Trophée Jules Verne 2015
2016
   
Tentative de Yann Guichard / Spindrift 2 ( page 1 / 2 )
 

Temps partiels
(depuis Ouessant)
Équateur
Cap Bonne
Espérance
Cap des
Aiguilles
Cap
Leeuwin
Tasmanie
Anti-
méridien
Cap
Horn
Équateur
Ouessant
2011/2012
Loïck Peyron
Banque Pop. V
5j 14h
55m 10s
11j 21h
48m 18s
11j 23h
49m 18s
17j 23h
57m 18s
20j 7h
11m 33s
22j 11h
34m 12s
30j 22h
18m 48s
38j 2h
45m 48s
45j 13h
42m 53s
2015/2016
Yann Guichard
Spindrift 2
4j 21h
29m 2s
11j 22h
4m 2s
12j
2m 2s
18j 11h
25m 2s
20j 4h
37m 2s
22j 7h
43m 2s
30j 4h
7m 2s
39j 13h
31m 2s
47j 10h
59m 02s
2015/2016
Francis Joyon
Idec Sport
5j 1h
1m 30s
13j 5h
11m 38s
13j 9h
14m 38s
18j 20h
37m 38s
20j 8h
18m 38s
22j 9h
48m 38s
31j 1h
47m 38s
40j 14h
53m 38s
47j 14h
47m 38s
 
 
de Ouessant à l'antiméridien
les informations non sourcées proviennent de : www.spindrift-racing.com

13/08/13
 
Spindrift 2 (ex Banque Populaire V)
 
Le trimaran Banque Populaire V, détenteur du Trophée Jules Verne depuis le 6 janvier 2012, a été cédé en 2013 à l’écurie Spindrift racing, dirigée par Dona Bertarelli et Yann Guichard. L'écurie prévoit de l'engager sur une série de records océaniques en 2013-2014, puis sur une tentative de record dans le cadre du Trophée Jules Verne en 2015-2016.

Rebaptisé Maxi Spindrift 2, il a quitté le chantier nautique de Keroman, le mardi 9 juillet 2013, après avoir été doté d'une nouvelle garde robe.
 
Spindrift2

05/12/14
 
Objectif Jules Verne
 
Spindrift 2, trimaran de 40 mètres a été mis à terre au chantier Multiplast à Vannes en Bretagne où il y restera jusqu’en avril 2015. Pas de grandes révolutions sont envisagées sur la plateforme qui va surtout retrouver une configuration équipage, maintenant que le programme Route du Rhum s’est achevé. Gain de poids, optimisation de la vie à bord et évolution du plan de pont seront certains des thèmes de l’hiver ; le principal dossier restant la construction actuelle du nouveau mât qui a été conçu pour le Trophée Jules Verne.

« Après cette année intense et nos objectifs atteints, nous nous concentrons à présent sur cette tentative de record autour du monde, » précise Yann Guichard. « J’ai hâte de m’attaquer à ce chrono qui, nous le savons tous, sera très difficile à aller chercher. Il faudra peut-être plusieurs tentatives mais, d’ores et déjà, nous mettons un maximum de chances de notre côté pour permettre à Spindrift 2 de faire mieux qu’en 2012. Pour cela, le nouveau mât, plus léger et optimisé pour un plan de voilure différent, représente une étape importante qui fait suite aux développements que nous avions menés l’an dernier pour le record de l’Atlantique Nord. Même si la météo ne nous avait pas offert de tentative dans l’été, les navigations de préparation nous avaient montré que nous étions sur la bonne voie en terme de performance. Avec le Trophée Jules Verne, le D35 et le Diam 24, l’écurie Spindrift racing prend donc de l’ampleur et nous cherchons a recruter afin de renforcer encore nos équipes. Nous disposons aujourd’hui d’une structure compétitive qui nous permet de nous engager, en 2015, sur trois programmes en parallèle, ce qui est palpitant et ultra stimulant pour l’ensemble du team.»

12/05/15
 
Mise à l'eau de Spindrift 2
 
Le trimaran Spindrift 2 a été remis à l’eau à Vannes après avoir été optimisé en poids et puissance avant le grand saut vers une nouvelle tentative du record autour du monde du Trophée Jules Verne (hiver 2015-2016).

Le ‘châssis’ a été amélioré tandis que le moteur a été totalement changé avec un nouveau mât de 42 mètres (25% plus léger que celui d’origine) et un nouveau jeu de voiles.

Pour Yann Guichard, la taille de Spindrift 2 ne l’empêche pas d’être aérien, polyvalent et puissant sans avoir à naviguer en force. Toutes les modifications réalisées depuis deux ans par l’écurie franco-suisse sont allées dans ce sens. La version ‘hybride’, adaptée pour la navigation en solitaire sur la dernière Route du Rhum, avait déjà poussé loin le concept.
 
Spindrift2
 
Sur le parcours du tour du monde, il faut un bateau toilé dans le petit temps, à l’aise dans les phases de transitions météo, mais aussi capable d’allonger la foulée dans la houle du Sud et du vent fort, sans avoir à trop réduire la voilure. « Nous avons conçu un mât un peu plus court que celui d’origine avec une structure optimisée par notre design team en collaboration des ingénieurs de GSea Design », explique Yann Guichard. « Il a été construit avec un haut niveau d’exigence chez CDK Technologies dans le plus long autoclave d’Europe (un four de 50 mètres). Nous gagnons une demi-tonne sur la pièce, soit un quart du poids de départ. Avec le gain réalisé aussi sur les voiles North Sails et le gréement, c’est plus d’une tonne que nous aurons de moins à porter dans les hauts, ce qui se traduira en vitesse pure comme dans le comportement général du bateau. »

Pour continuer cette spirale vertueuse, plusieurs dizaines de kilos ont aussi été ‘débarquées’ de la plateforme : trois colonnes de winch contre quatre au départ, un système hydraulique épuré, des aménagements intérieurs réduits à leur plus simple expression, tout a été passé au crible. « Nous avons changé par exemple tous les sacs à bord qui servent à porter le matériel, les cordages, les vêtements, la nourriture et cela nous a fait économiser 40 kilos, soit la moitié du poids d’un équipier », précise le navigateur.

Après des tests d’efforts effectués à quai sur le nouveau mât, les navigations de mise au point débuteront ces jours-ci au départ de la Trinité-sur-Mer. Le trimaran disputera la Fastnet Race mi-août, avant un stand-by pour le record qui débutera en octobre à Brest dans l’attente d’une bonne fenêtre météo pour s’élancer autour du monde.
 
Caractéristiques techniques :
  Spindrift 2 Banque Populaire V
Longueur de la coque centrale :
 
40 mètres
40 mètres
Longueur des flotteurs :
 
37 mètres
37 mètres
Largeur :
 
23 mètres
23 mètres
Déplacement :
 
21,50 tonnes
23 tonnes
Tirant d’eau :
 
5,10 mètres
5.80 mètres avec dérive
Tirant d’air :
 
45 mètres
47 mètres
Hauteur mât :
 
42 mètres
45 mètres
Grand voile :
 
405 m²
440 m²
Gennaker max :
 
560 m²
600 m²
Gennaker medium :
 
450 m²
480 m²
Gennaker mini :
 
360 m²
380 m2
Reacher :
 
260 m²
270 m²
Trinquette :
 
170 m²
170 m²
ORC :
 
75 m²
70 m²
Date de mise à l'eau :
  12 mai 2015 26 juin 2008

04/06/15
 
Yann Guichard réagit à l'annonce de Francis Joyon
 
« Toute l’équipe de Spindrift racing se prépare pour notre première tentative de record autour du monde sur le Trophée Jules Verne ; une aventure humaine qui dépasse le seul défi sportif. Les records sont là pour être challengés et battus. Francis a su montrer au fil de sa carrière qu’il est un grand marin et que se battre contre un chrono fait partie de ses talents, lui qui possède l’impressionnant record du tour du monde en solitaire en multicoque (57 jours) depuis 2008 ! Il s’attaque aujourd’hui au même parcours en équipage à bord d’un trimaran qui a déjà eu le chrono en 2010 et nous, nous partons à bord du bateau qui l’a battu en 2012 et établit l’exigeant record actuel. En fonction des stratégies météo de nos équipes, nous pourrions donc nous retrouver ensemble en mer, sur le plus vaste et le plus extrême des terrains de jeu. Chez Spindrift, nous aimons la compétition. L’engagement de Francis et ses hommes ajoute une belle intensité à cette campagne hivernale ! »

12/10/15
 
Présentation de l'équipage de Spindrift 2
 
Dona Bertarelli et Yann Guichard ont présenté les équipiers qui les entoureront lors de la tentative de record autour du monde, dans le cadre du Trophée Jules Verne. L'équipage sera composé de 14 personnes au total. Le stand-by météo débutera le 19 octobre à Brest.

