Trophée Jules Verne 2015
2016
 
Première tentative de Francis Joyon / Idec Sport ( page 2 / 2 )
   

Temps partiels
(depuis Ouessant)
Équateur
Cap Bonne
Espérance
Cap des
Aiguilles
Cap
Leeuwin
Tasmanie
Anti-
méridien
Cap
Horn
Équateur
Ouessant
2011/2012
Loïck Peyron
Banque Pop. V
5j 14h
55m 10s
11j 21h
48m 18s
11j 23h
49m 18s
17j 23h
57m 18s
20j 7h
11m 33s
22j 11h
34m 12s
30j 22h
18m 48s
38j 2h
45m 48s
45j 13h
42m 53s
2015/2016
Yann Guichard
Spindrift 2
4j 21h
29m 2s
11j 22h
4m 2s
12j
2m 2s
18j 11h
25m 2s
20j 4h
37m 2s
22j 7h
43m 2s
30j 4h
7m 2s
39j 13h
31m 2s
47j 10h
59m 02s
2015/2016
Francis Joyon
Idec Sport
5j 1h
1m 30s
13j 5h
11m 38s
13j 9h
14m 38s
18j 20h
37m 38s
20j 8h
18m 38s
22j 9h
48m 38s
31j 1h
47m 38s
40j 14h
53m 38s
47j 14h
47m 38s
 
Ouessant /
antiméridien
de l'antiméridien à Ouessant
 
les informations non sourcées proviennent de : www.idecsport-sailing.com

14/12/15
Antiméridien
Spindrift 2 a coupé la longitude 180° E/W à 11 heures 45 minutes TU, soit un chrono de 22 jours, 7 heures, 43 minutes et 2 secondes depuis Ouessant. Il enregistre une avance de 3 heures, 51 minutes et 10 secondes sur Banque Populaire V, le décalage en latitude n'étant pas pris en compte.

Idec Sport a passé la même marque à 11 heures 51 minutes TU après 22 jours, 9 heures, 48 minutes et 38 secondes de mer depuis Ouessant. Il a une avance de 1 heure, 45 minutes et 34 secondes, sur Banque Populaire V, le décalage en latitude n'étant pas pris en compte.

14/12/15
Pas tout seuls au bout du monde
 
Rencontre inattendue ce matin pour Idec Sport, à quelques milles de l'antiméridien. Le radar AIS du trimaran a détecté une cible au bout du monde : Spindrift 2 !!!

Francis Joyon : « Ce croisement est arrivé tribord, nous bâbord, dans la brume on l'a pas vu. On l'a ciblé à l'AIS. Cela faisait drôle. On a essayé de leur parler à la VHF pour leur demander s'ils avaient besoin de sucre ou de quelque chose parce qu'on a trop à manger.

Il y a des moments où on va plutôt mieux qu'eux, et des moments où on va moins bien. C'est normal, les bateaux sont très différents. On a des conditions avec des vents un petit peu forts, cela convient mieux au bateau
(Idec Sport) qui est plus léger, avec un centre de voilure plus bas, plus ramassé, plus centré.

Il y a plusieurs routes possibles pour rejoindre le cap Horn : une route qui reste relativement orthodromique, qui va tout droit, en restant sur le nord de dépressions et après abordant un anticyclone et une autre route qui est beaucoup plus courte, qui pourrait être plus rapide, qui plonge très très sud dans les glaces. On est hésitant entre les deux routes qui sont possibles, pour le moment. Peut-être qu'un bateau pendra une route différente, ou que les deux bateaux prendront la même route.

On a un Pacifique qui n'est pas très simple, donc on ne va surement pas gratter des journées sur lui
(Banque Populaire V). Si on arrive à faire temps égal ou même grignoter un petit peu au passage du cap Horn, on sera extrêmement satisfait. »

Le 15/12 à 1h13 TU : lat 48°26.85' S - long 171°02.62' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 278.44 mn.
 

15/12/15
Paré pour faire le plongeon
 
Francis Joyon : « On est prêt moralement, on a même commandé une petite étude de glaces et quelques photos à CLS pour descendre très très sud. On est paré pour faire le plongeon dès qu'on aura réussi à franchir cette dépression dans le bon sens.

On va avoir malheureusement une transition très très difficile quand on voudra quitter cette dépression. Il faudra passer à travers une zone de calmes et on risque de souffrir. Si c'est du près, le bateau devrait pouvoir s'en sortir plutôt mieux qu'au portant. Au portant, avec très peu de vent, on a un petit peu eu du mal dans les transitions en atlantique.
»

Le 16/12 à 1h47 TU : lat 45°47.85' S - long 154°22.99' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 324.44 mn

16/12/15
Content quand même
 
Francis Joyon : « On était content ce matin, on était largement devant notre concurrent. Ce soir on est toujours content. Le problème est qu'il est devant, mais cela n'empêche pas qu'on est content quand même. On marche bien, on glisse bien, on n'a pas les mêmes bateaux. On a l'impression de mieux passer (que Spindrift 2) quand la mer est formée, confuse. Notre bateau a des formes plus fines qui permettent d'aller très vite.

On reste pour le moment dans le flux de vent d'ouest - nord-ouest. On va tirer plusieurs petits bords pour réussir à contourner la dépression et à un moment on pourra plonger, pour rejoindre un système anticyclonique plus au sud. Ça va être un peu compliqué de passer d'un système à l'autre car on aura du petit temps, du près, du vent debout. Quand on sera dans les vents réguliers de l'anticyclone, dans 24 ou 30 heures, on pourra plonger en diagonale vers le sud et vers le cap Horn.

Le temps moyen prévu pour rejoindre le cap Horn est plutôt légèrement inférieur à 7 jours.
»

Le 17/12 à 2h TU : lat 45°22.47' S - long 141°17.96' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 70.84 mn
 

17/12/15
Le tout terrain contre la limousine
 
Francis Joyon : « On traînasse un peu à tricoter au portant. On n'a pas tellement d'autre solution. On fait la politique du moins pire en restant au nord de cette petite dépression pour garder la pression du vent le plus longtemps possible. En espérant que les choses se reconstruisent pendant ce temps là.

On est hyper concentré. Dans le vent qui faiblit, il faut être encore plus concentré que dans la brise pour faire avancer le bateau. C'est important de faire attention à tout, au centrage des poids, surtout à la barre pour bien garder la vitesse.

