Trophée Jules Verne 2015
2016
   
Première tentative de Francis Joyon / Idec Sport ( page 1 / 2 )
 

Temps partiels
(depuis Ouessant)
Équateur
Cap Bonne
Espérance
Cap des
Aiguilles
Cap
Leeuwin
Tasmanie
Anti-
méridien
Cap
Horn
Équateur
Ouessant
2011/2012
Loïck Peyron
Banque Pop. V
5j 14h
55m 10s
11j 21h
48m 18s
11j 23h
49m 18s
17j 23h
57m 18s
20j 7h
11m 33s
22j 11h
34m 12s
30j 22h
18m 48s
38j 2h
45m 48s
45j 13h
42m 53s
2015/2016
Yann Guichard
Spindrift 2
4j 21h
29m 2s
11j 22h
4m 2s
12j
2m 2s
18j 11h
25m 2s
20j 4h
37m 2s
22j 7h
43m 2s
30j 4h
7m 2s
39j 13h
31m 2s
47j 10h
59m 02s
2015/2016
Francis Joyon
Idec Sport
5j 1h
1m 30s
13j 5h
11m 38s
13j 9h
14m 38s
18j 20h
37m 38s
20j 8h
18m 38s
22j 9h
48m 38s
31j 1h
47m 38s
40j 14h
53m 38s
47j 14h
47m 38s
 
 
de Ouessant à l'antiméridien
les informations non sourcées proviennent de : www.idecsport-sailing.com

14/06/15
 
Francis Joyon à l'assaut du Jules Verne
 
Le skipper du maxi-multicoque Idec Sport va en effet s’attaquer à son premier record en équipage et pas n’importe lequel : le record absolu du tour du monde en équipage (Trophée Jules Verne) détenu par Loïck Peyron en 45 jours.

45 jours, 13 heures, 42 minutes et 53 secondes
C’est le temps de référence que Francis Joyon a désormais en tête. Le chrono du mythique Trophée Jules Verne, établi en 2012 par Loïck Peyron et son équipage à bord de Banque Populaire V. Record du tour du monde par les trois caps, le Trophée Jules Verne fait rêver les plus grands marins depuis 1993, premier temps de référence établi par Bruno Peyron et ses hommes en 79 jours, 6 heures, 15 minutes et 56 secondes. Vingt-deux ans après, Francis Joyon va défier ce record qui exerce sur lui un fort pouvoir d’attraction. « J’ai suivi attentivement toutes les tentatives depuis 1993, dit-il. J’ai été à chaque fois admiratif des marins qui partaient sur ce tour du monde en équipage. Maintenant c’est à mon tour de m’attaquer à cette aventure fascinante ! » Joyon connaît bien le parcours pour l’avoir bouclé à deux reprises en solitaire, en battant chaque fois le record absolu. Sa performance de 2008 (57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes) tient toujours. Ce temps de référence est d’ailleurs le quatrième meilleur chrono jamais établi autour du monde, équipages compris ! Seuls Orange II en 2005 (50 jours), Groupama 3 en 2010 (48 jours) et Banque Populaire V (45 jours) en 2012 ont fait mieux. Avec plus de 10 hommes à bord…

Nouveau défi, nouveau bateau
Ancien Groupama 3, puis Banque Populaire VII, le nouveau maxi trimaran Idec Sport affiche un palmarès exceptionnel : détenteur du Trophée Jules Verne de 2010 à 2012, le bateau a aussi remporté les deux dernières éditions de la Route du Rhum (en 2010 et 2014) entre les mains de Franck Cammas puis Loïck Peyron. « Défier le Trophée Jules Verne sera d’autant plus excitant que je vais découvrir un support plus grand que mon précédent trimaran Idec (31,50 m contre 29,70 m), avec un potentiel de vitesse énorme », se réjouit Francis. Groupama 3 avait bouclé le tour du monde en 48 jours avec une météo loin d’être idéale. Le bateau a le potentiel pour gagner plusieurs jours et améliorer l’actuel record. C’est très prometteur. »

Petit gréement, équipage réduit
Recordman en solitaire, Francis est toutefois un bizuth en équipage. Fidèle à son principe de simplicité et d’efficacité, il a opté pour un petit gréement sur son nouveau trimaran, une configuration habituellement utilisée pour la navigation en solitaire. Ce choix lui permettra de s’entourer d’une équipe navigante réduite : maximum 6 personnes à bord pendant le Jules Verne. A titre de comparaison, ils étaient 10 à bord de Groupama 3 et 14 sur Banque Populaire V. « Le petit mât est plus efficace et performant dès 20 nœuds de vent et permet au bateau d’être plus sain et de mieux passer dans la mer. Par ailleurs, le fait d’avoir un équipage réduit permet de simplifier le fonctionnement à bord et de jouer la carte de la légèreté. Léger, le nouveau trimaran Idec Sport est un avion de chasse », justifie Joyon.

Stand by dès novembre prochain
C’est à la mi-septembre que Francis Joyon prendra possession d’Idec Sport. Le calendrier va être chargé car le bon timing pour entrer en stand-by pour le Trophée Jules Verne est début novembre. Au même moment, un autre maxi trimaran se mettra également en attente : Spindrift 2, le plus grand trimaran de course au monde, qui n’est autre que l’ex Banque Populaire V, tenant du titre du Trophée Jules Verne. Un monstre de puissance à côté duquel le nouveau maxi trimaran Idec Sport ferait presque figure de " petit » bateau " avec ses 31,50 mètres et son gréement raccourci. La lutte entre les deux derniers bateaux détenteurs du Jules Verne s’annonce donc passionnante. Et ce d’autant plus que les deux bateaux ont le potentiel pour battre le record actuel.
 
Idec Sport

02/10/15
 
Mise à l'eau d'Idec Sport
 
L'ex Groupama 3, ex Banque Populaire VII, ex Lending Club 2, maintenant rebaptisé Idec Sport, est sorti des chantiers Multiplast. Il va être préparé pour une tentative de record dans le cadre du Trophée Jules Verne, avec un équipage réduit à 6 personnes au total. Idec Sport sera en stand-by météo dès le début du mois de novembre.

Francis Joyon : « Les délais étaient serrés mais nous avons réussi à les respecter. La période la plus compliquée est passée. Il y a aussi eu un gros travail de remise en état du trimaran qui a tout de même parcouru 25 000 milles sous le nom de Lending Club.
Nous avons également apporté quelques améliorations comme un arbre d’hélice démontable ou l’installation d’un vrai poste de navigation à l’intérieur. Toute cette phase de mise à l’eau est un peu laborieuse et stressante. Le côté ludique du projet n’est pas encore apparu. Mais cela va vite arriver avec les premières navigations, j’ai hâte de voir le bateau sous voiles !
C’est une double découverte pour moi. Je vais d’abord devoir m’approprier le bateau mais cela ne m’inquiète pas. Un multi reste un multi et je vais rapidement prendre mes marques à bord. La deuxième découverte sera de manager une équipe.
Pour tout dire, je suis moi-même surpris de me lancer dans ce défi en équipage. Mais je suis impatient de travailler sur une autre facette du métier de navigateur qui demande beaucoup de rigueur. En équipage, il faut être beaucoup plus organisé qu’en solitaire dans la préparation, et ce à tous les niveaux : avitaillement, pharmacie, matériel de sécurité, etc.
»
 
Idec Sport
 
Caractéristiques techniques :
  Idec Sport Groupama 3
Longueur de la coque centrale :
 
31.50 mètres
31.50 mètres
Largeur :
 
22.50 mètres
22.50 mètres
Déplacement :
 
18 tonnes
18 tonnes
Tirant d’eau :
 
5,70 mètres
5,70 mètres
Hauteur mât :
 
33.50 mètres
38.50 mètres
Voilure au près :
 
411 m²
557 m²
Voilure au portant :
 
678 m²
828 m²
Structure :
 
carbone-Nomex
carbone-Nomex
Date de mise à l'eau :
 
2 octobre 2015
7 juin 2006

14/10/15
 
Présentation de l'équipage d'Idec Sport  
 
Francis Joyon a présenté son équipage, à l'occasion du baptême du trimaran Idec Sport, à La Trinité-sur-Mer. Au total, ils seront six à bord : Francis Joyon, Gwénolé Gahinet, Boris Herrmann, Clément Surtel, Alex Pella et Bernard Stamm. Sur la balance, Idec Sport est plus léger de 3.5 tonnes par rapport à Spindrift 2. Embarquer seulement 6 personnes, contre 14 pour Spindrift 2, représente une économie théorique que l'on peut estimer à 250 kg X 8 soit environ 2 tonnes. Le différentiel peut donc être évalué à 5.5 tonnes entre les deux trimarans. Le challenge est ambitieux et intéressant.

Francis Joyon : « Je n'ai pris que des skippers. A bord, il faudra savoir tout faire. Contrairement aux équipages plus fournis, où il y avait beaucoup de marins spécialisés dans tel ou tel domaine, nous partirons avec des gens super polyvalents. »
 
Equipage Idec Sport
De gauche à droite : Francis Joyon, Gwénolé Gahinet,
Boris Herrmann, Clément Surtel, Alex Pella, Bernard Stamm

 
 
Francis Joyon
 
Gwénolé Gahinet
 
Boris Herrmann
         
 
 
Clément Surtel
 
Alex Pella
 
Bernard Stamm

27/10/15
Stand-by
Spindrift 2 et Idec Sport, côte à côte à la Trinité-sur-Mer. Source : scanvoile.com
 
Spindrift 2 et Idec Sport
Photo © Elodie Allaire - http://elodieallaire.photoshelter.com/

28/10/15
 
Interview de Francis Joyon
 
À quelques jours du début du stand-by du Trophée Jules Verne, Francis Joyon explique cette nouvelle grande aventure avec envie, humour et toujours son indéfectible bon sens.