Equipage : Yann Guichard, skipper ; Dona Bertarelli, barreur-régleur ; Sébastien Audigane, barreur-régleur ; Antoine Carraz, barreur-régleur ; Thierry Duprey du Vorsent, barreur-régleur ; Christophe Espagnon, barreur-équipier d’avant ; Jacques Guichard, barreur-régleur ; Erwan Israël, navigateur ; Loïc Le Mignon, barreur-régleur ; Sébastien Marsset, équipier d’avant ; François Morvan, barreur-régleur ; Xavier Revil, barreur-régleur ; Yann Riou, mediaman ; Thomas Rouxel, barreur-équipier d’avant.
 
Equipage Spindrift2
De gauche à droite, en haut : Thierry Duprey du Vorsent, Thomas Rouxel, Sébastien Audigane, Antoine Carraz,
Sébastien Marsset, Xavier Revil, François Morvan. De gauche à droite, en bas : Yann Riou, Dona Bertarelli,
Yann Guichard, Jacques Guichard, Christophe Espagnon, Erwan Israël. (Loïc Le Mignon, absent de l'image)

 
 
Yann Guichard
skipper
 
Dona Bertarelli
barreur-régleur
 
Sébastien Audigane
barreur-régleur
         
 
 
Antoine Carraz
barreur-régleur
 
Thierry Duprey du Vorsent
barreur-régleur
 
Christophe Espagnon
barreur-équipier d'avant
         
 
 
Jacques Guichard
barreur-régleur
 
Erwan Israël
navigateur
 
Loïc Le Mignon
barreur-régleur
         
 
 
Sébastien Marsset
équipier d'avant
 
François Morvan
barreur-régleur
 
Xavier Revil
barreur-régleur

 
Thomas Rouxel
barreur-équipier d'avant
 
Yann Riou
mediaman

27/10/15
Stand-by
Spindrift 2 et Idec Sport, côte à côte à la Trinité-sur-Mer. Source : scanvoile.com
 
Spindrift 2 et Idec Sport
Photo © Elodie Allaire - http://elodieallaire.photoshelter.com/

17/11/15
 
Tweet de Spindrift 2
 
" We'll arrive in Brest tomorrow as planned and we are checking the weather window carefully for the end of this week. "

Autrement dit : " Nous arriverons à Brest demain comme prévu et nous examinerons attentivement la fenêtre météo pour la fin de cette semaine... "

18/11/15
 
Spindrift 2 a quitté La Trinité-sur-Mer
Spindrift 2 a largué ses amarres peu après 8 heures du matin.
Tweet de Spindrift Racing : " Leaving La Trinite-sur-Mer this morning, on our way to Brest Fr. "
In French : " Quittant La Trinite-sur-Mer, ce matin, sur le chemin de Brest Fr. "
 
Spindrift 2 au départ de la Trinité

18/11/15
 
Bienvenue à Brest
Spindrift 2 a fait son entrée dans le port de commerce de Brest vers 16 h.
 
Spindrift 2 arrive à Brest
Photo © Yannick Le Bris - http://www.photos-de-navires.fr/

21/11/15
Idec Sport et Spindrift 2 confirment leur départ
Francis Joyon a prévu de franchir la ligne Ouessant / Cap Lizard, ce samedi, en milieu d'après-midi alors que Yann Guichard reste beaucoup plus évasif, annonçant un départ dans les prochaines 24 heures.

21/11/15
 
« Une bonne fenêtre qu'il ne faut pas laisser passer »
 
Après analyse des derniers fichiers météo de ce matin, Dona Bertarelli, Yann Guichard et leur équipage confirment un départ de l’Ile d’Ouessant dans les 24 prochaines heures sur la tentative de record autour du monde du Trophée Jules Verne. Le vent souffle actuellement à plus de 120 kilomètres/heure à la Pointe Bretagne avec des vagues de 5 mètres. Le skipper et la cellule de routage affinent dans la journée l’heure à laquelle le team larguera les amarres de Brest (quai Malbert) mais le trimaran franchira vraisemblablement la ligne de départ de nuit.

Yann Guichard : « C’est une bonne fenêtre qu’il ne faut pas laisser passer. Nous avons décidé de quitter Brest dans les prochaines heures avec un départ pour le tour du monde imminent, dans la nuit de samedi à dimanche. La descente de l’Atlantique Nord sera rapide avec un temps à l’équateur autour des 5 jours. Les conditions annoncées vont être difficiles dans le Golfe de Gascogne et durant les 36 premières heures. Ça va aller vite au portant et c’est ce que l’on cherchait. »

Dona Bertarelli : « Nous sommes passés en code vert après avoir regardé le dernier fichier météo reçu ce matin, confirmant un départ cette nuit dans des conditions musclées. Il va falloir préserver les hommes et la machine. Il y a encore des incertitudes dans l’Atlantique Sud où les modèles météos divergent un peu mais on saisit notre chance car une fenêtre comme celle-ci on ne va pas la refuser. »

21/11/15
Derniers préparatifs
 
Spindrift 2
 
Idec Sport
Photos © Yannick Le Bris - http://www.photos-de-navires.fr/

21/11/15
 
Interview de Yann Guichard (extraits)
 
Que représente le Trophée Jules Verne pour vous ?
« Je pense que c'est aujourd'hui la plus belle course offshore en équipage : le plus beau record qui existe à la voile en équipage. Si on veut comparer à quelque chose d'équivalent en ce moment, il n'y a pas. »

Une aventure sur un bateau hors normes ?
« C'est un bateau complètement exceptionnel, hors normes, qu'on a encore amélioré depuis le record de Loïck Peyron en 2012. Il a évidemment le potentiel pour battre le temps actuel. Maintenant, on sait qu'il y a beaucoup de paramètres qui entrent en jeu et notamment des paramètres météo que l'on ne maîtrise pas.
On peut choisir la météo au départ... C'est le seul moment où on la choisit. Le jour où on va partir, on saura à quelques heures près en combien de temps on va couper l'équateur. Le record est de cinq jours et demi : il faut déjà essayer de s'en approcher. Et après, au bout de 7-8 jours, on va se retrouver sous l'influence de l'anticyclone de Sainte-Hélène qui est un endroit où on peut perdre beaucoup de temps. Ils (Loïck Peyron et son équipage) sont allés à la longitude du Cap en onze jours et demi : c'est assez rapide. On pourra accepter d'être un peu moins rapides mais pas accepter d'avoir déjà deux jours de retard.
»

Est-ce qu'avec deux jours de retard au Cap, vous avez la possibilité de faire demi-tour et de repartir plus tard ?
« Il y a la possibilité. Maintenant, on a des points de passage maximum. Si on a passé le Cap de Bonne Espérance, en faisant demi-tour, on mettra plus de trois semaines à remonter et il faudra préparer de nouveau le bateau donc... Nous arrêtons notre stand-by, quoi qu'il arrive, le 15 janvier. Bien sûr que jusqu'à l'équateur, on a la possibilité de faire demi-tour si on voit que c'est complètement bloqué dans le sud. Le record est de 45 jours 13 h 42' 53'' : sur le papier, combien de temps peut-on encore gagner ? C'est difficile à dire : de nombreux paramètres sont à prendre en compte. Comme les glaces par exemple. S'il y a beaucoup de glaces, pourra-t-on descendre un peu plus sud et raccourcir la route ? On peut imaginer faire un temps de 42 jours. Je pense que si on finit ce tour du monde avec le bateau qui a tout son potentiel, on fera entre 42 et 47 jours. C'est comme une course d'endurance. Si on finit, on devrait être proche du temps ou même le battre. On ne mettra pas 50 jours ou 55 jours mais il faut finir. La première cause d'abandon, c'est la casse matériel : toucher quelque chose dans l'eau... C'est le rythme que l'on va donner, trouver le bon dosage pendant cette traversée qui va durer 45 jours et notamment dans le Grand Sud où ça peut paraître court parce que ça va durer 20 jours mais c'est quand même la moitié du tour du monde. »
 
