Trophée Jules Verne 2015
2016
 
Tentative de Yann Guichard / Spindrift 2 ( page 2 / 2 )
   

Temps partiels
(depuis Ouessant)
Équateur
Cap Bonne
Espérance
Cap des
Aiguilles
Cap
Leeuwin
Tasmanie
Anti-
méridien
Cap
Horn
Équateur
Ouessant
2011/2012
Loïck Peyron
Banque Pop. V
5j 14h
55m 10s
11j 21h
48m 18s
11j 23h
49m 18s
17j 23h
57m 18s
20j 7h
11m 33s
22j 11h
34m 12s
30j 22h
18m 48s
38j 2h
45m 48s
45j 13h
42m 53s
2015/2016
Yann Guichard
Spindrift 2
4j 21h
29m 2s
11j 22h
4m 2s
12j
2m 2s
18j 11h
25m 2s
20j 4h
37m 2s
22j 7h
43m 2s
30j 4h
7m 2s
39j 13h
31m 2s
47j 10h
59m 02s
2015/2016
Francis Joyon
Idec Sport
5j 1h
1m 30s
13j 5h
11m 38s
13j 9h
14m 38s
18j 20h
37m 38s
20j 8h
18m 38s
22j 9h
48m 38s
31j 1h
47m 38s
40j 14h
53m 38s
47j 14h
47m 38s
 
Ouessant /
antiméridien
de l'antiméridien à Ouessant
 
les informations non sourcées proviennent de : www.spindrift-racing.com

14/12/15
Antiméridien
Spindrift 2 a coupé la longitude 180° E/W à 11 heures 45 minutes TU, soit un chrono de 22 jours, 7 heures, 43 minutes et 2 secondes depuis Ouessant. Il enregistre une avance de 3 heures, 51 minutes et 10 secondes sur Banque Populaire V, le décalage en latitude n'étant pas pris en compte.

Idec Sport a passé la même marque à 11 heures 51 minutes TU après 22 jours, 9 heures, 48 minutes et 38 secondes de mer depuis Ouessant. Il a une avance de 1 heure, 45 minutes et 34 secondes, sur Banque Populaire V, le décalage en latitude n'étant pas pris en compte.

14/12/15
Météo compliquée
 
Yann Guichard : « Nous sommes dans le Pacifique depuis deux jours et nous venons juste de passer l’antiméridien. La situation météo est assez compliquée. D’habitude, ce sont des trains dépressionnaires qui balayent le Pacifique d’Ouest en Est et là, c’est plutôt des systèmes assez variés et peu ventés qui nous barrent la route.

Nous avons une option Sud qui se dessine ou une option Nord, il n’y a pas trop d'autres alternatives donc ce sont des choix assez radicaux et nous allons décider cela dans les prochaines heures.
Avec le choix de la route Sud, il y a le problème des glaces car il faut descendre très bas avec une eau qui sera autour de 0 degré pendant quatre à cinq jours. Nous traversons le plus grand des océans, sans personne autour de nous, donc si nous avons un problème par 60 degrés Sud, cela peut devenir assez compliqué. Si on y va, il faut bien être sûr qu’il n’y ait pas de danger de glace sur notre route.

Je ne sais pas si la présence proche de l’équipage d’Idec Sport (F.Joyon) change notre manière de naviguer mais obligatoirement, on s’observe un petit peu, on regarde ce qu’ils vont faire. La route Sud est celle qui parait la plus courte aujourd’hui sur les fichiers météo mais qui comporte pas mal de risques. Mais s’ils y vont, cela pourrait rentrer dans la balance si on est à 50-50 de choisir d’y aller ou pas mais, de ce que je vois sur la carte, ils ont plutôt l’intention de prendre la route Nord pour le moment.
»

Le 15/12 à 4h TU : lat 48°40.36' S - long 168°59.31' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 246.33 mn.
 

15/12/15
Il n'est pas impossible que nos routes se croisent de nouveau...
 
Message du bord : Rencontre improbable en plein Pacifique Sud, hier soir, entre Spindrift 2 et Idec Sport. Les deux trimarans ne s’étaient pas croisés depuis leur base de la Trinité Sur Mer, et c’est, sans aucune espèce de concertation, qu’ils avaient quitté Brest et coupé la ligne de départ du Trophée Jules Verne à seulement deux heures d’intervalle.

15 000 miles plus tard, on les retrouve bord à bord au milieu de nulle part, dans leur quête de ce trophée. Le sentiment à bord de Spindrift 2 est partagé entre la surprise de se retrouver ici, et l’excitation de trouver un concurrent bien réel dans cette compétition où l’adversaire est normalement virtuel. Alors, c’est certain qu’il était plus confortable de voir Francis Joyon et son équipage à plus de 800 milles dans le sillage de Spindrift 2.

Mais, en même temps, cette situation, inédite dans l’histoire du Trophée Jules Verne, apporte un intérêt supplémentaire au défi. Les équipiers de Spindrift 2 sont des compétiteurs, et cette sorte de course au sein du record n’est pas pour leur déplaire. Lorsque l’on interroge Yann Guichard sur la probabilité de continuer à naviguer au contact d'Idec Sport, celui n’exclut rien. « Les bateaux sont proches en performance, et les options météorologiques possibles pour le Cap Horn ne sont pas nombreuses. Il n’est pas impossible que nos routes se croisent de nouveau dans les jours prochains. »

Le 16/12 à 4h TU : lat 45°50.20' S - long 152°42.67' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 283.80 mn.

16/12/15
Ne pas se laisser engluer dans la dorsale
 
Analyse de Spindrift Racing : Les trimarans Spindrift 2 et Idec Sport naviguent ensemble au milieu du Pacifique, avec des choix de route vers le cap Horn particulièrement limités : sur le " dos " d’une perturbation en voie de désintégration depuis le Sud de la Nouvelle-Zélande, les deux compagnons du Pacifique ont enchaîné quatre empannages pour rester en bordure du centre dépressionnaire afin de profiter d’un flux modéré de secteur Ouest. Et en ce 25ème jour de mer, les trois bateaux (avec le détenteur du Trophée Jules Verne, virtuellement plus Sud) sont quasiment sur la même longitude (150° Ouest), en route parallèle avant un empannage prévu en milieu de journée…

Deux journées difficiles : 400 milles plus au Nord que Banque Populaire V, il y a quatre ans, Spindrift 2 ne risque pas de rencontrer de glaces comme leur prédécesseur qui avait dû composer avec des tabulaires de plus de 20 km de long avec moult growlers alentour… Mais comme le détenteur du Trophée Jules Verne (qui n’avait aligné que 163 milles le 17 décembre 2011), il est bloqué par une zone de vents faibles qui l’empêche d’accrocher une belle dépression qui glisse dans son Sud, vers le cap Horn. Il va donc falloir traverser cette dorsale et c’est le timing qui est essentiel pour perdre le moins de temps possible.

Dès ce mercredi soir, Yann Guichard va donc incurver sa route vers le Sud-Est en ralentissant sensiblement : la grande difficulté sera de rester dans un couloir de vents supérieurs à six nœuds car Spindrift 2 peut encore progresser sur une trajectoire favorable, alors qu’en dessous de six nœuds, la configuration devient nettement plus aléatoire car pour conserver de la vitesse, il faudra multiplier les manœuvres et les changements de cap. Il y aura même du vent contraire d’Est à négocier pour se sortir de ce piège pacifique ! Ce n’est que vendredi qu'il devraient retrouver un flux d’ouest - sud-ouest d’une vingtaine de nœuds qui le propulsera rapidement vers le cap Horn avec normalement peu de risques de rencontrer un iceberg, malgré la proximité de la banquise antarctique.

Cette glissade vers le 55° Sud va donc s’effectuer très progressivement et les routages laissent entendre que le trimaran conservera encore quelques heures d’avance sur le temps de référence au passage du cap Horn. Un contournement de l’Amérique du Sud programmé pour la nuit de lundi 21 à mardi 22 décembre, soit après un peu plus de trente jours de mer alors que le détenteur du Trophée Jules Verne avait mis 30j 22h 18’ depuis Ouessant avant de passer le cap Dur.

C’est donc les heures qui viennent qui vont déterminer l’écart à ce point névralgique : plus vite Spindrift 2 traversera cette zone de transition entre ces deux dépressions pacifiques, plus vite il entrera dans l’Atlantique et sortira de ces redoutées mers du Sud qu’il négocie depuis maintenant douze jours.

Le 17/12 à 4h TU : lat 47°17.71' S - long 141°19.21' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 3.99 mn.
 

17/12/15
Un Pacifique bien calme
 
Les milles défilent doucement pour les marins à bord de Spindrift 2, faisant route dans un Pacifique, bien calme. Hier soir, vers 17h30 TU, les marins ont effectué un empannage en direction du Sud, premier d’une série de trois autres qui se sont succédés dans la nuit, leur permettant de reprendre quelques milles sur le record de Banque Populaire V.

En ce 26ème jour de navigation, le trimaran naviguait aux abords de la latitude 48 dans un vent de Nord-Ouest à Nord-Est oscillant de 8 à 15 nœuds dans une zone de transition entre différents étages dépressionnaires du Pacifique Sud.