On rentrera demain dans le cœur du sujet, dans la zone de calmes, en espérant trouver l'endroit où elle sera le plus étroite. Après, lorsqu'on aura retrouvé les vents de sud qui sont un peu plus bas, on les garderait jusqu'au cap Horn. Cela nous obligera à descendre pas mal en latitude, jusqu'à 59 - 60°.

Je pense qu'on a la même stratégie que Spindrift 2. La différence est que par petit temps, mer plate ils ont beaucoup plus de toile que nous. On tire notre épingle du jeu vis à vis d'eux quand les mers sont un peu confuses, que les conditions sont difficiles parce que notre bateau est vraiment très marin. Il passe comme un tout terrains dans les champs de bosses défoncés. Par contre, eux c'est un peu la limousine. Quand la mer est plate ils avalent les milles plus que nous. On a un peu perdu du terrain à cause de ça, mais on espère le regagner quand les conditions deviendront un peu plus difficiles.
»

Le 18/12 à 2h TU : lat 48°30.33' S - long 134°18.64' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 105.94 mn
 

18/12/15
Le jour le plus long
 
Francis Joyon : « Nous avons gardé cap au sud dans de tout petits airs de secteur sud est, au près donc. Cette allure n’était pas un problème en soi car la mer est toujours très lisse. Mais nous avons connu des heures stressantes, car en configuration record, ces moments ont tendance à instiller le doute.

Nous accélérons à présent, conformément à notre plan de bataille, et nous dirigeons vers une nouvelle zone de calmes à traverser ce soir, dernière épreuve avant de toucher le sud ouest qui nous emmènera jusqu’au Horn à peu près dans les temps de Loïck Peyron. Faudra vraiment attaquer pour reprendre le temps perdu. Mais ça le bateau sait le faire et les garçons aussi. Dans la brise on est plus à l'aise, on arrive à bien faire marcher le bateau dans du vent un petit peu ferme.
»

Le site officiel annonce que Banque Populaire V avait doublé le cap Horn le 30 décembre 2011 après 32 jours, 11 heures et 51 minutes de navigation depuis Ouessant.

C'est une 'coquille' car en réalité, Loïck Peyron a franchi le cap Horn le 23 décembre 2011 en réalisant un chrono de 30 jours, 22 heures, 18 minutes et 48 secondes.

Le 19/12 à 2h TU : lat 51°53.84' S - long 132°49.20' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 540.72 mn.
 

19/12/15
Pacte de responsabilité et de solidarité ?
 
Hier, Idec Sport a enregistré sa plus petite journée depuis le début du challenge : 211 milles parcourus à la clôture du 27ème jour de navigation. Il a choisi de traverser la dorsale anticyclonique plutôt que de la contourner, avec le risque de devoir tutoyer les zones de glaces sur une latitude très sud.
A ce sujet, le site courseaularge.com fait état d'un "pacte" qui aurait été conclu entre les routeurs d'Idec Sport et de Spindrift 2 pour ne pas faire descendre les bateaux trop bas, trop tôt, et ainsi limiter les risques...

La note devient lourde pour les deux concurrents, en termes de retard sur le record à battre. Francis Joyon avait pu faire des prouesses et revenir à égalité dans l'Indien. En sera-t-il de même dans cette fin de Pacifique ?

Bernard Stamm. « Ce n’est pas encore l’heure des longues glissades. Le vent souffle plutôt en travers du bateau, et il oscille beaucoup en force, entre 10 et 20 nœuds. A chaque survente, le bateau " lève la patte ", et grimpe sur un patin. Il faut être très vigilant à la barre et aux écoutes! C’est sportif, mais on ne se plaint pas après les deux jours de petits temps que nous venons de traverser. »

Clément Surtel : « On a tenu durant des heures des vitesses à plus de 40 nœuds ! Ce bateau est époustouflant et capable de tout ! Au moins, le petit temps m’a-t’il permis de bricoler à droite et à gauche sur le bateau. Le cap Horn est un rêve et un aboutissement… On y pense, on en parle, avec Bernard et Francis qui se remémorent des anecdotes… »

Francis Joyon : « Avec le froid, le temps de barre est réduit à 30 minutes. Le vent que crée le bateau est piquant depuis ce matin. On a remis gants, bonnets et polaires, et rallumé le chauffage dans la penderie à cirés. »

Idec se prépare à s'engager au sud, aussi loin que la zone de glaces le permettra : « peut-être jusqu’à 59, 60 degré de latitude sud » précise Francis Joyon.

Idec Sport a repris de la vitesse et affichait une moyenne de 33.6 nœuds à 19h30 TU.

Le 20/12 à 2h TU : lat 57°07.10' S - long 119°03.63' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 365.44 mn.

20/12/15
Pacte, suite... et fin ?
Dans une vidéo mise en ligne par Spindrift Racing, Yann Guichard indique que Marcel Van Triest, routeur d'Idec Sport, aurait pris l'initiative d'entrer en contact avec Jean-Yves Bernot, le routeur de Spindrift 2, pour fixer une limite sud à ne pas dépasser, afin de ne pas prendre le risque de s'aventurer trop près de zones de glaces.

Humainement, on ne peut que comprendre cette décision, à ceci près qu'elle aurait dû être prise à titre individuel, dans le secret des consciences de chaque équipage. Sportivement, elle devient assez discutable à partir du moment où elle est prise en concertation entre deux concurrents.

Boris Herrmann, équipier à bord d'Idec Sport, donne une autre version puisqu'il écrit dans son blog que l'initiative du coup de fil revient à Spindrift 2…

20/12/15
Handicap ?
On peut constater, à 10h30 TU, que dans les conditions météo actuelles, en principe beaucoup plus favorables à Spindrift 2, Yann Guichard a réalisé une moyenne de 30.3 nœuds dans les quatre dernières heures, alors que Francis Joyon carburait à la moyenne de 33 nœuds, dans le même intervalle de temps.

Spindrift 2 qui navigue, en ce moment, tribord amure est-il handicapé par l'avarie que le foil bâbord a subi le 7 décembre ?

Nous ne le saurons probablement pas car l'équipe ne communique pas beaucoup à ce sujet, qui est pourtant un élément important dans cette fin de pacifique et qui sera essentiel lors de la remontée de l'atlantique sud.

20/12/15
Retour du guerrier
 
À 15h50 TU, Idec Sport faisait jeu égal avec Banque Populaire V alors qu'il affichait 186 milles de retard à la clôture de la 28ème journée. Cette performance a pu être réalisée grâce à une VMG moyenne d'environ 33 nœuds, mais aussi du fait que Loïck Peyron avait enregistré sa plus mauvaise journée en 2011.