Yann Guichard
 
Quel sera justement le bon dosage ?
« Le dosage va être un peu là : ménager le bateau et les hommes mais en allant assez vite. De temps en temps, savoir accélérer parce qu'on va gagner du temps à aller chercher un système. Ce qu'il faut imaginer, c'est que le bateau va tellement vite qu'on va un peu plus vite que les systèmes. L'idée dans le Sud, c'est de partir à l'avant d'une dépression et de traverser les océans si on peut. Mais si on va trop vite, en général devant, il y a une dorsale, on bute dedans. Cela ne sert à rien d'aller à fond, de tirer sur le bateau, buter et attendre que ça revienne. Le but est donc de trouver un rythme, pas un rythme de croisière, c'est quand même rapide, on parle de 30 nœuds moyen, mais ça ne sert à rien d'aller à 40 nœuds pendant 24 heures et à beaucoup moins derrière. C'est ce dosage qu'il va falloir faire. C'est ce que j'aime aussi : gérer une équipe. On parlait d'aventure mais c'est aussi une aventure humaine. C'est un tour du monde mais c'est avant tout un travail d'équipe. »

Justement, il y a une part technique mais aussi évidemment un côté humain : ce sera une des clés de la réussite ?
« Une grosse partie humaine. Avant tout, c'est dur : il y aura des moments physiquement et mentalement difficiles. Mais on va plus prendre de plaisir parce qu'on fait ça par passion aussi. »

Comment va s'organiser la vie à bord ?
« Le média man sera hors quart comme deux autres personnes : le navigateur (Erwan Israël) et moi-même. Les autres tourneront en quarts. En permanence, il y aura quatre personnes sur le pont. Ce sera des quarts tournants. On tourne par deux personnes plus ou moins. Quatre sur le pont, quatre personnes off et trois en stand by. Les mêmes se croiseront plus ou moins mais ce n'est pas quatre nouveaux qui arrivent. Il y en a toujours deux qui descendent et deux qui restent : ça permet d'avoir une continuité sur le pont. »

Cela va être votre premier tour du monde : avez-vous des doutes, des interrogations ?
« Je vais être tellement pris par la gestion... Je ne l'aurais pas vécu de la même manière si j'avais été "simple" équipier. Je suis hors quart déjà, il va falloir que je gère mon sommeil, ma récupération et j'ai la responsabilité du bateau et de l'équipage. Le côté aventure va exister mais avant tout, je vais gérer les hommes et le bateau. »

Sur les différents tronçons de ce tour du monde : où est-il encore possible de gagner un peu de temps ?
« On peut gagner beaucoup de temps dans le Pacifique. Il y a presque deux jours à gagner sur cette partie. Mais tout le reste du parcours, ils sont allés très vite. Après, quand ils ont fait le grand tour, ils sont allés très vite. Ils ont terminé avec une dépression. Dans le Pacifique, ils ont buté sur une dorsale, il y avait les glaces, ils ont fait une trace sinusoïdale. Quand ils arrivent au Cap Leeuwin en Australie, ils ont quasiment 2.000 milles d'avance sur "Groupama" et au Cap Horn, ils en ont moins de 500. L'idée est d'arriver au Cap Horn dans le même temps. On peut accepter d'être un peu moins rapides jusqu'au Cap de Bonne Espérance. »

Source : www.letelegramme.fr

21/11/15
 
L'équipage de Spindrift 2 avant le départ
 
Equipage Spindrift 2

21/11/15
 
Spindrift a largué les amarres
 
Spindrift 2

22/11/15
Top départ pour Idec Sport et Spindrift 2
 
Francis Joyon et ses équipiers ont franchi la ligne de départ du Trophée Jules Verne, Ouessant - cap Lizard, le 22 novembre 2015, à 2 heures 2 minutes et 22 secondes TU (3h 2m 22s heure française). Pour remporter le Trophée, ils devront être de retour au plus tard le mercredi 6 janvier 2016 à 15 heures, 44 minutes et 15 secondes TU et avoir réalisé un temps inférieur à celui de Spindrift 2.

Francis Joyon : « L’objectif principal des deux premiers jours de course sera surtout d’éviter de casser quelque chose, car la mer ne sera pas facile. La prudence sera de mise. »

Yann Guichard et ses équipiers se sont également élancés le 22 novembre 2015, à 4 heures, 1 minute et 58 secondes TU (5h 1m 58s heure française), soit près de deux heures après Idec Sport. Pour gagner le challenge, ils devront avoir achevé le tour du monde avant le mercredi 6 janvier 2016 à 17 heures, 43 minutes et 51 secondes TU et avoir réalisé un temps inférieur à celui d'Idec Sport.

Yann Guichard : « Nous n’avons pas beaucoup de vent pour le moment, entre 8 et 10 nœuds, avec une mer pas facile parce qu’il y a pas mal de courant mais le vent va forcir pour atteindre une trentaine de nœuds dans le Golfe de Gascogne. Donc là, ça part doucement, tranquillement entre 15 et 18 nœuds de vitesse.Maintenant, on est tous sur le pont, on manœuvre pour faire avancer le bateau afin de s’éloigner le plus rapidement possible de Ouessant et récupérer du vent un peu plus fort et établi. »

Bon vent aux deux équipes.

22/11/15
Dans le vif du sujet
 
Yann Guichard le 22/11 à 14h30 TU : « Ça y'est, le vent a bien forci. Nous avons 38 à 40 nœuds de Nord, de la mer et, là, pendant que je vous parle, nous marchons à 43 nœuds de vitesse, c'est bien intense à bord. »

Yann Guichard le 23/11 à 7h14 TU : « Toujours au portant dans une mer qui semble bien vouloir se ranger un peu. A l’intérieur, ça secoue toujours mais j’arrive à peu près à taper sur un clavier sans m’y reprendre à trois fois. On est passé il y a environ une heure sous gennaker medium, signe que le vent a tendance lui aussi à se calmer. Tout est relatif, il y a encore 25 nœuds et on fait encore des pointes de vitesse régulières à 35 nœuds, ce qui est pas mal pour du portant. On sent aussi clairement que la température de l’eau et de l’air augmentent rapidement. Les 24 premières heures ont été toniques. Il y a eu une mise en place de gennaker de brise très humide et des pointes jusqu’à 46 nœuds. Au niveau stratégique, on est plutôt satisfait de ces premières 24 heures, et de cette fenêtre. Il y avoir un empannage à venir et c’est ce qui accapare toute l’attention d’Erwan et de Yann qui se relaient à la table à cartes. »

23/11/15
Combattre l'humidité
 
Dona Bertarelli : « Ce matin, on a fait le seul empannage de tout l’Atlantique Nord. Maintenant, c’est de la glisse dans une mer plus ordonnée. La température s’adoucit et on a échangé nos gros cirés par les plus légers. Mon quart est fini depuis 1h mais je n’arrive pas à dormir.

A bord, on profite de l’accalmie pour vérifier l’état du bateau, ranger, nettoyer, sécher. Une forte odeur de colle a envahi toute la coque centrale. Difficile de tenir à l’intérieur. Antoine, avec minutie, répare le chauffe bottes qui s’était décollé. Equipement appréciable lorsque l’on sait qu’une fois dans le Grand Sud, il ne fera pas plus de 5 degrés à l’intérieur de l’espace vie et qu’absolument tout sera mouillé. Combattre l'humidité sera le nerf de la guerre.
»

Le 24/11 à 4h TU : lat 29 °50.47'N - long 21°52.69'W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 15.17 mn.
 

24/11/15
Au sud-ouest des Canaries
 
Dans la nuit, l’équipage a réparé deux ou trois bobos sans gravité sur le bateau, mais s'est surtout restauré et reposé. Côté stratégie, l'empannage d’hier a occupé les esprits pendant un bon moment. Ce sera peut-être le seul jusqu’à l’équateur. Ce qui en dit long sur la qualité de la fenêtre que les marins s’efforcent d’exploiter au mieux… Les températures se sont radoucies, les nuits sont claires et les vitesses sont toujours très élevées.

En revanche, de nombreux grains sollicitent l’équipage. La nuit dernière, les prises et les lâchés de ris ont été nombreux. La descente de l’Atlantique côte à côte avec l’équipage de Francis Joyon est motivante. Erwan et Yann à la navigation gardent forcement un œil sur ce qu’il fait. Au menu du jour, glissade dans un alizé toujours soutenu en direction du Cap Vert, que le bateau atteindra d’ici 24 heures.

Le 25/11 à 4h TU : lat 18°24.32' N - long 26°46.62' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 273.59 mn.