Flash météo : Aujourd'hui comme hier, transition entre les différents étages dépressionnaires du Pacifique Sud. Au menu :
- Ce soir, gestion fine d'une dépression en voie de comblement qui traine au sud de Spindrift 2. Vent de Nord Ouest à Nord-Est de 8 à 15 nœuds. Très variable...
- Demain le 18 décembre au matin, traversée d'une dorsale avec vent faible et variable.
Tout cela veut dire pas mal de tension et de manoeuvres.
Dans la nuit du 18 au 19 décembre, si tout s'est passé comme prévu, on récupère du "vrai vent" de Sud Ouest, 20 nœuds. Route vers le cap Horn.

Le 18/12 à 4h TU : lat 51°02.08' S - long 136°45.69' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 93.80 mn.
 

18/12/15
Retour sur le foil endommagé le 7 décembre
 
 
 
Transport d'un foil de Banque Populaire V
Stéphane Guilbaud, General Manager de Spindrift 2 : « Le foil bâbord endommagé suite à une collision avec un Ofni au large des Kerguelen n’est pas réparable.

Dans le choc, le winglet qui sert à améliorer l’écoulement de l’eau en bout de l’appendice en C a disparu. Le foil est légèrement endommagé dans sa partie inférieure.

Dans sa position relevée actuelle, il dépasse sous le flotteur d’environ 70 cm. L’équipage n’a pas forcé pour déplacer plus encore l’appendice dans son logement au risque d’aggraver la situation.

Pour l’heure les polaires du bateau n’ont pas été dégradées. Cela signifie que la gêne en termes de vitesse est minime. Ces foils d’ancienne génération ont pour vocation de cabrer le bateau à grande vitesse quand la mer est formée.
»

Des conditions pas encore rencontrées par le trimaran géant depuis son arrivée dans des hautes latitudes anormalement clémentes jusqu’à ce jour. En remontant l’Atlantique tribord amures, il pourrait en être autrement.

Source : courseaularge.com

18/12/15
Nerfs à vif
 
Dona Bertarelli : « Toute la nuit, nous avons bataillé en enchaînant les virements de bords pour rester dans un léger flux très instable en direction, oscillant de l’Est au Sud, d’une force de 3 à 8 nœuds.

Pas de quoi être effrayé ! Mais pour Yann et Erwan, ainsi que Jean-Yves, notre routeur à terre, c’est une une vraie prise de tête.

Après avoir passé une ‘molle’ relativement facilement, nous voici en plein jeu de l’élastique avec une dorsale qui nous bloque la route pour attraper du vent stable et plus fort en direction du Cap Horn. C’est un continuel va-et-vient qui met les nerfs à vifs de tout l’équipage. Un coup on avance, un coup on est arrêté, un coup on vire de bord et ainsi de suite.

Thomas
(Rouxel) a le meilleur descriptif pour expliquer la nuit que nous venons de passer : « L’impression de participer à une course côtière, où l’on doit enchaîner les virements de bord pour naviguer au plus près des côtes et éviter le courant dans le nez. »

Mais voilà, dans notre cas, il n’y a pas de côtes, ni de courant. On manque juste terriblement de vent !
»

Le 19/12 à 4h TU : lat 53°22.44' S - long 132°04.63' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 470.23 mn.
 

19/12/15
Changement radical
 
Yann Guichard : « Ça fait deux jours qu'on perd beaucoup de temps sur le record avec pas beaucoup de vent et là le vent vient de rentrer. On fait du sud, on fait route directe vers le cap Horn qu'on devrait atteindre dans un peu plus de trois jours et j'espère qu'on reprendra un petit peu d'avance sur le temps de référence de Banque Populaire V.

On s'attendait à un Pacifique avec du vent, de la mer pour aller vite. On pouvait espérer reprendre pas mal de temps au record de Loïck Peyron sur ce tronçon parce qu'ils n'avaient vraiment pas été rapides, alors que ça fait deux jours qu'on galère dans peu de vent. On avait plutôt un temps d'alizés avec du soleil, une température de 15°. Mais là le changement est radical, il fait 4-5°, la températude de l'eau est en train de chuter, on va se retrouver par 60° sud rapidement. Mais bon le moral est là, on va arriver dans les temps de Banque Populaire V au cap Horn. C'était l'objectif. La suite va dépendre de la météo sur la remontée de l'atlantique.
»

Flash météo : On en a fini avec les bouchons de l'autoroute du sud. Spindrift 2 est sorti des griffes de la dorsale et file vers le Horn poussé par du vent de Sud-ouest de 20 nœuds forcissant à 25 nœuds ce soir.

On revient enfin au vocabulaire évocateur de l'Océan austral :
- Demain dimanche, une vraie journée de Pacifique Sud : Sud-ouest de 30 nœuds avec des rafales à 40 nœuds. Des grains. Temps frais. Houle de sud-ouest de 4 mètres.
- Lundi 21, avant d'arriver sur le Horn, il faudra jouer au plus fin avec une dépression qui bute sur la Péninsule Antarctique.
Le vent d'ouest de 20 nœuds canalisé par les Andes s'oriente au nord-ouest 25 nœuds dans le nord du détroit de Drake.
Voilà qui a de l'allure. Il était temps.

Le 20/12 à 4h TU : lat 58°44.71' S - long 114°08.57' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 186.76 mn.

19/12/15
Pacte de responsabilité et de solidarité ?
 
Le site courseaularge.com fait état d'un "pacte" qui aurait été conclu entre les routeurs d'Idec Sport et de Spindrift 2 pour ne pas faire descendre les bateaux trop bas, trop tôt, et ainsi limiter les risques...

20/12/15
Pacte, suite... et fin ?
Dans une vidéo mise en ligne par Spindrift Racing, Yann Guichard indique que Marcel Van Triest, routeur d'Idec Sport, aurait pris l'initiative d'entrer en contact avec Jean-Yves Bernot, le routeur de Spindrift 2, pour fixer une limite sud à ne pas dépasser, afin de ne pas prendre le risque de s'aventurer trop près de zones de glaces.

Humainement, on ne peut que comprendre cette décision, à ceci près qu'elle aurait dû être prise à titre individuel, dans le secret des consciences de chaque équipage. Sportivement, elle devient assez discutable à partir du moment où elle est prise en concertation entre deux concurrents.

Boris Herrmann, équipier à bord d'Idec Sport, donne une autre version puisqu'il écrit dans son blog que l'initiative du coup de fil revient à Spindrift 2…

20/12/15
Handicap ?
On peut constater, à 10h30 TU, que dans les conditions météo actuelles, en principe beaucoup plus favorables à Spindrift 2, Yann Guichard a réalisé une moyenne de 30.3 nœuds dans les quatre dernières heures, alors que Francis Joyon carburait à la moyenne de 33 nœuds, dans le même intervalle de temps.

Spindrift 2 qui navigue, en ce moment, tribord amure est-il handicapé par l'avarie que le foil bâbord a subi le 7 décembre ?

Nous ne le saurons probablement pas car l'équipe ne communique pas beaucoup à ce sujet, qui est pourtant un élément important dans cette fin de pacifique et qui sera essentiel lors de la remontée de l'atlantique sud.

20/12/15
Ruée vers l’Est
 
Quatre degrés dans l’air, quatre degrés dans l’eau et 33 nœuds de vent de Sud-Ouest en provenance directe de l’Antarctique : l’atmosphère du Grand Sud est bien de retour ! Depuis hier samedi matin, les 473 milles de retard accusés par Spindrift 2 (son maximum dans le Pacifique) ont été balayés en seulement 36 heures.

Avec bientôt 100 milles d’avance ce dimanche soir, c’est même un total de près de 600 milles repris sur Banque Populaire qui effectuait, à ce même moment il y a quatre ans, parmi les plus lentes heures de son périple. Spindrift 2 entre dans une mer froide et hachée par presque 60 degrés Sud…

Soit cinq degrés plus bas encore que le Horn, le roc mythique de la pointe chilienne que les équipiers enrouleront a priori mardi matin. Alors que la nuit ne se couche même plus à ces latitudes, les marins, emmitouflés comme des cosmonautes, se relaient à la barre et sur le pont, œuvrant pour tirer le meilleur de la machine qui retrouve enfin du vent.

Le 21/12 à 4h TU : lat 59°54.20' S - long 89°34.62' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 344.99 mn.
 

21/12/15
59 degrés 56 minutes Sud
 
Message du bord : 59 degrés 56 minutes Sud sera la latitude la plus Sud de ce Trophée Jules Verne pour Spindrift 2 et son équipage, à 3,6 milles des soixantièmes Sud pour être exact.

Une latitude très Sud que le maxi-trimaran a frôlé le jour du solstice d’été. De fait, il n’y a quasiment pas de nuit. De la pénombre pendant une petite heure tout au plus. Cela rend la vie un peu plus facile aux barreurs qui bénéficient d’une visibilité correcte pour anticiper la progression du trimaran dans une mer difficile, formée, mais pas très ordonnée. Des conditions rugueuses donc, puisque le vent a approché les 35 nœuds, avec des rafales à 40 durant une bonne partie de la journée, le tout sous des températures polaires. Un quart a même eu le droit à quelques petites averses de neige. De saison...