Toi, le spécialiste du multicoque en solitaire, quelle mouche te pique de passer à l’équipage ?
« L’ancien bateau état très adapté au circuit solitaire. Mais on commençait à buter en performance, comme on l’a vu sur la Route du Rhum. Celui-ci, l’ex-Groupama 3 de Franck Cammas, peut faire les deux. Il y a surtout l’envie de découvrir ! J’apprends, je fais des choses différentes, je travaille en équipe. Je m’aperçois par exemple que le bateau a été conçu un peu à l’opposé d’IDEC qui était très simple et rustique. Là, on a un bateau plus complexe. C’est une approche totalement différente. J’essaie de m’adapter ! »

Pourquoi partir avec un équipage aussi réduit et quels ont été les critères pour choisir tes cinq équipiers ?
« Il y avait énormément de candidats. J’ai privilégié trois choses : la compétence, la capacité à vivre ensemble et la motivation. Sur ce genre de record qui dure 45 jours, une bonne convivialité est indispensable dans l’équipe. Il y a des marins de grande expérience et des jeunes très motivés… il le faut car c’est un truc extraordinaire de partir autour du monde ! Je n’ai pris que des skippers, des ‘couteaux suisses’ polyvalents parce qu’il va falloir savoir tout faire à bord. »

Justement, 6 marins c’est très peu comparé aux 13 hommes tenants du titre ou aux 11 hommes de Groupama. Comment serez vous organisés à bord ?
« Je serai hors quarts. Il y aura en permanence deux hommes sur le pont – un barreur et un régleur, un autre en stand by prêt à intervenir et deux qui se reposent. Tout le monde va barrer, forcément. Voilà pourquoi il me fallait des skippers aptes à tout faire et pas des équipiers hyper spécialisés sur un seul poste, comme c’est le cas dans les gros équipages. Ce sera forcément sollicitant. Nous sommes sur un schéma de type expédition extrême. »

Sur ce même bateau, ils étaient 11 quand ils ont battu le record…
« Oui, mais ils étaient partis avec un très grand mât et un jeu de voiles sur drisses, sans enrouleurs. Le bateau a évolué avec un mât plus petit et des voiles sur emmagasineur qui font qu’il est un peu plus facile. En outre, le bateau a gagné à peu près deux tonnes entre la version équipage Franck Cammas et la version Idec Sport actuelle ! Nous sommes beaucoup plus légers et avec moins de fardage et de trainée… mais oui ce sera forcément exigeant. Il ne faut pas oublier non plus que partir avec moins d’équipiers c’est aussi gagner beaucoup en légèreté. »
 
 
Côté technique justement, le fait de partir avec le petit mât n’est pas pénalisant en terme de performances ?
« La réponse est simple : d’une part cela permet de partir en équipage réduit et de naviguer avec deux tonnes de moins. Le bateau est plus sain, il y a moins de risque d’avarie. Surtout, dès que le vent est au-dessus de 20 nœuds on se retrouve dans la même configuration que s’il avait le grand mât avec un ris… et comme on fait deux tonnes de moins on va plus vite. Et sur un record autour du monde, le but est quand même de trouver du vent… donc ce n’est pas pénalisant, bien au contraire ! »

Côté routage, tu vas travailler avec Marcel Van Triest. Pourquoi lui ?
« Oui c’est nouveau ça aussi, on va se découvrir mais je ne me fais aucun souci : Marcel est le routeur tenant du titre sur le Trophée Jules Verne, il a un palmarès très impressionnant et c’est aussi un grand navigateur. Il est très en pointe sur le grand sud, il a beaucoup travaillé la zone icebergs et ce sera sûrement un avantage précieux, je pense. Il connaît bien la musique ! »

Quelle est la bonne recette pour battre ce fameux record absolu autour du monde ?
« Partir au bon moment et enchainer les systèmes météo de la manière la plus efficace possible. Je dirais que la moitié de la réussite se joue sur la vitesse du bateau et l’autre moitié sur cet enchaînement favorable. Et puis bien sûr, il faut de la coordination et de la motivation dans l’équipage, mais je ne suis pas inquiet là-dessus ! »

Ce sera ton troisième tour du monde après tes deux records en solitaire…
« Ce n’est pas tant que ça ! Il y a des gars comme Bernard Stamm, s’ils restent chez eux un seul hiver au lieu de tourner sur un bateau autour de la planète, ils se demandent ce qui leur arrive (rires) ! Il sera précieux à bord d’ailleurs, comme Clément (Surtel), Alex (Pella), Gwénolé (Gahinet) et Boris (Herrmann). Disons que j’ai toujours envie d’apprendre et que cette fois tout est nouveau pour moi : le bateau, l’équipage, le routeur, le système informatique… mais je suis motivé pour progresser (rires) ! »

Sur le chrono… que penser du fantasme d’un tour du monde en 40 jours ?
« Un record est un record : si on le bat d’une minute on l’a battu, si on le bat de 59 secondes on a échoué, c’est la règle… Après, bien sûr que nous sommes là pour chercher le meilleur temps possible. Mais 40 jours voudrait dire une progression de 8 jours par rapport au record de ce bateau mené par 11 hommes d’équipage… ça paraît beaucoup tout de même ! »

En passant, comme tu es hors quart et en équipage, cette fois tu vas pouvoir dormir beaucoup plus et beaucoup mieux ?
(Francis éclate de rire) « Houlà ! Je n’en sais rien… ce n’est pas gagné du tout, ça ! »

05/11/15
 
Le Trophée Jules Verne est un gigantesque jeu d'échecs
 
Le Hollandais Marcel Van Triest sera le routeur à terre d’IDEC SPORT. Il l’était déjà pour l’équipe tenante du record… Rivé jour et nuit à ses ordinateurs dans son antre des Baléares, le septième homme préfère dessiner les situations météo. Il aura évidemment un rôle majeur pour conseiller Francis Joyon.

Marcel, quelle équation doit résoudre un routeur sur le Trophée Jules Verne ?
« On va chercher des conditions rapides, mais pas trop ‘casse-bateaux’. Sachant qu’on a maximum 10 jours de visibilité, il y a deux objectifs : le chrono à l’équateur et celui à Bonne Espérance. Dans le Sud tu subis, il n’y a plus d’échappatoire : plus au sud tu as les glaces, plus au nord tu butes dans l’anticyclone. Les bateaux comme Idec Sport vont très vite, mais pas au point de sauter les systèmes météo de l’Indien et du Pacifique. Après, la remontée de l’Atlantique est très aléatoire, il faut y avoir de la réussite. »

Francis Joyon part avec un équipage réduit : 6 hommes à bord en tout. Cela change-t-il quelque chose par rapport à l’équipage beaucoup plus nombreux qu’avaient Franck Cammas sur ce même bateau ou encore les 13 marins de Loick Peyron?
« Oui. On ne route pas de la même façon un solitaire et un équipage… là c’est un peu entre les deux. Ce sera un des grands axes de ma réflexion : tu ne vas pas envoyer un équipage réduit dans des situations scabreuses et ça dépend aussi de leur état de forme, sachant qu’ils seront très sollicités. Il faudra choisir les bons moments pour tenter des choses en trois manœuvres. »

Une des grandes questions est d’accepter longtemps la haute vitesse. Comment vit-on ça à bord, vous qui en avez l’expérience ?
« La vitesse en elle-même n’est rien. Il y a des situations où tu as l’impression de te trainer alors que tu files à 30 nœuds. Ce qui est très stressant ce sont les mers casse-bateaux : quand tu attends le ‘crac’, ça te ronge les nerfs… mais la pétole aussi quand tu imagines ton adversaire débouler à 30 nœuds pendant que tu es arrêté. La vitesse tu t’y habitues de la même façon que quand tu roules à 140 km/h sur l’autoroute. Tu pourrais même t’habituer à 180 km/h… mais pas en ville avec des obstacles ! En multi, c’est pareil : tu peux dormir sur tes deux oreilles à 35 nœuds sur mer plate dans un plaisir total… et stresser à 17 nœuds dans une mer hachée. Et les rafales peuvent devenir un cauchemar quand c’est ton tour de prendre la barre. »

Comment allez vous travailler avec Francis ?
« On va s’adapter l’un à l’autre, car c’est la première fois. Personnellement, je ne suis pas adepte du téléphone : avec le bruit du bateau il y a des risques de perdre de l’information et pas moyen d’enregistrer pour revenir sur la conversation. Je fonctionne beaucoup plus avec des dessins annotés. La base c’est deux fois par jour, plus à la demande. On échange par mail. Dans le Pot au Noir, c’est sans cesse et parfois il n’y a rien à dire. Sur le dernier Jules Verne, je n’ai passé que deux coups de fil au bateau en 45 jours.. »

Combien de temps peut-on gagner sur les 45 jours et demi à battre? La barre des 40 jours est-elle atteignable ?
« Atteignable, oui. Du domaine du possible, je veux dire. Avec de la réussite, une fenêtre plus ou moins parfaite, un bon chrono à Bonne Espérance, pas trop de glaces, pas de pépin technique et un Pacifique où tu peux plonger pour raccourcir la route… sachant qu’après tu peux perdre tout devant les Malouines ! Il faut avoir beaucoup de réussite partout en fait, mais il y a une marge sur le Jules Verne. Et je rappelle qu’il ne faut pas battre le record de 5 jours, une heure suffit ! Il y a plus de chances de battre celui-ci que le record de l’Atlantique où tu peux rester 10 ans en stand-by à New York sans avoir une fenêtre météo pour gratter les 3 ou 4 heures d’amélioration possibles. Là, autant me demander si c’est possible de gagner à la loterie de Noël… Mais pour le Jules Verne c’est faisable. Maintenant, 40 jours c’est vraiment difficile… »

On imagine le routeur dormant à côté de ses ordinateurs et de son téléphone satellite. Vivant le record H24. Est-ce le cas ?
« Définitivement : oui ! Il y a autant de stress qu’à bord, à part que je peux prendre ma douche quand je veux et manger des trucs un peu meilleurs ! Il faut que ce soit très stable pour que je dorme trois heures d’affilée. Je me réveille au moins une fois par heure pour contrôler. Côté rythme, c’est presque comme si j’étais à bord. Ceci-dit c’est un petit peu moins extrême sur un Jules Verne que sur une tentative en solitaire, où tu as la responsabilité de la vie d’un marin seul à bord. »

