Trophée Jules Verne 2011
2012
   
Record de Loïc Peyron / Banque Populaire V ( page 1 / 2 )
 

Temps partiels
(depuis Ouessant)
Équateur Cap Bonne
Espérance
Cap des
Aiguilles
Cap
Leeuwin
Tasmanie Anti-
méridien
Cap
Horn
Équateur Ouessant
2012 - Loïck Peyron Banque Pop. V
5j 14h
55m 10s
11j 21h
48m 18s
11j 23h
49m 18s
17j 23h
57m 18s
20j 7h
11m 33s
22j 11h
34m 12s
30j 22h
18m 48s
38j 2h
45m 48s
45j 13h
42m 53s
 
Résumé
 
Loïck Peyron / Banque Populaire V
Loïck Peyron, ses 13 équipiers et le trimaran Banque Populaire V, ont coupé la ligne de départ virtuelle, située entre Ouessant et le Cap Lizard, le 22 novembre 2011 à 8 heures, 31 minutes et 42 secondes TU, pour tenter de ravir le Trophée Jules Verne à Franck Cammas, qui en était le détenteur, depuis 2010, à bord de Groupama 3, en 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes.

En ralliant la ligne d'arrivée à Ouessant le vendredi 6 janvier 2012 à 22 heures, 14 minutes et 35 secondes TU, après 45 jours, 13 heures, 42 minutes et 53 secondes de nagigation, ils se sont appropriés le Trophée Jules Verne et améliorent le temps du précédent record de 2 jours, 18 heures, 1 minute et 59 secondes.

Distance parcourue sur le fond : 29 002 milles, moyenne : 26.51 noeuds.

La recette d'une bonne tentative pour améliorer le record du Trophée Jules Vernes est assez simple... sur le papier... : il faut disposer d'un bon bateau, d'un bon équipage et d'une météo favorable. Loïck Peyron, charismatique remplaçant de Pascal Bidégorry, a eu toutes ces cartes en mains pour réaliser cette performance.

La descente de l'Atlantique nord, de l'Atlantique sud et la traversée de l'océan Indien furent exemplaires d'efficacité et de rapidité, le trimaran comptant trois jours et quatorze heures d'avance au Cap Leeuwin. Au passage de la Tasmanie, il a amélioré le record WSSRC de la Traversée de l'Indien.

Les champs d'icebergs et de growlers situés dans le Pacifique sud ont un temps entravé sa route en lui imposant le contournement par le nord de cette zone gigantesque, vaste comme l'Europe. Banque Populaire V a du laisser filer, dans son sud, la dépression qui le propulsait à grande vitesse vers le Horn, le laissant englué derrière une dorsale anticyclonique rétive.

Le bateau a engagé un véritable corps à corps avec cette barrière, qui se déplaçait vers l'est-sud-est, à la même vitesse que lui et impossible à franchir, que ce soit par le nord ou par le sud. La lutte a duré six jours, au cours desquels le matelas a significativement rétréci, l'avance n'étant plus que d'un jour et six heures au Cap Horn.

Loïck Peyron a pu reprendre sa chevauchée fantastique dans la remontée de l'Atlantique sud, avec un anticyclone de Sainte Hélène réduit à sa plus simple expression et un passage à l'Equateur dans un temps canon, qui lui a permis de s'adjuger le record WSSRC Équateur-Équateur, que détenait son frère Bruno.

Le maxi a rallié Ouessant, en traversant le Pot au Noir à vive allure et après avoir effectué un très grand détour, par le nord-ouest de l'Atlantique nord, afin de contourner l'anticyclone des Açores, confortablement installé en travers de la route.

Outre le prestigieux Trophée Jules Verne, Loïck Peyron et ses 13 compagnons se sont emparés de tous les temps intermédiaires au départ d'Ouessant, ne laissant à ses concurrents virtuels que quelques lots de consolation, sur des partiels plus ou moins consistants tels que le record WSSRC de la Traversée du Pacifique à Bruno Peyron, le temps de référence Cap Leeuwin-Cap Horn, le temps de référence Equateur-Ouessant et le très subsidiaire temps de référence Leeuwin-Tasmanie à Franck Cammas.

D'aucuns estiment que Banque Populaire V avait le potentiel pour boucler le tour du monde en 42 ou 43 jours ; temps qui aurait pu "tuer" le challenge. Les circonstances de course en ont décidé autrement.

Equipage :

Hors quarts
Loïck Peyron, skipper et Juan Vila, navigateur embarqué, responsable électronique/informatique.
Quart n°1
Jean-Baptiste Le Vaillant, chef de quart, responsable voiles ; Kévin Escoffier, barreur/régleur, responsable vidéo et structure ; Xavier Revil, barreur/régleur, responsable avitaillement et vie à bord ; Florent Chastel, numéro 1, responsable médical et gréement courant/dormant.
Quart n°2
Frédéric Le Peutrec, chef de quart ; Emmanuel Le Borgne, barreur/régleur, responsable médical et composite ; Thierry Duprey du Vorsent, barreur/régleur, responsable mécanique et énergie ; Ronan Lucas, numéro 1, responsable sécurité.
Quart n°3
Yvan Ravussin, chef de quart, responsable composite ; Brian Thompson, barreur/régleur ; Pierre-Yves Moreau, régleur, responsable mécanique et hydraulique ; Thierry Chabagny, numéro 1, barreur/régleur, responsable accastillage et voiles.
   
Routeur
Marcel van Triest
 
 
-
Loïck Peyron : « En passant la ligne, on s'est fait la bise en se disant merci pour cette petite promenade. On dit souvent merci aux marins parce que ça veut dire beaucoup. »
-
Franck Cammas : « Ils ont une bonne équipe, un bon bateau et ont fait un super boulot. Ce n’est jamais facile de faire ça. Le record devait bien être battu un jour, et c’est un bon moment pour le battre. »
-
Bruno Peyron : « Beau boulot, bien joué ! C'est propre, j'aime bien. Là, Loïck me venge de Cammas, c'est très bien, et j'ai envie de dire que si on nous le reprend, on y retournera ! »
-
Olivier de Kersauson : « C'est vraiment très bien ce qu'ils ont fait. C'est même exceptionnel. Le trophée Jules-Verne est un parcours ultime, c'est le record de référence. »
-
David Douillet, Ministre des sports : « La France est très fière de l'exploit que vous avez réalisé. C'est un véritable exemple pour les sportifs Français en cette année olympique. Vous êtes la preuve vivante qu'en équipe, ensemble, avec un objectif commun, on peut tout espérer et tout gagner. »
-
Premier Ministre : « Le service de presse de Matignon indique que le premier ministre François Fillon a adressé ses plus vives félicitations à Loïck Peyron et à ses équipiers. Cette victoire porte la signature d'un grand navigateur et d'une équipe de marins d'exception. Elle est aussi la marque de la très grande qualité de la voile française. »
-
Présidence de la République : « Le Président de la République s'est entretenu par téléphone avec Loïck Peyron pour lui adresser, ainsi qu'à l'ensemble des membres de son équipage, ses plus chaleureuses félicitations. Au terme de 45 jours de navigation passés à bord de l'unique et immense trimaran Banque-Populaire, Loïck Peyron, accompagné de ses 13 coéquipiers, devient, avec près de trois jours d'avance, le nouveau détenteur du Trophée Jules-Verne. Ce fabuleux exploit marque l'aboutissement d'une extraordinaire aventure humaine digne des plus grandes épopées du monde de la navigation.»
 