L’approche du Cap Horn s’annonce complexe. Spindrift 2 et son équipage vont devoir traverser un front, puis le dépasser. De nombreuses manœuvres en perspective et une progression quelque peu ralentie, avant d’entamer une ultime glissade vers le fameux rocher qui marquera la fin des mers du Sud, de l’océan Pacifique et le retour en Atlantique.

Note : Le 21 décembre 2011 à 4h TU, Loïck Peyron avait franchi la latitude 61°57.36' S, peu avant la fin du 29ème jour de navigation.

Le 22/12 à 4h TU : lat 56°57.24' S - long 70°41.84' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 517.81 mn.
 

22/12/15
Spindrift 2 au cap Horn
Yann Guichard et ses équipiers ont franchi la longitude 67° 16', marquant le passage du cap Horn, le mardi 22 décembre 2015 à 8 heures et 9 minutes TU après 30 jours, 4 heures, 7 minutes et 2 secondes de navigation depuis Ouessant. Ils comptent une avance de 18 heures, 11 minutes et 46 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011.

Il aura mis 9 jours, 23 heures et 30 minutes pour parcourir la distance Tasmanie - cap Horn. Le record WSSRC de la traversée du Pacifique, établi par Bruno Peyron en 2005, en 8 jours, 18 heures et 8 minutes, reste invaincu.

Spindrift 2 fixe un nouveau temps de référence sur la distance Équateur - cap Horn en 25 jours, 6 heures et 38 minutes. Le meilleur chrono avait été établi par Bruno Peyron en 2005.

Il devient également le tenant du meilleur temps de référence sur la distance Ouessant - cap Horn en 30 jours, 4 heures, 7 minutes et 2 secondes. Le précédent chrono avait été réalisé par Loïck Peyron en 2011.
 

22/12/15
Huit bizuths au passage du cap dur
 
Yann Guichard : « On est 8 à bord à être des bizuths (pour le passage du cap Horn) surtout après 30 jours de mer où il y a eu des hauts et des bas au niveau météo, mais on est toujours dans le rythme par rapport au record. C'est la délivrance d'arriver au cap Horn après 3 jours assez difficiles au niveau du froid. C'est un grand moment d'émotion pour tout l'équipage. On sait que la route est encore longue mais on a fait un bon bout de chemin.

Toute la partie basse du foil a été arrachée
(à la hauteur des Kerguelen) et une grosse partie est délaminée. On ne peut pas le remonter complètement donc il nous freine un petit peu et provoque des turbulences au niveau des safrans. La plus grosse gène est à haute vitesse, quand il y a de la mer assez serrée parce que là le foil sert vraiment à soulager le bateau. Il faut être très vigilant à la barre parce que le bateau enfourne, rentre dans la vague assez facilement. Au niveau performances, on perd entre 3 et 5 % de vitesse quand le vent est soutenu.

Ça va être difficile d'aller à l'Équateur en 7 jours. Les conditions ne sont pas faciles. Là on a le vent dans le nez, on tire des bords. Après les Malouines, on va essayer d'attraper une dépression qui part de l'Argentine et qui devrait nous amener jusqu'en Uruguay. Mais ensuite ça a l'air assez compliqué. On va être à peu près dans les temps de Banque Populaire à l'Équateur, avec 5 à 6 heures de retard si tout se passe bien. On sait qu'ils n'ont pas fait un atlantique nord très rapide, en faisant un détour vers la côte est des Etats Unis. Donc tout peut être jouable si on arrive dans ces temps au niveau de l'Équateur.
»

Le 23/12 à 4h TU : lat 51°57.50' S - long 62°49.91' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 517.81 mn.

23/12/15
Idec Sport au cap Horn
Francis Joyon et ses équipiers ont franchi la longitude 67° 16', marque de passage du cap Horn, le mercredi 23 décembre 2015 à 3 heures et 50 minutes TU après 31 jours, 1 heure, 47 minutes et 38 secondes de navigation depuis Ouessant. Leur retard est de 3 heures, 28 minutes et 50 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011.

Idec Sport accuse un retard de 21 heures, 40 minutes et 36 secondes sur Spindrift 2 au passage du cap Horn.

23/12/15
Tango argentin
 
La situation météorologique sur l’Atlantique Sud est complexe et volage : les vents sont particulièrement instables en force et en direction et Spindrift 2 va devoir s’adapter en permanence à des changements de rythme au moins jusqu’au cap Frio, à la hauteur de Rio de Janeiro…

Le franchissement du détroit de Le Maire avec ses forts courants et ses petites brises contraires ont imposé plusieurs virements de bord pour laisser sur tribord l’île des États afin de retrouver un océan Atlantique ouvert.

Une grosse cellule sans beaucoup de vent s’est installée sur la pointe de l’Amérique du Sud en se scindant en plusieurs bulles qui se propagent aléatoirement. Ainsi au large de l’archipel des Malouines (Falkland) paré ce mercredi matin, Spindrift 2 alterne les accélérations à plus de vingt nœuds et les coups de frein à dix nœuds ! L’objectif du jour est d’attraper un front en déliquescence au Nord de ces îles australes pour accrocher ensuite une dépression argentine au large du golfe de San Jorge : cette journée de mercredi s’annonce donc animée sur le pont pour avaler le plus vite possible ces 200 milles qui permettront ensuite de retrouver des moyennes plus conformes au potentiel du trimaran noir et or…

La suite semble plus obscure : de petites dépressions sans gradient et peu actives vont s’incruster sur la trajectoire de Spindrift 2 au large de Mar del Plata et de Porto Alegre. Il est donc très difficile de se projeter sur les trois jours à venir car le trimaran va devoir tricoter entre ces systèmes météorologiques peu marqués, donc difficiles à cerner, passer d’un flux portant à une légère brise contraire, zigzaguer entre les zones de calmes, éviter les fronts orageux… Et ce jusqu’au Cabo Frio, à la latitude de Rio de Janerio, soit à un peu plus de 1 500 milles.

De fait, une grande partie de l’avance accumulée au cap Horn en temps (18h 11’) et en distance (530 milles) va progressivement fondre jusqu’au soleil des tropiques…

Le 24/12 à 4h TU : lat 47°50.20' S - long 56°27.24' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 82.94 mn.

24/12/15
Avarie sur le mât de Spindrift 2
 
Dona Bertarelli, le 23/12 à 15h TU : « Après le foil dans l’océan Indien, voici que le mât se délamine dans l’Atlantique. Moment d’effroi pour l’équipage lorsque Yann (Guichard), faisant son tour de check comme il a l’habitude de le faire, constate un enfoncement horizontal sur 40cm de long à un 1/3 bas du mât, côté bâbord. »

Yann Guichard : « Nous nous sommes rendus compte en fin de matinée qu’il y avait une partie du mât qui était délaminée. Nous avons dû réduire la voilure et faire un premier constat pour envisager les réparations.

Nous avons une mer de face depuis maintenant 48 heures, je pense que c’est pour cela que le mât s’est abîmé. Il a dû rentrer en compression. Antoine
(Carraz) essaie de réparer tant bien que mal à l’extérieur et, après, il va falloir réparer à l’intérieur.

C’est pour cela que nous sommes lents depuis 5 / 6 heures et cela va continuer encore 5 à 6 heures. Nous allons donc perdre encore un peu de terrain mais nous n’avons pas trop le choix. Il faut essayer de réparer cela au mieux pour pouvoir repartir après à 100% du potentiel du bateau.
»

Yann Guichard, après les réparations : « Antoine a fait un super boulot en extérieur, bravo à lui parce que là c’était " challenging ". On doit réparer l’intérieur du mât mais on va mettre un gennaker pour pouvoir glisser et que ce soit plus facile dans la mer. Je pense que l'on pourra bientôt redémarrer normalement. »

Ndlr : En 2011, Loïck Peyron avait lui aussi constaté un enfoncement du carbone du mât de Banque Populaire V, à 5 mètres de haut, alors qu'il naviguait dans l'océan Indien.
 
 
Bulletin météo : Spindrift 2 quitte doucement la traine active qui lui a permis de faire route vers le nord cette nuit.

Le vent de sud-ouest de 30 nœuds va mollir en tournant à l'ouest dans la journée. Beau temps à venir en soirée à l'approche d'un petit anticyclone migrateur qui se déplace d'ouest en est au large du Rio de la Plata.

Ce sera le menu de vendredi 25 décembre : contournement par l'ouest de l'anticyclone. C'est le genre de trajectoire qui demande de l'attention pour bien utiliser la courbure dus champ de vent et ne pas se faire prendre dans la zone centrale sans vent.

A moyen terme, l'anticyclone d'Atlantique sud barre quasiment tout l'Océan ce qui oblige à s'adjoindre les services d'une zone dépressionnaire qui se creuse vers Sao Paulo. Coût de l'opération : route au près dans du vent de nord-est de 20 nœuds entre le 26 et le 29 décembre. C'est le prix à payer pour pouvoir dégager de l'anticyclone le 29 et filer dans les alizés de sud-est jusque l'équateur.