Qu’est-ce qui vous amuse dans ce métier de routeur ?
« C’est toi, la terre et une feuille blanche… Un gigantesque jeu d’échecs. Réfléchir à toutes les possibilités est passionnant et quand tu vois tes idées se concrétiser c’est une grande satisfaction. Tu pars de grandes lignes, tu affines, tu construis peu à peu ta trajectoire… Souvent dans ce genre de tentative il y a deux ou trois moments-clés. Les identifier à temps et les gérer décident de la réussite. Un des deux coups de fil que j’ai passé à Loïck pendant le dernier Trophée concernait la négociation d’un passage sous l’Australie. En changeant très légèrement les paramètres d’état de la mer, j’ai vu que ça passait au sud. Loïck m’a traité de fou, disant qu’ils avaient déjà 10 mètres de houle. Mais en suivant le routage initial qui imposait le nord, le bateau se serait arrêté au près serré. Je lui ai dit ‘souviens toi, à 20 ans c’est ce qu’on cherchait les énormes houles. C’est impressionnant mais pas dangereux. Vous allez souffrir 12 heures mais gagner énormément’. C’est ce qui s’est passé. J’adore la météo à cette échelle-là. Et comme j’ai fait cinq tours du monde en course j’imagine bien la situation. Je me sens un peu comme à bord. »

09/11/15
 
Loïck Peyron : « Pourquoi Francis Joyon peut nous battre » ...
 
Actuel détenteur du Trophée Jules Verne (45 jours, 13 heures et 42 minutes), Loïck Peyron analyse point par point les options prises par Francis Joyon pour tenter de battre son record autour du monde. Et pour lui, Francis est dans le vrai en choisissant un équipage réduit et un gréement court.

Partir avec un gréement raccourci et un équipage réduit : une solution évidente
« Francis Joyon fait le bon choix en partant avec son trimaran en configuration solitaire, c’est-à-dire avec un gréement plus court. Naviguer avec le grand mât aurait induit un équipage plus important, et le poids qui va avec. En embarquant seulement cinq équipiers (contre 9 sur Groupama 3 avec le grand gréement, NDR) Francis joue la carte de la légèreté et de la simplicité. Moins de poids veut aussi dire moins de toile. Or, en multi, moins on a de bâche mieux on se porte. Le petit mât engendre également une traînée aero moindre. Plutôt que d’augmenter la puissance, Francis choisit donc de diminuer les freins. Il a raison de s’entourer d’une équipe réduite, c’est une solution évidente qui suit l’évolution de la course au large. On peut être de moins en moins nombreux à bord de ces grands trimarans. Les deux dernières Route du Rhum ont même démontré qu’ils étaient parfaitement gérables en solitaire. Nous étions 14 sur Banque Populaire V et avec le recul, je me dis que nous aurions pu être 11 sans problème. Ceci dit, c’est toujours moins ‘luxueux’ quand on est moins nombreux. Mais en mettant en place des bons systèmes de quarts, l’équipage d’IDEC SPORT marchera bien. Tout le monde devra être sur le pont pour les manœuvres, les équipiers seront très sollicités et ils en sont conscients. Les marins qui signent pour un Trophée Jules Verne savent qu’ils ne partent pas au Club Med ! »

Idec Sport, un trimaran polyvalent et sain
« Le potentiel du trimaran de Francis Joyon est encore énorme. De puissance moyenne, l’ex Groupama 3 est un bon compromis. C’est un bateau agile et maniable qui glisse très bien et dispose de bonnes possibilités d’accélération. L’un de ses principaux atouts est sa polyvalence, il est à l’aise dans presque toutes les conditions. Il faudra toutefois éviter autant que possible les zones de molle car le petit mât est moins performant dans ces conditions. Les phases de près dans la mer très formée seront également délicates car le bateau est alors inconfortable, je l’ai expérimenté lors de la Route du Rhum. Le reste du temps, c’est un bonheur. Idec Sport est par ailleurs un trimaran très sain dont la structure inspire confiance. On peut tirer dessus sans se faire peur. »

Plusieurs jours à gagner sur le record actuel
« Le record de mon équipage est tout à fait améliorable de plusieurs jours. En 2012, dans le Pacifique, nous avons dû faire un grand détour vers le Nord à cause des icebergs. Nous avons perdu un jour et demi dans l’affaire, ainsi qu’une autre bonne journée au niveau du cap Horn. J’espère être battu car ce sera le meilleur moyen d’être encore plus motivé et d’éventuellement répliquer ! »

La gestion d’un équipage, le plus gros challenge pour Francis
« Francis sait quoi faire : il connaît le parcours, les mers du Sud et surtout la gestion d’un maxi trimaran dans la durée. C’est un avantage considérable. En revanche, il va découvrir la navigation en équipage sur une longue durée et c’est probablement le challenge le plus important pour lui. Gérer un équipage n’est pas simple, c’est une autre histoire, un exercice de partage. Or Francis a pris l’habitude de tout faire seul, c’est le solitaire par excellence. Son équipage et lui devront s’adapter mais je ne me fais pas de souci pour eux. »

16/11/15
 
Prologue La Trinité - Brest...
 
Idec Sport a largué les amarres. Il est en route vers Brest depuis ce matin. Cela ne veut pas dire que Francis Joyon et son équipage international vont s’élancer tout de suite à l’assaut du Trophée Jules Verne. Cela signifie simplement qu’en convoyant le grand trimaran rouge du Morbihan au Finistère, ils se rapprochent de la ligne de départ...

Mon ami Yannick Le Bris me signale que le trimaran s'est amarré à un quai du port de Brest en fin d'après midi. Francis Joyon et son équipage ont été accueillis par François Cuillandre, maire de la Ville.
 
Idec Sport
Photo © Yannick Le Bris - http://www.photos-de-navires.fr/

17/11/15
 
Code orange
 
Tout l’équipage d’IDdec Sport est en alerte et le bateau est fin prêt à Brest. Francis Joyon et ses hommes sont en « code orange », c’est-à-dire un possible départ sous moins d’une semaine.

Une fenêtre météo potentiellement intéressante pourrait en effet se profiler dès ce samedi 21 novembre.

Si elle se confirme – passage en « code vert » – Idec Sport et son commando de six marins partiront vers Ouessant.


19/11/15
 
Fenêtre météo confirmée pour samedi
 
Francis Joyon : « On va probablement prendre la première fenêtre météo qui se présentera. Parce qu’on n’est jamais sur qu’une autre bonne se présente ensuite. Il ne faut pas mépriser ce que la nature et les vents nous offrent. Quand faut y aller, faut y aller ! »

Ces quelques mots de Francis Joyon pourraient bien prendre tout leur sens sous 48 à 72 heures, avec l’éventualité d’un départ ce week-end, peut-être même dès ce samedi 21 novembre.


20/11/15
 
Code rouge : départ annulé
 
Francis Joyon et son routeur météo Marcel Van Triest ont décidé de repasser en code rouge. Ce qui signifie que le départ d’IDec Sport n’est plus envisagé ce week-end.
Francis Joyon : « Ce qui pose surtout problème c’est l’enchaînement après l’équateur. La situation paraît claire sur l’Atlantique Nord, mais ce n’est plus le cas sur l’Atlantique Sud ensuite. Les conditions de mer sont aussi un peu casse-bateau dans le Golfe de Gascogne. Autrement dit, il y a un pari à faire et il ne faut pas se tromper car ça ne sert à rien d’aller vite sur les premiers jours si on doit se retrouver avec une situation météo défavorable ensuite. »

21/11/15
 
Francis Joyon repasse en code Orange : départ possible ce samedi
 
Francis Joyon a réuni son équipage à 11h, pour un nouveau briefing météo en relation avec son routeur, Marcel Van Triest. Il s’avère que la fenêtre météo observée depuis une semaine s’ouvre à nouveau ce matin pour un possible départ dans l’après-midi !

Francis Joyon et son équipage se préparent donc à bord d’Idec Sport à larguer les amarres depuis le port du Château à Brest. Un départ qui s’annonce probablement musclé, la météo annonçant des vents de l’ordre de 35 nœuds.

21/11/15
Idec Sport et Spindrift 2 confirment leur départ
Francis Joyon a prévu de franchir la ligne Ouessant / Cap Lizard, ce samedi, en milieu d'après-midi alors que Yann Guichard reste beaucoup plus évasif, annonçant un départ dans les prochaines 24 heures.

21/11/15
 
L'équipage avant le départ
Photo prise à 13 h par Yannick Le Bris.
 