Francis Joyon expliquait ce matin : « Les nuits sont courtes, cela permet d'attaquer pas mal. Les gars se sont relayés à la barre toute la nuit et ont donné le meilleur d'eux même, ont fait marché le bateau à fond à 35-45 nœuds. Cela explique qu'on a rattrapé une partie du retard sur le record. On a fait l'orthodromie en suivant un arc de cercle. Notre cap s'oriente petit à petit vers le cap Horn qu'on espère passer de jour et le voir. Juste avant d'arriver sur le Horn on va devoir passer dans le centre d'une dépression. Selon la vitesse à la vitesse à laquelle on la franchira, notre ETA au Horn peut varier d'une dizaine d'heures. »

Le 21/12 à 2h TU : lat 58°59.60' S - long 94°45.51' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 201.44 mn.
 

21/12/15
Ne pas louper le train
 
Francis Joyon : « C'est très sympa d'être en avance sur le record, on est content. Ceci dit, au cap Horn, cela va être un petit peu délicat. Mais il n'y aura pas un décalage important, que ce soit un peu d'avance, un peu en retard, cela devrait s'équilibrer par rapport au temps de Loïck. On est très très content d'être dans le coup pour ce passage de grand cap.

On a pris l'option de ne pas prendre de risque par rapport aux calmes plats, donc on a fait une route plein nord pour rester dans un flux de vent existant qui va faire le tour de la dépression. Si on avait loupé le train, on serait resté en rideau pendant 24 heures.

Au large des canaux de Patagonie on va longer les Andes, cela va nous faire passer très près du cap Horn.
»

Le 22/12 à 2h TU : lat 57°17.72' S - long 78°22.14' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 306.65 mn.
 

22/12/15
Spindrift 2 au cap Horn
Yann Guichard et ses équipiers ont franchi la longitude 67° 16', marquant le passage du cap Horn, le mardi 22 décembre 2015 à 8 heures et 9 minutes TU après 30 jours, 4 heures, 7 minutes et 2 secondes de navigation depuis Ouessant. Ils comptent une avance de 18 heures, 11 minutes et 46 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011.

Il aura mis 9 jours, 23 heures et 30 minutes pour parcourir la distance Tasmanie - cap Horn. Le record WSSRC de la traversée du Pacifique, établi par Bruno Peyron en 2005, en 8 jours, 18 heures et 8 minutes, reste invaincu.

Spindrift 2 fixe un nouveau temps de référence sur la distance Équateur - cap Horn en 25 jours, 6 heures et 38 minutes. Le meilleur chrono avait été établi par Bruno Peyron en 2005.

22/12/15
Dans le doute...
 
Gwénolé Gahinet : « Les dernières 36 heures ont été compliquées avec un grosse zone de pétole et pas mal de doutes sur la stratégie. Ce bord vers le nord, hier matin, n'était pas forcément le meilleur, donc pas mal de doutes. On est très soulagé d'avoir retrouvé le vent de nord-ouest qui permet d'avancer vers le but. On a hâte de voir le cap horn. »

Francis Joyon : « Le retour du vent nous fait du bien. Nous faisons de nouveau des pointes de vitesse à 32 et 33 nœuds. Mais ça peut encore mollir en arrivant au cap. Disons qu’on a pour objectif de rester devant le chrono de Banque Populaire V. Je pense que c’est possible. »

Le 23/12 à 2h TU : lat 56°01.93' S - long 67°43.92' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 32.82 mn.
 

23/12/15
Idec Sport au cap Horn
Francis Joyon et ses équipiers ont franchi la longitude 67° 16', marque de passage du cap Horn, le mercredi 23 décembre 2015 à 3 heures et 50 minutes TU après 31 jours, 1 heure, 47 minutes et 38 secondes de navigation depuis Ouessant. Leur retard est de 3 heures, 28 minutes et 50 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011.

Idec Sport accuse un retard de 21 heures, 40 minutes et 36 secondes sur Spindrift 2 au passage du cap Horn.
 

23/12/15
Sainte-Hélène au balcon, Noël sur le pont
 
Les derniers milles avant la délivrance que constitue pour tout marin la vue du mythique rocher du cap Horn ont été pénibles, faute aux petits airs d’un centre dépressionnaire qui est remonté sur la route du trimaran et qu’il a fallu traverser.

Place dorénavant à l’Atlantique sud de tous les dangers. Le secteur des îles Malouines semble plutôt calme, dans l’attente de l’arrivée d’une dépression Argentine.

Restera à négocier l’imprévisible anticyclone de Sainte Hélène, avec très certainement de longs épisodes de louvoyage à négocier. Idec Sport entreprend ce matin le contournement de la Terre de feu et de l’île des Etats.

Le pilotage le long des côtes argentines va exiger précision et opportunisme pour demeurer dans le tempo d’un Banque Populaire V particulièrement véloce au même instant il y a quatre ans.

Le 24/12 à 2h TU : lat 52°30.71' S - long 57°32.93' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 209.88 mn.

24/12/15
Lettre au Père Noël
 
Ce matin, Idec Sport naviguait à l'est des îles Malouines, à la moyenne de 30 nœuds et avait pour objectif de rejoindre une dépression en provenance d'argentine, tout en suivant la route la plus efficace possible vers le nord, sans trop ' fréquenter ' la bordure de l'anticyclone de Sainte-Hélène.

Francis Joyon : « On demande un énorme cadeau au Père Noël : un bon passage de l'anticyclone. Ce qui n'est pas gagné parce qu'il y a beaucoup d'incertitudes dans ce domaine là.

On est dans du bon vent, assez fort à 35 nœuds, cela monte à 40 nœuds parfois, un ris dans la grand-voile. On avance bien, on avance vite. On va empanner dans quelques heures et on fera une route directe. On essaye de se positionner au moins pire par rapport à l'anticyclone qui gène la remontée. On va garder du vent assez longtemps et suivre la dépression un bon bout de temps. On faire faire 800 ou 900 milles avec et après il faudra réussir à négocier un passage pour raccorder avec les alizés de l'autre coté de l'anticyclone. »

Ndlr : Francis Joyon et ses équipiers inscriront leurs noms au palmarès du prestigieux Trophée Jules Verne, en parcourant les 6 627 milles les séparant d'Ouessant, à la clôture du Jour 32, à raison de 488.33 milles par jour, soit une moyenne de 20.35 nœuds et sous condition que Spindrift 2 n'ait pas réalisé un temps inférieur.
Depuis la création du challenge, seulement 8 tentatives sur 24 ont été couronnées de succès, soit exactement 1 sur 3.