Le 25/12 à 4h TU : lat 39°12.34' S - long 49°56.91' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 32.64 mn.

25/12/15
Passager clandestin
 
Dona Bertarelli : « Je ne savais pas trop comment j’allais vivre cette soirée que l’on passe habituellement en famille. Et bien, à mon grand étonnement, pas si différemment qu’habituellement : des préparatifs de repas, des cadeaux et aussi quelques surprises, le tout dans une bonne humeur si caractéristique de Noël.

L’équipe à terre, bienveillante, nous avait paqueté deux guirlandes que nous avons, Xavier, Loïc et moi, installé avec grand soin. Un cadeau de l’école de Notre Dame de La Trinité sur Mer, pleins de petits poissons en papier peints par les enfants, a été également placé en guirlande pour décorer le cockpit.

Une fois la décoration finie, préparation du repas : pâtes fraiches, jambon cru et sauce tomate du chef Benoit Violier qui vient tout juste d’être élu meilleur chef au monde et, pour finir, une mousse au chocolat (lyophilisée bien sûr !)

Alors que le soleil se couche, dans un ciel sans nuage et une légère brise, un bruit de casserole retenti à l’avant du bateau.

Tout l’équipage sur le pont voit arriver le Père Noël avec sa hotte remplie de cadeaux qu’il sème par si et par là en s’avançant maladroitement sur le filet.

Distribution de cadeaux dans des éclats de rires : stylo gravé, porte monnaie personnalisé avec le numéro de chaque équipier fait en tissu de voiles, saucisson, chocolat, Smarties, Chupa Chup et une pensée pour moi, un Panettone ! Pour un italien, pas de Noël sans ce pain rempli de fruits secs que l’on mange uniquement à Noël.

Merci au Père Noël et à ses lutins complices restés à terre.
»

Le 26/12 à 4h TU : lat 34°49.44' S - long 47°26.76' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 314.74 mn.
 

26/12/15
Stratégies
Les deux challengers ont opté pour une stratégie radicalement différente : Spindrift 2 suit une route très à l'Ouest du 'bassin' pour remonter l'atlantique sud. Idec Sport a choisi une route relativement Est qui à l'avantage d'être plus courte, mais qui l'expose beaucoup plus aux bulles anticycloniques.

Francis Joyon n'avait pas d'autre solution que celle-ci, pour tenter recoller à son adversaire. Le choix est risqué, mais, à ce stade, c'était celui de la dernière chance. À l'Équateur, en fonction des conditions météorologiques dans l'atlantique nord, le positionnement longitudinal des deux bateaux sera déterminant, pour rejoindre Ouessant.

Hier, Spindrift 2 a enregistré sa 3ème plus mauvaise journée avec 289 milles parcourus en 24 heures. Le menu du jour : route au près dans un vent de nord-est de 20 à 25 nœuds.

Idec Sport à lui bénéficié d'une bonne journée de navigation en parcourant 664 milles en 24 heures. C'est ce qu'on appelle manger son pain blanc. Le pain noir est prévu pour aujourd'hui et demain puisque Francis Joyon va subir deux ralentissements avant de pouvoir faire la jonction avec l'alizé.
 

26/12/15
Houle nerveuse
 
Message du bord : Spindrift 2 est sorti de la dorsale en fin de soirée. La nuit a été plus sévère au reaching dans de l'air avec une mer de face. Il a fallu réduire la toile et ralentir afin de préserver le matériel et en particulier le gréement.

Beaucoup de grains orageux, de la pluie. Très inconfortable. C’est d’ailleurs assez étonnant de constater que cet inconfort se manifeste avant tout à l’intérieur du bateau. Sans aucun repère d’horizon, il est impossible d’anticiper les chocs du bateau dans les vagues. Chaque mouvement et action à priori anodin devient compliqué. Se déplacer, s’habiller, se restaurer. Certains équipiers ont du mal à trouver le sommeil, trop occupés à s’agripper au cadre de leur bannette pour ne pas tomber.

Pour ne rien arranger, la température de la cabine commence à grimper, au point de commencer à souffrir de la chaleur, notamment pendant les charges moteur ou la préparation des repas. Il faut dire que l’eau de mer est déjà à 23°C.

Depuis, les conditions de vent et de mer ont un peu molli, mais on a entre 800 et 1000 milles de près devant les étraves. Heureusement, la majorité s’effectuera en bâbord amure, et on pourra utiliser notre foil valide qui amortira les chocs du bateau dans les vagues.

Le 27/12 à 4h TU : lat 29°08.80' S - long 44°07.60' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 324.05 mn.

27/12/15
Verdict à l'Equateur
 
Yann Guichard : « En passant le cap Horn, nous avions à peu près 500 milles d'avance sur Banque Populaire V mais nous savions que nous allions vite les perdre car la remontée de l'atlantique sud allait être compliquée. C'est le cas. Nous avons fait pas mal de près dans du vent très mou. Maintenant nous avons 300 milles de retard.

Au niveau du record c'est vraiment jouable. Nous allons avoir entre 500 et 700 milles de retard au passage de l'Équateur mais Loïck Peyron a dû faire un grand détour dans l'atlantique nord pour contourner l'anticyclone des Açores. S'il nous ouvre un petit peu la porte, nous pourrons faire une ligne plus droite. Il y a moyen de gagner une journée et être dans les temps du record. Cela va se jouer à quelques heures. Il ne faut rien lacher jusqu'à l'arrivée. Tout est possible.

On regarde bien sûr ce que fait Idec Sport. Après le cap Horn, il est parti plein est pour rester dans une dépression. Après il va aussi buter sur l'anticyclone de Sainte-Hélène qui lui barre vraiment la route. On est sur deux options complètement différentes. Nous près de la côte, lui très au large. Pour l'instant, sur les fichiers, nous sommes plutôt gagnants. Mais il peut encore se passer beaucoup de choses. Le verdict tombera lorsque nous ferons vraiment de l'est pour passer l'Équateur.
»

Le 28/12 à 4h TU : lat 25°46.12' S - long 39°15.83' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 434.83 mn.

28/12/15
De vous à moi
Pendant que Spindrift 2 se recale à l'est, Idec Sport se recale à l'ouest... Le premier se prépare à recevoir le vent tribord amure alors que le second est à la recherche de la VMG perdue.

A bord, chacun s'occupe comme il peut. Les équipiers de Yann Guichard jouent à la marchande (!!!). Du coté de Francis Joyon, on ne sait pas. Mais il est facile d'imaginer la déception de ces vaillants combattants qui n'ont pas démérité. Il s'en faut de beaucoup. Ils ont toujours été à l'attaque. Certes, avec plus ou moins de réussite, mais ils ne se sont jamais avoués vaincus. C'est là toute la noblesse du sport en général et de la voile en particulier.

Pendant ce temps, le chrono égraine impitoyablement les secondes, les minutes, les heures et... les jours.

À neuf jours et quelques heures de la deadline, il est bien sûr beaucoup trop tôt pour tirer un bilan de ces deux tentatives, mais avouons le, maintenant, il faudrait un miracle météorologique pour que l'un des deux challengers puisse faire tomber le record. D'autant que la dernière étape ne sera pas non plus une partie de plaisir. Les prévisions météo indiquent que les deux concurrents peuvent se préparer à devoir faire le " grand tour ", en passant par le centre de l'atlantique nord, afin de contourner l'anticyclone des Açores, dernier obstacle avant de franchir la ligne d'arrivée dans les meilleurs temps.

28/12/15
Machine à laver
 
Yann Guichard, en direct à 19h TU sur i-Télé : « C'est compliqué. Depuis qu'on a passé le cap Horn, on est face au vent. La météo n'est pas vraiment avec nous. La nuit dernière on avait l'impression d'être dans une machine à laver au bord du périphérique. On avait des vagues de 3 mètres dans la figure. Cela devrait s'améliorer dans les prochaines heures.

Nous savons que nous allons toucher l'alizé propice, au large du Brésil, dans quelques heures. Nous allons virer de bord et faire la route plein nord pour se diriger vers Brest. Par contre on sait que dans l'atlantique nord les conditions ne vont pas être faciles parce qu'il va nous manquer du vent. Donc ça va être dur d'aller chercher le record mais tous les espoirs sont encore permis.

On va essayer de raccourcir le chemin, de tirer au plus droit en direction de Brest mais c'est la météo qui en décidera. Dans deux ou trois jours nous saurons si elle sera avec nous ou contre nous. Mais en tous cas on sera, quoiqu'il arrive, très proches du record et j'espère en avance. C'est de toute façon une belle aventure. C'est assez fantastique d'avoir la chance de pouvoir faire un tour du monde comme ça. »

Le 29/12 à 4h TU : lat 21°23.23' S - long 34°54.02' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 581.32 mn.
 

29/12/15
7 jours pour convaincre
 
Yann Guichard, en direct à 19h TU sur i-Télé : « Tout va bien à bord, on est enfin sortis de la mer de face et maintenant on est un petit peu dans l'alizé, mais malheureusement, il n'y a pas beaucoup de vent. On s'impatiente à attendre que le vent rentre. J'espère que cela va arriver incessamment sous peu.

