment la tempête »
 
Francis Joyon : « On regarde déjà à plus long terme pour voir comment on va réussir à se dépêtrer du Pot. On s’est énormément décalé dans l’Ouest pour échapper à cette énorme cellule orageuse qui prenait des centaines de milles d’espace devant nous, pour essayer de passer sur le coté. On a réussi à garder un tout petit peu d’air, mais vraiment très très peu. On est complètement en bordure du système. On avait 3 nœuds de vent tout à l’heure, là on à 4 nœuds, ce n’est quand même pas encore vraiment la tempête.

C’est un Pot au Noir pas très actif, un peu ramollo et pas très noir non plus. Il n’y a pas de houle, la mer est plutôt plate. Le seul problème c’est le manque de vent. On a failli aller réveiller Alex pour qu’il nous raconte des histoires drôles pour nous égayer la journée, mais on l’a laissé dormir.

Les fichiers de vents sont toujours optimistes car ils ne connaissent pas le calme plat. Ils continuent à avancer dans des vents très faibles, alors que dans la réalité, si les vents tombent en dessous de 3 nœuds, on s’arrête complètement. On devrait retrouver un tout petit peu d’air vers 15h cet après midi et on irait à une vitesse de 10 nœuds. Ce serait très positif si cela se passait comme ça.

On a commencé à mettre un petit peu de Nord dans notre route. On fait du 350 pour essayer de traverser un petit peu tout ça et progresser route directe vers le nord en fin de soirée. On prendrait un peu de vitesse dans la nuit et on se retrouverait au près pour remonter vers les Açores et essayer d’attraper le système dépressionnaire. Il ne faut pas que la traversée du Pot au noir dure plus de 24 heures parce que après il y a un risque au niveau des Canaries si on reste arrêté trop longtemps.

On n’est pas sur une ETA
(à Ouessant) si monstrueuse que ça par rapport au record. On est bien. Le moral des troupes est très bon. »

Bilan jour 36 - distance en 24h : 307.20 mn - moyenne : 12.80 nds - reste : 3 085.90 mn - avance : 1 271.60 mn
 

21/01/17
« L'ambiance est très studieuse, mais très positive, très optimiste »
 
Francis Joyon : « Pour du Pot au Noir, c’était pas pire. On est content de la trajectoire choisie avec Marcel (Van Triest, le routeur), car le Pot au Noir était extrêmement difficile avec une bulle énorme de plusieurs centaines de milles en plein milieu de la route, avec des vents qui tournaient un peu dans tous les sens. Il y avait la tentation de passer assez à l’Est, à écouter les fichiers qui laissaient espérer un assez beau passage, qui ne s’est pas du tout transformé. Le bon sens de Marcel a prévalu, on est parti très Ouest pour contourner cette bulle et ça se passe plutôt mieux que cela aurait pu se passer autrement. Louis Burton (un participant du Vendée Globe) était déjà engagé au moment où cette bulle s’est formée et il n’a pas pu se recaler à l’Ouest, du coup ça a l’air très douloureux pour lui.

L’alizé semble bien établi. On y va tout droit, en confiance. Ce sera un alizé avec du près au début. Petit à petit ça adonnera et on devrait pouvoir le remonter avec un angle pas trop défavorable, du style 80° avec, j’espère, un passage dans la mer qui permettra d’allonger la foulée. Quand on est dans ces angles de 70-80°, la vitesse dépend énormément de l’état de la mer. Il suffit qu’il y ait un peu de houle de face pour être bloqué net.

L’ambiance à bord est très studieuse, mais très positive, très optimiste en général, du fait de notre avance et du fait que les prévisions laissent espérer un trajet rapide sur Ouessant. On va dire qu’on serait en moins de 6 jours à Ouessant. Les gars les plus optimistes à bord attaquent la nourriture de la semaine 7, en pensant qu’il n’y aura pas de semaine 7…

On vient d’avoir un grain avec des vents qui ont refusé, qui sont tombés complètement après. Pendant que je te parle, le vent est passé de 12 nœuds à 20 nœuds. Ça va assez vite. Je suis optimiste, comme on va vers le bleu, je pense que c’est de la pression qui pourrait tenir.
»

Le site Idec Sport a mis en ligne une nouvelle ETA pour l'arrivée à Brest : "3 000 milles d’Atlantique ne les séparent plus désormais de la ligne d’arrivée d’Ouessant, qu' IDEC SPORT devrait rejoindre jeudi prochain dans la matinée."
Si tel était le cas, ce serait absolument extraordinaire ! A suivre...