25/11/15
Le Trophée Jules Verne pour les nuls : du Cap Vert à l'Équateur
Ce matin, les deux trimarans ont laissé l'archipel des Iles du cap Vert sur leur bâbord, à 1000 milles nautiques de l'équateur, dans des vents de 20 à 25 nœuds orientés nord-est. Idec Sport et Spindrift 2 ont parcouru près de 2000 milles nautiques en 3 jours et 3 heures.

A 9h00 TU, Idec Sport affichait une VMG (Velocity Made Good) de 20.7 nœuds alors qu'elle était de 27.9 nœuds pour Spindrift 2. La VMG représente le meilleur compromis cap vitesse par rapport à l'objectif, qui est en l'espèce le franchissement de l'équateur.

Avant de passer cette première marque significative, ils devront traverser le Pot-au-Noir, zone redoutée par tous les navigateurs, où les vents sont particulièrement instables tant en force qu'en direction. Il semble assez peu développé en ce moment.

Le temps de référence à battre à l'équateur est de 5 jours, 14 heures, 55 minutes et 10 secondes. Il a été réalisé par Loïck Peyron en 2011, à bord de Banque Populaire V. Il s'agit d'un simple temps de référence et non pas d’un record, n'étant pas reconnu comme tel par le WSSRC, organisme certificateur des records à la voile au niveau mondial.

En toute logique, Spindrift 2 devrait être le premier à atteindre la latitude 0° nord et sud et établir un nouveau temps de référence, en moins de cing jours depuis Ouessant.

25/11/15
Le Pot au Noir
 
Yann Guichard : « Le Pot au Noir est une zone pas facile à gérer. Là on s'en approche rapidement. On devrait être sur zone cette nuit ou demain matin avec la première ligne de grains qui va nous attraper, avec moins de vent derrière. Ce qu'il faut savoir c'est qu'il a la théorie et après, en pratique, c'est souvent un petit peu différent parce que on peut se retrouver finalement avec plus de grains que prévu, ou moins, ou dans une zone sans vent. Les fichiers ne les appréhendent pas vraiment bien. Si je regarde le fichier, en ce moment, le Pot au Noir ne devrait pas être très actif et on devrait le passer sans vraiment trop s'en rendre compte mais dans la réalité cela va être différent. »

Le 26/11 à 4h TU : lat 6°22.98' N - long 28°10.60' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 346.13 mn.



26/11/15
Avant le franchissement de l'Équateur
 
Message du bord : « Rien de très spectaculaire pour Spindrift 2 et son équipage dans ce début de Pot au Noir. Une première ligne de grains cette nuit avec de fortes pluies pendant une quinzaine de minutes, mais heureusement toujours du vent. Ce matin, le maxi-trimaran navigue dans la grisaille au portant sous gennaker à une vingtaine de nœuds. Il est fort probable que le vent oscille en force et en direction pendant la journée, mais en attendant, chaque mille gagné vers le sud est un pas supplémentaire vers la sortie.
L’atmosphère à l’intérieur du bateau est chaude et moite. Certains équipiers ont tenté de profiter des faibles pluies engendrées par l’activité orageuse pour essayer de prendre des douches. Tentatives pour le moment pas toujours fructueuses.
»

Le 27/11 à 4h TU : lat 1°03.05' S - long 29°47.14' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 300.68 mn.

26/11/15
Interview de Yann Guichard
Yann Guichard : « Je suis ravi qu’on soit parti en même temps qu’Idec Sport. Ç’aurait été stressant si on était parti avec une semaine ou deux voire plus de décalage car on aurait chacun subi son système météo. Même si on ne cale pas du tout notre stratégie par rapport à Idec Sport, ce serait mentir de dire qu’il n’y a pas une petite émulation. On n’a pas besoin de ça pour que ce défi soit enivrant et génial mais ça apporte un petit plus. Ce qui est clair, c’est que cette " course dans le trophée "» pourrait changer notre manière de naviguer sur la fin du parcours. Si les deux bateaux sont proches du record dans l’Atlantique nord, il faudra peut-être plus accélérer que si on était seul. Aujourd’hui ce n’est pas le cas. Les potentiels des deux bateaux sont très proches donc on risque de faire un tour du monde assez proche. »

Source : http://sport24.lefigaro.fr/
 

26/11/15
Déclaration de Loïck Peyron
Dans une vidéo, mise en ligne sur le site d'Idec Sport, Loïck Peyron déclare : « Je dois avouer que je serais très tenté d'y retourner, donc je n'attends qu'une chose cet hiver, c'est d'être battu pour enfin avoir des arguments pour y retourner. Et c'est vrai qu'une fois qu'on est détenteur d'un record comme celui là, on a envie de le défendre. Le meilleur moyen de le défendre, c'est de se le faire prendre. Ce que souhaite ardemment, le plus vite possible. Vraiment ! »

27/11/15
L'Equateur en moins de 5 jours !
Yann Guichard et ses équipiers ont franchi l'équateur, à bord du trimaran Spindrift 2, le vendredi 27 novembre 2015 à 1 heure 31 minutes TU, après 4 jours, 21 heures, 29 minutes et 2 secondes de navigation depuis Ouessant. Il améliore le précédent temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011 de 17 heures, 26 minutes et 8 secondes.

Francis Joyon et ses équipiers ont franchi l'équateur, à bord du trimaran Idec Sport, le vendredi 27 novembre 2015 à 3 heures, 3 minutes et 52 secondes TU, après 5 jours, 1 heure, 1 minute et 30 secondes de navigation depuis Ouessant.

Au changement d'hémisphère, l'écart entre les deux challengers est de 3 heures, 32 minutes et 28 secondes.



27/11/15
On n'a pas chômé
 
Yann Guichard : « Faire un temps de moins de moins 5 jours à l'équateur, c'est assez extraordinaire. On n'a pas chômé, le bateau est en parfait état, les quarts sont bien organisés. Tout va bien à bord. On est dans un petit alizé, le vent est assez faible. Il y a 15 nœuds.

Xavier Revil est à la barre avec son quart qui est aux réglages et ça file à 28-30 nœuds de moyenne, direction plein sud, au large du Brésil. C'est top, il n'y a pas de mer. Cela permet au gars de se reposer. La difficulté c'est que le soir il faut réussir à décrocher, à se reposer.

Après un quart, pendant les 3 heures de repos, il faut engranger le maximum de sommeil. Il faut que les gars arrivent vraiment à déconnecter. Il y a plusieurs systèmes, il y en a qui ont le casque antibruit, d'autres qui écoutent un peu la musique. Il y en a qui arrivent à lire. Mais je ne cache pas qu'il n'y en a pas beaucoup, car cela bouge beaucoup. Les premiers jours de course, c'est difficile à se mettre dans le rythme, mais après 3-4 jours de mer, le sommeil est là, les gars arrivent à se reposer. C'est aussi pour ça qu'on est 14 à bord.
»

Le 28/11 à 4h TU : lat 10°42.24' S - long 32°28.75' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 357.38 mn.

28/11/15
Message du bord
 
Conditions faciles sous la douceur des tropiques pour Spindrift 2 et son équipage. Une mer plate et une douzaine de nœuds qui permettent au maxi trimaran de progresser à vingt deux nœuds tout de même. Cet épisode devrait durer jusqu’à ce soir au moins, et l’arrivée d’un front orageux qui créera plus d’instabilité. Alors l’équipage en profite pour effectuer des vérifications de routine. Au programme de la journée, démontage de barre pour Loic et Antoine, ascension dans le mât pour Sebastien Marsset et vérification de structure des flotteurs pour Thierry et François.

Côté performance, ces conditions clémentes ne sont bien sûr pas idéales. Une partie de l’avance emmagasinée dans l’hémisphère nord devrait diminuer. Alors l’équipage prend son mal en patience et fait ce qu’il faut pour progresser à la rencontre d’une dépression d’ici 48 heures le long de l’Argentine.

Le 29/11 à 4h TU : lat 15°42.01' S - long 31°34.14' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 133.39 mn.

29/11/15
Fromage ou déssert
 
En terme météorologique, Sainte-Hélène est renommée dans l’hémisphère Sud tout autant que les Açores le sont dans l’Atlantique Nord ! Si l’anticyclone des Açores est plus « volatile » que son pendant austral de Sainte-Hélène, cela est dû à la configuration du relief terrestre qui les entoure mais aussi à l’importance de la calotte glaciaire des pôles Nord et Sud.

Les différences de pression sont dues au contraste thermique qui marque le froid polaire et le chaud équatorial. La rotation de la Terre provoque un brassage des masses d’air chaudes et froides qui tendent à lisser la température du globe grâce à ces échanges thermiques entre dépressions et anticyclones.