Le 25/12 à 2h TU : lat 47°12.36' S - long 42°20.94' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 301.21 mn.

25/12/15
Embûches glacées
 
Francis Joyon : « Toute la nuit a été sauvage. D’autant qu’on a une manœuvre compliquée maintenant pour le J1, il faut qu’il y ait quelqu’un à l’étrave pour guider les cordages qui roulent cette voile d’avant. Le bateau descend dans les vagues, plante sauvagement et on voit Alex – attaché bien sûr – recouvert par des paquets de mer dans la nuit. Ce n’est guère satisfaisant mais on n’a pas le choix. Pour cette manœuvre, je prends la barre et je surveille Alex…

Il y a un groupe de quatre icebergs signalés droit devant sur notre route. Nous y serons dans 3 ou 4 heures
(vers 16h heure française), on devrait passer à côté d’eux. L’idée est de les voir à distance, légèrement à leur vent, peut-être de les admirer mais en restant évidemment à distance prudente car des blocs de glace peuvent flotter autour d’eux.

On espère éviter une partie des zones de calme engendrés par l’anticyclone qui nous sépare de l’équateur. Ce n’est pas simple. Maintenant nous sommes sur la route directe, mais deux ralentissements successifs nous menacent d’ici deux jours. Ceci dit, cela peut aussi bien se passer. On est un peu dans l’inconnu encore de ce point de vue.
»

Le 26/12 à 2h TU : lat 39°30.75' S - long 31°23.32' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 351.15 mn.
 

26/12/15
Stratégies
Les deux challengers ont opté pour une stratégie radicalement différente : Spindrift 2 suit une route très à l'Ouest du 'bassin' pour remonter l'atlantique sud. Idec Sport a choisi une route relativement Est qui à l'avantage d'être plus courte, mais qui l'expose beaucoup plus aux bulles anticycloniques.

Francis Joyon n'avait pas d'autre solution que celle-ci, pour tenter recoller à son adversaire. Le choix est risqué, mais, à ce stade, c'était celui de la dernière chance. À l'Équateur, en fonction des conditions météorologiques dans l'atlantique nord, le positionnement longitudinal des deux bateaux sera déterminant, pour rejoindre Ouessant.

Hier, Spindrift 2 a enregistré sa 3ème plus mauvaise journée avec 289 milles parcourus en 24 heures. Le menu du jour : route au près dans un vent de nord-est de 20 à 25 nœuds.

Idec Sport à lui bénéficié d'une bonne journée de navigation en parcourant 664 milles en 24 heures. C'est ce qu'on appelle manger son pain blanc. Le pain noir est prévu pour aujourd'hui et demain puisque Francis Joyon va subir deux ralentissements avant de pouvoir faire la jonction avec l'alizé.
 

26/12/15
Sauver le timing
 
Francis Joyon : « Concrètement, on entre dans une zone de calmes, le cœur d’un petit anticyclone. On avance encore à 10 nœuds, route vers le nord, ce qui nous permet de le traverser au plus vite. Mais après on n'aura plus qu'à subir parce qu'il reste encore pas mal de houle. Avec 3-4 nœuds de vent, on n'avancera plus pendant quelques heures. On essayera de batailler quand même pour se rapprocher de la sortie. À un moment donné le vent salvateur reviendra du nord-ouest et nous permettra de naviguer à nouveau vers l'Équateur.

Si cette zone de transition est abrégée de quelques heures, cela sauvera notre timing à l'Équateur. Si on pouvait être bien reparti demain matin, ce serait l'ultime limite pour être bien encore en timing.

Après on tirera des bords au près pendant 800 milles et le vent tournera à l'est et nous permettra de faire une trajectoire assez classique, vent de travers vers l'Équateur.
»

Le 27/12 à 2h06 TU : lat 36°02.99' S - long 31°32.19' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 537.44 mn.

27/12/15
Dans l'attente de jours meilleurs
 
Comme ils le craignaient, Francis Joyon et ses équipiers ont beaucoup souffert depuis 24 heures. Le trimaran n'a jamais dépassé les 10.7 noeuds de VMG moyenne du 26/12 à 9h50 au 27/12 à 7h50 TU, allant même jusqu'à naviguer entre 1.3 et 3.6 noeuds de VMG moyenne pendant 5 heures de temps.

Ce matin, à 9h40 TU, Idec Sport a repris de la vitesse, le speedomètre affichant entre 17.3 et 22.4 noeuds de VMG moyenne, dans des vents de nord-ouest d'environ 8 noeuds.

Francis Joyon : « Nous avons de nouveau du vent mais nous sommes vent debout. Ce qui veut dire que nous allons devoir tirer des bords de près, pendant environ trois jours, pour progresser vers le nord et après on aura du vent venant de l’Est.»

Le trimaran n'est pas tiré d'affaire pour autant puisqu'il naviguait, à 16h50 TU, à seulement 6.1 noeuds (VMG 2.4 nds).

Le 28/12 à 2h01 TU : lat 31°52.71' S - long 33°52.36' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 711.60 mn.

28/12/15
De vous à moi
Pendant que Spindrift 2 se recale à l'est, Idec Sport se recale à l'ouest... Le premier se prépare à recevoir le vent tribord amure alors que le second est à la recherche de la VMG perdue.

A bord, chacun s'occupe comme il peut. Les équipiers de Yann Guichard jouent à la marchande (!!!). Du coté de Francis Joyon, on ne sait pas. Mais il est facile d'imaginer la déception de ces vaillants combattants qui n'ont pas démérité. Il s'en faut de beaucoup. Ils ont toujours été à l'attaque. Certes, avec plus ou moins de réussite, mais ils ne se sont jamais avoués vaincus. C'est là toute la noblesse du sport en général et de la voile en particulier.

Pendant ce temps, le chrono égraine impitoyablement les secondes, les minutes, les heures et... les jours.

À neuf jours et quelques heures de la deadline, il est bien sûr beaucoup trop tôt pour tirer un bilan de ces deux tentatives, mais avouons le, maintenant, il faudrait un miracle météorologique pour que l'un des deux challengers puisse faire tomber le record. D'autant que la dernière étape ne sera pas non plus une partie de plaisir. Les prévisions météo indiquent que les deux concurrents peuvent se préparer à devoir faire le " grand tour ", en passant par le centre de l'atlantique nord, afin de contourner l'anticyclone des Açores, dernier obstacle avant de franchir la ligne d'arrivée dans les meilleurs temps.