Bilan jour 37 - distance en 24h : 495.70 mn - moyenne : 20.65 nds - reste : 2 664 mn - avance : 1 255 mn
 

22/01/17
Interview de Francis Joyon
 
A 3.000 milles de la ligne et avec trois jours d'avance sur le temps de référence, ça sent bon l'écurie avec le record à la clé. Vous y pensez déjà ?
« A bord, nous sommes dans le feu de l'action. On ne pense pas trop à l'arrivée. On verra quand on arrivera à la pointe bretonne mais ça devrait être un très bon temps. Là, on est dans un temps inférieur à six jours pour rejoindre Ouessant. »

Il y a 24 ans, on pensait impossible de faire le monde en moins de 80 jours. Là, vous allez tourner en 41-42 jours. Où est la limite ?
« C'est difficile à dire. On s'oriente vers des bateaux volants qui permettront d'aller encore plus vite et de faire encore mieux. Nous, nous sommes déjà très heureux de faire ce que l'on fait avec notre bateau. C'est un trimaran qui a des heures de vol, qui en a fait des tours du monde. »

Partir avec un gréement plus petit et un équipage réduit, c'était un pari osé. Vous pensez qu'il faut être léger pour tourner encore plus vite autour du monde ?
« Nous sommes les premiers à partir avec ce concept-là alors que la stratégie des candidats au Trophée Jules-Verne a souvent été de faire des gros bateaux avec de grands équipages. Nous, on a choisi d'avoir un bateau plus léger et un équipage restreint (ndlr : ils sont six à bord). Ça a l'air de fonctionner... Nous sommes toujours à 100 % du potentiel du bateau. »

Quelle est votre heure estimée d'arrivée sur la ligne ?
« Dans moins de six jours. On espère bien passer le week-end prochain tranquille en Bretagne (rires). C'est notre dernier week-end en mer. On savait qu'on partait pour une aventure incroyable. Et, dans ces cas-là, on se prépare toujours au meilleur comme au pire. Là, il semblerait que ce soit le meilleur qui nous attende. »

Thomas Coville vient de vous piquer le record autour du monde en solitaire, vous allez probablement chiper le Trophée Jules-Verne à l'équipage du maxi-trimaran Banque Populaire V (45 jours 13 h 42' 53'') et Armel Le Cléac'h gagne le Vendée Globe en un temps record de 74 jours et 3 heures. C'était l'hiver pour tourner autour du globe ?
« C'est l'hiver qui veut cela. Est-ce une succession de hasards ? Il n'y a qu'un météorologue ayant suivi tout cela qui pourrait expliquer pourquoi tous les records ont été améliorés. Pour nous, il y a eu un bel enchaînement quand on est arrivé dans l'Atlantique sud. J'ai suivi Thomas Coville et le Vendée Globe, ils ont eu, eux aussi, de très bons enchaînements. Cela peut être le hasard, une période favorable. Je ne sais pas. Mais lors de notre premier départ loupé, ce n'était pas favorable du tout, c'est pour cela qu'on a fait demi-tour car cela donnait un temps de 17 jours à Bonne Espérance. C'était médiocre. »

Du coup, vous avez embarqué trop de nourriture ?
« Il y a des optimistes à bord qui attaquent la nourriture de la semaine n°7 en pensant qu'on n'en aura pas besoin. C'est sûr, on ne manque pas de nourriture. On a le droit à un Rocher Suchard par semaine, il en reste un peu. Bon, les nouilles et le riz sont des valeurs sûres. »

Le record autour du monde en solitaire, ça vous titille d'y retourner ?
« Oula, c'est loin ça ! Je n'ai pas eu le temps d'y réfléchir. Pour vous dire la vérité, je n'ai pas encore navigué en solitaire avec ce bateau. On verra cela plus tard. »

Source : propos recueillis par Philippe Eliès pour Planète Voile (letelegramme.fr)

22/01/17
« Impatients d’arriver, de retrouver nos familles, de renter »
 
Francis Joyon et ses équipiers en ont terminé avec les redoutables ralentissements du Pot au Noir. À 10h45 TU, ils naviguaient par 13° 53' N, à l'approche de la latitude des îles du Cap Vert, à la vitesse instantannée de 28.7 nœuds dans un vent d'Est de 15 nœuds, cap au 359.