Depuis le passage du cap Horn, on galère un petit peu, face au vent, avec peu de vent et là c'est encore le cas. Dans 12 heures nous allons reprendre du vent et pouvoir ré accélérer. Nous savons qu'en atlantique nord nous en aurons un peu mais nous commençons à prendre pas mal de retard. Nous avons presque 800 milles de retard, mais il ne faut pas désespérer.

Maintenant il faut vraiment que le vent soit avec nous et que nous puissions tracer une ligne droite vers Ouessant pour espérer battre le record. Cela va se jouer à quelques heures. Depuis 10 jours nous nous battons contre les éléments et contre le vent, c'est un peu frustrant. Nous avons demandé du vent au Père Noël, mais cela tarde à venir.
​ »

Le 30/12 à 4h TU : lat 14°24.58' S - long 34°08.07' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 772.59 mn.

30/12/15
De vous à moi
La nuit a été encore très laborieuse pour Idec Sport allant jusqu'à naviguer à 7.7 nœuds avec une VMG de 1.3 nœuds à 3h50 TU. Il paye cher, très cher, l'option est tentée au détour du cap Horn, pour " couper le fromage ". Mais à la décharge de Francis Joyon, il n'y avait pas d'autre choix à faire pour espérer revenir ses adversaires. En mer, comme dans la vie, ce n'est pas en suivant à la trace un concurrent beaucoup plus musclé que vous pouvez espérer le dépasser. La ruse s’imposait mais elle n’a pas du tout été payante.

A 9h20 TU, Idec Sport évoluait par 21°20.27' S 34°57.57' W à la vitesse de 16.7 nœuds avec une VMG de 13.3 nœuds. Il accusait un retard de 1 338 milles sur Banque Populaire V en 2011.

Spindrift 2 n'est guère mieux loti. S'il franchit l'Équateur vendredi 1er janvier, à quelques heures de la clôture du 40ème jour de navigation, il comptera un retard substantiel, proche de deux jours, sur Loïck Peyron.
Yann Guichard rêve d'une longue ligne droite pour rallier Ouessant, depuis l'Équateur, dans les temps du record. Les perspectives météorologiques sont plutôt pessimistes à ce sujet. Il devra probablement faire un détour par l'ouest, pour contourner l'anticyclone des Açores, ce qui rallongera significativement sa route. Dans les conditions météorogiques, telles qu'elles sont annoncées actuellement, le trimaran noir franchirait la ligne d'arrivée le 8 janvier 2016, en milieu de journée, soit après environ 47.5 jours de mer depuis Ouessant. Deux jours de plus que le record à battre.

A 9h30 TU, Spindrift 2 naviguait par 12°14.81' S et 33°31.30' W à la vitesse de 25.9 nœuds. Il avait un retard de 790 milles sur Loïck Peyron.
 

30/12/15
Bulletin météo de Jean-Yves Bernot et communiqué
 
Bulletin météo : Les alizés de l'Atlantique sud sont un peu plus nerveux que prévu : enfin des vitesses décentes entre 25 et 28 nœuds. Il reste à passer la pointe Nord-Est du Brésil sans se faire ralentir par les orages côtiers. On admirera au passage le courant nord équatorial portant vers l'Ouest à 2 nœuds, avant de passer l'équateur dans la foulée, aux dernières heures de l’année 2015.

On verra alors où en sont les tractations avec l'anticyclone des Açores. Il n'a pas l'air facile en affaires.

Communiqué de Spindrift Racing : " Les circonstances pourraient sembler défavorables alors qu’il ne reste que sept jours pour franchir la longitude du phare de Créac’h à Ouessant mais là encore, tout va dépendre de l’anticyclone des Açores. Le détenteur du Trophée Jules Verne avait en effet dû effectuer un très grand tour pour éviter ces hautes pressions, s’écartant de la route en glissant vers l’arc antillais pour finir du côté de l’Irlande ! Un détour qui avait duré 7j 10h 58’ entre l’équateur et Ouessant…

Or s’il est encore trop tôt pour préjuger du comportement de l’anticyclone des Açores, il est tout de même établi que le Pot au Noir situé vers le 1°30 Sud n’est pas très actif et que les alizés de l’Atlantique Nord sont en revanche plutôt solides à plus de vingt nœuds d’Est. Les premiers jours de l’année s’annoncent ainsi très rapides et la succession de dépressions qui balayent l’Europe depuis deux semaines n’est pas prête de se déliter : tout va donc dépendre de cette zone de transition entre le flux soutenu d’Est à la hauteur du Cap-Vert et le souffle puissant d’Ouest à la latitude des Açores.

Spindrift 2 peut donc reprendre la main dès le passage de l’équateur et profiter de la redistribution des cartes météo de ce début d’année. Car hors du foil bâbord, le trimaran noir et or conserve tout son potentiel, particulièrement pour le rush final et l’équipage peut abattre ses atouts : une motivation à toute épreuve, un sens aigu de la compétition et la certitude que le record ne va se jouer que de quelques heures. "

Le 31/12 à 4h TU : lat 4°45.13' S - long 31°56.22' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 624.67 mn.

31/12/15
Spindrift 2 à l'Équateur
Yann Guichard et ses équipiers ont quitté l'hémisphère sud en franchissant la latitude 0°, le jeudi 31 décembre 2015 à 17 heures et 33 minutes TU après 39 jours, 13 heures, 31 minutes et 2 secondes de navigation depuis Ouessant.

Ils comptent un retard de 1 jour, 10 heures, 45 minutes et 14 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011 en 38 jours, 2 heures, 45 minutes et 48 secondes.

Pour inscrire leur nom au palmarès du Trophée Jules Verne, il devront parcourir la distance Équateur - Ouessant, (3 246 milles en orthodromie), en réalisant un temps inférieur ou égal à 6 jours, 10 minutes et 51 secondes.

Sur ce dernier tronçon, le meilleur temps a été réalisé en 2010 par Franck Cammas en 6 jours, 10 heures, 35 minutes et 52 secondes. En 2012, Loïck Peyron avait mis 7 jours, 10 heures, 57 minutes et 5 secondes.

31/12/15
De vous à moi...
À l'Équateur, Spindrift Racing affiche sur son site une distance au but de 3 246 milles et indique que Spindrift 2 doit tenir une moyenne de 22 nœuds pour améliorer le record. Cela leur semble jouable, considérant que la moyenne du trimaran est de 25 nœuds, depuis le départ.

La démonstration est plutôt simpliste car la moyenne de 22 nœuds est calculée sur une distance très proche de l'orthodromie alors que la moyenne de 25 nœuds l'est sur la distance parcourue sur le fond. Deux notions bien différentes.

En 2012, Loïck Peyron avait, à l'Équateur, un restant à parcourir orthodromique de 3 260 milles. Dans la réalité, il a dû parcourir 4 728 milles pour rejoindre Ouessant. Dans le premier cas, sa moyenne est de 18.2 nœuds et dans le deuxième, de 26.40 nœuds.

Par définition, le restant à parcourir sur le fond, de Yann Guichard, est inconnu. En l'évaluant à 4 000 milles, il lui faudrait tenir une moyenne de 27.80 nœuds. Et pour 4 200 milles, la moyenne serait de plus de 29 nœuds.

Cela change quand même la donne.

31/12/15
Qu’il y ait record ou pas, ça restera une très belle aventure
 
Yann Guichard : « Mathématiquement, tout est encore possible. Groupama (détenteur du record entre 2010 et 2012) avait mis une journée de moins que Banque Populaire V pour faire le tronçon du Nord. Et 700 milles, ça correspond à une journée de navigation.

Mais il nous faudra une météo idéale pour pouvoir faire une route la plus directe possible vers Ouessant. Le verdict des fichiers météo tombera d’ici à 24 heures. On saura alors s’il y a une opportunité.

L’anticyclone des Açores est bien étalé sur l’Atlantique et c’est ce qui nous fait un peu barrage. Il va falloir le traverser au plus vite puis attraper une dépression derrière. Le record est encore envisageable, mais il est clair que les chances s’amenuisent. Si on galère un peu dans l’anticyclone, le record sera difficile à battre.


Qu’il y ait record ou pas, ça restera une très belle aventure. Si on n’y arrive pas cette année, on retentera notre chance l’année prochaine. »

Source : sport24.lefigaro.fr

Le 01/01 à 4h TU : lat 2°47.52' N - long 32°42.62' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 502 mn.
 

01/01/16
Idec Sport à l'Équateur
Francis Joyon et ses équipiers ont franchi l'Équateur le vendredi 1er janvier 2016 à 16 heures et 56 minutes TU après 40 jours, 14 heures, 53 minutes et 38 secondes de navigation depuis Ouessant.

Ils comptent un retard de 2 jours, 12 heures, 7 minutes et 50 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011 en 38 jours, 2 heures, 45 minutes et 48 secondes.

Leur retard sur Spindrift 2 se monte à 1 jour, 1 heure, 22 minutes et 36 secondes.

01/01/16
Sur les traces de Banque Pop
 
Spindrift 2 a quitté la zone du Pot au Noir en seconde partie de nuit, accrochant immédiatement un flux de Nord-Est permettant d’accélérer progressivement.