Equipage Idec Sport
Photo © Yannick Le Bris - http://www.photos-de-navires.fr/

21/11/15
 
Solidarité
 
Equipage Idec Sport
Photo © Xavier Grimault - https://twitter.com/GrimaultXavier

21/11/15
Derniers préparatifs
 
Spindrift2
 
Idec Sport
Photos © Yannick Le Bris - http://www.photos-de-navires.fr/

21/11/15
 
Interview de Francis Joyon
 
Idec Sport va partir aujourd’hui autour du monde?
« Oui ! Nous avons décidé de partir tout à l’heure car nous avons vu qu’il y avait des chances d’accrocher la dépression qui se situe dans l’Atlantique Sud et donc nous partons aujourd’hui avec cette idée-là. On part dans une journée très ventée : 30 à 35 nœuds de vent sur Brest, beaucoup plus sur Ouessant. Les conditions de départ ne vont pas être faciles… »

Pas de round d’observation, tout de suite dans le vif du sujet ?
« On va partir avec un ou deux ris. Il faudra surtout être prudents dans le golfe de Gascogne où la mer sera très forte avec 4 à 5 mètres de houle annoncés et la mer peut être croisée encore puisqu’on a eu un coup de vent de sud-ouest avant hier et que maintenant nous sommes dans un régime de secteur nord. Nous serons dans le bain d’entrée de jeu ! Le record à l’équateur envisageable. On pourrait mettre moins de 5 jours et demi si tout s’enchaine bien. »

Ton état d’esprit à quelques heures du départ ?
« L’équipage est content, ce sont des gens qui sont habitués aux départs et qui sont heureux en mer… »

Un petit mot d’explication sur la situation météo ?
« Le trajet jusqu’à l’équateur parait relativement simple. Il y a peu d’aléas météo et de questions à se poser, mise à part tout de même cette nuit une petite dépression pour pourrait créer un manque de vent dans le golfe de Gascogne. Il ne faut donc pas s’empêtrer là-dedans. Mais surtout on essaie de voir plus loin, jusqu’à la position de l’anticyclone de Sainte Hélène, la circulation des dépressions qui partent du Brésil et se dirigent vers Bonne Espérance. C’est un mélange de tout ça qui a déterminé notre décision de partir aujourd’hui. »

Les doutes que tu avais ces derniers jours – notamment sur la situation dans l’Atlantique Sud – sont levés ?
« Les doutes sont levés à 50%, le pari qui subsiste. On ne peut être certains de rien mais on part sur une probabilité qui peut devenir favorable. Par le passé, des projets ont attendu des mois et des mois une bonne fenêtre, on se dit qu’il faut tenter notre chance. »

Vers quelle heure larguez vous les amarres d’Idec Sport pour vous rendre sur la ligne de départ de Ouessant ?
« En milieu ou fin d’après-midi… »

21/11/15
 
Idec Sport a largué les amarres
 
Idec Sport

22/11/15
Top départ pour Idec Sport et Spindrift 2
 
Francis Joyon et ses équipiers ont franchi la ligne de départ du Trophée Jules Verne, Ouessant - cap Lizard, le 22 novembre 2015, à 2 heures 2 minutes et 22 secondes TU (3h 2m 22s heure française). Pour remporter le Trophée, ils devront être de retour au plus tard le mercredi 6 janvier 2016 à 15 heures, 44 minutes et 15 secondes TU et avoir réalisé un temps inférieur à celui de Spindrift 2.

Francis Joyon : « L’objectif principal des deux premiers jours de course sera surtout d’éviter de casser quelque chose, car la mer ne sera pas facile. La prudence sera de mise. »

Yann Guichard et ses équipiers se sont également élancés le 22 novembre 2015, à 4 heures, 1 minute et 58 secondes TU (5h 1m 58s heure française), soit près de deux heures après Idec Sport. Pour gagner le challenge, ils devront avoir achevé le tour du monde avant le mercredi 6 janvier 2016 à 17 heures, 43 minutes et 51 secondes TU et avoir réalisé un temps inférieur à celui d'Idec Sport.

Yann Guichard : « Nous n’avons pas beaucoup de vent pour le moment, entre 8 et 10 nœuds, avec une mer pas facile parce qu’il y a pas mal de courant mais le vent va forcir pour atteindre une trentaine de nœuds dans le Golfe de Gascogne. Donc là, ça part doucement, tranquillement entre 15 et 18 nœuds de vitesse.Maintenant, on est tous sur le pont, on manœuvre pour faire avancer le bateau afin de s’éloigner le plus rapidement possible de Ouessant et récupérer du vent un peu plus fort et établi. »

Bon vent aux deux équipes.

22/11/15
C'était quand même chaud !
 
Francis Joyon : « C’était quand même chaud ! Le bateau faisait un peu le fou. La mer n’était pas orientée dans le même sens que le vent, ce qui complique beaucoup le truc. Le bateau tapait énormément par moments… On s’en sort sans trop de casse, juste avec deux ou trois bricoles à réparer comme la protection pour le barreur, mais rien de grave. On a affronté ces 24 premières heures avec un peu de réussite, pour ce qui est du passage dans la mer et de la route accomplie. »
« Je crois bien que je n’ai jamais traversé aussi vite le golfe de Gascogne ! Malgré les vagues et les rafales, ça n’a pas trainé ! On a tenu de bonnes vitesses moyennes et le fait de pouvoir être en route directe vers le sud maintenant c’est bien. C’est sympa ! »
« Nous sommes forcément un petit peu fatigués, car le rythme a été très soutenu depuis le départ. C’est normal : on n’a pas beaucoup dormi, pas beaucoup récupéré, pas beaucoup mangé... »

23/11/15
Cap au 180, sur l'Equateur
 
Francis Joyon : « Nous sommes passés bâbord amures et nous avons envoyé le gennaker. Le but est bien sûr de faire une route qui nous rapproche de l’équateur. Le flux dépressionnaire de nord nous donnait un cap qui allait de plus en plus vers l’ouest, donc au bout d’un moment il faut y aller pour retrouver une route plus directe. Là nous sommes cap au 180 °, plein sud, route directe sur l’équateur ! »

« Un routage nous indiquait un petit contre-bord à faire en fin d’après-midi, un autre nous faisait espérer qu’on puisse aller tout droit. Le cap s’est bien amélioré donc oui on espère aller tout droit... et même s’il faut faire un petit contre-bord de recalage, ce ne sera pas bien grave. »

« On espère passer l'Equateur en plus ou moins 5 jours ! Hier nous avions du mal à aller aussi vite que nous aurions voulu car il y avait beaucoup de mer, en particulier en face du cap Finisterre. Le bateau bondissait à travers la houle au portant... c’était assez spectaculaire ! Mais maintenant que la mer s’est un peu calmée, depuis quelques heures, nous allons pouvoir atteindre les vitesses-cible plus facilement. »

Le 24/11 à 2h TU : lat 30°00.32'N - long 20°20.30'W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 13.51 mn.
 

24/11/15
C'est tout droit
 
Francis Joyon : « La trajectoire est très oscillante avec les grains cela bascule à 40° d'un coté et de l'autre. Au final on a un cap moyen qui est bien. Maintenant c'est tout droit mais nous subissons encore les perturbations de Ténerife. Quand on aura passé ça on fera route directe sur l'équateur dans l'alizé de nord-est. »

Bernard Stamm : « On est un peu ralentis par des grains dans un vent assez instable. Des fois ça monte au dessus de 35 nœuds et cela peut descendre à 12-13 nœuds. C'est pas simple mais tout va bien. Là on est à 25 nœuds de moyenne. Il commence à faire chaud. On ne sait pas trop comment s'habiller car il y a beaucoup de vent apparent. Maintenant on se relaye toutes les heures et demi et on arrive à faire des tranches de sommeil de 3 heures. L'ambiance est bonne. »

Le 24/11 à 2h TU : lat 19°25.54'N - long 25°58.86'W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 208.10 mn.

25/11/15
Le Trophée Jules Verne pour les nuls : du Cap Vert à l'Équateur
Ce matin, les deux trimarans ont laissé l'archipel des Iles du cap Vert sur leur bâbord, à 1000 milles nautiques de l'équateur, dans des vents de 20 à 25 nœuds orientés nord-est. Idec Sport et Spindrift 2 ont parcouru près de 2000 milles nautiques en 3 jours et 3 heures.

A 9h00 TU, Idec Sport affichait une VMG (Velocity Made Good) de 20.7 nœuds alors qu'elle était de 27.9 nœuds pour Spindrift 2. La VMG représente le meilleur compromis cap vitesse par rapport à l'objectif, qui est en l'espèce le franchissement de l'équateur.

Avant de passer cette première marque significative, ils devront traverser le Pot-au-Noir, zone redoutée par tous les navigateurs, où les vents sont particulièrement instables tant en force qu'en direction. Il semble assez peu développé en ce moment.

Le temps de référence à battre à l'équateur est de 5 jours, 14 heures, 55 minutes et 10 secondes. Il a été réalisé par Loïck Peyron en 2011, à bord de Banque Populaire V. Il s'agit d'un simple temps de référence et non pas d’un record, n'étant pas reconnu comme tel par le WSSRC, organisme certificateur des records à la voile au niveau mondial.

En toute logique, Spindrift 2 devrait être le premier à atteindre la latitude 0° nord et sud et établir un nouveau temps de référence, en moins de cing jours depuis Ouessant.

25/11/15
Collision avec un requin
 
Francis Joyon : « On a eu une nuit assez difficile car le vent était très différent des prévisions. Nous avions l'objectif de nous éloigner assez loin des Iles du Cap Vert pour ne pas subir de dévent.
Là on fait des réglages permanents pour ajuster les voiles à la variation du vent. On est à 30 nœuds sur la route directe. C'est la vitesse moyenne que nous avons depuis le départ et nous espérons que cela va durer encore le plus longtemps possible. On est complètement dans les temps du record, on a même de l'avance. C'est sympa. Ça met la banane à tout le monde. Malgré la fatigue on est vraiment content d'être là.
Il y a une heure un requin s'est coincé dans le safran. On a du rouler la voile d'avant et mettre le bateau face au vent. Le safran n'est pas abimé. On a fait le tour des appendices, cela s'est bien passé. On est reparti en ayant le même comportement de barre.
»

Le 26/11 à 3h TU : lat 06°58.83' N - long 27°20.23' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 285.27 mn.



26/11/15
Et après ?
 
Marcel Van Triest, routeur à terre : « Il reste ce que j’appelle deux ‘grumeaux’ de zones sans vent mais l’alizé est tout proche maintenant, ils vont retrouver du vent et accélérer de nouveau. Je ne regarde pas du tout le passage à l’équateur – c’est surtout la suite qui m’intéresse maintenant – mais s’il faut tout de même donner une estimation je dirais, pour résumer, qu’ils y seront vers 3 ou 4 heures du matin. Comme ils sont partis à 3h02 (heure locale), le match c’est de savoir s’ils vont mettre plus ou moins de 5 jours à l’équateur… mais ce sera proche de 5 jours pile ! Ensuite, pendant 600 à 800 milles, il nous faudra profiter de notre angle au vent avec ce passage du pot au noir qui s’est fait un degré plus à l’est que d’habitude. Puis il y aura une zone de transition pas simple pour savoir si on réussit ou pas à attraper une dépression venant de l’Uruguay. C’est cela qui déterminera si on fait un très bon temps au cap de Bonne Espérance ou seulement un temps honnête. »

Le 27/11 à 2h TU : lat 00°22.15' N - long 28°47.66' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 226.69 mn.