La dernière étape comprendra une épreuve de moyenne montagne avec du près jusqu’à la hauteur des îles Canaries. Le final sera un véritable contre la montre digne des mers du Sud, en ligne directe, avec des moyennes supérieures à 30 nœuds jusqu'à Ouessant.

Francis Joyon : « On a accroché les alizés hier. Ils étaient assez forts. On a bien avancé toute la journée et au début de la nuit. À la fin de la nuit on a dû ralentir parce qu’on butait dans une mer contraire assez forte. On a réduit la vitesse d’une dizaine de nœuds pour ne pas casser le bateau. On était à plus de 30 de nœuds, on est passé à 20 nœuds. Il faut savoir ralentir sinon, si on a la moindre avarie, c’est des heures de réparations pendant lesquelles le bateau est arrêté. Là on a pu renvoyer à nouveau, ça repart à nouveau en vitesse.

On va essayer de rejoindre au plus vite le système dépressionnaire en se mettant à l’endroit où il y a suffisamment de vent et pas trop de houle. C’est un compromis à trouver au niveau du placement du bateau dans la dépression. Les vents sont à 70° par rapport à l’axe du bateau. Petit à petit, ça va adonner, ils vont passer à 80° puis 90°. On va être vent de travers et le passage dans la mer se fera de mieux en mieux. Au bout d’un moment on se retrouvera pratiquement portant, on aura deux empannages à faire et après ce sera le galop dans le portant que le bateau connait bien, route directe pour Ouessant.

L’état d’esprit est vraiment très positif, on est très heureux d’approcher de ce grand record, tout en restant très vigilant par rapport au matériel, en cherchant la meilleure vitesse, dans la meilleure configuration, pour ne pas abimer le bateau.

Nous sommes très impatients d’arriver, de retrouver nos familles, de renter car ça fait quand même un petit peu de temps que nous sommes en mer.
»

L'ETA à Ouessant est maintenue pour jeudi 26 janvier, dans la matinée.

Bilan jour 38 - distance en 24h : 648.10 mn - moyenne : 27 nds - reste : 2 096.80 mn - avance : 1 236.10 mn

23/01/17
« C'est un grand moment d'arriver après un truc pareil »
 
Francis Joyon : « On a eu une nuit avec pas mal de grains, les gars se sont démenés pendant leur quart pour bien garder de la vitesse, en lofant et en abattant tout le temps. On a réussi à rester assez proche du routage. On avait des changements de caps importants et des changements de vitesses. On passait de 35 nœuds à 18-20 nœuds selon qu’on était sur l’avant du grain où le vent était plus fort ou sur l’arrière où le vent est en général un peu plus ralenti. Cette nuit on était avec le J2 et grand-voile haute.

Ce matin il y a moins de grains et de ce fait on peut commencer à accélérer un peu plus. On est plutôt content de la marche du bateau. Le vent adonne petit à petit, il tourne sur le travers et on peut, au fur et à mesure, progresser plus vers la route directe, c’est satisfaisant. À 30 nœuds, le bateau ne fait pas trop le fou et il est vraiment bien en équilibre sur son foil. C’est vraiment la vitesse que le bateau apprécie beaucoup, et nous aussi.

On va rebondir sur le centre de l’anticyclone, plutôt à droite des Açores. La route va passer par le Sud des Açores, après on visera le Nord du cap Finistère et on finira dans le golfe de Gascogne avec des vents assez forts. Nous aurons au moins deux empannages pour attraper ce vent de Sud-ouest et bien nous positionner pour la suite du trajet. A part le petit crochet que nous ferons entre les deux empannages, nous serons sur la route rapide et directe.