 
Compte rendu au jour le jour
 
 
de Ouessant à l'antiméridien
 
04/11/09
Bruno Peyron : « 45 jours, c'est possible »

Cela fait presque quatre ans que votre record tient. Pourquoi une telle longévité ?
« Ces records-là ne sont pas faciles à accrocher car il faut réunir un certain nombre de facteurs pour être en position de l'approcher, puis de le battre. L'heure est peut-être venue de le voir battu. On verra dans trois mois, mais je pense que les deux bateaux actuels, Groupama et Banque Populaire, sont en mesure d'y arriver. »

Que faut-il comme ingrédients pour réussir un tour du monde parfait ?
« D'abord, avant de penser à battre le record, il faut le finir. Et pour finir, il ne faut pas casser. Dans la hiérarchie de mes priorités, j'ai toujours privilégié la fiabilité du bateau, donc j'ai toujours augmenté les coefficients de sécurité de mes multicoques, quitte à être plus lourd que les autres. Autour du monde, il faut du solide car, dans le Grand Sud, il faut aussi un bon équipage, une bonne météo, de la chance. »

Où peut-on grignoter du temps ?
« Dans le choix du départ, forcément, qui permet de gagner un, voire deux jours à l'Équateur. Ensuite, il y a le passage important de l'anticyclone de Sainte-Hélène. Dans l'Indien et le Pacifique, tu peux également grignoter du temps. Nous, on avait eu une météo excellente entre le Cap Horn et l'Équateur, mais une dernière partie très mauvaise entre l'Équateur et l'arrivée. Là, on avait perdu quasiment trois jours. Oui, en 2005, on aurait pu tourner en 47 jours, sans pousser le bateau. Avec notre catamaran optimisé, il est possible de faire le tour en un peu moins de 45 jours. »

Si demain, votre record est battu, y retournez-vous pour le récupérer ?
« Ça commence à me titiller d'y retourner! Avec le catamaran (ndlr: ex-Orange 2, dont il est propriétaire), je sais que j'en ai encore sous le pied, je sais où je peux l'alléger. La marge de progression est grande avec notre plate-forme. Cela dit, je souhaite que mon record soit battu... Pas de dix jours, mais de deux minutes (rires). Car l'envie d'y retourner est toujours là. Le bateau existe et il reste l'engin le plus rapide autour du monde. D'ailleurs, il vient d'être remis en chantier il y a deux semaines dans la perspective de disputer la Route du Rhum 2010. Je me dis que c'est la bonne période pour qu'un nouveau partenaire embarque à mes côtés afin de se présenter au départ des grands records océaniques comme le Trophée Jules-Verne. »

Source : letelegramme.com
 
07/06/11
Loïck Peyron à la barre de BP5 - Comuniqué du team Banque Populaire : Ce jour à Paris, lors d’une conférence de presse, Olivier Klein, Directeur général Banque Commerciale et Assurance du Groupe BPCE a annoncé la nomination de Loïck Peyron comme skipper du Maxi Banque Populaire V. Le Baulois aux 42 transats et aux 3 tours du Monde mènera donc le plus grand trimaran de course océanique jamais construit pour la prochaine tentative de Trophée Jules Verne de la Banque de la Voile. Au sein du Team Banque Populaire, dirigé par Ronan Lucas, Loïck Peyron rejoint Jeanne Grégoire et Armel Le Cléac’h.

Olivier Klein, Directeur Général Banque Commerciale et Assurance du Groupe BPCE a d’ailleurs souligné, lors de la conférence de presse, la cohérence du choix de Loïck Peyron. « Le Maxi Banque Populaire V est une illustration du credo qui anime les Banques Populaires : la confiance dans la volonté des hommes de se réaliser à travers leurs projets et leur travail, leur envie de se dépasser, leur engagement personnel, comme leur esprit d'équipe. Tous les jours, dans nos régions, les Banques Populaires accompagnent des personnes entreprenantes et audacieuses pour leur permettre de concrétiser leur envie d’agir. Ce projet démontre aussi le goût de la Banque de la Voile pour les défis. Loïck Peyron, par son parcours exceptionnel et son goût des challenges nous a semblé le parfait candidat pour mener ce navire si emblématique de notre entreprise. »

Loïck Peyron, pour sa part, a déclaré être « très heureux de se voir confier un si beau projet au sein d’une équipe de grande qualité ». Il a aussi « remercié la Banque Populaire, ce sponsor historique de la voile en France, de sa confiance».
 
08/06/11
Loic Peyron
Loïck Peyron : « Skipper Banque Populaire V est un honneur »

Loïck, en voilà une nouvelle aventure, qu’est-ce qui vous a fait accepter un tel défi alors que vous rentrez déjà à peine d’un tour du monde ?
« Je rentre effectivement d’un tour du monde avec mon grand Jean-Pierre (Dick), en monocoque et en double. Et puis, à l’arrivée, le constat était simple : je venais de faire mon 3e tour du monde, d’une manière différente. Le premier, il y a 20 ans, seul et en monocoque (le Vendée Globe) ; le deuxième c’était il y a 10 ans, en équipage et en grand catamaran pour The Race ; et puis là c’était en double en monocoque (la Barcelona World Race). Je n’ai pas encore fait le tour du monde en mode record sur un grand trimaran, eh bien voilà, ça va être chose faite je l’espère dans quelques mois… »

Votre arrivée au sein de cette équipe est aussi la conséquence d’une situation singulière, avec un skipper débarqué !
« C’est en effet un héritage un peu compliqué. L’équipage se demandait qui allait venir, j’espère qu’il a eu une heureuse surprise. Mais c’est un honneur pour moi de porter les couleurs de cet armateur, dans la voile depuis 22 ans, dont je suis contemporain et dont j’ai souvent été concurrent. Toute l’équipe a réalisé un travail magnifique, et Pascal en particulier. Le bateau est fantastique, et fait déjà partie du patrimoine maritime français ! Vu de l’étranger, et j’y suis souvent, ce genre de chose est totalement extraterrestre ! Peut-être avec des choses un peu compliquées, c’est vraiment une extrapolation complète d’un 60 pieds, contrairement à Groupama 3 (le détenteur du record) qui était extrêmement simplifié, mais j’aime bien. »

Banque Populaire a fixé à trois tentatives pour décrocher le Jules-Verne. Déjà deux de passées avec Pascal Bidégorry…
« C’est logique ! Une des justifications de ces grands bateaux, c’est le Jules-Verne, les aléas météo et d’autres choses ont fait que ça n’a pas fonctionné, peut-être même que ça ne fonctionnera pas la prochaine fois. Il faut une certaine humilité face aux sports mécaniques ! Il n’y a aucune certitude, nulle part. On sera à peu près sûrs de prendre un départ en début d’hiver, et on verra bien la suite. Ca fait 30 ans que je vis sous cette pression-là. Je le sais tellement bien depuis toujours que je sais composer avec ça. Et l’échec fait partie du jeu, même si c’est très décevant. Quand on sait qu’on dispose d’un potentiel humain et technique, c’est toujours frustrant de ne pas atteindre l’objectif. »

The Race, course en maxi-catamaran, et le Trophée Jules-Verne, record en maxi-trimaran, ça change beaucoup ?
« Être en record change tout. Et depuis dix ans, les évolutions mécaniques sont telles que c’est un bonheur d’avoir la chance d’être sur un bébé comme celui-là… C’est monstrueux, dans tous les sens du terme. C’est gigantesque, c’est une consécration de l’intelligence humaine impressionnante. Sincèrement. Ca a été un vrai boulot et là, pour le coup, je rends un grand coup de chapeau à Pascal Bidégorry qui a été l’initiateur de ce grand navire et que j’ai la lourde charge de remplacer. »

Galoper après le temps est moins marrant que de se confronter à un concurrent, non ?
« Quand on suit virtuellement les records, on a aussi la position virtuelle de celui qui est passé avant vous. On a aujourd’hui les outils informatiques pour savoir précisément où était l’autre, au même temps. Donc, on l’a, le concurrent. Et on l’a même de telle manière que l’on sait, si on est pris dans la pétole, que lui deux ans plus tôt avait 35 nœuds, et qu’il allait plus vite. C’est ça qui fait mal à la tête. C’est impitoyable. Et l’aspect aléatoire de la météo fait que jusqu’au dernier moment, ça peut passer. Ou pas… »