28/12/15
Ruée vers l'Ouest
 
Francis Joyon : « Une petite zone de transition ne devait nous freiner que quelques heures, mais en fait elle était beaucoup plus étendue que ce qu'on voyait sur les fichiers de vents. C'était une dorsale anticyclonique qu'il fallait traverser et cela a été très très pénible puisqu'on a été arrêté 15 ou 16 heures. Elle nous aura en définitive couté une grosse journée ! Chacun à bord a gardé pour lui ses sentiments, et s’est appliqué à faire le travail le mieux possible.

On revient complètement à l'ouest parce que l'anticyclone continue de s'étendre et bloque carrément toute route possible, sauf une route côtière le long du Brésil. On a décidé d'aller là où il y a du vent pour ne pas être encalminé à nouveau. On tire des bords entre l'anticyclone et la côte du Brésil pour garder du vent tout le temps. Cela va durer un jour ou deux puis les vents passeront à l'est. Ce sera l'alizé normal, on pourra faire une belle route rapide directe.

L'atlantique nord se présente assez bien, avec un alizé plutôt est qui permettra une remontée rapide et après nous aurons des vents d'ouest qui paraissent forts. L'atlantique nord s'annonce plutôt sympa.
»

Le 29/12 à 2h TU : lat 27°48.53' S - long 36°31.28' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 964.34 mn.
 

29/12/15
Dernière transition ?
 
Francis Joyon : « Cette nuit, ça tapait beaucoup, brutalement, dans les vagues. Pas vraiment question de se reposer. Nous sommes au taquet à fond. Nous n'avons pas encore pris le rythme des plages de Copacabana…

Si au près on a plus de 18 nœuds de vent, on est content d'avoir un petit mât. Mais quand ça mollit, on voudrait bien pouvoir renvoyer un peu de toile.

Nous étions partis dans l'idée que l'anticyclone ne s'étalerait pas. Donc nous avons fait route assez loin vers l'est, pour couper le fromage, remonter et rejoindre les alizés. L'étalement de cet anticyclone nous a pas mal contrariés.

Une fois sortis de la dernière transition, nous aurons vent de travers. On regarde l'échéance du passage de l'Equateur. L'atlantique nord se présente plutôt bien, il sera assez rapide. Espérons que l’atlantique nord nous offrira de quoi terminer avec panache ce tour du monde.
»

Le 30/12 à 2h TU : lat 23°20.91' S - long 34°35.70' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 1263.23 mn.

30/12/15
De vous à moi
La nuit a été encore très laborieuse pour Idec Sport allant jusqu'à naviguer à 7.7 nœuds avec une VMG de 1.3 nœuds à 3h50 TU. Il paye cher, très cher, l'option est tentée au détour du cap Horn, pour " couper le fromage ". Mais à la décharge de Francis Joyon, il n'y avait pas d'autre choix à faire pour espérer revenir ses adversaires. En mer, comme dans la vie, ce n'est pas en suivant à la trace un concurrent beaucoup plus musclé que vous pouvez espérer le dépasser. La ruse s’imposait mais elle n’a pas du tout été payante.

A 9h20 TU, Idec Sport évoluait par 21°20.27' S 34°57.57' W à la vitesse de 16.7 nœuds avec une VMG de 13.3 nœuds. Il accusait un retard de 1 338 milles sur Banque Populaire V en 2011.

Spindrift 2 n'est guère mieux loti. S'il franchit l'Équateur vendredi 1er janvier, à quelques heures de la clôture du 40ème jour de navigation, il comptera un retard substantiel, proche de 2 jours, sur Loïck Peyron.
Yann Guichard rêve d'une longue ligne droite pour rallier Ouessant, depuis l'Équateur, dans les temps du record. Les perspectives météorologiques sont plutôt pessimistes à ce sujet. Il devra probablement faire un détour par l'ouest, pour contourner l'anticyclone des Açores, ce qui rallongera significativement sa route. Dans les conditions météorogiques, telles qu'elles sont annoncées actuellement, le trimaran noir franchirait la ligne d'arrivée le 8 janvier 2016, en milieu de journée, soit après environ 47.5 jours de mer depuis Ouessant. Deux jours de plus que le record à battre.

A 9h30 TU, Spindrift 2 naviguait par 12°14.81' S et 33°31.30' W à la vitesse de 25.9 nœuds. Il avait un retard de 790 milles sur Loïck Peyron.
 

30/12/15
Route directe
 
Francis Joyon : « Cette nuit, nous avons avancé un peu plus vite que ce qui était prévu par les routages. Cela a un petit peu mollit depuis une heure ou deux. Nous sommes dans un alizé à 60° du vent, encore assez près du vent, mais nous sommes en route directe. Nous ne sommes plus obligés de tirer des bords. Nous n'avons pas changé de toile de toute la nuit. Nous sommes restés avec notre J1 et grand-voile haute.

Le dernier routage nous ferait arriver à l'Équateur dans la nuit du 1er au 2 janvier 2016. C'est un petit peu en amélioration par rapport au précédent.

Pour le réveillon je n'ai pas entendu Bernard nous promettre aucune festivité gastronomique, d'autant plus que nous sommes un peu rationnés en gaz. Clément essaye de fabriquer une bouilloire électrique pour compenser la pénurie de gaz à bord.
»

Le 31/12 à 2h TU : lat 15°50.54' S - long 35°23.68' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 1290.59 mn.

31/12/15
Spindrift 2 à l'Équateur
Yann Guichard et ses équipiers ont quitté l'hémisphère sud en franchissant la latitude 0°, le jeudi 31 décembre 2015 à 17 heures et 33 minutes TU après 39 jours, 13 heures, 31 minutes et 2 secondes de navigation depuis Ouessant.

Ils comptent un retard de 1 jour, 10 heures, 45 minutes et 14 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011 en 38 jours, 2 heures, 45 minutes et 48 secondes.

Pour inscrire leur nom au palmarès du Trophée Jules Verne, il devront parcourir la distance Équateur - Ouessant, (3 246 milles en orthodromie), en réalisant un temps inférieur ou égal à 6 jours, 10 minutes et 51 secondes.

Sur ce dernier tronçon, le meilleur temps a été réalisé en 2010 par Franck Cammas en 6 jours, 10 heures, 35 minutes et 52 secondes. En 2012, Loïck Peyron avait mis 7 jours, 10 heures, 57 minutes et 5 secondes.

31/12/15
Attention, grosse cartouche !
 