Ainsi, l’anticyclone de Sainte-Hélène génère un régime d’alizés qui tourne dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Le flux de Sud le long de l’Afrique (Namibie, Angola) s’oriente au Sud-Est dans le golfe de Guinée et sous le Pot au Noir, puis tourne au secteur Est du côté du Brésil pour devenir Nord-Ouest au niveau de l’île de Trinité et Ouest sur les 40èmes !

Pour le néophyte, à la lecture de la carte, la tentation est grande de vouloir " couper le fromage " pour aller au plus court en direction du Cap. Mais, en réalité, les skippers contournent l'anticyclone de Sainte-Hélène, en descendant le long des côtes du Brésil, jusqu’au Cabo Frio (Rio de Janeiro) travers au vent, jusqu’à se faire porter par une dépression argentine vers le cap de Bonne-Espérance…

C’est la route que suit Spindrift 2. Sa vitesse de progression lui permet d’enchaîner les systèmes météo très rapidement. Yann Guichard et son équipage vont ainsi chercher à accrocher une dépression qui se forme au large de l’Uruguay dès ce week-end et qui va compresser l’anticyclone de Sainte-Hélène, ouvrant une voie royale vers le cap de Bonne-Espérance...

Le 30/11 à 4h TU : lat 24°17.85' S - long 33°22.15' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 98.74 mn.
 

30/11/15
Avec ou sans glace ?
 
Ce n’est pas très malin car il va falloir se prendre la tête avec l’eau froide, les glaces éventuelles et le passage entre dépressions hargneuses et anticyclone envahissant. - See more at: http://www.spindrift-racing.com/jules-verne/drupal/fr/log-book/jour-9-journal-fra#sthash.EUdQI6zk.dpuf
Ce n’est pas très malin car il va falloir se prendre la tête avec l’eau froide, les glaces éventuelles et le passage entre dépressions hargneuses et anticyclone envahissant. - See more at: http://www.spindrift-racing.com/jules-verne/drupal/fr/log-book/jour-9-journal-fra#sthash.EUdQI6zk.dpuf
Spindrift 2 essaie de se faufiler sous l’anticyclone vers le front froid et ses promesses. Si il croche le front froid, il fera un bout de chemin avec lui (3-4 jours). Sinon, il lui faudra replonger vers le sud en attendant la prochaine dépression. Voilà pour le court terme.

A moyen terme, la situation est encore indécise. L’anticyclone de Sainte- Hélène prend ses aises vers le sud de l’Afrique et amènerait le bateau vers une trajectoire très sud.

La perspective de se retrouver confrontés aux glaces éventuelles et de devoir se frayer un passage entre dépressions hargneuses et un anticyclone envahissant doit hanter bien des esprits sur le trimaran.

Le 01/12 à 4h TU : lat 30°50.42' S - long 25°30.97' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 55.01 mn.



01/12/15
Dernières douches avant ...
 
Message du bord : ça y est, Spindrift 2 a attrapé le front. C’était hier en fin de journée. Une bonne nouvelle pour les équipiers de Spindrift 2, qui ont rangé les shorts et les lunettes de soleil, pour ressortir polaires et cirés. La transition a été rapide. Tout juste le temps, pour certains, de prendre une dernière douche à l’eau de mer sur le pont, avant… trois bonnes semaines ? Probablement dans la même région, après avoir fait le tour de l’Antarctique.

Cela dit, les conditions restent très vivables, et favorables à la vitesse. Du portant sur une mer plate, du moins à l’échelle de ce bateau. Du coup, Spindrift 2 allonge la foulée, et c’est entre 30 et 35 nœuds et dans un relatif confort que le maxi-trimaran surfe sur l’avant de ce front pluvieux. L’enjeu va être d’y rester pendant les trois ou quatre prochains jours. En attendant, l’équipage se réhabitue aux grandes vitesses, mais aussi au ciel gris et aux conditions humides.

Ndlr : au point de ce jour à 15h TU, pour franchir la longitude du cap de Bonne Espérance avant le vendredi 4 décembre 2015 à 1 heure, 50 minutes et 16 secondes TU, et ainsi améliorer le temps de référence établi en 2012 par Loïck Peyron, sur la distance depuis Ouessant, Spindrift 2 devra naviguer à 33,31 nœuds de moyenne pendant plus de 58 heures...

Le 02/12 à 4h TU : lat 34°20.89' S - long 10°20.11' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 5.6 mn.

02/12/15
Course contre la montre
 
Yann Guichard : « Lorsqu'on a attrapé la dépression argentine, en traversant l'atlantique sud, on s'est mis juste en avant du front chaud et on essaye de rester devant. La dépression marche entre 30 et 35 nœuds, donc elle va très vite.

On essaye de tenir sa cadence pour ne pas se faire rattraper, sinon cela va nous obliger à faire un empannage, ce qui rallongerait la route et on perdrait plus d'une journée sur le temps de Banque Populaire.
On essaye de se battre pour rester devant, les gars sont à fond. Cela fait plus de 800 milles en 24 heures à près de 34 nœuds de moyenne.

Là, le vent a un petit peu mollit.
Les dernières heures sont cruciales parce qu'on est vraiment un petit peu court encore pour attraper un petit front secondaire. C'est une dépression qui est en train de se créer et qui va nous amener à plus de 20 nœuds sur 2000 milles si on arrive à l'attraper. Verdict dans les 5-6 prochaines heures. »

Le 03/12 à 4h TU : lat 41°21.62' S - long 4°23.63' E - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 14.18 mn.
 

03/12/15
Choix stratégique
 
Yann Guichard : « Dans deux heures on va croiser la route de Banque Populaire. On est vraiment dans ses temps. Dans les jours suivants on risque de prendre un petit peu de retard parce que, pour nous, les conditions vont être un peu plus difficiles.

On va avoir un choix stratégique à faire ce soir car il y a une dépression assez violente qui descend de Madagascar. Soit on arrive à passer dans son sud, mais cela nous oblige à faire beaucoup de sud, on va descendre vers 52° sud, avec le risque des icebergs, sinon on décide de passer dans son nord et là ça nous rallonge pas mal la route et on prendrait beaucoup de retard. On va prendre la décision ce soir.

On va plus vite que Banque Populaire mais ils étaient plus sud que nous à ce moment là donc ils faisaient une route plus directe sur l'arrivée. On a un peu tiré sur les bonhommes et sur la machine depuis 48 heures. On était un peu obligé sinon on prenait 600 milles de retard. Le vent ne va faire que mollir dans les prochaines 48 heures donc ça va calmer un petit peu le jeu.

Il y a une super ambiance à bord. Je suis ravi car tout le monde est bien rentré dans le rythme.
»

Ndlr : Pour améliorer le temps de référence Ouessant-Bonne Espérance, Spindrift 2 devra franchir la longitude du cap de Bonne Espérance avant le vendredi 4 décembre 2015 à 1 heure, 50 minutes et 16 secondes TU. Il lui faudra parcourir les 570 milles le séparant, à 8h45 TU, de la longitude 18° 28' 30" Est à la moyenne de 33.52 nœuds.

Le 04/12 à 4h TU : lat 47°50.73' S - long 19°56.13' E - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 98.65 mn.

03/12/15
Le Trophée Jules Verne pour les nuls : Bonne Espérance et les Aiguilles
Pourquoi existe-t-il deux marques de passage sous le continent africain ?

Antérieurement à 2005, seul le franchissement de la longitude du cap de Bonne Espérance (18° 28' 30" Est) était reconnu par le règlement du Trophée Jules Verne et les chronométreurs. Il marquait la fin du parcours Ouessant-Bonne Espérance, qui était désigné sous le vocable de " Descente de l'Atlantique ", mais le temps réalisé ne constituait qu'un simple temps de référence.

En 2005, le WSSRC a créé trois records officiels supplémentaires sur le tour du monde à la voile, dont " la traversée de l'océan Indien ". Le début de ce partiel est marqué par le franchissement de la longitude du cap des Aiguilles (20° Est), point le plus méridional au sud de l'afrique, et la fin par le franchissement de la longitude de la pointe sud de la Tasmanie (146° 49' Est).

Les deux caps ne sont distants que de 80 milles nautiques.