C’est ce projet technologique, qui vous séduit avant tout ?
« J’ai cette chance d’être perpétuellement curieux, j’ai toujours cette soif d’apprendre et de partager, deux choses qui vont ensemble, je trouve. Je suis ravi de rentrer dans une grande famille de la voile, une famille qui est dans la voile depuis 22 ans, et contre laquelle j’ai beaucoup couru. C’est un vrai projet, une vraie histoire de team avec le bateau de Vendée Globe pour Armel Le Cleac’h, le Figaro de Jeanne Grégoire. Et l’aspect mécanique des choses est passionnant. Enfin, avoir la chance de skipper le plus grand trimaran de course au monde ne nuit pas. Et puis, c’est avant tout une histoire humaine, même si ce n’est pas drôle de se retrouver les uns sur les autres trempés, à 35 nœuds dans une coque qui fait deux mètres de large, ça reste toujours des bons moments quand ça se finit. »

Vous en avez des victoires au palmarès. Et là, vous partez sur un truc qui est tellement lié à l’incertitude météo, que ça devient un risque, non ?
« C’est tout le truc. Mais si les marins étaient sûrs de la météo, et d’arriver de l’autre côté sans casse, ils ne feraient peut-être plus de bateau ! On ne court pas après le risque en permanence, on est loin d’être des chiens fous, au contraire, c’est extrêmement mesuré, mais aléatoire. Mais c’est vrai qu’on aimerait bien se passer de ce côté aléatoire, c’est toujours frustrant de casser, comme c’est arrivé sur ce bateau-là l’hiver dernier, et tout le monde est rentré la queue basse. Ce n’est pas grave. Il faut mettre toutes les chances de notre côté. Une machine exceptionnelle, un équipage performant, une fenêtre météo, et en avant… »

L’équipage est déjà constitué…
« J’ai souvent été Max le Ferrailleur dans ma carrière. J’ai souvent récupéré des bateaux « d’occasion ». Et je les ai bonifiés, comme ça a été le cas de Fuji, du vieux Lada. Et à chaque fois, ou quasiment à chaque fois, j’ai fait en sorte de garder les hommes qui avaient bossé dessus. C’est normal, un bon équipage n’est certainement pas une addition de castings officiels, avec des résultats. Quand on fabrique un équipage, qu’on part de zéro, d’une page blanche, c’est très différent et peut-être que je n’aurais pas composé exactement celui-là. Mais à condition d’avoir vraiment le temps de s’entraîner. Là, avec la valeur des gens qui sont à bord, qui sont de très bons marins, qui connaissent parfaitement bien le bateau pour en être responsables à différents postes… La première erreur à faire aurait été de dire : « Je n’ai pas besoin de ces gens-là. » Non seulement je n’y pense même pas, mais en plus ce serait une énorme bêtise. J’ai découvert et l’équipage, et le bateau, en naviguant pour la première fois hier après-midi (lundi) à bord au large de Lorient. Je connais déjà une grande partie de l’équipage, mais à terre. Il faudra s’adapter aux disponibilités de chacun, mais ce serait une erreur fondamentale que de changer les meilleurs ouvriers de France, en tous les cas les meilleurs spécialistes de ce bateau-là. »

Pas de modifications majeures, donc ?
« J’apporterai éventuellement ma petite touche personnelle, en amenant éventuellement un personnage qui est un grand marin, qui doit faire un tour du monde dans sa vie et qui ne l’a toujours pas fait. »

???
« Cherchez ! Je n’en dirai pas plus sinon il se reconnaîtra tout de suite et je ne veux pas l’effrayer. »

Qu’est-ce que ça a d’effrayant, un tour du monde en multicoque ?
« Ce n’est pas simple. Déjà, faire du multi en course est quelque chose d’assez difficilement descriptible, une des manières les plus stressantes de faire du bateau parce que c’est très bruyant, parce que ça bouge dans tous les sens… Même si cette machine-là, le maxi Banque Populaire V est un truc incroyable, il n’empêche que ça peut chavirer en quelques secondes, casser évidemment. Après, il y a aussi cet aspect d’aventure incroyable ! C’est une aventure humaine, au large, qui doit durer plus de 40 jours, moins de 48 si possible (le record de Groupama 3 est de 48 jours, 7 heures et 44 minutes), et tout ça, même pour des gens qui connaissent bien le multi pais pas la vie au large sur une grande période peut être rebutant. »

Source : Olivier CLERC pour Ouest France
 
10/10/11
Loic Peyron
Loïck Peyron présente l'équipage du Trophée Jules Verne :

Loïck Peyron se définit avant tout comme un chef d'orchestre : « Un chef d'orchestre doit savoir écouter, beaucoup, et si possible être extrêmement bien secondé par tous les solistes. Un équipage a besoin d'être guidé, pour bien jouer ensemble, il faut regarder dans la même direction. Mon rôle est donc d'imprimer un rythme, une ambiance, une confiance. Pour faire un bel orchestre, il faut de bons musiciens. La musique est belle, l'instrument est incroyable. »

L'équipage est composé de 14 hommes : 1 skipper et 13 équipiers :

Hors quart
Loïck Peyron, skipper (remplace Pascal Bidégorry)
Juan Vila, navigateur embarqué, responsable électronique/informatique

Quart n°1
Jean-Baptiste Le Vaillant, chef de quart, responsable voiles (remplace Jérémie Beyou)
Kévin Escoffier, barreur/régleur, responsable vidéo et structure
Xavier Revil, barreur/régleur, responsable avitaillement et vie à bord
Florent Chastel, numéro 1, responsable médical et gréement courant/dormant

Quart n°2
Frédéric Le Peutrec, chef de quart
Emmanuel Le Borgne, barreur/régleur, responsable médical et composite
Thierry Duprey du Vorsent, barreur/régleur, responsable mécanique et énergie (remplace Erwan Tabarly)
Ronan Lucas, numéro 1, responsable sécurité

Quart n°3
Yvan Ravussin, chef de quart, responsable composite
Brian Thompson, barreur/régleur
Pierre-Yves Moreau, régleur, responsable mécanique et hydraulique
Thierry Chabagny, numéro 1, barreur/régleur, responsable accastillage et voiles

Marcel van Triest, routeur à terre
 
Equipage Banque Populaire V
photo © www.christophepaucellier.com/
 
 
31/10/11
Banque Populaire V à Brest - Le Maxi Banque Populaire V a quitté son port d'attache lorientais aux alentours de 10h30 ce lundi matin, direction le port du Château à Brest. Moins de 6 heures plus tard, le multicoque skippé par Loïck Peyron est amarré... A présent, il n'y a plus qu'à attendre que la météo lui permette de s'élancer autour du globe.
 
Le convoyage de Lorient à Brest, reportage de France 3 Bretagne.
 
Banque Populaire V
photo © Yannick Le Bris
 
03/11/11
Loic Peyron
Départ imminent ? - Une fenêtre permettant au trimaran de tenter le record autour du monde semble s’ouvrir dans l’Atlantique. Un départ ponton de Brest est donc envisagé demain, vendredi, suivi - probablement - d’un franchissement de ligne.
Loïck Peyron : « Nous regardons très attentivement les systèmes météo dans l’Atlantique Nord et l’Atlantique Sud et constatons que les prévisions dans le Sud sont très bonnes à 10-12 jours mais qu’en revanche il y a une sorte d’irrégularité dans les prévisions de l’Atlantique Nord. Il y a encore quelques jours la situation était bonne, mais elle se dégrade au fil du temps. Notre problématique actuelle est la suivante : pour le moment nous n’avons que très peu de vent pour partir de Ouessant (alors qu’en général on part dans des conditions de brise pour un Jules Verne), et si nous n’arrivons pas à « décoller » assez vite de cette zone, nous nous retrouverons bloqués au niveau des Canaries. Maintenant, il y a tout de même une opportunité, un petit trou de souris à saisir, car si on arrive à « décoller » de Ouessant, on pourra réussir à attraper la dépression à temps et arriver à l’Équateur puis dans le Sud dans de très bons temps. Ce qui est probable, c’est que nous prenions du retard au début, car la situation en Atlantique Nord nous oblige à tricoter, mais nous sommes prêts à prendre ce risque car il peut en valoir la peine ! Enfin, nous gardons à l’esprit, comme je l’ai toujours dit, qu’un retour au ponton sans franchissement de ligne est possible, de même qu’après avoir franchi la ligne, nous pouvons constater que nous sommes vraiment trop en retard et que nous n’arriverons pas à attraper la bonne situation dans l’Atlantique Sud, nous déciderons donc de rentrer à Brest. Nous sommes début novembre, nous pouvons donc nous permettre de partir et revenir dans moins d’une semaine. »
 