26/11/15
Interview de Yann Guichard
Yann Guichard : « Je suis ravi qu’on soit parti en même temps qu’Idec Sport. Ç’aurait été stressant si on était parti avec une semaine ou deux voire plus de décalage car on aurait chacun subi son système météo. Même si on ne cale pas du tout notre stratégie par rapport à Idec Sport, ce serait mentir de dire qu’il n’y a pas une petite émulation. On n’a pas besoin de ça pour que ce défi soit enivrant et génial mais ça apporte un petit plus. Ce qui est clair, c’est que cette " course dans le trophée "» pourrait changer notre manière de naviguer sur la fin du parcours. Si les deux bateaux sont proches du record dans l’Atlantique nord, il faudra peut-être plus accélérer que si on était seul. Aujourd’hui ce n’est pas le cas. Les potentiels des deux bateaux sont très proches donc on risque de faire un tour du monde assez proche. »

Source : http://sport24.lefigaro.fr/

26/11/15
Déclaration de Loïck Peyron
Dans une vidéo, mise en ligne sur le site d'Idec Sport, Loïck Peyron déclare : « Je dois avouer que je serais très tenté d'y retourner, donc je n'attends qu'une chose cet hiver, c'est d'être battu pour enfin avoir des arguments pour y retourner. Et c'est vrai qu'une fois qu'on est détenteur d'un record comme celui là, on a envie de le défendre. Le meilleur moyen de le défendre, c'est de se le faire prendre. Ce que souhaite ardemment, le plus vite possible. Vraiment ! »

27/11/15
L'Equateur en moins de 5 jours !
Yann Guichard et ses équipiers ont franchi l'équateur, à bord du trimaran Spindrift 2, le vendredi 27 novembre 2015 à 1 heure 31 minutes TU, après 4 jours, 21 heures, 29 minutes et 2 secondes de navigation depuis Ouessant. Il améliore le précédent temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011 de 17 heures, 26 minutes et 8 secondes.

Francis Joyon et ses équipiers ont franchi l'équateur, à bord du trimaran Idec Sport, le vendredi 27 novembre 2015 à 3 heures, 3 minutes et 52 secondes TU, après 5 jours, 1 heure, 1 minute et 30 secondes de navigation depuis Ouessant.

Au changement d'hémisphère, l'écart entre les deux challengers est de 3 heures, 32 minutes et 28 secondes.
 

27/11/15
Je suis vraiment content
 
Francis Joyon : « C’est extra, on fait un beau parcours jusqu’ici. L’équipage et le bateau se sont vaillamment comportés. Faute de temps nous n’avions pas eu beaucoup d’entraînement dans des conditions musclées et nous avons découvert plein de choses, je suis vraiment content !

En revanche nous sommes prévenus par Marcel
(Van Triest, le routeur) qu’il y a une zone d’incertitude entre 10 et 20 degrés sud. Sur les fichiers ça passe plutôt bien, mais la réalité sur l’eau risque d’être plus complexe. On aura peut-être de la molle avec pas mal de manœuvres dans le petit temps à faire pour progresser vers le Sud.

Il y a eu bien sur un peu de fatigue générale due au passage du Pot au noir, où le rythme des quarts a explosé : je suis passé en mode nuit blanche, les gars ont rogné sur leur temps de repos aussi. Mais cette nuit on a pu tous récupérer. On a rechargé les batteries et on est tous en forme, le moral est bon ! On a fait une petite vidéo sympa au passage de l’équateur quand on a trinqué à la santé de Neptune. Je n’ai pas vu le film terminé, mais j’ai trinqué !
»

Le 28/11 à 2h TU : lat 08°57.12' S - long 31°43.84' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 264.75 mn.

28/11/15
On prépare la bagarre
 
Idec Sport navigue entre 20 et 24 nœuds de vitesse, tout près de la corne du Brésil, 200 milles dans le sud-est de Recife. Joyon et ses hommes viennent de passer la latitude de 10 degrés sud. Un chiffre qui marque l’entrée dans une zone d’incertitude météo qui promet des vents variables et faibles pendant 10 degrés de latitude. C’est une bande de 600 milles de large qui se dresse devant la route du trimaran.

Le cap de Bonne Espérance est 3400 milles devant les étraves. En réalité c’est beaucoup plus. Car un grand paradoxe des tours du monde à la voile est là : pour espérer aller vers l’Afrique, il faut d’abord aller vers l’Amérique. La faute à l’anticyclone de Sainte-Hélène qui barre la route. Le jeu pour cela consiste à réussir à attraper le train des dépressions qui circulent d’ouest en est, de l’Uruguay vers l’océan Indien. Encore faut-il arriver dans le bon timing, sans perdre trop de terrain ni de temps, jusqu’à la latitude de ce ventilateur naturel et au moment où il s’enclenche, c’est à dire devant le front...

Francis Joyon : « On garde encore un peu de vent… Globalement on avance encore dans les 20 nœuds. Par moments il y a des petits trous, on ralentit et puis on repart… On a un beau ciel, le bateau est nickel. On a profité d’un moment de calme pour en faire le tour, voir si tout allait bien et on est contents.

Sur les fichiers de vent, elle ne paraît pas très méchante, le passage a l’air de se faire sans zone de calmes… mais Marcel (Van Triest, le routeur) nous met en garde en nous disant qu’en réalité nous aurions des zones de pétole. Donc on anticipe un petit peu : on a mis tous les poids sur l’avant, on a déplacé les voiles et tous les poids à l’intérieur. Le but de ce matossage est de sortir un peu l’arrière du bateau de l’eau, afin de gagner un peu de vitesse dans le petit temps. On se prépare à se bagarrer sévèrement car il est important de sortir rapidement de cette zone. Plus on en sort vite, plus on attrape rapidement le vent suivant, bien sûr…

J’espère qu’on va commencer à y voir un peu plus clair dans une trentaine d’heures
(dimanche soir), que nous aurons alors dépassé les principales difficultés et que le bateau retrouvera une vitesse plus régulière. C’est vrai qu’il y a un petit peu d’incertitude météo sur cette zone. »

Le 29/11 à 1h30 TU : lat 14°51.30' S - long 31°41.15' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 93.10 mn.
 

29/11/15
Nuit blanche sous les tropiques
 
Francis Joyon : « Voilà, ça été une nuit blanche, pire que le Pot au noir en fait. Des manœuvres, des changements de cap, des empannages, des virements. Là, à l'instant, on vient d'enchainer trois virements en même pas dix minutes avec le vent qui est passé au portant. Le but de toutes ces manœuvres était de gagner vers le sud où le vent est établi. Là on est dans système de transition qui est visiblement un peu plus délicat à franchir que ce que les fichiers et la météo indiquaient en fait. Chaque nuage fait son propre système avec 3-4 nœuds de vent autour et des vents qui tournent. On se retrouve à toutes les allures à manœuvrer, empanner, à quelques minutes d'intervalle.

On voit des nuages à l'horizon, la porte de sortie pourrait-être de l'autre coté de ces nuages. Mais on est complètement encalminés, on est à 3 nœuds et on se bagarre pour essayer d'avancer à 3 nœuds depuis déjà deux heures. Cette zone de calme qui nous arrête complètement, est un peu la frontière avec un début de vent plus régulier qui serait salvateur pour nous.
»

Ndlr : à la lecture de la position d'Idec Sport de 13h46 TU, on peut constater que le trimaran a repris de la vitesse, affichant une moyenne de 29.4 nœuds de point à point et une Wmg de 20.9 nœuds.

Le 30/11 à 2h TU : lat 23°02.40' S - long 32°13.20' W - Avance constatée par l'équipe sur le chrono à battre : 10.41 mn.

30/11/15
Bientôt l'autoroute du sud
 
Francis Joyon : « On vient d'empanner il y a quelques minutes. On est allé vite, vite, toute la nuit et on s'est peut-être rapproché un peu trop de la courbure anticyclonique et, de ce fait, on a ralenti beaucoup plus que les fichiers de vents ne nous le laissaient espérer.

On retourne un petit coup à droite pour retrouver un peu de pression. Il va falloir réussir à accrocher la première dépression qui va passer dans notre sud. Donc on plonge, on plonge, on plonge pour attraper ça.

C'est un phénomène qu'on connaissait dès le départ. On savait qu'on aurait un passage difficile entre 10 et 20° sud. C'est exactement ce qui s'est passé. Cela a été un peu plus pénible que ce qu'on avait imaginé. On a vu notre avance sur le record fondre. Notre objectif est d'avoir un retard minimum à Bonne Espérance. On espère simplement limiter les dégâts car Loïck Peyron avait fait un temps assez extraordinaire sur cette partie du trajet. C'est plutôt sur les autres parties qu'il y aura des choses à rattraper.
»

Le 01/12 à 2h TU : lat 29°11.79' S - long 28°42.32' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 260.44 mn.



01/12/15
Mauvaises fréquentations
 
Le bilan de la nuit est lourd pour Francis Joyon et ses équipiers avec 260 milles nautiques de retard sur le record, à la clôture du neuvième jour de navigation. Les mauvaises fréquentations avec la courbure anticyclonique et les recadrages vers l'ouest pèsent lourd dans la balance.

Le trimaran à retouché du vent en fin de journée, en regagnant le régime dépressionnaire en provenance des côtes Argentines. Le puissant flux d'ouest leur a permis d'afficher des moyennes de 33 nœuds en direction du cap de Bonne Espérance. Pour combien de temps ? Il ne faut surtout pas laisser filer cette dépression tant espérée. De toutes façons, la note risque d'être encore plus salée cette nuit, puisqu'en 2012, Banque Populaire V avait parcouru 786 mn au cours de sa 10eme journée de navigation.