C’est toujours un peu stressant d’arriver des mers où on avait très peu de circulation maritime, pour rentrer dans l’atlantique Nord en hiver avec beaucoup de trafic, les nuits sont très longues, le climat va changer énormément, on va rentrer dans un système dépressionnaire.

Les routages laissent entrevoir une arrivée jeudi matin. C’est un grand moment d’arriver après un truc pareil.
»

Bilan jour 39 - distance en 24h : 660.40 mn - moyenne : 27.52 nds - reste : 1 437.90 mn - avance : 1 459.70 mn
 

24/01/17
« Le Jules Verne est ce que l'on pouvait faire de plus fort autour du monde »
 
Francis Joyon : « On est dans du vent de Sud - Sud-ouest qui est en train de forcir un petit peu. On s’est bien positionné par rapport à cette dépression, comme on l’espérait. Ça se passe bien. On est à peu près 200 milles nautiques au Sud des Açores et on espère une arrivée sur la Bretagne dans maintenant moins de 2 jours.

Là on a bon enchainement météo pour arriver rapidement sur la Bretagne. Il faut réussir à aller vite tout le temps pour rester en avant du front. Si on ralentit, pour n’importe quelle raison, ou si on est mal positionné, on se fait rattraper par le front et on perd une demi-journée. Il faut rester concentré jusqu’au bout pour continuer à faire une belle trajectoire comme ça.

Il faut qu’on arrive à se recaler au bon endroit. On hésite à faire un petit contre-bord pour bien se recaler par rapport à la dépression. Après, il y aura aussi l’approche du cap Finisterre, avec le trafic maritime et surtout le risque de dévent lié au passage d’un cap avec des reliefs très élevés. Une fois dans le golfe de Gascogne, le vent refusera, on se retrouvera vent de travers. Ce sont des petites choses qu’il va falloir gérer.

Le bateau a pas mal progressé
(depuis 2015) du fait qu’on a des voiles de surfaces plus importantes et on le connait mieux. On sait mieux le régler, mieux utiliser ses réglages de foils. On a pas mal de réglages assez fins entre les foils, la profondeur de dérive, l’incidence que l’on peut mettre aux foils. Ils permettent de gagner parfois plusieurs nœuds. C’est un bateau extraordinaire grâce à ces capacités.

On a bien maintenu le bateau en état, on est à 100% du potentiel. Toutes les voiles sont opérationnelles. Là on est grand-voile haute gennaker et on a prévu un éventail de plus petites voiles pour la traversée du golfe de Gascogne où on va se retrouver travers à la mer et au vent.

Tant qu’on n’a pas franchi la ligne, je reste assez prudent, des petits dangers peuvent survenir, les risques existent jusqu’au bout.

Le Trophée Jules Verne est ce que l’on pouvait faire de plus fort en équipage, autour du monde. »

Bilan jour 40 - distance en 24h : 725 mn - moyenne : 30.21 nds - reste : 727.70 mn - avance : 1869.10 mn

25/01/17
« Hyper bouillants d'impatience » dans la dernière ligne droite
 
Francis Joyon : « La nuit a été assez agitée car le bateau était dans du vent assez fort, on a été pas mal secoué. Ça nous a rappelé nos cavalcades à 36-37 nœuds, devant le front dans l’océan Indien. On a été un peu moins rapide, mais la mer était plus formée, ça butait un petit peu. Le bateau était assez secoué et les garçons ont eu du mal à dormir

On est content parce qu’on a réussi à rester sur l’avant du vent le plus fort, du coup la mer était plus maniable. On a eu au maximum 35 nœuds de vent et 3-4 mètres de mer. Rien de déraisonnable, mais on était assez près du vent.

On a ouvert le site marinetraffic.com et on constate qu’il y a des centaines de cargos et de bateaux de pêche. C’est une des zones les plus fréquentées du globe. Il faudra qu’on soit particulièrement vigilant à ce moment là. Par vent fort, ce n’est pas très simple de changer la trajectoire. On sera peut-être obligé de réduire un peu la toile.