04/12/15
Cap de Bonne Espérance et cap des Aiguilles pour Spindrift 2
Yann Guichard et ses équipiers ont franchi la longitude 18° 28' 30" Est du cap de Bonne Espérance, à bord du trimaran Spindrift 2, le vendredi 4 décembre 2015 à 2 heures 6 minutes TU, après 11 jours, 22 heures, 4 minutes et 2 secondes de navigation depuis Ouessant. Il accuse un retard de 15 minutes et 44 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011, en 11 jours, 21 heures, 48 minutes et 18 secondes.

Spindrift 2 a dépassé la longitude 20° Est du cap des Aiguilles le vendredi 4 décembre 2015 à 4h 04 TU, après 12 jours, 2 minutes et 2 secondes de mer depuis Ouessant. Le trimaran est en retard de 12 minutes et 44 secondes sur le temps réalisé en 2011 par Banque Populaire V, en 11 jours, 23 heures, 49 minutes et 18 secondes.
 

04/12/15
Les pièges de l'indien
 
C’est désormais l’océan Indien qu’il va falloir négocier, un océan réputé pour être le plus dur, le plus extrême, le plus dangereux, alors qu’il est le tronçon le plus court de ce tour du monde (environ 5 000 milles) ! Une zone de hautes pressions avec des vents de secteur Nord-Ouest modérés qui vont provisoirement ralentir la progression du trimaran qui devrait toutefois retrouver ses moyennes supérieures à trente nœuds avec le renforcement de la brise au large des îles Marion et Prince Edward.

Spindrift 2 a perdu quasiment tout son avantage sur Banque Populaire V lors de la traversée de l’Atlantique Sud en raison d’un front orageux au large du Brésil. Mais depuis trois jours, Yann Guichard et son équipage ont cravaché dur (700, 800 et 820 milles quotidiens) en avant d’un front chaud pour croiser la trajectoire virtuelle de Banque Populaire V jeudi vers 15h00 TU avec une trentaine de milles de marge. Déjà sur le 47°Sud, le trimaran devrait continuer encore quelques heures sa trajectoire vers l’Est-Sud Est pour se caler aux environs du 52°Sud avant de viser l’archipel des Kerguelen, à mi-chemin de la route vers le prochain cap, Leeuwin à environ six jours de mer.

Mais cette traversée de l’océan Indien s’annonce compliquée avec deux paramètres météorologiques à négocier : la présence d’icebergs et de glaces dérivantes jusqu’aux côtes de l’archipel austral et la venue d’une dépression tropicale descendant rapidement de Madagascar.

Le choix de la trajectoire la plus sûre doit donc être pris incessamment pour éviter les growlers et pour se positionner en avant de cette perturbation violente qui va « traverser la route » juste après l’archipel des Kerguelen…

Le 05/12 à 4h TU : lat 48°15.12' S - long 37°13.15' E - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 191.34 mn.

05/12/15
Cap de Bonne Espérance et cap des Aiguilles pour Idec Sport
Francis Joyon et ses équipiers ont franchi la longitude 18° 28' 30" Est du cap de Bonne Espérance, à bord du trimaran Idec Sport, le samedi 5 décembre 2015 à 7 heures et 14 minutes TU, après 13 jours, 5 heures, 11 minutes et 38 secondes de navigation depuis Ouessant.

Ils accusent un retard de 1 jour, 7 heures, 23 minutes et 20 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011. Leur retard sur Spindrift 2 est de 1 jour, 7 heures, 7 minutes et 36 secondes.

Idec Sport a dépassé la longitude 20° Est du cap des Aiguilles, marquant l'entrée dans l'océan Indien, le samedi 5 décembre 2015 à 11 heures et 17 minutes TU, après 13 jours, 9 heures, 14 minutes et 38 secondes de mer depuis Ouessant.

Son retard sur le temps de référence établi par Banque Populaire V en 2011 est de 1 jour, 9 heures, 25 minutes et 20 secondes. Le retard sur Spindrift 2 est de 1 jour, 9 heures, 12 minutes et 36 secondes.

05/12/15
Point météo
 
Aujourd'hui : c'est un peu la route du tricot notre affaire. Coincé entre les hautes pressions qui s'étalent vers 40-45èmes Sud et les icebergs qui trainent sur le 51e Sud, Spindrift 2 tire des bords de portant dans du vent de secteur ouest de 15-20 nœuds.

Dimanche 6 décembre : le vent d'ouest se renforce à 25-30 nœuds.

Lundi 7 décembre : on rentre dans le dur à l'appoche des Kerguelen : vent de secteur ouest de 30-35 nœuds et une houle d'ouest de 4 mètres. Le sud...

Le 06/12 à 4h TU : lat 50°55.53' S - long 46°43.45' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 203.88 mn.
 

06/12/15
Froid devant
 
Le vent d’Ouest-Nord Ouest a de nouveau forci ce matin dans l’Est de Madagascar, permettant à Spindrift 2 de retrouver des moyennes de vitesse autour des 30 nœuds. La zone de navigation dans laquelle évolue depuis deux jours le trimaran dans l’océan Indien reste délicate en raison de la présence d'icebergs au Sud de la trajectoire et de hautes pressions au Nord.

La stratégie est donc de ne pas s’approcher à moins de 50 milles des plus gros morceaux de glace, tout en plaçant au mieux une série d’empannages obligée afin de rester dans un 'couloir', plein vent arrière sur la route des Kerguelen. L'équipage dispose d’images satellites réalisées par l’organisme français spécialisé CLS qui positionne les plus grands icebergs, certains mesurant de 300 à 400 mètre de long. Studieux et concentrés, les marins se relaient aux jumelles, le jour, et aux lunettes infrarouges, la nuit, afin de déceler toute silhouette suspecte à l’horizon ou la moindre écume qui ne serait pas une simple déferlante mais le ressac de la houle s’écrasant contre une paroi gelée.

Ce passage, périlleux et peu venté, a fait perdre du terrain sur la progression de Banque Populaire V qui possède actuellement une avance de 300 milles. Spindrift 2 a désormais retrouvé une cadence rapide, à une journée environ de l’archipel des Kerguelen, bien connu pour ses hauts-fonds poissonneux qui attirent les pêcheurs mais lèvent aussi une mer chaotique.

Dona Bertarelli : « Depuis 36 heures, nous naviguons dans une zone de glaces. Les satellites peuvent détecter la présence d’icebergs seulement à partir de 100 mètres de grandeur. Pour des questions de sécurité, Yann a décidé que l’on se tienne à 50 milles nautiques de distance de ceux sur notre route ; le plus grand détecté jusqu’ici faisant 400 mètres. Il met également en place un système de veille, de jour comme de nuit, où l’on se relaie pour détecter les growlers, ces blocs de glaces plus petits qu’un iceberg mais tout de même de plusieurs tonnes dérivants à la surface de l’eau. Il fait jour à 1 heure du matin, et les jumelles remplacent alors, les lunettes infrarouges. L’atmosphère à bord est studieuse et concentré.

La mer est de couleur grise, laiteuse, tel un lac de haute montagne. Il fait froid, dehors comme dedans, mais Thierry me met en garde, ce n’est encore rien. Dans quelques heures, le vent forcissant, cette fois-ci de secteur Sud venant tout droit de la banquise, nous ferra vivre la pleine puissance de l’Océan Austral.

Je ne quitte plus mes gants ni mon bonnet en mérinos. Même pour dormir. Les tâches quotidiennes, tel que laver la casserole et les gamelles nous rappelle que l’eau est à 3 degrés. Impossible de se laver les dents sans risque de faire sauter l’email. Il faut faire chauffer l’eau.

Les oiseaux se font plus nombreux et semblent nous annoncer l’approche de l’Archipel des Kerguelen. Notre route nous y amènera peut-être tout prêt. Cela fait deux semaines que nous sommes en mer et voir un morceau de terre, sera bienvenu.
»

Le 07/12 à 4h TU : lat 47°52.46' S - long 63°43.45' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 331.51 nm.
 

07/12/15
À l'approche des Kerguelen
 
Message du bord : Une journée de plus dans l’océan indien pour Spindrift 2 et son équipage, dans des conditions un peu plus toniques que ces derniers jours, mais qui restent tout à fait maniables. 25 nœuds de vent moyen au portant, dans une mer un peu formée mais dans des proportions tout à fait raisonnables. Dans ces conditions, les barreurs successifs arrivent à maintenir des vitesses moyennes de l’ordre de 30-32 nœuds. L’avantage de naviguer sur un bateau comme celui-ci, est que son potentiel de vitesse permet, dans une certaine mesure, de choisir ses conditions météo.