 
04/11/11
Loïck Peyron : « Non, nous ne partons pas. C'est un peu le contraire de la Jacques-Vabre : il y a quelques jours la course n'est pas partie parce qu'il y avait trop de vent, nous c'est parce qu'il n'y en a pas assez. »
 
Loïck Peyron
 
Banque Populaire 5
photos © Yannick Le Bris
 
21/11/11
Loic Peyron
BPV a quitté Brest : Banque Populaire V pourrait franchir la ligne de départ, mardi entre 4 et 7 du matin. (heure locale). Loïck Peyron : « Les fichiers météo reçus ce matin rejoignent les prévisions que nous avions. Il y a en effet un grand front, très étalé entre l’Irlande et le Portugal qui arrive et il serait fou de ne pas tenter de partir. Nous quitterons donc le port avant la tombée du jour, vraisemblablement vers 17h et attendrons tranquillement devant la ligne de départ. Car jusqu’aux environs de 20h, il y aura peu de vent et il ne sera pas assez bien orienté, nous allons donc attendre qu’il passe nord-ouest et se renforce. Pour le moment, ce qui est certain, c’est que nous allons partir dans des conditions météo humides, avec un vent léger qui va très vite se renforcer au large du Cap Finisterre. Mais comme on ne peut pas tout avoir, ce vent fort ne sera pas parfaitement orienté, il nous faudra tirer des bords entre le Portugal et Madère. »
 
Equipage de Banque Populaire V 2011
Banque Populaire V
photos © Yannick Le Bris
 
22/11/11
Loic Peyron
Top départ : le trimaran Banque Populaire V a franchi la ligne de départ ce matin à 8h 31' et 42" GMT ( 9h 31' 42" heure locale). Pour remporter le Trophée Jules Verne, Loïck Peyron et ses 13 équipiers devront être revenus avant le 9 janvier 2012 à 17h 15' et 34".
Loïck Peyron : « On va avoir des conditions classiques à Ouessant, avec une vingtaine de nœuds, mais derrière ça va monter assez vite. En quatre/cinq heures, on sera dans les trente nœuds. Si les fichiers météo sont bons, on devrait avoir une quarantaine de nœuds au Cap Finisterre. C'est comme tous les départs, on cherche du vent et forcément il y aura de la vague. Ca va remuer. Pour le plus long terme, on regarde le temps à l'Équateur. Pour le moment ça nous fait un chrono de cinq jours et demi, espérons que ça reste comme ça, que les fichiers se confirment dans les jours qui viennent. Derrière on regarde une tendance qui pourrait nous mener dans les treize jours au cap de Bonne Espérance. »
Il s'agit de la de la 1ère tentative pour Loïck Peyron et de la 2ème pour BPV.
 
23/11/11
Tout va bien - Loïck Peyron : « Ça avance vite, nous sommes au large du Portugal et tout va bien, avec enfin un petit peu de soleil, de la mer assez formée. On est à 34-35 nœuds. On ne s'en lasse jamais de voir des chiffres ahurissants sur ces bateaux là. On eu a pal mal de vent depuis le départ, 25, 25, 30 nœuds. C'était vraiment parfait. Le vent va mollir tout doucement. Tout l'équipage est sur le pont, c'est le changement de quart, il est midi. On va en en profiter pour changer de voile. Pour l'instant à l'avant, on a la plus petite voile, le plus petit gennaker, le string. On va le changer par le gennaker medium avec lequel on va aller tout près du nord des Canaries, puis empanner en début de nuit. Et demain matin on changera pour une voile un peu plus grande. L'empannage sur un bébé comme BP V est quelque chose qui se prépare longtemps à l'avance. Il y a beaucoup de choses à faire. L'angoisse de l'empannage vient des lattes de la grand-voile. Il faut faire extrêmement attention car nous sommes très chargés. Le bateau est très lourd car nous avons toute la nourriture pour 45 jours de tour du monde. Il faut soulager le bateau, le respecter. » Bilan du jour 1 - distance parcourue : 647.9 mn - moyenne : 27 nds - avance : 150.70 mn
 
24/11/11
Ça sent les Tropiques - Loïck Peyron : « Le trimaran a été mené durement depuis 2 jours. On a de la mer un petit peu cassante, cela stresse un peu de voir sauter un gros bébé comme ça de vague en vague. On est en train de longer la bordure sud de l'anticyclone des Açores, en contournant les Canaries par le nord pour ne pas passer dans l'archipel et éviter ainsi le dévent. Le vent va mollir, on va perdre pas mal de terrain pendant les 4 heures qui viennent. On ne progresse pas du tout vers le but, on est à 90° du but. On fait de l'ouest au lieu de faire du sud. C'est un investissement, il faut perdre un peu de terrain pour gagner dans l'ouest pour retrouver une bonne force de vent à terme, mais surtout une direction plus intéressante. On ne vise pas le meilleur partiel à l'Équateur. C'est peut-être faisable, mais c'est pas sûr du tout. Par contre les prévisions à plus long terme pour l'Afrique du Sud semblent être assez optimistes. Nous pouvons être dans les temps, sans faire mal au bateau, ni aux bonhommes. En fin de journée, comme ça a tapé un peu depuis le départ, on va checker le gréement, voir si il y a des entrées d'eau dans les flotteurs. » Bilan du jour 2 - distance parcourue : 636 mn - moyenne : 26.5 nds - avance : 224.20 mn
 
 
25/11/11
Ça va très vite - Loïck Peyron : « Ça a été compliqué toute cette fin de nuit avec beaucoup de grains, beaucoup d'orages, beaucoup de changements de voiles. Il y avait trop de vent, un vent un peu plus pointu que prévu, un peu plus est, voire même sud-est, en provenance du Sénégal. Une direction assez rare ici, une sorte d'alizé est. C'était assez inespéré. Cela nous permet d'aller très vite, mais par contre, plus on accélère, plus on réduit la surface de voile. On était encore en fin de nuit avec le gennaker médium et la grand voile haute. Et puis on est passé jusqu'à un ris et trinquette. Beaucoup de manoeuvres depuis ce matin, on renvoie la grand voile. Cela nous permet d'avoir une jolie vitesse mais aussi un beau décalage dans l'ouest qui nous servira plus tard. C'est toujours intéressant de se décaler un peu loin dans l'ouest du dévent des îles du Cap Vert, que l'on passera vers 3-4 h du matin. Pour l'instant on est en avance sur les références. Théoriquement on devrait passer l'Équateur en moins de cinq jours et demi si tout se passe bien. Donc tout va bien. La météo s'en mêle de belle manière. Ça se passe pas mal du tout. » Bilan du jour 3 - distance parcourue : 525.60 mn - moyenne : 21.9 nds - avance : 136.20 mn
 
26/11/11
Avant le Pot - Florent Chastel : « On a changé un peu de cap, on a changé le point de passage du Pot au noir. Les gourous des nuages nous ont trouvé un petit trou où aller se faufiler. On a reloffé un peu plus. Là on est gv haute, solent, entre 100-110° du vent avec une vingtaine de nds de vent, et on avance à 32-33 nds. La mer est plutôt plate, ça tape pas, c'est super agréable. On tient des moyennes hallucinantes. Dès qu'il y a un peu d'air, on est tout de suite au dessus de 30 nds et tout cela sereinement, sans forcer, sans tirer sur le truc. C'est un marathon donc on ne va pas commencer à bourriner. Juste en navigant propre et en utilisant la machine comme il faut, c'est vraiment un régal. Pour l'instant on profite d'un flux régulier, les alizés, qui au bout d'un moment vont se stopper et tout le problème est de réussir à passer le pot au noir, zone entre les alizés du nord et les alizés du sud. On devrait l'attaquer dans la nuit, toujours avec beaucoup beaucoup de ... pas d'appréhension, mais on ne sait jamais trop à quelle sauce on va être mangé là dedans. On peut prendre le mauvais nuage et que cela prenne un peu plus de temps que prévu. »
Bilan du jour 4 - distance parcourue : 656 mn - moyenne : 27.33 nds - avance : 303.10 mn
 