On ne va pas faire une route directe sur Ouessant. On va faire une petite ballade à l’intérieur du golfe de Gascogne pour éviter le maximum de mer et aller plus vite. Nous passerons à environ 70 milles nautiques du cap Finisterre.

Nous sommes hyper bouillants d’impatience de cette approche. Nous espérons arriver pas trop tard, si possible au lever du jour, si tout se passe bien.

Ce qui restera le plus fort est cette cavalcade dans le grand Sud où on a fait des journées de pas loin de 900 milles nautiques, toujours à fond, sans rien voir. C’était assez hallucinant.
»
 

26/01/17
Ouessant : prix d'excellence !
 
Francis Joyon et ses cinq équipiers ont franchi la ligne de départ Ouessant-cap Lizard le vendredi 16 décembre 2016 à 8 heures, 19 minutes TU (9h 19m heure locale) à bord du trimaran Idec Sport.

Pour améliorer le record établi en 2012 par Loïck Peyron, à bord du trimaran Banque Populaire V, en 45 jours, 13 heures, 42 minutes et 53 secondes, les six hommes devaient avoir bouclé leur périple autour du monde avant le lundi 30 janvier 2017 à 22 heures, 0 minute et 53 secondes TU (23h 00' 53 " heure locale).

En coupant la ligne d’arrivée le jeudi 26 janvier 2017 à 7 heures, 49 minutes et 30 secondes TU, ils se sont emparés du Trophée Jules Verne après 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes de navigation depuis Ouessant. Ils améliorent le précédent record de 4 jours, 14 heures, 12 minutes et 23 secondes. Il s’agissait de leur troisième tentative.

Le trimaran Idec Sport (ex Groupama 3, détenteur du titre en 2010) est le seul bateau cité deux fois au palmarès du Trophée Jules Verne.

Distance parcourue sur le fond : 26 412 milles nautiques - moyenne : 26.86 noeuds
Distance orthodromique WSSRC : 21 600 milles nautiques - moyenne : 21.96 noeuds

Francis Joyon : « Nous sommes ravis d’avoir passé cette ligne. C’est l’aboutissement de toutes ces années de travail avec les préparateurs du bateau. C’est un gros gros aboutissement pour nous, après le tour de l’année dernière qui n’a pas abouti, puis notre seconde tentative et ce tour là. On est super content.

Cette nuit on a eu une mer très dure, le bateau tapait énormément. On ne s’est pas reposé, la nuit a été très tonique. On avait la petite toile avec 2 ris et J3 et on butait dans les vagues assez fortement toute la nuit. On est un petit peu sonné ce matin mais le plaisir d’arriver compense cette fatigue. On a fait une crise d’enthousiasme terrible.
»

Bilan jour dernière journée - distance en 24h : 742 mn - moyenne : 30.92 nds - reste : 0 mn - avance : 2 547 mn

26/01/17
Arrivée à Brest
 
photos © Yannick Le Bris pour www.photos-de-navires.fr

26/01/17
Arrivée à Brest
 
     
 
photos © Jean-Marie Liot pour idecsport-sailing.com

26/01/17
Déclarations de Francis Joyon
Francis Joyon : « À bord, je voulais qu’une mayonnaise prenne. C’est primordial qu’il y ait une vraie cohésion d’équipage et du bonheur à naviguer ensemble. J’ai reçu de très nombreuses propositions, alors qu’il y avait quand même peu de places à bord. J’ai privilégié le facteur humain. Bernard (Stamm), c’est un peu la famille pour moi et c’était aussi, avant l’arrivée de Sébastien, le local de l’étape puisqu’il est Brestois. Clément (Surtel), c’est l’homme incontournable, dans la mesure où il est l’un des trois membres de notre toute petite équipe technique, avec Corentin, mon fils et moi-même.  Sa présence, c’était la garantie d’avoir du savoir-faire technique embarqué. Avec Gwénolé (Gahinet), qui fait partie de l’équipe depuis l’année dernière, le courant est tout de suite très bien passé et cela nous permettait de rajeunir aussi la moyenne d’âge du bord ! Idem avec Alex (Pella) avec lequel j’ai tout de suite eu une belle accroche. La présence de Sébastien s’est plus improvisée pour venir remplacer Boris (Herrmann) qui s’est retrouvé mobilisé sur un projet Imoca entre nos deux départs cette année. Sébastien connaît très bien les maxi-multicoques, c’était pour nous une valeur sûre.