Devant les étraves, l’anticyclone des Açores s’étale en travers de l’Atlantique Nord. Sa position assez basse et sa forme très aplatie créent dessous un alizé stable et généreux. Ces largesses iront-elles jusqu’à ouvrir un passage au trimaran ? Difficile à dire mais cela n’est pas pour tout de suite.

Pour l’instant, l’équipage progresse au près avec une route s’incurvant à l’Ouest, suivant une trajectoire similaire à celle de son prédécesseur et actuel détenteur du Trophée Jules Verne, Banque Populaire V. Avec une moyenne de 28 nœuds ces quatre dernières heures, la cadence du challenger est rapide et le déficit s’est encore réduit.

Le 02/01 à 4h TU : lat 11°35.08' N - long 38°33.05' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 230.01 mn.

02/01/16
Numéro d'équilibriste
 
Message du bord : Après une remontée de l’Atlantique sud au ralenti, une zone de convergence intertropicale certes peu active, mais finalement assez étendue, les hommes et femme du bord renouent avec les hautes vitesses. Et ça fait du bien. Voici maintenant plus de 24 heures que Spindrift2 progresse à 30 noeuds au reaching dans une mer formée. Pont humide, et étraves qui fument. Et surtout la sensation de progresser sur la route. La route météorologique en tous cas.

Conséquence directe de ces conditions musclées, la vie à l’intérieur du bateau n’est pas des plus confortable. En dehors des mouvements inhérents à la vitesse, c’est la chaleur qui est compliquée à supporter. L’humidité dans laquelle évolue le maxi-trimaran obligent les équipiers à fermer les hublots, se privant ainsi de circulation d'air. Les températures dans les zones de cuisine et de sommeil dépassent souvent les trente degrés, et rendent la récupération difficile, en particulier en milieu de journée.

Mais encore une fois, la sensation de vitesse et de progression vers le but a bien des vertus, dont celle de faire accepter ce genre de désagréments plutôt facilement.

Flash météo : Spindrift 2 continue une route rapide dans l'alizé de nord-est soutenu. Objectif : contourner l'anticyclone vers 40 Ouest, demain dimanche. Ensuite il faudra se placer dans le flux dépressionnaire actif au nord de 35 noeuds en trouvant la bonne combinaison entre du vent fort, mais pas trop, de la mer formée, mais pas trop. Numéro d'équilibriste qui demande du doigté.

Le 03/01 à 4h TU : lat 20°23.15' N - long 46°24.92' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 228.17 mn.
 

03/01/16
Mission impossible
 
Yann Guichard, en direct à 8h40 sur i-Télé : « Malheureusement, les derniers fichiers météo viennent de tomber. On y croyait, on espérait mais depuis 2-3 jours on savait que ça allait être compliqué. Et là ça va être impossible. Mission impossible puisque l'anticyclone des Açores nous barre la route.

Donc on ne peut pas faire route directe vers l'arrivée pendant deux jours et on va prendre trop de retard par rapport au record. On ne va pas pouvoir le battre. On va arriver avec entre 12 et 36 heures de retard par rapport à Loïck Peyron en 2012.

Ça restera une belle aventure même si on n'arrive pas atteindre le record. On va faire avancer le bateau au maximum jusqu'à l'arrivée, tout en sécurité. Il y a un petit coup au moral, mais on a hâte d'arriver. Tout le monde est prêt à repartir dès l'année prochaine si on retente le record. On a le bateau pour battre le record et ce n'est que partie remise.
»
 
Interview de Yann Guichard par i-Télé
 
 
Communiqué de Spindrift Racing : À 2 600 milles de la ligne d’arrivée à Ouessant et à l’orée de son 43ème jour de mer, Spindrift 2 qui n’affiche désormais plus que 266 milles de retard (dont une centaine hier soir) n’a pour autant plus l’opportunité d’améliorer le record du Trophée Jules Verne, établi depuis 2012 (45j 13h 42’ 53’’).

En effet, bien que l’équipage n’ait rien lâché et vu sa ténacité récompensée par plus de 700 milles rattrapés en trois jours, la météo a tranché : entre un anticyclone des Açores campé en travers de la route et de violentes tempêtes à suivre avec une mer impraticable, les conditions qui règnent sur l’Atlantique sont particulièrement défavorables pour conclure dans les temps ce tour du monde.

Dès aujourd'hui, les marins de Spindrift 2 vont lever le pied et cesser de naviguer en mode record.

Pour l’emporter, il faudrait que lSpindrift 2 aligne désormais plus de 26 nœuds de moyenne sur la route directe mais la météo ne l’entend pas comme cela. Jusqu’à hier, samedi, la possibilité même réduite de pouvoir franchir la ligne d’arrivée du Trophée Jules Verne, devant le phare de Créac’h à Ouessant, était encore envisageable et le record autour du monde accessible, même si ce n’était que de quelques minutes. Mais en fin de journée, la situation s’est affinée et confirmée : les conditions météorologiques bloquent toute solution de rallier la ligne d’arrivée à temps (heure limite, le 6 janvier à 17h43 TU. D’abord parce que l’anticyclone des Açores s’est étalé pile sur la trajectoire optimale et oblige Spindrift 2 à tirer un grand bord vers le Nord-Ouest sur les traces de son prédécesseur. Ce qui rallonge sensiblement la route mais, en plus, ces hautes pressions avec peu de vent, vont s’étirer dès la nuit de dimanche vers le Nord, jusqu’à Terre-Neuve.

Tempêtes sur la route. Il sera donc impossible pour Yann Guichard et ses treize équipiers de « couper le fromage » en piquant vers les Açores. And last but not least, si le très mauvais temps n’a pas épargné les côtes bretonnes et britanniques, la situation est loin de s’améliorer puisqu’une nouvelle dépression violente est attendue du Sud de l’Irlande jusqu’au cap Finisterre dès dimanche soir, prémices d’un nouveau coup de vent très virulent jeudi.

La mer déjà très grosse au large de Ouessant ne va que gonfler et devenir de plus en plus chaotique voire dangereuse même pour un voilier de quarante mètres de long. Déjà ce samedi, la mer d’Iroise était balayée par des vents supérieurs à 35 nœuds avec des rafales à plus de 60 nœuds et des creux supérieurs à huit mètres au large.

Dans ces conditions, le skipper, Yann Guichard va adopter la prudence et la sécurité afin de ne mettre en péril ni les hommes, ni le bateau : s’il s’avère nécessaire de ralentir pour éviter le plus gros de cette succession de coups de vent, la raison l’emportera sur toutes autres considérations.

Le 04/01 à 2h TU : lat 27°57.71' N - long 49°41.63' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 593.68 mn.

04/01/16
Nous sommes toujours en course
 
Yann Guichard : « Je voudrais d’emblée mettre fin à un malentendu : Spindrift 2 n’a pas abandonné ! Nous sommes toujours en course. Nous avons juste annoncé, par respect pour ceux qui nous suivent depuis le départ, que nous n’étions plus en mesure de battre le temps de référence de Loïck Peyron. C’était une question d’honnêteté.

Il y a eu de la déception quand nous avons pris conscience de l’inéluctable, mais le sens marin a vite repris le dessus. Mais cela ne veut pas dire que la fin du parcours ressemblera à une croisière, dit-il. C’est même plutôt l’exact contraire qui nous attend avec une série de tempêtes qui sont prévues au large des côtes de la Bretagne. Mon devoir de marin, maintenant que le record n’est plus une option, c’est de ramener l’équipage et le bateau en parfait état jusqu’à la ligne d’arrivée.

Peu importe désormais de savoir si on signe le deuxième chrono de l’histoire… Franchement, ça n’a aucune espèce d’importance.

C’était aussi une première campagne pour moi et je n’en retire que du positif. Ces 29 000 milles que nous aurons parcourus ensemble sont une source d’expérience qui n’a pas d’équivalent. Cela nous sera bien utile lors de la prochaine tentative. Mais, finissons-en déjà avec celle-là avant de songer à repartir !
»

Source : www.tdg.ch

Le 05/01 à 4h TU : lat 35°28.27' N - long 48°14.84' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 962.39 mn.
 

05/01/16
L'ambiance va changer
 
Spindrift Racing : Il reste 1 700 milles encore à courir devant les étraves du trimaran dont l’arrivée est toujours prévue sur la Bretagne vendredi. Depuis ce matin, Spindrift 2 n’est pas descendu sous les 30 à 32 nœuds de vitesses moyennes ce qui laisse imaginer quelques jolies pointes de glisse sur un ‘asphalte’ océanique toujours amical. En effet, l’équipage et les barreurs notamment, profitent actuellement de belles sensations et d’heures bien réconfortantes pour ces amoureux du multicoque. D’autant que la trajectoire est belle, rectiligne et sur la route de la maison…mais l’ambiance va changer. L’imposante dépression venue des côtes américaines rattrape le trimaran noir et or. Dans quelques heures, le front froid va durcir le rythme.