 
27/11/11
En plein dans le Pot : à 8h45 TU, il restait 300 mn à parcourir au maxi-trimaran V pour passer l'Équateur. Le team BPV annonce que ce franchissement de la latitude 0°, pourrait s'effectuer aux alentours de 24h, ce qui permettrait à Loïck Peyron de réaliser un temps assez proche du temps de référence établi, en 2009, par Franck Cammas en 5 jours, 15 heures, 23 minutes et 11 secondes. A 9h45 TU, le trimaran évoluait à la vitesse instatannée de 15.2 nds avec une VMG de 9.9 nds.
Loïck Peyron : « On est dans des alternances de grains. Il y a beaucoup de manoeuvres sur le pont, beaucoup d'eau, on est passé à travers des grains un peu compliqués. On n'a jamais eu du vent aussi fort que ça. C'est un Pot au noir très très actif qu'on subit maintenant depuis près de 24 heures, un petit peu long, un petit peu usant. On a hâte d'en sortir rapidement. Normalement on en sort dans quelques heures. Sur notre tableau de marche, on est à peu près comme il faut, on est là ou il faut et avec un sud qui s'annonce de plus en plus intéressant. En tous cas avec un beau potentiel. »
Bilan du jour 5 - distance parcourue : 453.70 mn - moyenne : 18.90 nds - avance : 115.20 mn
 
27/11/11
Franchissement de l'Équateur : le trimaran Banque Populaire V a dépassé la ligne de partage des deux hémisphères le dimanche 27 novembre 2011 à 23 heures, 26 minutes et 52 secondes TU soit après 5 jours, 14 heures, 55 minutes et 10 secondes de navigation depuis Ouessant.
Il améliore ainsi de 28 minutes et une seconde le temps de référence de 5 jours 15 heures 23 minutes et 11 secondes réalisé par Franck Cammas, à bord de Groupama 3, lors de sa tentative 2009.
A noter qu'il s'agit d'un temps de passage référentiel qui n'est pas inscrit dans les tablettes du WSSRC, organisme certificateur international des records à la voile.
Par ailleurs, Loïck Peyron compte 4 heures, 11 minutes et 37 secondes d'avance sur le temps de passage à l'Équateur réalisé par Franck Cammas lors du record 2010.
 
 
28/11/11
Désirs d'avenir - Jean-Baptiste Le Vaillant : « Juste avant minuit, une petite sauterie a été organisée pour fêter le passage de l'Équateur. Les conditions météo, le vent, le routage nous ont bien aidés à battre le record de Franck Cammas. En ce moment on est à 70-80 ° du vent, la mer un peu de face, au reaching. L'allure où la mer n'est pas très confortable. Ça gigote pas mal dans le bateau. »
Marcel Van Triest, routeur à terre : « C'était un peu serré, ils ont battu le temps absolu à l'Équateur de très peu. Cela avait l'air très faisable au niveau des Canaries, mais on a eu un Pot au noir très large. Du coup on a pris un peu plus de retard que prévu et cela a été limite. L'anticyclone de Sainte-Hélène a l'inconvénient d'être relativement sud, bien fort, bien gros, mais il y a de bonnes conditions de circulation autour. Donc cela ne pose pas trop de problème. La seule inquiétude pour l'instant, c'est est-ce qu'il faut aller trop dans le sud pour faire le tour de l'anticyclone. Le passage à Bonne Espérance se fera en moins de 13 jours avec une forte probabilité que ce soit en dessous de 12.5. »
Bilan du jour 6 - distance parcourue : 545.50 mn - moyenne : 22.73 nds - avance : 83.90 mn
 
29/11/11
Samba Brésilienne - Loïck Peyron : « Nous sommes au large du Brésil dans de beaux alizés. On va encore longer les côtes pendant 24 heures pour contourner l'anticyclone de Ste-Hélène par l'ouest. Au fur et à mesure que l'on descend au sud, le vent et la mer s'orientent plus favorablement pour le bateau. Là, le vent est presque nord-est, on est à 28-30 nds. Il faut être vigilent sur le pilotage car BPV a été construit pour être extrêmement rapide. Il est léger, très long, très toilé, mais pas très large en proportion avec un 60 pieds. Si on fait une erreur de barre, si les équipiers aux écoutes ne réagissent pas, il est très facile de s'envoler sur un flotteur, de lever la coque centrale hors de l'eau et de chavirer. Nous aurons un peu moins de vent lorsque nous passerons l'axe de la dorsale anticyclonique et nous en profiterons pour checker le mât, à l'intérieur et à l'extérieur. Le grand sud s'annonce bien. On a la confirmation que le passage à Bonne Esperance est totalement dégagé. Il n'y a aucune glace nulle part, ni dans l'Atlantique sud, ni dans l'Indien. Notre trajectoire sera un peu plus coulée que celle de Franck Cammas en 2010. »
Bilan du jour 7 - distance parcourue : 672.80 mn - moyenne : 28.03 nds - avance : 188 mn
 
 
30/11/11
En vacances... - Loïck Peyron : « Comme prévu, cela va un peu moins vite et cela va encore mollir cet après-midi. C'est la raison pour laquelle on est en grande manœuvre de check. Avant-hier, on a fait une pointe à 45nds. BP V est incroyable car il a l'accélération d'un petit bateau avec la puissance d'un gros. Cela ressemble un peu trop à des vacances aujourd'hui. Dans quelques jours cela va changer clairement et peut-être qu'à ce moment on voudra échanger notre place pour la votre mais pour l'instant ce n'est pas le cas. On reçoit toutes les heures notre position et celle de Franck en référence. Ce qui fait que l'on voit où ils sont. Là on capitalise. On sait que l'on a de l'avance que nous allons faire fructifier, en toute sécurité de manière fiable. On ne mène jamais le bateau à 100%. 90% de son potentiel sont suffisants aujourd'hui pour augmenter cette avance. Le problème est la fiabilité. La seule angoisse permanente est un, casser quelque chose à bord, et deux, rencontrer n'importe quel objet flottant. Le sud à l'intérêt d'être un peu plus viril, musclé. On est tous là pour ça. Avec la température qui descend, c'est l'émotion qui monte. » Bilan du jour 8 - distance parcourue : 717.40 mn - moyenne : 29.89 nds - avance : 281.20 mn
 
01/12/11
Un vrai bonheur - Yvan Ravussin : « La fraicheur s'est installée dans la nuit et on a remis une couche. On est passé du gennaker à la trinquette et on va établir le string dans quelques heures. C'est relativement plat. On a une petite houle de 2.5m. On a 28.7 noeuds de vent sur la zone et le bateau avance à 36 noeuds. La météo est avec nous. On a d'excellentes conditions et on prend énormément de plaisir à la barre pour faire de bonnes parties de glisse. Le bateau est magique. La sensation d'accélération de vitesse est unique. C'est un vrai bonheur. Ce sera difficile de revenir à des bateaux plus petits. Le vent va forcir jusqu'à près de 30nds. On va pouvoir allonger la foulée tout en préservant le bateau. Le secret de ce tour est de faire les trajectoires les plus courtes possibles et là, sur le premier quart de parcours, on est bien partis pour réaliser cet objectif. La météo est avec nous. On ne va pas s'en plaindre. On devrait passer Bonne Espérance dans 2.5 jours. Les compteurs sont au vert. Tout le monde est heureux de pouvoir avancer dans des conditions idéales pour grappiller des jours sur le record, qui sera néanmoins difficile à battre. » Bilan du jour 9 - distance parcourue : 689.40 mn - moyenne : 28.73 nds - avance : 463.80 mn
 
 
01/12/11
Olivier de Kersauson : le double détenteur du TJV a déclaré, sur Europe 1, que Loïck Peyron a, avec Banque Populaire V, la capacité d'améliorer d'une semaine le record établi par Franck Cammas en 2010.
 