Francis Joyon : « On apprécie d'aligner les milles après toutes ces heures pendant lesquelles on a été arrêté. On voit surtout que le temps de passage à l'Équateur s'améliore par rapport aux prévisions. On pourrait le franchir le 1er janvier en fin d'après midi.

Dans l'hémisphère nord nous aurions un alizé plutôt est, donc un trajet rapide vers les Açores, puis une transition au sud de l'archipel. Après, entre les Açores et la Bretagne, c'est un peu baston. Il y a du vent fort à 40-45 nœuds. Des vents d'ouest, c'est un peu ce qu'on espérait pour plonger après vers Ouessant. Marcel Van Triest nous a dit : " attention grosse cartouche ", mais nous serons contents de trouver un atlantique nord plus favorable pour la vitesse.
»

Le 01/01 à 2h TU : lat 05°05.89' S - long 33°38.67' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 952.25 mn.
 

01/01/16
Idec Sport à l'Équateur
Francis Joyon et ses équipiers ont franchi l'Équateur le vendredi 1er janvier 2016 à 16 heures et 56 minutes TU après 40 jours, 14 heures, 53 minutes et 38 secondes de navigation depuis Ouessant.

Ils comptent un retard de 2 jours, 12 heures, 7 minutes et 50 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011 en 38 jours, 2 heures, 45 minutes et 48 secondes.

Leur retard sur Spindrift 2 se monte à 1 jour, 1 heure, 22 minutes et 36 secondes.

01/01/16
Satisfaction
 
Francis Joyon : « Nous avons bien rattrapé par rapport au timing prévu. C'est satisfaisant de voir que nous avons franchi l'Équateur le 1er janvier.

Pour l'atlantique nord, la route la plus logique est celle que l'on suit d'habitude : on prend les alizés de nord-est, vent de travers puis on file vers un point au milieu de l'atlantique et on revient avec les vents d'ouest. L'hypothèse de serrer pour raccourcir la route, en passant vers les Canaries, n'est pas complètement exclue, mais nous sommes plus sur l'hypothèse du milieu de l'atlantique.
»


Le 02/01 à 1h TU : lat 01°51.41' N - long 34°51.16' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 642.01 mn.

02/01/16
Point de rencontre
 
Francis Joyon : « Nous faisons route en direction du milieu de l'atlantique, nous visons un point de rencontre avec l'ouest de l'anticyclone, entre les Bermudes et les Açores, à partir duquel nous repartirons au portant. Nous sommes obligés d'aller chercher un point qui est quand même assez ouest. Cela rallongera un petit peu la route mais beaucoup moins que ce que Loïck à fait. Des vents assez forts sont annoncés sur la route pour la Bretagne.

Avec l'équipage, nous avons partagé plein de choses ensemble, nous avons une bonne connaissance du bateau. Cela me ferait vraiment plaisir de renaviguer avec ces gars là. Six équipiers, c'était le nombre idéal pour moi.
»

Le 03/01 à 1h TU : lat 11°32.98' N - long 41°10.44' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 483.59 mn.
 

03/01/16
À 950 milles de la Caraïbe
 
Francis Joyon : « On a connu cette nuit des conditions de mer très chaotiques, qui rendaient notre progression très difficile.

L’anticyclone des Açores nous oblige à filer vers le nord ouest et le continent américain. Nous étions ce matin à moins de 950 milles de la Caraïbe. Ce sera ensuite l’état de la mer qui déterminera le niveau de nos performances. Mais il nous sera possible de demeurer en bordure des grosses dépressions, dans un "range" de vent le plus maniable possible.
»

D'après le site Idec Sport, le trimaran franchirait la ligne d'arrivée à Ouessant dans la journée du vendredi 8 janvier.

Le 04/01 à 2h09 TU : lat 22°34.28' N - long 48°31.31' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 786.91 mn.

04/01/16
Conditions de mer assez difficiles à venir
 
Francis Joyon : « Nous avons eu de bonnes conditions rapides toute la nuit. On se rapproche de notre trajectoire à une bonne vitesse : 30 nœuds toute la nuit.

Dans les heures qui viennent, nous allons commencer à incurver notre route et nous serons bientôt en route directe.

Les derniers jours vont être assez violents. On voit des vents à 40-45 nœuds sur les fichiers, ce qui laisse présager des conditions de mer vraiment difficiles. Nous essayerons de bien nous placer par rapport à ces dépressions, mais il n'y a pas vraiment moyen d'échapper au mauvais temps pour se rapprocher de la Bretagne.
»

Le 05/01 à 1h45 TU : lat 32°07.18' N - long 47°17.28' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 1042.52 mn
 

05/01/16
Dernières épreuves
 
Francis Joyon : « Nous sommes en bordure de l’anticyclone, c’est pourquoi il nous faut de temps en temps remettre cap vers le nord pour trouver un peu plus de pression. La mer est assez jolie, nous avons 25 nœuds de vent moyen sous un beau ciel bleu et nous prenons garde à ne pas trop nous approcher de l’anticyclone, tout en regardant ce qui nous attend dans les heures qui viennent.

Dès ce soir, les conditions seront difficiles. Mais le vent n’est pas un problème pour nous, on peut toujours réduire la voile pour le négocier. La grosse difficulté, ce sera l’état de la mer. Car quand le bateau commence à planter jusqu’au mât dans la vague de devant, nous n’avons pas d’autre solution que tenter de ralentir et faire le gros dos.

J’ai fait tourner un routage qui me donnait un temps de parcours relativement rapide… mais qui présentait aussi une hauteur de mer de 11 mètres avec la houle et la mer du vent ! Nous avions moins d’une heure à gagner en prenant cet itinéraire, donc nous allons logiquement opter pour une autre route… mais nous devrons tout de même y affronter des creux d’environ 6 mètres. »

Le 06/01 à 1h46 TU : lat 37°22.62' N - long 36°22.68' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 1080.91 mn
 

06/01/16
Loïck Peyron sort du bois...
 