Nous avons fonctionné avec une bonne cohésion à bord d’un bateau sans hiérarchie. Chacun était responsable de lui-même. Chacun a disputé ce Trophée Jules Verne pour lui-même et nous avons tous donné le meilleur de nous-mêmes.

Les 40 jours ne constituaient pas un objectif au départ, ce n’était pas imaginable. Battre le record d’une minute représentait déjà un exploit formidable. On passait un peu pour des rigolos et des hurluberlus de nous attaquer à ce challenge tellement difficile pour un si petit équipage à bord de ce bateau, face à la douzaine d’équipiers qui détenait jusque là le record à bord d’un bateau de 40 mètres.

Il nous a fallu presque deux tours et demi pour parvenir à battre le record. Et dans l’histoire du Trophée Jules Verne, on voit que pratiquement tous les bateaux ont dû s’essayer sur deux tentatives avant de l’emporter. Seul Bruno Peyron y est parvenu la première fois lors du tout premier Trophée Jules Verne, en 1993.

Sur notre deuxième tentative cette année, nous avons de nouveau rencontré un Pot au Noir très difficile. C’était moralement très dur. Mais Gwénolé, qui est un éternel optimiste, croyait que la situation météo ne pouvait que s’améliorer. Au cap Bonne Espérance, nous étions mieux placés que les prévisions et toutes les portes se sont ensuite ouvertes devant nous. On a su qu’on pouvait battre le record dès lors que nous pouvions maintenir les 35 nœuds de vitesse à laquelle se déplaçait le front à l’avant duquel nous nous étions positionnés pour traverser l’océan Indien et une partie du Pacifique. On savait que le record se jouait là. Notre motivation était très forte pour connaître plusieurs journées à près de 900 milles. Nous étions toujours à fond. Et si parfois, nous avons fait en sorte de ne pas dépasser les 40 nœuds, à l’avant du front, nous n’avions pas de limites.

Au-delà du côté sportif, sur un record autour du monde, on ne peut pas s’empêcher de regarder la planète en essayant de comprendre comment passer d’un système à l’autre.

Elle n’est pas si grande que ça et surtout, on se rend compte à quel point nous sommes liés à notre environnement. Cela nous encourage à ne pas nous comporter comme des consommateurs d’espaces naturels.
 »

07/02/17
  Ratification du record par le WSSRC
The WSSR Council announces the establishment of a new World Record :

Record : Around the World. Outright

Yacht : IDEC. 120 ft Trimaran
Name : Francis Joyon. FRA and 5 crew
Dates : 16th December 2016 to the 26th January 2017
Start time : 08:19:00 UTC on 16/12/16
Finish time : 07:49:30 UTC on 26/01/17
Elapsed time : 40 days 23 hours 30 minutes and 30 seconds.
Distance : 21600 NM
Average speed : 21.96 kts
Comments : Previous record: Banque Populaire 5. Loick Peyron. FRA. Jan 12. 45d 13h 42m 53s

John Reed
Secretary to the WSSR Council

05/03/17
  Interview exclusive de Francis Joyon
 
Francis Joyon a bien voulu répondre à quelques questions. Je l'en remercie vivement.