02/12/11
Quarantièmes rugissants - Loïck Peyron : « Là ce n'est plus du tout la croisière. Depuis presque 24 heures on est dans les 40èmes rugissants, qui rugissent pas mal. Il y a 30-35nds de vent et on est à 30-35nds de vitesse, dans une eau à 8° et cela ne fait que chuter. On a été accueillis pas quelques albatros hier. C'est le grand sud. On est dans le grand bain et on a sorti toutes les polaires. C'est important d'avoir de l'avance sur le record de Franck, mais ce n'est pas suffisant encore pour être tranquille. Ce ne sera jamais suffisant jusqu'à la fin car il y a tous les aléas qui peuvent nous tomber dessus. Mais pour l'instant tout va bien. Depuis plus de 24 heures, la mer s'est levée, donc on ralenti un peu. On essaye de ne pas surtoiler le bateau. On est a deux ris-trinquette en ce moment alors que théoriquement, on pourrait être avec le string ou une surface de voilure plus importante. Il y a toujours une petite excitation à arriver dans les 40èmes et bientôt dans les 50èmes. Le 1er albatros hier et les premières risées un peu violentes, un peu fraîches, à 10° de température, tout ça a un air d'aventure rare. A chaque fois c'est un éternel renouveau. » Bilan du jour 10 - distance parcourue : 785.80 mn - moyenne : 32.74 nds - avance : 886.10 mn
 
02/12/11
Questions à Franck Cammas : Quel adversaire respectez-vous le plus ? : « Loïck Peyron. » - Quelle est votre plus belle victoire ? : « Le Trophée Jules-Verne en 2010, il a demandé beaucoup d'investissements. » - Quel est votre livre de chevet ? : « Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne. » - source : www.lexpress.fr
 
03/12/11
Pour gagner, il faut finir - Ronan Lucas : « Depuis 2 jours on est rentrés dans les 40èmes. On a entre 35-40 nds de vent et en ce moment on marche entre 38-40nds, au portant, sous 2 ris, solent ou trinquette en fonction de l'état de la mer. La mer est relativement carrossable. Un peu courte car de temps en temps on engage un peu l'étrave, mais pas trop croisée. On est tous très conscients à bord qu'on a quand même une certaine réussite avec la météo depuis le début. On va être certainement très proches des 12 jours, voire un tout petit peu en dessous, à Bonne Espérance. On va en profiter un maximum et on prie pour que cela dure derrière. On va pouvoir attaquer un Indien plutôt pas mal, même si on va descendre un plus sud que les Kerguelen, avant de mettre le cap sur l'Australie. Depuis sa naissance, le bateau a le potentiel pour avoir une telle avance sur le record, par contre, la part de la météo est très importante. » Loïck Peyron : « Ça va toujours aussi vite dans les conditions magiques du grand sud. On pourrait aller plus vite, mais, le meilleur moyen de finir une course, c'est de la gagner, mais, pour la gagner, il faut la finir. » - Bilan du jour 11 - distance parcourue : 808.30 mn - moyenne : 33.68 nds - avance : 1402.50 mn
 
 
04/12/11
Cap de Bonne Espérance - Banque Populaire V a franchi la longitude 18° 28' 30" Est du cap de Bonne Espérance, le dimanche 4 décembre 2011 à 6 heures, 20 minutes TU, après 11 jours, 21 heures, 48 minutes et 18 secondes de mer depuis Ouessant. Il améliore le meilleur temps de référence sur la distance, qui était détenu par Franck Cammas, depuis sa tentative 2008, en 13 jours, 6 heures et 1 minute.
Avant 2005, le cap de Bonne Espérance marquait la fin de la "descente de l'Atlantique". Depuis 2005, date de la création du record de la traversée de l'océan Indien, le cap de Bonne Espérance ne sert plus de référence au WSSRC, qui ne prend en compte que le franchissement de la longitude du cap des Aiguilles.
Au passage à Bonne Espérance, Loïck Peyron compte 2 jours, 15 heures, 43 minutes et 25 secondes d'avance sur le record 2010 de Franck Cammas.
 
 
04/12/11
Cap des Aiguilles - Banque Populaire V a franchi la longitude 20° Est du cap des Aiguilles, le dimanche 4 décembre 2011 à 8 heures, 21 minutes TU, après 11 jours, 23 heures, 49 minutes et 18 secondes de mer depuis Ouessant. Il améliore le meilleur temps de référence sur la distance, qui était détenu par Franck Cammas, depuis sa tentative 2008, en 13 jours, 8 heures et 47 minutes.

Ce point de passage marque le début de la "Traversée de l'océan Indien", record homologable par le WSSRC.

Au passage du cap des Aiguilles, Loïck Peyron compte 2 jours, 15 heures, 58 minutes et 36 secondes d'avance sur le record 2010 de Franck Cammas.
 
04/12/11
C'est indécent ! - Loïck Peyron : « 11 jours et 21 heures, c'est indécent ! Il y a quelques dizaines d'années, 12 jours, c'était le temps mis par Charlie Barr pour traverser l'Atlantique. Tabarly est le premier à avoir fait un peu moins de 12 jours, pour l'Atlantique, il y a 20 ans à peine. (...) Nous sommes rentrés dans l'océan Indien. On a enfin empanné, nous sommes tribord amure depuis quelques heures. Depuis les Canaries on n'avait pas changé d'amure. La mer est très formée. Il faut se bagarrer à la barre pour ralentir. On est à une trentaine de noeuds, on pourrait aller plus vite, mais il ne vaut mieux pas car ça pourrait être un peu casse bateau. On est en train de longer un long front. On va éviter d'aller se faire prendre dedans et encore moins derrière. On ré-empannera dans deux ou trois heures. On va tricoter un petit peu comme ça, vent arrière, puis se diriger vers les Kerguelen qui nous attendent pour demain soir. (...) Le bateau est dans un très bon état. Il n'y a aucune fuite, pas de délaminage. C'est nickel. Il n'y a pas de souci. (...) Les conditions météos vont être extrêmement légères, voire trop molles, aux environs des îles Kerguelen. Nous ne savons pas si nous allons les laisser à bâbord ou à tribord et si il y a de la glace ou pas, mais l'eau est très très froide au sud et à l'est des îles. Donc, il faut qu'on fasse attention. Après les Kerguelen nous remonterons assez nord pour éviter une longue zone d'icebergs. En tous cas, le vent va se calmer jusqu'au cap Leeuwin. (...) On pourrait passer le cap Leeuwin dans une petite semaine, en suivant à peu près la même route que Franck, qui avait été, à juste titre, assez conservateur. Il vaut mieux assurer. On aura du mal à faire du sud. Quand on a le potentiel de vitesse d'un bateau comme Banque Populaire, il n'y a aucune raison de prendre des risques, dans tous les sens du terme, ni en allant trop vite, ni en prenant des routes trop dangereuses. »
Bilan du jour 12 (8h45 TU) - distance parcourue : 785.20 mn - moyenne : 32.72 nds - avance : 1835.60 mn
 
05/12/11
Conditions idéales - Thierry Chabagny : « La trajectoire et le routage font que c'est mieux de passer par les sud des Kerguelen. C'est plus court et il y a plus de vent. Il y a une zone où il n'y a pas beaucoup de vent au nord des Kerguelen. On a du vent assez soutenu, entre 27 et 29nds de nord-ouest. Donc cela nous fait un cap à l'est qui est très rapprochant. La mer n'est pas trop formée, donc on va vite, on fait des pointes à 42 nds. Le bateau glisse bien. Cela a l'air de fraîchir un petit peu donc on va changer de voile à l'avant pour passer sous petit gennaker pour garder une vitesse plus constante, avoir des accélérations un peu moins violentes et préserver un peu le bateau. Les conditions sont idéales. » Loïck Peyron: « On va essayer de passer assez loin des Kerguelen, au sud, mais on va être limités dans notre manoeuvre par la présence de glaces un peu plus loin. On aurait pu passer dans le nord mais bizarrement il y aura très peu de vent. On va essayer de raser une île qui m'est chère, l'île Macquarie, au raz de laquelle j'étais passé lors du premier Vendée Globe. Pour l'instant, le cap Leeuwin est prévu pour le début de journée du 10. »
Bilan du jour 13 - distance parcourue : 568.10 mn - moyenne : 23.67 nds - avance : 1699.70 mn
 