Loïck Peyron : « Idec Sport et Spindrift 2 prouvent que ce record n’est pas facile à battre, mais ça, on le savait. Et quand bien même les deux bateaux aient progressé techniquement et ont été bien menés, on peut même dire de manière impressionnante, on ne peut contrôler tous les paramètres. Bénéficiant parfois de magnifiques conditions, l’un et l’autre ont établi de beaux partiels. Une fois de plus, c’est en revenant à la maison que les conditions météo ont été les plus mauvaises. Je confirme ce que j’annonçais avant que les deux équipages ne s’élancent : les records sont faits pour être battus et moi, j’étais parfaitement prêt à l’être aussi. Mais, ayant suivi nuits et jours les deux tentatives, je dois reconnaitre que ce n’est pas plus mal qu’avec les équipiers du Maxi Banque Populaire V, nous gardons le Trophée Jules Verne au chaud chez nous pour quelques temps ! »

Source : courseaularge.com

06/01/16
L'état de la mer
 
Francis Joyon : « C'est l'état de la mer qui est le plus préoccupant parce qu'on a toujours le moyen d'adapter nos surfaces de voiles, alors qu’on ne peut pas changer grand chose à l'état de la mer, à part l'incidence du foil. Il y a 3-4 mètres de creux mais le bateau passe plutôt bien.

Dans deux heures nous allons nous recaler au nord des Açores, de façon à ne pas subir le dévent des îles, et nous déciderons à ce moment là si nous prenons une route très nord ou une route sud. Pour le moment, notre cœur balance plutôt pour une route plein nord. L'état de la mer est plus favorable pour une route sud, en direction du cap Finisterre, mais le passage de front serait un peu délicat demain avec un risque de quelques heures de vents perturbés, de calmes. Être pris dans des calmes avec une grosse houle et les voiles qui battent, c'est assez fatigant pour le matériel.

On tire au maximum sur le bateau dans l'idée de faire le meilleur temps du bateau. C'est une petite motivation par rapport au Trophée, qui nous échappe, mais ce sera le deuxième meilleur temps autour du monde si on y arrive.

Suivant l'état de la mer, on peut espérer arriver vendredi midi si on est à 100% des possibilités du bateau.
»

07/01/16
L'arrivée sera plus fin de journée que ce que j'espérais
 
Francis Joyon : « Nous avons essayé de traverser à un endroit où il y avait un double front froid qui était à priori très facile à traverser. Cela ne s'est pas passé comme on espérait. On a été pas mal ralenti. On a même eu des vents inférieurs à 10 nœuds. On a beaucoup galéré à manœuvrer, à régler, à affaler des voiles, à renvoyer. Du coup on a perdu un petit peu de temps sur notre heure d'arrivée.

Nous avons retrouvé un bon vent depuis 1 heure ou 2. Le bateau va vite, sous gennaker, dans 28 nœuds de vent qui est en train de forcir. Il y a un beau ciel, une mer avec pas mal de houle. C'est un très beau paysage marin. On a pris des fichiers de vagues et on a vu qu'en montant vers le nord la houle grossissait fortement. Si elle est dans l'axe du bateau, ça ira. Si elle est un peu en travers, ce sera plus embêtant.

On a lancé deux routages qui nous font arriver à 16 h TU à Ouessant. Après il faudra bien compter une heure et demie pour rejoindre le goulet de Brest. La manœuvre d'amarrage du bateau se passera de nuit. L'arrivée sera plus fin de journée que ce que j'espérais.

On est impatient d'arriver à terre et à la fois encore dans la marche du bateau. Nous sommes tellement habitués, depuis ces 45 jours, à faire marcher le bateau à fond que c'est une seconde nature. On ne peut plus s'empêcher de régler pour que le bateau soit au maximum de sa vitesse. Les gars sont aussi à fond tout le temps. Ils restent concentrés aussi, bien qu'ils pensent à l'arrivée à terre, comme moi. »
 

08/01/16
Idec Sport a heurté un OFNI
 
Il était environ 4 h du matin, un peu plus de 130 milles dans le sud-ouest de l’Irlande et sur une mer formée, quand l’équipage d’Idec Sport a entendu « un double bang » dans la nuit, caractéristique du choc avec un objet flottant non identifié (container, bille de bois, autre ?)

La première frayeur passée, l’équipage de Francis Joyon a constaté que le safran du flotteur bâbord était cassé. Quand ils naviguent tribord amûres, il n’y a donc plus que le safran central d’opérationnel pour diriger le bateau. Ceci dit, pas trop d’inquiétude pour le moment au vu des vitesses constatées : six heures après cette avarie, Idec Sport file encore à 30 nœuds vers la ligne d’arrivée. Celle-ci n’est plus qu’à 230 milles des étraves à 10h ce matin. L’estimation d’arrivée aux environs de 20h ce soir à Brest n’est donc pas remise en cause pour le moment.

08/01/16
Spindrift 2 à Ouessant
 
Partis le 22 novembre 2015 à 4 heures, 1 minute et 58 secondes TU, Yann Guichard, ses 13 équipiers et le trimaran Spindrift 2, ont coupé la ligne d'arrivée du Trophée Jules Verne, située entre Ouessant et le Cap Lizard, le vendredi 8 janvier 2016 à 15 heures et 1 minute TU, après 47 jours, 10 heures, 59 minutes et 2 secondes de navigation. Ils réalisent la deuxième meilleure performance de toute l'histoire du Trophée Jules Verne.

Leur retard sur le record établi par Loïck Peyron en 2012, s'élève à 1 jour, 21 heures, 16 minutes et 9 secondes (1049 milles en termes de distance). Ils ont parcouru 28 875 milles en 1 139 heures, soit une moyenne de 25.35 noeuds sur le fond et de 18.96 noeuds sur l'orthodromie.

Yann Guichard : « Le passage au Sud du cap de Bonne-Espérance a été un des moments parmi les plus importants pour moi, mais là, cette arrivée devant Ouessant, c’est aussi un soulagement. Pas une délivrance parce que je n’ai pas été prisonnier et j’ai pris beaucoup de plaisir sur ce tour du monde, mais il est temps que je fasse une petite pause. Bien sûr, il y a eu un peu de stress, mais c’est aussi mon rôle de l’assumer.

Ce Trophée Jules Verne, c’est la série des premières pour moi ! Autour du monde, au passage des trois caps, avec autant de jours au compteur… Et j’ai vraiment envie d’y retourner. Le bateau est parfaitement adapté à ce programme : il faudra juste que la météo soit avec nous. Et puis les mers du Sud, c’est magique ! Même si l’Indien a été plutôt gris. Et dans le Pacifique, nous avons eu le droit à des lumières sublimes quand nous sommes descendus presque jusqu’au 60° Sud… Mais je retiendrais plus tous ces oiseaux, albatros, pétrels, fulmars, damiers du Cap qui nous suivaient en permanence !