Bulletin météo de Jean-Yves Bernot : Les acteurs se mettent en place pour le bal des trois prochains jours :

Mardi 5 janvier :
- Zone dépressionnaire au large de la côte US se dirige rapidement vers l'Islande où elle va stationner un moment.
- L'anticyclone des Açores résiste encore deux jours ce qui donne du vent de Sud Ouest soutenu entre les deux systèmes.
- Le front froid associé à la dépression balaie la zone de navigation mercredi dans la journée.
- Vent de Sud-Ouest 25 nœuds se renforçant à 30 avec une houle d'Ouest de 3 mètres.

Mercredi 6 janvier :
Il faudra traverser le front froid actif : vent de Sud-Ouest, 30-40 nœuds rafales 45 nœuds, à l'avant du front et vent de Nord-Ouest 30 nœuds après le passage du front.
Entre les deux : des grains....
Mer forte et croisée : houle de secteur Ouest 5 à 6 mètres, mer du vent de Nord Ouest de 3 mètres

Les 7 et 8 janvier :
Le vent reste soutenu dans la traine dépressionnaire avec un flux de secteur Ouest de 30 nœuds, rafales à 35, houle d'Ouest de 5 à 6 mètres.

Le 06/01 à 4h TU : lat 38°09.12' N - long 32°42.47' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 919.98 mn
 

06/01/16
Interview de Dona Bertarelli (extraits)
 
Journal Le Temps : Est-ce important de franchir quand même la ligne d’arrivée ?
Dona Bertarelli: Oui, sinon, il y aurait un goût d’inachevé. On est plusieurs à bord à n’avoir jamais bouclé un tour du monde et un Jules Verne.

Est-ce que l’adrénaline est retombée ?
Il y a forcément un peu moins d’adrénaline, mais le moral est bon. L’envie, la motivation et l’énergie sont là. On sait qu’on va au-devant de conditions de mer difficiles mais on va essayer de naviguer au mieux et prendre du plaisir.

A part vos proches, qu’est-ce qui vous a le plus manqué ?
Je ne sais pas. On peut toujours dire ces choses ridicules comme «j’ai envie de manger une salade» ou «j’en ai marre du lyophilisé ». Honnêtement, il n’y a rien qui m’ait manqué spécifiquement. Pendant ce Trophée Jules Verne, je me suis découvert une âme d’aventurière. Parce que si on me disait maintenant qu’au lieu de 45 jours, ça allait en durer 80, mentalement, je le supporterais. J’aurais des hauts et des bas mais je me rends compte que je me fais très bien à cet environnement et que je n’ai pas souffert au point de me dire «plus jamais». C’est clair que les conditions ne sont pas faciles, il y a du bruit tout le temps, par moment on n'en peut plus des mouvements du bateau, parce qu’on ne peut rien faire sans se tenir, sinon on tombe. Mais on s’y fait. On souffre à un moment donné, mais on supporte parce qu’on est dans son élément.

Quels ont été les moments les plus difficiles ?
J’ai un esprit de combattante et du coup, c’est plutôt dans l’inaction que j’ai eu des coups de mou. Dans les moments de «pétole», de doute, comme quand on a cassé le foil et hésité à abandonner. Ces moments-là ont été les plus difficiles. J’ai eu un coup au moral après le passage du Cap Horn quand j’ai vu que ça n’allait pas le faire à cause des conditions météo. Je ne suis pas défaitiste mais on n’est pas idiots non plus. On a des fichiers météo précis et on savait que le record serait dès lors quasi impossible à accrocher. Entre le Cap Horn et l’Equateur, on s’est pris 1 500 milles de retard dans la vue. Je voyais l’angoisse de Yann qui analysait les fichiers météo et se rendait compte que même si on n’avait fait aucune erreur, on n’était pas maîtres de ce qui nous arrivait. C’était dur de se dire qu’il allait falloir le dire aux autres tout en continuant à se battre. Un moment pas facile à digérer. Surtout quand tu navigues à 5 nœuds dans une zone sans vent et que tu ne sais pas quand tu vas en sortir.

Pour le reste, vous êtes satisfaits ?
Absolument. Nous savons que nous avons l’outil pour améliorer le record du monde. On peut grappiller deux jours. Mais il faut que la météo soit là. Cette météo-là existe-elle? Il faudra y retourner pour le savoir. Aucune écurie n’est parvenue à battre ce record en une fois. On le savait. Techniquement, on n’a rien à se reprocher. Contrairement à une course où le but est de faire mieux que l’adversaire, sur un record, il n’y a pas forcément un gagnant. Psychologiquement, c’est différent.

Source : letemps.ch

06/01/16
Loïck Peyron sort du bois...
 
Loïck Peyron : « Idec Sport et Spindrift 2 prouvent que ce record n’est pas facile à battre, mais ça, on le savait. Et quand bien même les deux bateaux aient progressé techniquement et ont été bien menés, on peut même dire de manière impressionnante, on ne peut contrôler tous les paramètres. Bénéficiant parfois de magnifiques conditions, l’un et l’autre ont établi de beaux partiels. Une fois de plus, c’est en revenant à la maison que les conditions météo ont été les plus mauvaises. Je confirme ce que j’annonçais avant que les deux équipages ne s’élancent : les records sont faits pour être battus et moi, j’étais parfaitement prêt à l’être aussi. Mais, ayant suivi nuits et jours les deux tentatives, je dois reconnaitre que ce n’est pas plus mal qu’avec les équipiers du Maxi Banque Populaire V, nous gardons le Trophée Jules Verne au chaud chez nous pour quelques temps ! »

Source : courseaularge.com

06/01/16
Heureux qui comme Spindrift, a fait un beau voyage…
 
Communiqué de Spindrift Racing : Spindrift 2 naviguait ce mercredi midi entre l’anticyclone des Açores et une grosse dépression atlantique avec trente-cinq à quarante nœuds de brise. À moins de 1 000 milles de Ouessant ce soir Dona Bertarelli, Yann Guichard et leurs douze équipiers ont encore une journée et demie de mer dans des conditions difficiles qui vont heureusement s’améliorer à l’approche des côtes bretonnes vendredi.

Le temps pour améliorer le record du Trophée Jules s’achève ce mercredi à 17h 43' 51" TU et le retard de Spindrift 2 devrait donc atteindre comme annoncé environ 1 000 milles, et entre 36 et 40 heures. Attendus vendredi à Ouessant, les marins de Spindrift 2 ont prévu de rallier ensuite leur port d’attache et leur base de La Trinité-sur-mer. Le Trophée Jules Verne reste donc la propriété de Banque Populaire V (45j 13h 42’ 53’’) mais Yann Guichard et son équipage auront démontré que la nouvelle configuration du trimaran détenteur du record s’est avérée plus à l’aise et plus performante dans presque toutes les conditions météo.

Malheureusement, alors que sur le chemin aller, Spindrift 2 a réalisé le temps canon de 4 jours 21 heures 29 minutes entre Ouessant et l’équateur, la route retour dans l’Atlantique Nord n’a, en revanche, pas été plus favorable que son homologue du Sud puisqu’au total, depuis son passage au cap Horn avec plus de 18 heures d’avance, le trimaran aura perdu plus de deux jours sur cette dernière remontée.
Heureux qui comme Spindrift, a fait un beau voyage…

Avant d’en finir, l’équipage de Yann Guichard va devoir négocier la traversée d’un front actif qui balayait ce mercredi midi, l’archipel des Açores. Afin de préserver les hommes et le matériel, Spindrift 2 a choisi une trajectoire raisonnable en bordure de l’anticyclone mais il va devoir cet après-midi piquer vers la Bretagne après un empannage dans plus de 35 nœuds de vent d’Ouest.

De fait, un front actif se décale rapidement vers l’Est dans le sillage du maxi-trimaran, lié à une très grosse dépression qui va balayer la Manche ce week-end. La traversée de cette masse nuageuse va faire grimper le vent à plus de 40 nœuds sous les grains, mais Spindrift 2 sera alors bâbord amures avec son foil opérationnel. Cette phase délicate ne devrait durer que quelques heures avant une accalmie derrière le front, le vent basculant du secteur Ouest-Sud Ouest au Nord-Ouest. En pointant vers le phare de Créac’h, les marins vont encore avoir à gérer un ciel de traîne avec de gros cumulonimbus chargés d’averses et de rafales, mais la mer devrait mieux s’organiser pour l’atterrissage breton.

07/01/16
À quoi bon avoir fait un tour du monde ?
 
Dona Bertarelli : « À quoi bon avoir fait un tour du monde et être allés jusqu’aux Antipodes si c’est pour vivre ces moments exceptionnels de mer tout près de chez nous ?

À 13h TU nous avons donc empanné juste à quelques milles de L’île de Sao Miguel aux Açores. C’est à ce moment là que Yann a choisi de traverser le front et de se retrouver ainsi au plus fort de la tempête. Il fallait bien le faire à un moment donné au risque de rallier le Portugal au lieu de la Bretagne. Le "bacalhau” on en a assez mangé sur ce tour du monde même si c’était un de mes plats préférés.

Le dévent des Açores passé, nous nous sommes vite retrouvés dans le vif du sujet : grosse mer croisée, vagues de 6 mètres par le travers et vent de plus de 30 nœuds.