 
06/12/11
50èmes hurlants - Le trimaran s'est engagé en dessous de la latitude 50° sud le 05/12 vers 21h30 TU. Marcel van Triest, routeur à terre : « En ce moment, ils ont du norois de 30 noeuds. On est en train de faire le tour de l'anticyclone de l'Indien, une petite dorsale à négocier. Cela va adonner petit à petit, donc tourner à gauche vers l'ouest et on va en profiter pour remonter un peu au nord pour éviter une zone de glaces qui se trouve dans l'est des Kerguelen. Il y a une centaine de cibles confirmées (icebergs) entre 90° et 120° Est, en dessous de 50° Sud. La plus grande faisant 7 kilomètres de long. (...) Lors de mes tours du monde, on ne savait absolument rien, on était à l'aveugle, il n'y avait pas les moyens de repérer les icebergs. Donc il n'y a pas d'historique la dessus. Depuis une dizaine d'années, on en sait un peu plus mais on est quand même complètement borgne. Les Australiens et Neo-Zélandais ne savent rien. Seules les plages les intéressent. » - Kevin Escoffier : « La vitesse est hallucinante. Il n'y a que deux bateaux au monde qui ont dépassé la distance de 800 milles par 24h : Groupama 3 et Banque Populaire V.»
Bilan du jour 14 - distance parcourue : 793.40 mn - moyenne : 33.06 nds - avance : 1815.50 mn
 
07/12/11
Les Kerguelen - Loïck Peyron : « On est au sud des Kerguelen à 35 nds. Il fait toujours aussi froid, l'eau est à 3.9°, le vent a molli. On a tricoté un petit peu en empannage et cela nous a bien réchauffés. Les garçons viennent d'envoyer un gennaker un peu plus grand. Nous allons bientôt empanner, en remettant du nord dans notre route pour éviter la zone d'icebergs qui est devant nous et qui est très grande. On va rallonger notre route, c'est vrai, mais il vaut mieux cela que de rentrer dans des icebergs. Nous avons eu la chance de passer, ce matin, au ras des îles Kerguelen. C'était vachement sympa de voir ces petits bouts de cailloux Français, loin là-bas dans les terres Australes. (...) Banque Populaire est un avion de chasse étonnant, dont il faut prendre soin, bien entendu. La seule chose qui peut nous freiner, ce n'est pas le vent, mais l'état de la mer. (...) BPV a été construit pour battre le Jules Verne et s'accaparer de tous les records à la voile de la planète. Le potentiel de l'équipage, du bateau et les conditions météo nous ont permis d'aligner des vitesses incroyables. On espère que cela va durer, et cela sera joli à l'arrivée. »
Bilan du jour 15 - distance parcourue : 741.50 mn - moyenne : 30.90 nds - avance : 1905.10 mn
 
 
08/12/11
Vent arrière - Frédéric Le Peutrec : « Tout va bien, dans de belles conditions. Le vent est en train de s'établir à une vingtaine de noeuds. Nous sommes grand voile haute, gennaker, tribord amure. On fait un bord au sud-est sur une mer peu formée. Nous faisons des milles qui ne coutent pas cher. Depuis les Kerguelen, le vent est passé ouest, donc on est vent arrière, ce qui nous oblige à tirer des bords. On a adapté un peu la surface de voile, car il y a moins de vent qu'il n'y en avait jusque là, en attendant de repartir sur un bord un peu plus direct vers le sud de l'Australie.(...) On rentre dans la partie du parcours qui est météorologiquement plus aléatoire, un peu plus complexe techniquement, moins figée, moins lisible à court terme. Dans notre est, à 200 milles, il y une zone dans laquelle il y a pas mal de glaçons. On va rester au nord de cette zone là. (...) Le barreur applique des réglages de voiles moyens. Le but est de ne pas avoir à choquer et border tout le temps. Ce serait impossible de le faire sans avoir un équipage permanent sur le pont et avec un niveau de fatigue humaine et mécanique incompatible avec la distance.» Bilan du jour 16 - distance parcourue : 503 mn - moyenne : 20.96 nds - avance : 2074.40mn
 
08/12/11
Olivier de Kersauson : « Leur avance? Elle est dans l'ordre logique des choses. Le bateau est long, l'équipage est bon, la météo n'est pas pourrie... Maintenant, il faut aller au bout. » letelegramme.com
 
09/12/11
40 jours ? - Xavier Revil : « Le vent est à nouveau rentré hier. On est bien repartis et on se dirige à grande vitesse, en ligne droite vers le Cap Leeuwin. On a entre 25-27 nds de vent, au portant sous petit gennaker, deux ris et on marche à 35 nds, avec une belle houle derrière, qui nous permet de faire de beaux surfs. Quand le bateau surf, il glisse tout seul dans la descente pendant de longues minutes et ne souffre pas du tout. (...) Hier, on a empanné un peu plus tôt que le routage ne le prévoyait, mais on a réussi a faire une route toujours aussi rapide mais un peu plus abattue que prévu, ce qui nous a économisé 2 petits empannages, et on est retombé dans le routage en allant tout droit. (...) On a eu une météo favorable jusqu'à maintenant, un bateau qui fonctionne très bien, mais on sait ce que sont les aléas. Il est illusoire d'imaginer un record en 40 jours. Aller vite, ça on sait faire, mais le bateau ne supportera pas d'être poussé à 42 nds pendant 35 jours. On verra bien au bout du compte quel sera le résultat comptable. » Kevin Escoffier : « Hier, on a tapé quelque chose avec le safran de flotteur, sans conséquences. »
Bilan du jour 17 - distance parcourue : 623.50 mn - moyenne : 25.98 nds - avance : 2182.90 mn
 
10/12/11
Cap Leeuwin - Banque Populaire V a dépassé la longitude 115° 08' 09" Est marquant le franchissement du Cap Leeuwin, le samedi 10 décembre 2011 à 8h29 TU, après 17 jours, 23 heures, 57 minutes et 18 secondes de mer depuis Ouessant. Il améliore le temps de référence sur la distance, qui était détenu par Franck Cammas, depuis sa tentative 2008, en 21 jours, 2 heures et 43 secondes.

Au passage au Cap Leeuwin, Loïck Peyron compte 3 jours, 14 heures, 24 minutes et 36 secondes d'avance sur le record 2010 de Franck Cammas.

A titre subsidiaire, Loïck Peyron s'adjuge également le temps de référence sur la distance Equateur - Cap Leeuwin en 12 jours, 9 heures, 2 minutes et 8 secondes, améliorant le temps de 14 jours, 10 heures et 54 minutes réalisé en 2005 par un certain ... Bruno Peyron...
 