Depuis hier, le maxi-trimaran surfe le long d’une dépression qui se déplace à peine plus vite que lui, ce qui laisse le possibilité au skipper et au navigateur de se positionner de manière à choisir l’intensité de vent souhaitée. Le vent mollit, alors il faut tirer un bord vers le Sud et de se rapprocher du centre de la dépression. Et si au contraire, le vent et l’état de la mer augmentent au point de nuire à la progression du bateau, il y a toujours la possibilité de se recaler vers le Nord. Dans ces conditions, la progression est rapide.

Un peu moins, toutefois que celle de Banque Populaire V au même endroit, qui avait aligné des moyennes assez époustouflantes, notamment parce qu’il naviguait en route directe sans devoir tirer de bord. Alors, le retard sur le concurrent virtuel a tendance à augmenter, ce qui n’entame pas le moral de l’équipage, qui sait qu’il y aura d’autres occasions de se rattraper par la suite.

Erwan Israel, navigateur à bord de Spindrift 2 : « On est dans un couloir entre les hautes pressions et la dépression qui est dans notre sud. On a très bien compris que ça ne servait à rien d'attaquer trop au sud. La mer et la force du vent sont mieux pour le bateau et pour la suite là où on est en ce moment. Donc on recale les petits empannages pour rester dans cette bande de vent, aux alentours de 20 à 25 nœuds.

On va passer au nord des Kerguelen, pour éviter l'état de la mer qui est un petit peu scabreux dans les alentours de l’archipel.
»

Le 08/12 à 4h TU : lat 49°42.89' S - long 77°06.72' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 269.89 mn.
 

08/12/15
Avarie mineure sur le foil bâbord du trimaran Spindrift 2
 
 
 
Transport d'un foil de Banque Populaire V
Maintenant que les icebergs et les Kerguelen sont dans le sillage, le trimaran Spindrift 2 a replongé vers le Sud. En plein océan Indien, sur la route du Cap Leeuwin encore distant d’un millier de milles, le vent d’Ouest-Nord Ouest reste maniable, autour de 25 nœuds, alors qu’une dépression relativement creuse venue de Madagascar approche.

Suite à l’endommagement du foil bâbord (dans la partie basse), survenu hier après-midi lors d’un choc avec un objet flottant non identifié, les marins ont réussi non seulement à maintenir un rythme soutenu avec la machine, mais aussi à réparer une petite fuite sans gravité, en allant opérer à l’intérieur du flotteur de carbone.

Désormais de retour sous le 50e degré Sud, l’équipage affiche une vitesse de 'croisière' au-dessus des 31 nœuds depuis 15h00 cet après-midi. Sur la route de référence du détenteur, les trajectoires sont assez proches, avec trois empannages chacun depuis l’archipel austral et un gain de près de 90 milles pour Spindrift 2 qui possède actuellement 220 milles d’écart avec Banque Populaire V.

Le 09/12 à 4h TU : lat 50°01.46' S - long 92°28.07' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 188.49 mn.
 

09/12/15
Coincé dans le couloir
 
Depuis son passage au nord de l’archipel des Kerguelen, Spindrift 2 n’a pas d’autre choix de route que de rester dans un couloir de vent de secteur ouest, entre le 49° sud et le 52° sud. Devant lui une zone de faible gradient de pression se déplace et progresse quasiment à la même vitesse. Le trimaran bute donc dans ce système météo et ne peut espérer une accélération franche que lorsqu’une dépression venue de Madagascar va balayer le Sud de l’Australie, dès jeudi soir.

Ainsi, après l’empannage de la nuit dernière, il devrait de nouveau changer de cap cet après-midi pour suivre une trajectoire parallèle à son prédécesseur virtuel : une remontée progressive vers le 45° sud afin de bénéficier de ces nouveaux vents de secteur nord-ouest puissants en avant de cette perturbation tropicale.

L’accélération sera alors franche et durable ! Dans le schéma météorologique actuel, Spindrift 2 devrait rattraper une grande partie de son retard, sur Banque Populaire V, avant d’entrer dans l’océan Pacifique et même continuer à profiter de ce flux puissant sous la Nouvelle-Zélande, voir bien plus loin…

Et surtout, le trimaran va naviguer bâbord amures pendant de longues journées et n’aura donc pas à solliciter le foil bâbord abîmé lors d’un choc avec un objet flottant non identifié près des Kerguelen. Les dégâts collatéraux (petite fuite par le puits) ont été rapidement circonscrits et ce handicap technique ne semble pas affecter sensiblement les performances du bateau.

Le 10/12 à 4h TU : lat 50°16.08' S - long 106°12.07' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 113.24 mn.

10/12/15
Leeuwin en approche
 
Yann Guichard à 12h : « On est dans un océan Indien qui est plutôt assez Pacifique. On n'a pas beaucoup de vent. On bute un petit peu sur un système météo devant nous. On le rattrape, après on ralentit. Ce n'est pas propice vraiment à la vitesse mais on fait une route plein est, donc c'est route vers la maison, donc ça se passe plutôt bien.

Dans 2-3 jours le vent devrait se renforcer, on va ré accélérer un petit peu. Tout se passe bien à bord. C'est un petit peu gris, dans l'indien il n'y a pas beaucoup de soleil, c'est assez monotone. Ce matin on est passé à 10 milles d'un iceberg qui faisait 200-300 mètres. C'est stressant.

On fait route en gros sous la nouvelle Zélande qu'on devrait atteindre, si tout se passe bien, dans un peu plus de deux jours. A ce moment là on empannera.
»

Le 11/12 à 4h TU : lat 50°20.99' S - long 124°39.85' E - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 70.12 mn.
 

10/12/15
Cap Leeuwin
Ce jeudi 10 décembre 2015, à 15 heures et 27 minutes TU, Spindrift 2 a dépassé la longitude 115° 08' 09" Est marquant le franchissement du cap Leeuwin, après 18 jours, 11 heures, 25 minutes et 2 secondes de mer depuis Ouessant. Il accuse un retard de 11 heures, 27 minutes et 44 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011, en 17 jours, 23 heures, 57 minutes et 18 secondes.

Idec Sport a franchi la longitude 115° 08' 09" du cap Leeuwin, le jeudi 10 décembre 2015 à 22 heures et 40 minutes TU, après 18 jours, 20 heures, 37 minutes et 38 secondes de navigation depuis Ouessant. Son retard est de 20 heures, 40 minutes et 20 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011 et de 9 heures, 12 minutes et 36 secondes sur Spindrift 2.

Au passage, Francis joyon fixe un nouveau temps de référence sur le tronçon cap des Aiguilles - cap Leeuwin, en 5 jours, 11 heures et 23 minutes, détronant ainsi Loïck Peyron qui avait mis 6 jours et 8 minutes pour parcourir la distance en 2011.

Au cap Leeuwin, la notion de retard est difficile à appréhender.
Si on ne considère que l'heure de franchissement de la longitude 115° 08' 09" Est, l'avantage est manifestement à Banque Populaire V. Mais les choses ne sont pas si simples car, à ce moment, la latitude des trois bateaux est très différente. Loïck Peyron est positionné sur la latitude 42° 17' sud, Yann Guichard à 50° 03' sud et Francis Joyon à 51° 43' sud.
Yann Guichard a un rapport temps / latitude plus favorable.

Et si on ne tenait compte que du restant à parcourir me direz vous ?
C'est une bonne idée, mais malheureusement la base de départ est, curieusement, là aussi très différente entre les trois trimarans : au point de départ à Ouessant, le compteur affichait un restant à parcourir de 24 460 milles pour Banque Populaire V, 23 387 milles pour Spindrift 2 et 22 461 milles pour Idec Sport. Soit une différence de 2000 milles ! Toute comparaison sur la distance restante serait donc sujette à caution.
Si on considère en plus le fait que l'orthodromie (distance la plus courte) est de 21 600 milles et que Loïck Peyron a parcouru en réalité 29 000 milles, on se rend compte que le problème devient insoluble.

Le franchissement du cap Horn sera un véritable juge de paix pour tous les concurrents puisqu'ils passeront sensiblement à la même latitude...

Ndlr : le site officiel d'Idec Sport annonce que le record de la traversée de l'indien a été battu. C'est une erreur puisque ce record WSSRC débute officiellement au cap des Aiguilles pour prendre fin au sud de la Tasmanie. Francis Joyon a simplement amélioré le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011, sur la distance cap des Aiguilles-cap Leeuwin. Ce qui n'enlève rien à la performance qu'il a réalisée.

11/12/15
Route nord, route sud ?
 