Une fois la pression médiatique retombée, comment revivez-vous cette journée du 26 janvier ?
« Je ne la revis pas ! »

Avez-vous conscience d’avoir marqué les anales de la voile pour longtemps ?
« J’espère que le record tiendra quelques années. »

Si je vous dis qu’il y a du Tabarly en vous. Cela vous énerve, vous fait plaisir ?
« J’ai beaucoup d’admiration pour Eric Tabarly. »

Lors des vacations, les choses semblent simples à bord. Vous êtes toujours zen, détendu, optimiste. Quel est votre secret ?
« La positive attitude. »

Avez-vous trouvé la recette magique pour un tour du monde : petit bateau, petit mât, équipage réduit ?
« Je pense que les prochaines tentatives réuniront ces paramètres plutôt que les anciens projets gros bateaux lourds et gros équipages de 12 ou 14 personnes. »

Pensez-vous que ce record puisse être encore amélioré, en l’état actuel de la technologie ?
« Oui je le crois avec l'arrivée des nouveaux bateaux qui volent. »

Croyez-vous que les foils puissent, un jour, rebattre les cartes d’un tour du monde en multicoque, malgré les mers du sud ?
« Oui, l’atlantique, à la descente puis à la remontée constituent la moitié du trajet et permettront d’utiliser intensément les foils. »

Vous avez déclaré que les milieux nautiques vous avaient considérés, avant le départ, comme une bande de rigolos. Est-ce encore le cas ?
« Nous doutions nous-mêmes de la possibilité de réussir notre projet, si nous avons gagné notre propre estime, c’est déjà un début. »

Quel est votre meilleur souvenir de ce tour du monde, en dehors de l’arrivée ?
« Dans l’océan Indien lors des journées à près de 900 milles /24 h. »

Quel est votre plus mauvais souvenir ?
« Le pot au noir à la descente. »

Où auriez-vous pu gagner encore plus de temps sur ce parcours ?
« Le départ et l’Atlantique nord puis le pot au noir n’ont pas été très rapides. »

À quoi pense-t-on, en plein milieu du Pacifique sud, très très loin de toute possibilité de secours ?
« On partait pour une aventure, et n’envisagions de demander secours à aucun moment. »

En 2008, vous avez déclaré à une journaliste un peu trop curieuse « On ne peut pas tout dire de ce qui se passe à bord. » Le raconterez vous un jour dans un livre ?
« Pas avant 10 ans, il y aura prescription. »

Quels sont vos projets nautiques ?
« The Bridge fin juin, course en équipage de Saint-Nazaire à NewYork. »

08/03/17
  Ratification de 3 records intermédiaires par le WSSRC
The WSSR Council announces the establishment of a 3 new World Records:

Yacht: IDEC. 120 ft Trimaran
Name: Francis Joyon. FRA and 5 crew

Record: South Indian Ocean RTW Intermediate Record.
Dates:.29th December 2016 to the 4th January 2017
Start time: 05;42;11 on 29/12/16
Finish time: 02;49;56 0n 04/01/17
Elapsed time: 5 days 21 hours 7 minutes and 45 seconds
Comments: Previous record: 12/12/15. IDEC. Francis Joyon. FRA.7 days

Record: South Pacific Ocean RTW Intermediate Record.
Dates: 4th January 2017 to the 12th January 2017
Start time: 02;49;56 on 04/01/17
Finish time: 00;03;27 on 12/01/17
Elapsed time: 7 days 21 hours 13 minutes and 31 seconds
Comments: Previous record: 25/02/05. Orange II. Bruno Peyron. FRA.8d 18h 8m

Record: Equator to Equator RTW Intermediate Record.
Dates:. 22nd December 2016 to the 20th January 2017
Start time: 03;17;31 on 22/12/16
Finish time: 12;28;26 on 20/01/17
Elapsed time: 29 days 9 hours 10 minutes and 55 seconds
Comments: Previous record: 30/12/11. Banque Populaire 5. Loick Peyron. FRA. 32d 11h 52m

John Reed
Secretary to the WSSR Council

15/03/17
  Extrait d'une interview de Vincent Lauriot-Prévost, architecte naval
 
« Le choix de Francis Joyon de partir avec équipage réduit et un mât plus court a été le bon.

Rappelons qu’Idec Sport est l’ancien Groupama 3, qui a subi une cure d’allègement lui permettant de gagner près de 4 tonnes sur le poids initial, ramené à un peu moins de 16 tonnes. Avec un mât plus court, il a gardé le même ratio poids/surface de voile, tout en abaissant son centre de voilure, avec des voiles plus légères donc des manœuvres plus faciles en équipage réduit, donc moins de poids, etc. C’est un vrai cercle vertueux !