 
10/12/11
Au bord de la dépression - Loïck Peyron : « C'est impressionnant, cela fait près de quatre jours d'avance. Pour l'instant les conditions météo ne sont aussi forcément aussi favorables, mais le potentiel de ce bateau est incroyable. C'est pour ça qu'on n'arrête pas d'insister en disant qu'il faut y aller mollo mollo, piano, parce que c'est quand même compliqué de gérer la mécanique de cette grosse machine. (...) Nous sommes dans une petite tempête assez sympathique, avec de la mer un peu formée et on y va tranquillement. Ça bouge pas mal. Cette mer est le début d'une petite tempête assez forte. On va empanner vers le sud dans la nuit et aller rejoindre son coeur. On est obligés, il faut bien faire la route, sinon on va enchaîner dans pas de vent du tout, dans l'anticyclone et sous Hobart. Donc on contourne la difficulté par le nord. La mer sera encore un peu plus formée, ce qui est la seule chose qui freine Banque Populaire. Le vent nous fait accélérer, mais, paradoxalement, la mer nous freine. Donc, on est obligés de lever le pied. Il vaut mieux faire attention. On aura 24 heures un peu difficiles. Cela va être un peu plus creux encore en termes de vagues, un peu plus fort en termes de vent. Puis on va, théoriquement, descendre assez sud, pas loin de l'île de Macquarie. Donc nous aurons des conditions assez musclées. Ce que nous allons rencontrer dans les 48 heures à venir va être vraisemblablement le pire depuis le départ. La bonne nouvelle est que la mer s'oriente tout doucement dans le bon sens. »
Bilan du jour 18 - distance parcourue : 641.30 mn - moyenne : 26.72 nds - avance : 2319.10 mn
 
11/12/11
Nuit musclée - Kévin Escoffier : « Les dernières 36 heures n'ont pas été si faciles que ça. On a été obligés de ralentir pas mal en raison de l'état de la mer. On a eu jusqu'à 40-45 nds de vent et on même a fini 3 ris trinquette au portant avec une mer assez courte. Maintenant on est tribord amure avec 26-30 nds de vent. La mer est très très grosse, mais, paradoxalement, elle est beaucoup plus longue, donc plus praticable. (...) Pour les prochains jours, on va continuer sur un long bord tribord portant pour contourner la dépression, avec beaucoup de mer dans les 15-20 prochaines heures. Ensuite le vent va mollir doucement, avec un empannage prévu aux alentours de lundi 12h TU. (...) On parle un peu du Horn. Les routages donnent un passage entre 9 et 11 jours. Par contre la météo peut être très changeante. Il y a une dépression qui est située dans 3000 ou 4000 milles et qui peut faire beaucoup de différence sur notre arrivée au Horn, si on arrive à l'attraper ou non. Ce sera dans une fourchette de 9 à 12 jours. Même si on va très vite et que cela peut paraître facile, il y a encore des incertitudes et heureusement. »
Bilan du jour 19 - distance parcourue : 579.80 mn - moyenne : 24.16 nds - avance : 2048.30 mn
 
 
12/12/11
Chute libre - Loïck Peyron : « La situation s'est améliorée. La houle devient très très longue, comme seul le sud sait les fabriquer. On est aux alentours de notre vitesse moyenne de 30 noeuds. On n'a malgré tout pas pu éviter une chute dans une vague impressionnante ce matin. On a certainement battu le record instantané de vitesse du bateau en dépassant les 48 nds, en chute libre. C'est Newton qui nous aidait, plutôt qu'Eole. On va descendre très très sud jusqu'au 56ème, quasiment la latitude du Cap Horn. L'eau est à 6.5° et on va arriver dans une zone où elle sera à près de 2 ou 3°. A priori, d'après les informations dont on dispose, il n'y aura pas de glaces dans les 48 heures qui viennent. Mais, dans le milieu du Pacifique, après l'île Macquarie, il y aura de très gros paquets dont un gros bébé de 7 kilomètres de long, en plein milieu par 53-54° Sud. Donc on va remonter tout doucement pour éviter cette zone. Par contre, on sait qu'on va encore rencontrer des conditions difficiles dans 48 heures. Du vent de nord, de travers, à 40 nds. J'ai l'impression que ça va se terminer sous mât seul ou grand voile seule à 3 ris. »
Bilan du jour 20 - distance parcourue : 678.50 mn - moyenne : 28.27 nds - avance : 2055.90 mn
 
12/12/11
Record de la traversée de l'Océan Indien - Banque Populaire V a dépassé la longitude 146° 49' Est marquant le franchissement de la pointe sud de la Tasmanie, lundi 12 décembre 2011 à 15 heures, 43 minutes et 15 secondes TU. Loïck Peyron et ses 13 équipiers s'adjugent donc le record WSSRC de la traversée de l'Océan Indien, Cap des Aiguilles - Tasmanie, en 8 jours, 7 heures et 23 minutes. Le précédent record avait été établi, en 2010, par Franck Cammas, à bord de Groupama 3, en 8 jours 17 heures et 40 minutes. Pour mémoire, le WSSRC est l'organisme officiel mondial certifiant les records à la voile.
Le trimaran fixe, en outre, un nouveau temps de référence entre Ouessant et la Tasmanie, en 20 jours, 7 heures, 11 minutes et 33 secondes. Le précédent temps de référence sur la distance, 22 jours, 20 heures, 53 minutes et 57 secondes, avait été réalisé par Franck Cammas en 2008.
BB V compte 3 jours, 2 heures, 14 minutes et 34 secondes d'avance sur le record 2010 de Groupama 3.
 
 
13/12/11
On dirait le Sud - Pierre-Yves Moreau : « Ça va très bien, c'est un peu plus calme depuis une douzaine d'heures. On a replongé sud par 57°, on est à 160° E. On n'est jamais descendus aussi bas depuis le départ. Du coté mental ça va bien mais on commence à trouver le sud un peu long. (...) Aujourd'hui 3-4 albatros se sont pas mal rapprochés du bateau. Des baleines sont passées hier assez près de nous. C'est joli, mais tous les gros poissons nous effraient un peu car le moindre choc peut être catastrophique. On peut casser un appendice ou un safran. (...) Le bateau va très bien. Il y a des petites choses, mais aucun gros problème. Le parcours est tellement long qu'on est obligés de le ralentir, il fatigue avec le temps. Il faut tirer un peu moins dessus pour l'économiser. (...) Pour les prochains jours, on va avoir du vent relativement faible, ensuite du près, puis du reaching dans du vent beaucoup plus fort. Il va falloir ralentir, mais cela ne va pas durer très longtemps. On est prudents avec les glaces, mais plus on gagne vers le sud, plus la route sera courte. Aux dernières nouvelles, on passerait le Horn entre 28 et 30 jours. » Bilan du jour 21 - distance parcourue : 631.70 mn - moyenne : 26.32 nds - avance : 2098.30 mn
 
 
14/12/11
Juste avant la tempête - Sébastien Duclos, directeur adjoint du team BP : « Le bateau évolue par 57° S, à 650 mn dans le sud-sud-est de la Nouvelle Zélande. Il tire des bords dans un vent d'est-nord-est de 26 nds contre lui. Les conditions vont évoluer fortement dans la nuit prochaine avec un flux de nord assez fort, d'environ 35 nds, voire 40 nds ponctuellement.» Loïck Peyron : « Un gros début de tempête commence à nous tomber dessus. On vient de changer de voile d'avant. On est maintenant à deux ris et le plus petit foc de la gamme. Ce sera même de trop dans quelques heures. On s'attend à avoir des vents de plus de 40 nds. Cela remue énormément, on est face aux vagues. (...) Ce sont les moments les plus difficiles pour le bateau depuis le départ. On a un front particulièrement délicat à franchir cette nuit et demain. Ensuite, il va falloir qu'on remonte assez nord pour éviter une énorme zone d'icebergs. On va être obligés de slalomer entre les glaces et le manque de vent. (...) Dans quelques heures, on va être éloignés de toute trace de vie humaine. Si tout va bien, le Cap Horn sera pour dans 6 ou 7 jours. »
Bilan du jour 22 - distance parcourue : 502.50 mn - moyenne : 20.94 nds - avance : 2004 mn
 
14/12/11
Antiméridien : le trimaran Banque Populaire V a franchi la marque symbolique que contitue l'antiméridien (longitude 180° Est / 180° Ouest), le mercredi 14 décembre 2011, à 20 heures, 5 minutes et 54 secondes TU, soit après 22 jours, 11 heures, 34 minutes et 12 secondes de navigation depuis Ouessant.

En 2010, Franck Cammas avait mis 25 jours, 7 heures, 36 minutes et 36 secondes pour parcourir le même tronçon.

À ce point géographique, Loïck Peyron compte 2 jours, 20 heures, 2 minutes et 24 secondes d'avance sur le record 2010 de Franck Cammas.