Thomas Rouxel, barreur-régleur : « Il y a du vent derrière et il n'y a pas de vent devant. On avance avec le vent qui est plutôt derrière et dès qu'on bute dans la dorsale, le vent mollit. Du coup on est obligé de régler le bateau, changer certaines voiles pour mettre plus de toile et quand la dorsale avance un peu, le vent remonte et on réduit la toile.

C'est comme ça depuis une demi journée. C'est pas idéal car on n'avance pas aussi vite qu'on pourrait et ça nous fait manœuvrer pas mal.
»

Jean-Yves Bernot, routeur : « Pour Spindrift 2, c'est « pas plus vite que la dorsale » qui va son train de sénateur vers l'Est autour de 25 nœuds. Pour s'occuper, on regarde ce qui se passe dans le Pacifique : là aussi, les systèmes classiques ont du mal à se mettre en place. Route nord, route sud ? Ce sont les dépressions qui traînent à l'Est de la Nouvelle-Zélande qui vont décider. Ça sent le week-end studieux. »

Le 12/12 à 4h TU : lat 50°28.49' S - long 143°08.57' E - Retard constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 2.61 mn.
 

12/12/15
À la pointe sud de la Tasmanie : distribution des prix
Spindrift 2 a dépassé la pointe sud de la Tasmanie, à la longitude 146° 49' Est, le samedi 12 décembre 2015 à 8 heures 39 minutes TU, après 20 jours, 4 heures, 37 minutes et 2 secondes de mer depuis Ouessant. Il est en avance de 2 heures, 34 minutes et 31 secondes sur le temps réalisé par Loïck Peyron en 2011.

Le trimaran améliore (provisoirement...) le record WSSRC de la traversée de l'océan Indien en 8 jours, 4 heures et 35 minutes. Il était détenu depuis 2011 par Loïck Peyron qui avait réalisé un temps de 8 jours, 7 heures et 23 minutes.

Cerise sur le gateau, il améliore le temps de référence sur le tronçon cap Leeuwin - Tasmanie en 1 jour, 17 heures et 12 minutes, qui était détenu par Franck Cammas depuis 2008.

Francis Joyon a franchi la longitude de la pointe sud de la Tasmanie le samedi 12 décembre 2015 à 10 heures et 21 minutes TU, après 20 jours, 8 heures, 18 minutes et 38 secondes de navigation depuis Ouessant. Il est en retard de 1 heure, 7 minutes et 5 secondes sur le temps réalisé par Loïck Peyron en 2011 et en retard de 3 heures, 41 minutes et 36 secondes sur le temps de Yann Guichard.

Idec Sport s'adjuge le record WSSRC de la traversée de l'océan Indien en réalisant un temps de 6 jours, 23 heures et 4 minutes, sur le parcours cap des Aiguilles - Tasmanie. Son chrono est inférieur de 1 jour, 5 heures et 31 minutes à celui réalisé 102 minutes plus tôt par Spindrift 2, éphémère détenteur.

Il établit également un nouveau temps de référence sur la distance cap Leeuwin - Tasmanie en 1 jour, 11 heures, 41 minutes, soit 5 heures et 31 minutes de moins que Spindrift 2.

12/12/15
Record éphémère
 
Yann Guichard : « Un joli temps pour l’Indien et surtout un joli temps depuis le départ depuis Ouessant, puisqu’on est trois heures plus rapides que le record de Banque Populaire V. Donc c’est plutôt bien.

Ce record va être très éphémère car on vient de battre le temps détenu par Loïck Peyron et son équipage, mais juste derrière nous il y a IDEC qui va couper la même ligne que nous, deux ou trois heures plus tard. Mais il a coupé la ligne de départ de cet océan Indien, au sud du cap des Aiguilles, plus d’une journée après nous donc il va faire un meilleur temps que nous. On ne va garder ce record que pour deux ou trois heures.

La première raison c’est que depuis cinq jours on bute sur une dorsale, devant nous où il n’y a pas de vent, qui se déplace à 25 nœuds donc on ne peut pas aller plus vite que 25 nœuds. Si on les dépasse, il n’y a plus de vent et on ralentit. IDEC, c’est l’inverse, il est devant une dépression, donc derrière lui il y a du vent fort, devant lui il y a du vent aussi, donc plus il va vite, plus ça va vite ! Il a aussi fait une route plus Sud que nous, il a raccourci son parcours en se rapprochent du pôle Sud. Ces deux raisons font qu’il a fait un super temps sur l’océan Indien. Mais sur le temps de référence, depuis le départ, on est toujours en avance sur Loïck Peyron et son équipage et sur IDEC.

Nous n’aurions pas pu faire cette route Sud avec les conditions météos qu’on avait, on était en avant du front au début, il n’y avait aucune raison qu’on plonge au Sud. En plus, il y avait pas mal de glaces, la route qu’on a faite était en fonction des conditions qu’on avait, on n’aurait pas pu aller plus vite que ce qu’on a pu faire.

Il n’est pas encore très clair cet océan Pacifique car les conditions sont assez imprévisibles et pas vraiment calées. On ne sait pas encore si ce sera une route Nord, une route Sud ou une route intermédiaire. Ça va se décider dans les 24 ou 36 prochaines heures. Ça paraît compliqué, c’est là que Banque Populaire V a perdu beaucoup de temps, c’est là où on a une possibilité de gagner un ou deux jours sur le record. Il va falloir essayer d’aller vite sur ce Pacifique pour avoir de l’avance au passage du Cap Horn, qu’on devrait atteindre d’ici huit à dix jours maintenant.
»

Le 13/12 à 4h TU : lat 50°28.49' S - long 143°08.57' E - Retard constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 2.61 mn.

13/12/15
Je mange quand on me dit de manger
 
Dona Bertarelli : « Ne me demandez pas quelle heure il est, je ne peux pas vous répondre. Ou pire encore, à quel moment de la journée nous sommes.

A bord nous fonctionnons en heure TU
(Temps Universel) qui est -1h par apport à chez nous - en Suisse ou en France. Est-ce une aide ? Pas vraiment, cela porte encore plus à confusion ! Pour vous donner une idée, le jour se lève à 18h30 alors qu’il fait nuit a 13h. Mieux encore. Le repas de midi est servi à 4h du matin et le diner à midi. Cela vous donne la mesure de la chose ? Mais ce n’est pas fini. Tous ces horaires se décalent tous les jours de 1h30 ! Alors je mange quand on me dit de manger, sans me poser trop de question, mais il est vrai qu’aujourd’hui au réveil, la paëlla n’est pas bien passée au petit déjeuner.

Les choses vont encore se compliquer dans 2 jours, lorsque nous vivrons 2 fois la même journée. Et oui, nous passerons l’anti-méridien juste après la Nouvelle Zélande. C’est-à-dire que lorsqu’il sera le 15 décembre à minuit, la seconde d’après on sera le 14 décembre à minuit. C'est fou mais c’est aussi grâce à ceci, que Phileas Fogg pensant avoir perdu son pari, et a eu l’heureuse surprise une fois de retour à terre, d’avoir réussi le tour du monde en moins de 80 jours !​
»

Point météo : Changement de décor à l'approche de la Nouvelle-Zélande. On en a quasiment fini avec la dorsale languissante que l'on suivait en jurant depuis des jours. Creusement d'une dépression au sud de la Nouvelle-Zélande. Le vent d'ouest de 30 nœuds s'installe dans l'après-midi entre la dépression et les hautes terres de l'ile du sud.
Houle d'ouest de 4 mètres. Des rafales... On aura même deux dépressions pour le prix d'une : une dépression secondaire se creuse à l'est de la première. Elle va nous occuper jusqu'à lundi soir, voire plus loin.
Pour être franc, c'est son futur qui va décider de notre route dans le Pacifique sud. On la surveille...

Le 14/12 à 4h TU : lat 50°45.95' S - long 175°37.71' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 138.34 mn.
 

14/12/15
Antiméridien
Spindrift 2 a coupé la longitude 180° E/W à 11 heures 45 minutes TU, soit un chrono de 22 jours, 7 heures, 43 minutes et 2 secondes depuis Ouessant. Il enregistre une avance de 3 heures, 51 minutes et 10 secondes sur Banque Populaire V, le décalage en latitude n'étant pas pris en compte.

Idec Sport a passé la même marque à 11 heures 51 minutes TU après 22 jours, 9 heures, 48 minutes et 38 secondes de mer depuis Ouessant. Il a une avance de 1 heure, 45 minutes et 34 secondes, sur Banque Populaire V, le décalage en latitude n'étant pas pris en compte.