Le mât plus court leur a aussi permis de gagner en stabilité longitudinale et donc de pousser plus fort. Voilà comment ils sont restés plusieurs jours devant une dépression et ont traversé l’Indien à plus de 35 nœuds de moyenne. »

Source : actunautique.com

27/04/17
  Record de Francis Joyon, cérémonie au Musée de la Marine
 
Francis Joyon, Gwénolé Gahinet, Alex Pella, Bernard Stamm, Clément Surtel et Marcel Van Triest (routeur) ont reçu officiellement le Trophée Jules Verne à l'occasion d'une réception au Musée de la Marine à Paris. Le sixième homme, Sébastien Audigagne, n'a pu participer à la remise du Trophée, étant retenu en mer par un convoyage.

Cette cérémonie s'est déroulée en la présence de Sir Robin Knox-Jonhston, co-détenteur du record 1994 ; Vincent Campredon, Directeur du Musée de la Marine ; Patrice Lafargue, Président du Groupe Idec ; Titouan Lamazou, Président de l'association Tour du Monde en 80 jours ; le Professeur Gérard Saillant et Jean Todt, parrains du trimaran Idec Sport et Pierre-Yves Moreau, représentant Loïck Peyron, skipper de Banque Populaire V en 2012.

Francis Joyon : « Le passage du Cap Horn a été vraiment un bon souvenir, avec nos 4 jours d'avance sur le record. Cette victoire a été très forte car elle a été partagée avec mes équipiers. Le prochain objectif est la Transat The Bridge 2017. »
 
Au premier plan, de gauche à droite : Francis Joyon, Pierre-Yves Moreau et Sir Robin Knox-Jonhston
 
 

 

4 records WSSRC battus & 14 temps de référence améliorés
Ouessant - Cap Leeuwin 17j 6h 59m
Equateur - Cap Leeuwin 11j 12h
Cap de Bonne Esperance - Cap Leeuwin 4j 11h 31m
Cap des Aiguilles - Cap Leeuwin 4j 9h 37m
Ouessant - Tasmanie 18j 18h 31m
Record WSSRC traversée de l'Indien : Cap des Aiguilles - Tasmanie 5j 21h 7m 45s
Cap Leeuwin - Tasmanie 1j 11h 32m
Ouessant - Antiméridien 20j 7h 4m
Ouessant - Cap Horn 26j 15h 45m
Record WSSRC traversée du Pacifique : Tasmanie - Cap Horn 7j 21h 13m 31s
Equateur - Cap Horn 20j 20h 46m
Cap des Aiguilles - Cap Horn 13j 18h 23m
Cap Leeuwin - Cap Horn 9j 8h 46m
Ouessant - Équateur retour 35j 4h 9m
Record WSSRC Équateur aller - Équateur retour 29j 9h 10m 55s
Equateur - Ouessant 5j 19h 21m 30s
Cap Horn - Ouessant 14j 7h 45m 30s
Record WSSRC du tour du monde : Ouessant - Ouessant 40j 23h 30m 30s

Repères record de Francis Joyon / Idec Sport 2016 / 2017
- 983,5 heures de navigation
- distance parcourue sur le fond : 26 412 milles nautiques
- moyenne sur le fond : 26.86 noeuds
- distance théorique WSSRC (orthodromique, la plus courte) : 21 600 milles nautiques
- moyenne théorique : 21.96 noeuds
- meilleure journée à la clôture : 872.80 milles nautiques, le 29/12/16, jour 13, descente de l'Atlantique Sud
- plus mauvaise journée à la clôture : 197.30 milles nautiques, le 22/12/16, jour 6, entrée du Pot au noir
- nombre de jours entre 600 et 700 milles nautiques : 10
- nombre de jours entre 700 et 800 milles nautiques : 4
- nombre de jours entre 800 et 900 milles nautiques : 8
- avance maximum sur le temps de Banque Populaire V : 4 jours, 14 heures et 12 minutes, à l'arrivée à Ouessant

Avances / retards d'Idec Sport - 2016/2017 sur BP V - 2011/2012 (milles/jour)

Carte Trophée Jules Verne 2017 Francis Joyon