Ma plus grosse angoisse, c’est lorsque nous avons touché un objet non identifié avec le foil : j’ai cru qu’on aller devoir abandonner. Je suis content qu’on en finisse parce que depuis le cap Horn, et au-delà du record, cette remontée de l’Atlantique a été sévère pour le bateau comme pour l’équipage.
»

08/01/16
Idec Sport à Ouessant
 
Partis le 22 novembre 2015 à 2 heures, 2 minutes et 22 secondes TU, Francis Joyon, ses 5 équipiers et le trimaran Idec Sport, ont coupé la ligne d'arrivée du Trophée Jules Verne, située entre Ouessant et le Cap Lizard, le vendredi 8 janvier 2016 à 16 heures et 50 minutes TU, après 47 jours, 14 heures, 47 minutes et 38 secondes de navigation. Ils réalisent le troisième meilleur temps de toute l'histoire du Trophée Jules Verne et le meilleur chrono du bateau.

Leur retard sur le record établi par Loïck Peyron en 2012, s'élève à 2 jours, 1 heure, 4 minutes et 45 secondes (1154 milles en termes de distance). Ils ne concèdent que 3 heures, 48 minutes et 36 secondes à Spindrift 2 ! Idec Sport a parcouru 29 716 milles en 1 143 heures, soit une moyenne de 26 noeuds sur le fond et de 18.90 noeuds sur l'orthodromie.

Cerise sur le gateau, Idec Sport revient avec un magnifique record WSSRC dans la poche : la traversée de l'océan Indien, du cap des Aiguilles à la Tasmanie, en 6 jours, 23 heures et 4 minutes.

Francis Joyon : « Il y en a eu beaucoup, des grands moments ! Je retiendrai un grand classique : le passage au cap Horn dans des conditions de mer très agréables et une lumière extraordinaire.

Mais l’essentiel c’est le plaisir en équipage ! On a vraiment bien fonctionné ensemble, on s’est bien entendus. Nous étions assez complémentaires : nous étions plusieurs navigateurs solitaires embarqués ensemble sur un bateau d’équipage et ça a fait un bon mélange. On s’est donnés énormément sur le bateau, encore la nuit dernière, où il y a eu des grains à 48 noeuds. J’ai la voix un peu fatiguée mais c’est vrai que la nuit a été sans aucun repos à manœuvrer sans cesse dans des grains, à se bagarrer… mais on faisait tout avec bonne humeur, avec plaisir ! Un moment cette nuit, Bernard a été projeté violement à travers le bateau, c’était vraiment brutal…

Repartir ? Si on pouvait refaire une navigation en équipage avec ce bateau ce serait volontiers ensemble, oui ! On est tous sur un sentiment très positif par rapport à ça !
»
 

08/01/16
Post-scriptum
 

07/03/16
Records WSSRC de la traversée de l'océan Indien
Le WSSRC a validé le record de la traversée de l'océan Indien, établi le 12 décembre 2015, par Yann Guichard, à bord de Spindrift 2, en 8 jours, 4 heures et 45 minutes.

Le record établi, sur la même distance, 102 minutes plus tard, par Francis Joyon, à bord d'Idec Sport, a été validé par le WSSRC en 7 jours.

Ces temps homologués ne correspondent pas tout à fait aux chronos communiqués par les équipes : 10 minutes de plus pour Spindrift 2 et 56 minutes de plus pour Idec Sport. Ont-ils fait l'objet d'une correction "manuelle" ? Si oui, pourquoi, comment ? Nous ne le saurons probablement jamais.

11/03/16
Records WSSRC : le pourquoi et le comment...
Dans la précédente brève, je m'interrogeais sur le fait que les temps des records validés par le WSSRC ne correspondaient pas aux chronos communiqués par les équipes. Une correspondante très avisée a bien voulu me donner la solution du problème. Je l'en remercie vivement,

L'organisme ratificateur ne prend pas en compte les déclarations des équipes (véridique !!!) mais uniquement les relevés du suivi GPS.

Le point de départ d'un record intermédiaire est le dernier point GPS connu avant le franchissement du premier way point et le point d'arrivée est le premier point GPS connu après le franchissement du deuxième way point.

Dans le cas du record de l'océan Indien, battu par Francis Joyon, cela nous donne :
- dernier point GPS avant le franchissement de la longitude du cap des Aiguilles (20° E): le 5/12/15 à 10h30 TU
- premier point GPS après le franchissement de la longiture de la Tasmanie (146° 49' E) : le 12/12/15 à 10h30 TU

Voilà comment le WSSRC arrive à 7 jours pile, au lieu de 6 jours, 23 heures et 4 minutes.

Donc pour être plus proche de la réalité, il aurait fallu que la fréquence des points GPS d'Idec Sport soit plus rapprochée.
Dans l'absolu, l'idéal aurait été de diffuser un point GPS toutes les minutes.

CQFD

Chronologie de la tentative de Francis Joyon / Idec Sport en 2015 et 2016
 
Ouessant
22/11/2015 02:02:22 TU
-
-
-
 
Équateur
27/11/2015 03:03:52 TU
5j 1h 1m 30s
avance
13h 53m 40s
  Cap de Bonne Espérance
05/12/2015 07:14:00 TU
13j 5h 11m 38s retard 1j 7h 23m 20s
  Cap des Aiguilles
05/12/2015 11:17:00 TU
13j 9h 14m 38s retard 1j 9h 25m 20s
  Cap Leeuwin
10/12/2015 22:40:00 TU
18j 20h 37m 38s retard 20h 40m 20s
  Tasmanie
12/12/2015 10:21:00 TU
20j 8h 18m 38s retard 1h 7m 5s
  Antiméridien
14/12/2015 11:51:00 TU
22j 9h 48m 38s avance 1h 45m 34s
  Cap Horn
23/12/2015 03:50:00 TU
31j 1h 47m 38s retard 3h 28m 50s
  Équateur
01/01/2016 16:56:00 TU
40j 14h 53m 38s retard 2j 12h 7m 50s
  Ouessant
08/01/2016 16:50:00 TU
47j 14h 47m 38s retard 2j 1h 4m 45s

Avances / retards de Spindrift 2 et Idec Sport - 2015/2016 sur Banque Populaire V - 2011/2012 (milles/jour)

Record et temps de référence établis par Francis Joyon / Idec Sport en 2015
 
Année
Parcours
Temps
Amélioré par
Année
2015
Cap des Aiguilles - Cap Leeuwin
5j 11h 23m
   
2015
Record WSSRC traversée de l’Indien : Cap des Aiguilles - Tasmanie 7 jours (1)    
2015
Cap Leeuwin - Tasmanie 1j 11h 41m    
(1) Le temps retenu par le WSSRC est légèrement supérieur à celui publié par l'équipe