Au surplus, à l'instar de Spindrift 2, les mauvaises surprises vont s'accumuler au sud de l'Afrique, avec la présence de l'anticyclone qui va contraindre Idec Sport à naviguer entre les 40° et 50° de latitude sud. Le menu sera le même : slalom entre la pétole et les glaces...

Francis Joyon : « Là je vois 41,3 nœuds sur le speedo du bateau, donc on avance vite, du coup c'est un peu chaud. On a réussi, en allant le plus vite possible, à rester sur l'avant de cette dépression, alors que dès que l'on passe sur l'arrière, on est énormément ralenti par la mer croisée. On a eu un os entre les dents toute la nuit pour aller à la même vitesse que ce front. Normalement c'était impossible d'après les routages qui nous disaient qu'on était forcément rattrapés mais en réalité on réussit à rester devant jusqu'ici. La mer n'est pas trop cabossée, c'est ce qui nous permet des vitesses extra. Une fois rattrapés par le front, ce qui arrivera fatalement, on empannera et on restera avec cette dépression, toute la descente de l'Atlantique, jusqu'à des latitudes assez basses, 45-50° sud. Même si on a un jour de retard au cap de Bonne Espérance, ce n’est pas grave. On savait que ça ne serait pas là qu'on serait battant sur ce record. Dès demain on sera dans le froid. Cela fait drôle de passer du froid breton aux chaleurs tropicales et au froid du sud en si peu de temps. »

Le 02/12 à 2h TU : lat 34°44.17' S - long 16°31.81' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 388.42 mn.

02/12/15
Grosse journée
 
Francis Joyon : « On a traversé le front cette nuit. On était dans la grisaille et une fois le front traversé, on se retrouve dans la lumière. Là, on longe deux îles qui dépendent de l'archipel Tristan da Cunha. C'est un peu la porte du grand sud cet archipel et on se retrouve dans la vie marine, dans la belle lumière du matin, avec les oiseaux qui tournent autour du bateau. C'est très sympa.

On a une grosse journée de descente vers le sud. On fait une descente rapide, on est à 37 nœuds, cap vers le sud. On ne se rapproche pas directement de Bonne Espérance. On sera obligé, une fois dans le sud, de contre-border et de faire une route vers Bonne Espérance à une latitude qui sera assez basse. On sera peut-être dans les 50° sud. On était content de ne pas louper la dépression, c'était un peu tiré par les cheveux. On a pu s'accrocher après. Cela veut dire qu'on aura un temps encore correct à Bonne Espérance et ça s'était important.

On essaye de faire vraiment au mieux, on ne perd pas une longueur de bateau. On est toujours à fond sur les réglages, jour et nuit et chaque mètre gagné sur Bonne Espérance est une petite victoire pour nous.

Ça glisse mieux. Cette nuit il y avait encore la mer du vent de nord-ouest alors qu'on avait du vent de sud-ouest, donc cela faisait une mer croisée et le bateau plantait assez lourdement dans la nuit dans des vents de plus de 30 nœuds. On a du réduire les voiles pour que ça passe mieux, qu'il plante moins car à un moment c'était un petit peu brutal.
»

Le 03/12 à 2h TU : lat 44°18.46' S - long 07°02.97' W - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 294.77 mn.
 

03/12/15
On est déjà dans le grand sud
 
Francis Joyon : « On est passé derrière le front, donc il fallait plonger plein sud pour retrouver un vent qui permette de faire une route plus directe On était censé plonger jusqu'à 48° sud mais en fait, ce matin, le vent favorable est arrivé un peu plus vite que prévu, donc on a empanné un peu plus tôt, vers le 46ème.

On est déjà dans le grand sud parce que Alex a vu des phoques. On descend un petit peu en biais vers le 50ème parce qu'il y a un anticyclone qui s'étend très loin au sud du cap de Bonne Espérance. Cela va rallonger notre route pour franchir la longitude du cap et on aura un peu de retard par rapport au temps de Loïck Peyon parce qu'on aura une route plus longue à faire. Notre vitesse dépend du déplacement d'une dépression qui arrive derrière nous. Si elle se déplace à 20 nœuds, on marchera à 20 nœuds, si elle se déplace à 25 nœuds, on se déplacera à 25 nœuds. Il n'y a pas de vent devant nous. On ne peut qu'aller à la vitesse du vent qui arrive.

Par rapport à hier à la même heure où on avait une mer croisée assez difficile, la mer s'est plutôt calmée. On a installé un chauffage prévu pour sécher le placard à cirés. Je ne connaissais pas ce luxe inouï d'avoir un ciré sec et chaud quand on prend son quart.
»

Le 04/12 à 2h54 TU : lat 47°15.73' S - long 04°29.08' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 343.18 mn.

03/12/15
Le Trophée Jules Verne pour les nuls : Bonne Espérance et les Aiguilles
Pourquoi existe-t-il deux marques de passage sous le continent africain ?

Antérieurement à 2005, seul le franchissement de la longitude du cap de Bonne Espérance (18° 28' 30" Est) était reconnu par le règlement du Trophée Jules Verne et les chronométreurs. Il marquait la fin du parcours Ouessant-Bonne Espérance, qui était désigné sous le vocable de " Descente de l'Atlantique ", mais le temps réalisé ne constituait qu'un simple temps de référence.

En 2005, le WSSRC a créé trois records officiels supplémentaires sur le tour du monde à la voile, dont " la traversée de l'océan Indien ". Le début de ce partiel est marqué par le franchissement de la longitude du cap des Aiguilles (20° Est), point le plus méridional au sud de l'afrique, et la fin par le franchissement de la longitude de la pointe sud de la Tasmanie (146° 49' Est).

Les deux caps ne sont distants que de 80 milles nautiques.

04/12/15
Cap de Bonne Espérance et cap des Aiguilles pour Spindrift 2
Yann Guichard et ses équipiers ont franchi la longitude 18° 28' 30" Est du cap de Bonne Espérance, à bord du trimaran Spindrift 2, le vendredi 4 décembre 2015 à 2 heures 6 minutes TU, après 11 jours, 22 heures, 4 minutes et 2 secondes de navigation depuis Ouessant. Il accuse un retard de 15 minutes et 44 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011, en 11 jours, 21 heures, 48 minutes et 18 secondes.

Spindrift 2 a dépassé la longitude 20° Est du cap des Aiguilles le vendredi 4 décembre 2015 à 4h 04 TU, après 12 jours, 2 minutes et 2 secondes de mer depuis Ouessant. Le trimaran est en retard de 12 minutes et 44 secondes sur le temps réalisé en 2011 par Banque Populaire V, en 11 jours, 23 heures, 49 minutes et 18 secondes.
 

04/12/15
Devant le mur
 
Francis Joyon : « On est dans la brume, la visi n'est vraiment pas terrible. Il y a un anticyclone qui nous barre le passage. On a un mur sans vent, on essaye de descendre petit à petit pour le contourner par le sud. On est obligé d'attendre pour ça que le vent arrive par l'arrière, cela explique nos vitesses pas très élevées. On est à 20 nœuds ce matin et cette nuit on a ralenti beaucoup encore. On ne peut pas pousser l'anticyclone plus vite qu'il ne veut avancer. On a guère de choix que de descendre vers le sud pour essayer d'augmenter le nombre de milles qu'on fait pour être à l'avant de cette dépression. On essaye de rester positif mais on aura du retard au cap. Retard qui sera gérable. On a des conditions absolument étonnantes de petit temps pour cette région de l'océan.

Il y a une dépression tropicale qui est en train de se former sur Madagascar et qui va descendre en direction des Kerguelen et qui pourrait nous obliger à descendre encore plus bas pour éviter les vents contraires qu'elle va générer.

L'océan Indien s'annonce compliqué d'un point de vue météo. Ce n'est pas la facilité qui nous attend. On rentre dans la zone à risques et on commence à faire une veille radar en plus des infos d'altimétrie fournie par CLS et qui n'indiquent pas de danger de glaces immédiat.
»

Le 05/12 à 2h TU : lat 50°34.08' S - long 15°09.76' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 409.95 mn.

05/12/15
Cap de Bonne Espérance et cap des Aiguilles pour Idec Sport
Francis Joyon et ses équipiers ont franchi la longitude 18° 28' 30" Est du cap de Bonne Espérance, à bord du trimaran Idec Sport, le samedi 5 décembre 2015 à 7 heures et 14 minutes TU, après 13 jours, 5 heures, 11 minutes et 38 secondes de navigation depuis Ouessant.

Ils accusent un retard de 1 jour, 7 heures, 23 minutes et 20 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011. Leur retard sur Spindrift 2 est de 1 jour, 7 heures, 7 minutes et 36 secondes.

Idec Sport a dépassé la longitude 20° Est du cap des Aiguilles, marquant l'entrée dans l'océan Indien, le samedi 5 décembre 2015 à 11 heures et 17 minutes TU, après 13 jours, 9 heures, 14 minutes et 38 secondes de mer depuis Ouessant.

Son retard sur le temps de référence établi par Banque Populaire V en 2011 est de 1 jour, 9 heures, 25 minutes et 20 secondes. Le retard sur Spindrift 2 est de 1 jour, 9 heures, 12 minutes et 36 secondes.
 

05/12/15
On a un peu grillé notre joker
 
Francis Joyon : « On a été obligé de passer derrière le front. On savait bien qu'on aurait ce temps là, on avait même connaissance de ce retard dans la décision de départ. On avait un petit espoir de rester devant le front mais il était faible.

On n'est pas vraiment déçu, ça fait 1 jour et 7 heures de retard. On a un peu grillé notre joker, c'est vrai, mais c'est absolument rattrapable dans la mesure où Banque Pop avait quand même perdu 2 jours dans la Pacifique, il était resté coincé derrière une dorsale et il avait aussi perdu aussi beaucoup de temps dans la remonté de l'atlantique. Donc l'un dans l'autre il y a 4 jours à gratter. Donc ça va. C'est bon ! On a encore une petite journée d'attente et après on va pouvoir cavaler, un os entre les dents à bloc.