Une fois de plus je suis émerveillée par la capacité de Spindrift 2 de filer sur l’eau et de traverser les vagues quasi sans effort. Cette machine tient la mer comme nulle autre ! Elle est taillée pour ça. Pascal
(Bidégory) avait dû en rêver, fatigué de planter jusqu’au mât avec ses précédents bateaux. De là où je me trouve, je ne peux que le remercier !

Une fois de plus, sur ce tour du monde, nous sommes les spectateurs privilégiés d’un coucher de soleil magique.

Le ciel est bleu. Au loin, la trainée de nuages bas, plats, noirs si typiques d’annonce de vent fort. La mer est démontée avec des creux parfois si prononcés que l’on est pour quelques cours instants amenés en apesanteur. Une brume, épaisse, au ras des vagues se crée par les embruns : les nôtres, mais aussi ceux des vagues déferlantes.

Et puis soudain, alors que nous étions en pleine manœuvre pour réduire notre voilure, en un instant, tout est devenu rouge pourpre. Le ciel, la mer, les hommes du bord… Le soleil, en se couchant derrière cette masse nuageuse effrayante, nous a fait vivre un moment d’une rare beauté.​
»
 

08/01/16
Spindrift 2 à Ouessant
 
Partis le 22 novembre 2015 à 4 heures, 1 minute et 58 secondes TU, Yann Guichard, ses 13 équipiers et le trimaran Spindrift 2, ont coupé la ligne d'arrivée du Trophée Jules Verne, située entre Ouessant et le Cap Lizard, le vendredi 8 janvier 2016 à 15 heures et 1 minute TU, après 47 jours, 10 heures, 59 minutes et 2 secondes de navigation. Ils réalisent la deuxième meilleure performance de toute l'histoire du Trophée Jules Verne.

Leur retard sur le record établi par Loïck Peyron en 2012, s'élève à 1 jour, 21 heures, 16 minutes et 9 secondes (1049 milles en termes de distance). Ils ont parcouru 28 875 milles en 1 139 heures, soit une moyenne de 25.35 noeuds sur le fond et de 18.96 noeuds sur l'orthodromie.

Yann Guichard : « Le passage au Sud du cap de Bonne-Espérance a été un des moments parmi les plus importants pour moi, mais là, cette arrivée devant Ouessant, c’est aussi un soulagement. Pas une délivrance parce que je n’ai pas été prisonnier et j’ai pris beaucoup de plaisir sur ce tour du monde, mais il est temps que je fasse une petite pause. Bien sûr, il y a eu un peu de stress, mais c’est aussi mon rôle de l’assumer.

Ce Trophée Jules Verne, c’est la série des premières pour moi ! Autour du monde, au passage des trois caps, avec autant de jours au compteur… Et j’ai vraiment envie d’y retourner. Le bateau est parfaitement adapté à ce programme : il faudra juste que la météo soit avec nous. Et puis les mers du Sud, c’est magique ! Même si l’Indien a été plutôt gris. Et dans le Pacifique, nous avons eu le droit à des lumières sublimes quand nous sommes descendus presque jusqu’au 60° Sud… Mais je retiendrais plus tous ces oiseaux, albatros, pétrels, fulmars, damiers du Cap qui nous suivaient en permanence !

Ma plus grosse angoisse, c’est lorsque nous avons touché un objet non identifié avec le foil : j’ai cru qu’on aller devoir abandonner. Je suis content qu’on en finisse parce que depuis le cap Horn, et au-delà du record, cette remontée de l’Atlantique a été sévère pour le bateau comme pour l’équipage.
»
 

08/01/16
Idec Sport à Ouessant
 
Partis le 22 novembre 2015 à 2 heures, 2 minutes et 22 secondes TU, Francis Joyon, ses 5 équipiers et le trimaran Idec Sport, ont coupé la ligne d'arrivée du Trophée Jules Verne, située entre Ouessant et le Cap Lizard, le vendredi 8 janvier 2016 à 16 heures et 50 minutes TU, après 47 jours, 14 heures, 47 minutes et 38 secondes de navigation. Ils réalisent le troisième meilleur temps de toute l'histoire du Trophée Jules Verne et le meilleur chrono du bateau.

Leur retard sur le record établi par Loïck Peyron en 2012, s'élève à 2 jours, 1 heure, 4 minutes et 45 secondes (1154 milles en termes de distance). Ils ne concèdent que 3 heures, 48 minutes et 36 secondes à Spindrift 2 ! Idec Sport a parcouru 29 716 milles en 1 143 heures, soit une moyenne de 26 noeuds sur le fond et de 18.90 noeuds sur l'orthodromie.

Cerise sur le gateau, Idec Sport revient avec un magnifique record WSSRC dans la poche : la traversée de l'océan Indien, du cap des Aiguilles à la Tasmanie, en 6 jours, 23 heures et 4 minutes.

Francis Joyon : « Il y en a eu beaucoup, des grands moments ! Je retiendrai un grand classique : le passage au cap Horn dans des conditions de mer très agréables et une lumière extraordinaire.

Mais l’essentiel c’est le plaisir en équipage ! On a vraiment bien fonctionné ensemble, on s’est bien entendus. Nous étions assez complémentaires : nous étions plusieurs navigateurs solitaires embarqués ensemble sur un bateau d’équipage et ça a fait un bon mélange. On s’est donnés énormément sur le bateau, encore la nuit dernière, où il y a eu des grains à 48 noeuds. J’ai la voix un peu fatiguée mais c’est vrai que la nuit a été sans aucun repos à manœuvrer sans cesse dans des grains, à se bagarrer… mais on faisait tout avec bonne humeur, avec plaisir ! Un moment cette nuit, Bernard a été projeté violement à travers le bateau, c’était vraiment brutal…

Repartir ? Si on pouvait refaire une navigation en équipage avec ce bateau ce serait volontiers ensemble, oui ! On est tous sur un sentiment très positif par rapport à ça !
»

08/01/16
Post-scriptum
 

12/02/16
Record WSSRC de l'Atlantique nord
Le WSSRC a validé le record intermédiaire de l'Atlantique nord établi, sur la distance Ouessant - Équateur, en 4 jours, 21 heures et 45 minutes, par Yann Guichard, à bord de Spindrift 2, le 27 novembre 2015.
C'est la première fois qu'une équipe fait reconnaitre un chrono par les instances internationales, sur cette distance.

07/03/16
Records WSSRC de la traversée de l'océan Indien
Le WSSRC a validé le record de la traversée de l'océan Indien, établi le 12 décembre 2015, par Yann Guichard, à bord de Spindrift 2, en 8 jours, 4 heures et 45 minutes.

Le record établi, sur la même distance, 102 minutes plus tard, par Francis Joyon, à bord d'Idec Sport, a été validé par le WSSRC en 7 jours.

Ces temps homologués ne correspondent pas tout à fait aux chronos communiqués par les équipes : 10 minutes de plus pour Spindrift 2 et 56 minutes de plus pour Idec Sport. Ont-ils fait l'objet d'une correction "manuelle" ? Si oui, pourquoi, comment ? Nous ne le saurons probablement jamais.

Chronologie de la tentative de Yann Guichard / Spindrift 2 en 2015/2016
 
Ouessant
22/11/2015 04:01:58 TU
-
-
-
 
Équateur
27/11/2015 01:31:00 TU
4j 21h 29m 2s
avance
17h 26m 8s
  Cap de Bonne Espérance
04/12/2015 02:06:00 TU
11j 22h 4m 2s retard 15m 44s
  Cap des Aiguilles
04/12/2015 04:04:00 TU
12j 2m 2s retard 12m 44s
  Cap Leeuwin
10/12/2015 15:27:00 TU
18j 11h 25m 2s retard 11h 27m 44s
  Tasmanie
12/12/2015 08:39:00 TU
20j 4h 37m 2s avance 2h 34m 31s
  Antiméridien
14/12/2015 11:45:00 TU
22j 7h 43m 2s avance 3h 51m 10s
  Cap Horn
22/12/2015 08:09:00 TU
30j 4h 7m 2s avance 18h 11m 46s
  Équateur
31/12/2015 17:33:00 TU
39j 13h 31m 2s retard 1j 10h 45m 14s
  Ouessant
08/01/2016 15:01:00 TU
47j 10h 59m 02s retard 1j 21h 16m 9s

Avances / retards de Spindrift 2 et Idec Sport - 2015/2016 sur Banque Populaire V - 2011/2012 (milles/jour)

Records et temps de référence établis par Yann Guichard / Spindrift 2 en 2015
 
Année
Parcours
Temps
Amélioré par
Année
2015
Record WSSRC de l'Atlantique Nord : Ouessant - Équateur
4j 21h 45m (1)
   
2015
Ouessant - Tasmanie 20j 4h 37m 2s    
2015
Record WSSRC traversée de l’Indien : Cap des Aiguilles - Tasmanie 8j 4h 45m (1)
F. Joyon
2015
2015
Cap Leeuwin - Tasmanie 1j 17h 12m
F. Joyon
2015
2015
Ouessant - Antiméridien 22j 7h 43m 2s    
2015
Équateur - Cap Horn 25j 6h 38m    
2015
Ouessant - Cap Horn 30j 4h 7m 2s    
(1) Le temps retenu par le WSSRC est légèrement supérieur à celui publié par l'équipe