La dépression est comme un mur qui avance droit nord-sud, donc quitte à aller lentement, il vaut mieux aller lentement en gagnant vers le sud parce que la route est plus courte et après quand le vent rentrera, on aura un meilleur angle. Donc on devrait optimiser un peu notre trajectoire par rapport au vent de ouest - nord-ouest qui va arriver. »

Le 06/12 à 2h TU : lat 51°57.56' S - long 27°44.92' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 698.05 mn.

06/12/15
Deux semaines plus tard
 
Idec Sport a entamé son tourd du monde le dimanche 22 novembre. Après une descente record jusqu’à l’Equateur, le Maxi trimaran Idec Sport s’est vu, conformément aux prévisions de départ, confronté à un hémisphère sud pas du tout coopératif. Aux zones d’instabilités ont succédé des phases de transition pas assez rapides pour prétendre tutoyer les temps de passage records à Bonne Espérance. Les hommes s’adaptent, et à défaut de vitesses stratosphériques en avant des dépressions, plongent au sud, traçant une route plus courte pour rejoindre le cap Leeuwin, prochaine marque de passage.

La situation quelque peu inconfortable d’Idec Sport ne varie guère depuis maintenant 48 heures, coincé entre deux dépressions dont l’une , dans son ouest, lambine et ne parvient pas à les rattraper. Dans la brume et sur une eau à 3 degrés, le maxi trimaran navigue au coeur des zones de glaces, icebergs et growlers que l’équipage guette avec la plus grande acuité, observant une veille radar permanente, tout en disséquant les toutes dernières photos satellites de la zone obtenue depuis la terre par le routeur Marcel van Triest.

Il y a quatre ans, Loick Peyron naviguait à proximité des îles françaises de Crozet, tandis qu’Idec sport n’a pas encore paré les îles du Prince Edward.

Francis Joyon : « On se laisse rattraper (par le vent) en glissant petit à petit au sud et on arrive à des vitesses de 25 nœuds sur la route directe. Cela devient intéressant. Si on peut descendre un petit peu encore, on descendra encore, sinon les jours à venir on va rester sur cette latitude plutôt basse. C'est là que les vents se renforceront petit à petit et on pourra cavaler en direction du cap Leeuwin. On va commencer à faire des empannages pour se positionner entre les Kerguelen et l'île Heard. On passerait au sud des Kerguelen et au nord de l'île Heard située à 53-54° sud.

Les pétrels bleus égayent un peu le paysage. Ils sont par dizaines autour du bateau à nous suivre. On ne les voit pas manger. Ils sont là pour nous accompagner, cela doit les amuser. Ils doivent être comme au cinéma, ils doivent voir un gros bateau passer. Cela ne doit pas être tous les jours, ils nous accompagnent gentiment…
»

Le 07/12 à 2h TU : lat 52°56.00' S - long 42°45.16' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 753.31 mn.
 

07/12/15
Recadrage vers le sud
 
Cette nuit, la fin du 15e jour de mer a été l’occasion d’un petit événement stratégique : un contre-bord vers le sud d’une petite quarantaine de milles… Il faudra attendre la vacation avec le bateau pour en comprendre la signification exacte.

Si c’était un bord de recadrage destiné à retrouver les hautes vitesses, il est réussi. Depuis 3h30 ce lundi 7 décembre, les vitesses d’Idec Sport sont comprises entre 30,5 et 32,5 nœuds, à 800 milles nautiques de la longitude des Kerguelen. Les moyennes journalières sont désormais de l’ordre de 600 milles et vont croissant.

Francis Joyon et ses hommes en tirent les premiers bénéfices comptables : leur retard sur le chrono à battre frôlait les 800 milles hier après-midi, il n’est plus « que » de 750 milles ce matin. Cinquante milles de repris dans les Cinquantièmes, c’est bon pour le moral.

Francis Joyon : « Hier dans la journée, on était dans la brume totale on est passé à un mille d'un iceberg. Ça nous a un peu refroidi. On a vu une grosse cible se pointer sur le radar, un truc bien plus gros qu'un cargo. Il n'y avait aucune visibilité, du coup on a dévié notre route pour garder au moins 1 mille, 1 mille et demi d'écart entre la cible et nous. On est passé à coté sans rien voir. C'est vrai que ça nous a fait drôle.

On a retrouvé du vent, on a 30-31 nœuds de vent réel, ça monte à 37-38 par moments, donc beaucoup plus de vent que sur les fichiers. Le bateau à tendance à planter un petit peu dans une mer assez courte mais on est assez vigilent la dessus. Notre route dans l'océan Indien va se faire très très sud. On imagine même redescendre plus bas, jusqu'à 54° sud à cause de la dépression tropicale qui arrive de Madagascar et qui va créer des vents contraires.
»

Le 08/12 à 2h TU : lat 53°37.00' S - long 60°58.96' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 547.69 mn.

08/12/15
C'est bon pour le moral
 
Idec Sport a empanné quatre fois depuis hier après midi. Quatre manœuvres qui lui permettent de suivre la route la plus proche possible de l'orthodromie (route la plus courte). Autrement dit par deux fois, pendant un peu plus de deux heures, Francis Joyon et ses hommes ont mis le cap vers le Sud. Pour garder le plus de pression possible d’une part, pour avoir un bon angle au vent portant et donc aller vite – au delà de 30 nœuds – d’autre part.

Ces bords vers le Sud font que la VMG (Velocity Made Good, ou vitesse efficace vers le but) est alors élevée. Le bilan comptable de cette excursion dans les Cinquantièmes Hurlants est excellent depuis 36 heures. Une cinquantaine de milles ont encore été repris cette nuit sur le chrono à battre et le débours d’Idec Sport a été énormément réduit : il était de 800 milles dimanche, il n’est plus que de 550 milles ce mardi matin.

Reprendre 250 milles en si peu de temps – soit le tiers du retard – est forcément excellent pour le moral de des équipiers.

Francis Joyon : « On a eu une nuit difficile, avec des vents moyens à 33 nœuds et des rafales à 40 nœuds dans une mer formée. Le bateau plantait pas mal des étraves, le passage était assez brutal. On avait l’impression que le bateau souffrait, il y avait des paquets de mer sur le pont. Ce n’était pas une navigation très plaisante. Mais bon, il faut être au maximum de la vitesse car le passage devant la dépression qui nous arrive de Madagascar est ce qui nous préoccupe… et ça se jouera à une heure près ! On a une journée à perdre ou à gagner selon qu’on arrive devant ou derrière elle. Voilà pourquoi on est à fond, à régater contre cette dépression comme si nous étions en baie de Quiberon alors qu’on est entre 52 et 54 degrés Sud et qu’il faut aussi surveiller les icebergs !

Marcel
(Van Triest, le routeur à terre) estime que nous avons 50 % de chances de rester dans la dépression. Si on est du bon côté on aura des bons vents réguliers de Nord-Est, sinon nous aurons des vents un peu merdiques, quoi… Quand on voit que l’eau est à moins de deux degrés, qu’il y a trop de brume et qu’on s’inquiète trop, on remonte. En fait, on joue au yoyo entre la latitude qui nous paraît dangereuse et celle qui l’est moins. Voilà pourquoi on tricote entre 52 et 54 degrés Sud.

Les deux derniers jours ont été stressants, car on a du mal à dormir avec les mouvements du bateau. La nuit dernière, très rafaleuse, a été stressante aussi. Le facteur glace, lui, est très virtuel car on n’en a pas vu encore, juste repéré un au radar. C’est vrai que c’est bizarre parfois d’être à 38 nœuds dans la nuit, avec une visibilité qui ne dépasse pas une longueur de bateau. Mais je suis super content d’être là et c’est normal que le Sud soit un peu stressant !
»

Le 09/12 à 2h TU : lat 53°46.56' S - long 78°20.28' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 400.51 mn.
 

09/12/15
Engagez vous
 
Hier soir, à 21h30, à 54°31 sud, Francis Joyon a de nouveau empanné pour rester au plus près de la route la plus courte.

Depuis une dizaine d'années, par sécurité, les skippers ne s'engageaient plus au delà des 51° sud. Francis Joyon, lui, le fait. Il sait très bien que c'est là que se forge le succès d'une tentative. La tendance de la voile moderne est plutôt de contourner les obstacles à très grande vitesse, quitte à rallonger la route. Pour mémoire, en 2011, au même moment, Banque Populaire V était positionné à moins de 500 milles de l'Australie, alors qu'Idec Sport est à 300 milles de l'Antarctique.

L'objectif de Francis Joyon est de rester à l'avant de la fameuse dépression venue de Madagascar, ce qui lui permettrait de rester dans sa stratégie : conserver la même trajectoire à plus de 30 nœuds.

Francis Joyon à 11h : « On n'est pas encore parvenu à passer du bon coté (de la dépression). Cela va se jouer dans les 12 heures, mais c'est en bonne voie. En meilleure voie qu'hier. Nos chances se sont nettement améliorées du fait qu'on a plongé si loin au sud de Heard et du fait que la dépression a un petit ralenti sa progression. Deux éléments qui font qu'on a de bonnes chances de réussir à passer du bon coté. On croise les doigts. C'est un truc important pour nous pour la suite du film. »

Le 10/12 à 2h TU : lat 53°35.04' S - long 97°46.24' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 205.14 mn.

10/12/15
Chevauchée fantastique
 
Ce matin, à 8h30 TU, Idec Sport ne compte plus que 107 milles nautiques de retard sur le record à battre. Il continue sa chevauchée fantastique, qui restera comme un modèle du genre, quelque soit le résultat final à Ouessant. Il est toujours positionné par 53° sud et navigue à la moyenne de 33 nœuds. Il pourrait faire jeu égal avec Banque Populaire V en fin d'après midi.

Il y a six jours, tout le monde croyait Francis Joyon dans les choux. Pour parvenir à un tel renversement, il a forcément pris beaucoup de risques, en navigant en dessous de la latitude 50° sud, depuis exactement le 4 décembre à 23h TU et en dessous de la latitude 52° sud depuis le 6 décembre à 4h35 TU. Du jamais vu en compétition entre Bonne Espérance et Leeuwin.

Le 11/12 à 2h TU : lat 51°26.44' S - long 117°55.04' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 56.78 mn.
 

10/12/15
Cap Leeuwin
Ce jeudi 10 décembre 2015, à 15 heures et 27 minutes TU, Spindrift 2 a dépassé la longitude 115° 08' 09" Est marquant le franchissement du cap Leeuwin, après 18 jours, 11 heures, 25 minutes et 2 secondes de mer depuis Ouessant. Il accuse un retard de 11 heures, 27 minutes et 44 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011, en 17 jours, 23 heures, 57 minutes et 18 secondes.

Idec Sport a franchi la longitude 115° 08' 09" du cap Leeuwin, le jeudi 10 décembre 2015 à 22 heures et 40 minutes TU, après 18 jours, 20 heures, 37 minutes et 38 secondes de navigation depuis Ouessant. Son retard est de 20 heures, 40 minutes et 20 secondes sur le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011 et de 9 heures, 12 minutes et 36 secondes sur Spindrift 2.

Au passage, Francis joyon fixe un nouveau temps de référence sur le tronçon cap des Aiguilles - cap Leeuwin, en 5 jours, 11 heures et 23 minutes, détronant ainsi Loïck Peyron qui avait mis 6 jours et 8 minutes pour parcourir la distance en 2011.

Au cap Leeuwin, la notion de retard est difficile à appréhender.
Si on ne considère que l'heure de franchissement de la longitude 115° 08' 09" Est, l'avantage est manifestement à Banque Populaire V. Mais les choses ne sont pas si simples car, à ce moment, la latitude des trois bateaux est très différente. Loïck Peyron est positionné sur la latitude 42° 17' sud, Yann Guichard à 50° 03' sud et Francis Joyon à 51° 43' sud.
Yann Guichard a un rapport temps / latitude plus favorable.

Et si on ne tenait compte que du restant à parcourir me direz vous ?
C'est une bonne idée, mais malheureusement la base de départ est, curieusement, là aussi très différente entre les trois trimarans : au point de départ à Ouessant, le compteur affichait un restant à parcourir de 24 460 milles pour Banque Populaire V, 23 387 milles pour Spindrift 2 et 22 461 milles pour Idec Sport. Soit une différence de 2000 milles ! Toute comparaison sur la distance restante serait donc sujette à caution.
Si on considère en plus le fait que l'orthodromie (distance la plus courte) est de 21 600 milles et que Loïck Peyron a parcouru en réalité 29 000 milles, on se rend compte que le problème devient insoluble.

Le franchissement du cap Horn sera un véritable juge de paix pour tous les concurrents puisqu'ils passeront sensiblement à la même latitude...

Ndlr : le site officiel d'Idec Sport annonce que le record de la traversée de l'indien a été battu. C'est une erreur puisque ce record WSSRC débute officiellement au cap des Aiguilles pour prendre fin au sud de la Tasmanie. Francis Joyon a simplement amélioré le temps de référence établi par Loïck Peyron en 2011, sur la distance cap des Aiguilles-cap Leeuwin. Ce qui n'enlève rien à la performance qu'il a réalisée.

11/12/15
Le bateau fait le fou
 
Francis Joyon : « On est bien content d'avoir battu le record de l'Indien (ndlr : simple temps de référence entre le cap des Aiguilles et le cap Leeuwin...) On est parti un petit peu mou au cap des Aiguilles parce qu'on avait une dorsale anticyclonique qui nous ralentissait et puis le fait de descendre très très sud a raccourci la route, cela a beaucoup aidé. L'équipage avait froid partout mais n'avait pas froid aux yeux pour descendre si sud. C'était la seule solution pour à la fois garder du vent et raccourcir la route.

Là on est à fond mais c'est vent de travers alors on se prend des paquets de mer, des embruns, le bateau fait vraiment le fou et c'est pas vraiment confort confort. On est avec du vent de nord qui est assez fort, 30 nœuds là. On va le garder pendant deux jours et ça permet d'avancer très vite. Dans le Pacifique, il y a encore une météo assez indécise. Il y a deux jours, on espérait avoir une belle trajectoire. Là ça semble un peu plus confus.
»

Le 12/12 à 2h TU : lat 51°05.24' S - long 139°03.48' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 107.66 mn.
 

12/12/15
À la pointe sud de la Tasmanie : distribution des prix
Spindrift 2 a dépassé la pointe sud de la Tasmanie, à la longitude 146° 49' Est, le samedi 12 décembre 2015 à 8 heures 39 minutes TU, après 20 jours, 4 heures, 37 minutes et 2 secondes de mer depuis Ouessant. Il est en avance de 2 heures, 34 minutes et 31 secondes sur le temps réalisé par Loïck Peyron en 2011.

Le trimaran améliore (provisoirement...) le record WSSRC de la traversée de l'océan Indien en 8 jours, 4 heures et 35 minutes. Il était détenu depuis 2011 par Loïck Peyron qui avait réalisé un temps de 8 jours, 7 heures et 23 minutes.

Cerise sur le gateau, il améliore le temps de référence sur le tronçon cap Leeuwin - Tasmanie en 1 jour, 17 heures et 12 minutes, qui était détenu par Franck Cammas depuis 2008.

Francis Joyon a franchi la longitude de la pointe sud de la Tasmanie le samedi 12 décembre 2015 à 10 heures et 21 minutes TU, après 20 jours, 8 heures, 18 minutes et 38 secondes de navigation depuis Ouessant. Il est en retard de 1 heure, 7 minutes et 5 secondes sur le temps réalisé par Loïck Peyron en 2011 et en retard de 3 heures, 41 minutes et 36 secondes sur le temps de Yann Guichard.

Idec Sport s'adjuge le record WSSRC de la traversée de l'océan Indien en réalisant un temps de 6 jours, 23 heures et 4 minutes, sur le parcours cap des Aiguilles - Tasmanie. Son chrono est inférieur de 1 jour, 5 heures et 31 minutes à celui réalisé 102 minutes plus tôt par Spindrift 2, éphémère détenteur.

Il établit également un nouveau temps de référence sur la distance cap Leeuwin - Tasmanie en 1 jour, 11 heures, 41 minutes, soit 5 heures et 31 minutes de moins que Spindrift 2.

12/12/15
Le Pacifique s'avère un peu compliqué
 
Francis Joyon : « On a fait notre meilleure journée (826 milles parcourus en 24 heures). On est super content, super heureux de voir qu'on a bien progressé. Depuis 24 heures on a filé avec la bonne toile sur l'avant du front. C'était sympa. Un peu violent au début.

On savait que Loïck
(Peyron) avait fait un très très bon temps à Bonne Espérance et un temps aussi très bon à Leeuwin, donc on n'imaginait pas être aussi bien placé à ce moment là. On est vraiment content de voir qu'on est dans le coup. C'est une vraie satisfaction de voir qu'on arrive à être dans le coup avec notre bateau.

Là on a un petit peu ralenti, depuis une heure, parce qu'on approche de la dorsale. On va glisser un petit peu à gauche de la dorsale et on reprendra de la vitesse au moins jusqu'après la Nouvelle Zélande. Il y aura peut-être quelques bords à tirer au portant.

Le Pacifique s'avère un peu plus compliqué parce qu'il y a une dépression au niveau du 50ème. L'idée la plus simple parait être de la contourner par le nord, seulement après on se retrouve au milieu du Pacifique et le raccord n'est pas vraiment visible pour redescendre après l'avoir contournée et rejoindre le flux d'ouest. Sinon il y a une autre route qui pourrait être le long de la banquise, par 60° de latitude sud. Ça on connait déjà...
»

Le 13/12 à 2h TU : lat 49°44.72' S - long 159°19.36' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 185.48 mn.

13/12/15
Les nordistes contre le sudiste
 
Francis Joyon : « Les vents qui étaient de nord-ouest nous permettaient de faire une route directe. Ils viennent de passer à l'ouest et de ce fait il faut commencer à tirer des bords. On va monter encore peut-être deux ou trois heures vers le nord et on empannera dans la nuit. On refera du tricotage vent arrière pour se positionner et passer la Nouvelle Zélande. On a à peu près 1 000 milles d'empannages devant nous.

Des dépressions sont situées assez nord et on attend un peu de voir exactement à quelles latitudes elles vont positionner, pour nous nous placer par rapport à elles. De toute façon, on n'a pas tellement le choix. Au moins pendant les 24 heures qui viennent on fera du vent arrière. Les prévisions météo ont le temps de s'affermir, d'être plus dans la réalité. Le Pacifique est un petit peu compliqué. Il n'y a pas une vraie circulation d'ouest comme on a eu au sud de l'océan Indien.
»

Le 14/12 à 2h TU : lat 51°03.52' S - long 174°12.80' E - Retard constaté par l'équipe sur le chrono à battre : 173.63 mn.
 

14/12/15
Antiméridien
Spindrift 2 a coupé la longitude 180° E/W à 11 heures 45 minutes TU, soit un chrono de 22 jours, 7 heures, 43 minutes et 2 secondes depuis Ouessant. Il enregistre une avance de 3 heures, 51 minutes et 10 secondes sur Banque Populaire V, le décalage en latitude n'étant pas pris en compte.

Idec Sport a passé la même marque à 11 heures 51 minutes TU après 22 jours, 9 heures, 48 minutes et 38 secondes de mer depuis Ouessant. Il a une avance de 1 heure, 45 minutes et 34 secondes, sur Banque Populaire V, le décalage en latitude n'étant pas pris en compte.