Trophée Jules Verne 2011
Tentative de Pascal Bidégorry / Banque Populaire V : de Ouessant à l'Atlantique sud

26/08/08
Mise à l'eau de Banque Populaire V : avec 40m de long, 23m de large, 47m de hauteur de mât, le multicoque est de plus grand trimaran du monde. Il a touché l'eau dans un bassin du port de Lorient.
Pascal Bidégorry ne cache pas son bonheur : « C’est la première fois que le bateau touche l’eau, que nous mettons le moteur en route et que l’hélice tourne. Plein de choses vont se passer dans les jours à venir et ce seront à chaque fois des premières. Aujourd’hui, c’est une grande satisfaction de le voir flotter même si je suis partagé entre l’émotion de cette mise à l’eau et la réalité du travail qui nous attend pour le tester avant de tirer nos premiers bords. Ce soir le bateau est à l’eau, il est magnifique et je suis heureux de partager ce moment avec mon équipe ».
Au menu des prochains mois : essais en mer, puis Route de la Découverte en février 2009, suivie d'une tentative sur le record de l'Atlantique nord et enfin stand-by pour le Trophée Jules Verne à partir de novembre 2009.
 
Banque Populaire 5
photo © Arnaud Pilpré - Studio Zedda pour voile.banquepopulaire.fr
 
02/11/09
D'abord finir : «Je m'en fous un peu de partir avant ou après Groupama. Si on est deux à se tirer la bourre, qu'on a deux jours d'avance mais qu'aucun des deux ne termine, ça ne servira à rien. Maintenant, être deux dans le Grand Sud, cela peut être utile en cas de pépin... Les deux bateaux sont très proches. Je le redis, si Groupama a été moins rapide que nous sur le record de l'Atlantique, c'est parce qu'il avait un problème à bord. Il avait des tonnes d'eau dans un flotteur. Pendant la traversée, je ne comprenais pas ce différentiel de vitesse.
On sait qu'il faut être performant dans la descente et la remontée de l'Atlantique. Le choix du départ reste important avec une très bonne visibilité pour les quatre premiers jours, une visibilité correcte jusqu'au Pot au Noir et enfin une petite visibilité sur le positionnement de l'anticyclone de Sainte-Hélène. Quand tu vois ce qu'a fait Orange dans l'Atlantique nord et sud, j'avoue que je signe tout de suite pour avoir la même météo. C'était du pur bonheur. Après, dans le Grand Sud, la priorité ne sera pas de coller des milles à l'adversaire mais plutôt de gérer le matériel.
J'ai une obsession en tête : finir. Ça ne sert à rien d'aller vite pendant 20 jours si c'est pour casser ensuite.»
Source : interview de Pascal Bidégorry recueillie par Philippe Eliès pour letelegramme.com
 
04/11/09
Bruno Peyron : «45 jours, c'est possible»

Cela fait presque quatre ans que votre record tient. Pourquoi une telle longévité ?
«Ces records-là ne sont pas faciles à accrocher car il faut réunir un certain nombre de facteurs pour être en position de l'approcher, puis de le battre. L'heure est peut-être venue de le voir battu. On verra dans trois mois, mais je pense que les deux bateaux actuels, Groupama et Banque Populaire, sont en mesure d'y arriver.»

Que faut-il comme ingrédients pour réussir un tour du monde parfait ?
«D'abord, avant de penser à battre le record, il faut le finir. Et pour finir, il ne faut pas casser. Dans la hiérarchie de mes priorités, j'ai toujours privilégié la fiabilité du bateau, donc j'ai toujours augmenté les coefficients de sécurité de mes multicoques, quitte à être plus lourd que les autres. Autour du monde, il faut du solide car, dans le Grand Sud, il faut aussi un bon équipage, une bonne météo, de la chance.»

Où peut-on grignoter du temps ?
«Dans le choix du départ, forcément, qui permet de gagner un, voire deux jours à l'Équateur. Ensuite, il y a le passage important de l'anticyclone de Sainte-Hélène. Dans l'Indien et le Pacifique, tu peux également grignoter du temps. Nous, on avait eu une météo excellente entre le Cap Horn et l'Équateur, mais une dernière partie très mauvaise entre l'Équateur et l'arrivée. Là, on avait perdu quasiment trois jours. Oui, en 2005, on aurait pu tourner en 47 jours, sans pousser le bateau. Avec notre catamaran optimisé, il est possible de faire le tour en un peu moins de 45 jours.»

Si demain, votre record est battu, y retournez-vous pour le récupérer ?
«Ça commence à me titiller d'y retourner! Avec le catamaran (ndlr: ex-Orange 2, dont il est propriétaire), je sais que j'en ai encore sous le pied, je sais où je peux l'alléger. La marge de progression est grande avec notre plate-forme. Cela dit, je souhaite que mon record soit battu... Pas de dix jours, mais de deux minutes (rires). Car l'envie d'y retourner est toujours là. Le bateau existe et il reste l'engin le plus rapide autour du monde. D'ailleurs, il vient d'être remis en chantier il y a deux semaines dans la perspective de disputer la Route du Rhum 2010. Je me dis que c'est la bonne période pour qu'un nouveau partenaire embarque à mes côtés afin de se présenter au départ des grands records océaniques comme le Trophée Jules-Verne.»

Source : letelegramme.com
 
12/11/09
Code rouge pour Banque Populaire V qui entre en stan-by. Déclaration de Pascal Bidégorry : « Je suis vraiment content d’être au rendez-vous de ce moment et particulièrement satisfait et admiratif du travail qui a été fait par le Team Banque Populaire. Nous avons pris le temps nécessaire pour arriver à un niveau de préparation adapté à ce défi et avons parfaitement respecté le planning. Nous avons cherché ces dernières semaines à prendre du recul par rapport à tout ce qui peut arriver à bord et à tous nos systèmes embarqués. On savait qu’ils étaient efficaces mais il nous restait quelques questions à régler dans la perspective d’un départ autour du monde sur un bateau neuf. Aujourd’hui on attend le départ avec sérénité.
On essaie d’avoir une vision à suffisamment long terme pour entrer dans le Sud. Ce qui nous importe est d’avoir de l’avance sur Orange 2 et pas uniquement au niveau du Pot au Noir. Aujourd’hui, les systèmes dans l’hémisphère Sud me semblent très complexes et pas forcément très intéressants.
Nous suivons forcément le parcours de Groupama 3 avec beaucoup d’intérêt. La fenêtre qu’ils ont prise n’était pas forcément quelque chose qui nous inspirait. On ne voyait pas d’urgence à partir aussi vite d’autant que les systèmes météo du Sud ne me paraissaient pas assez calés. Je n’ai aucun regret par rapport au fait de ne pas m’être élancé en même temps qu’eux, mais c’est vrai que nous suivons ce qu’ils font et les enchaînements météo qui vont vers le Sud.
»

Composition de l'équipage : Pascal Bidégorry : skipper - Yann Eliès : chef de quart / barreur / régleur / responsable voiles - Emmanuel Le Borgne : chef de quart / barreur / régleur / responsable médical - Yvan Ravussin : chef de quart / barreur / régleur / responsable vidéo et composite - Thierry Chabagny : barreur / régleur - Kévin Escoffier : barreur / régleur / responsable vidéo - Xavier Revil : barreur / régleur / avitaillement à bord - Erwan Tabarly : barreur / régleur / responsable électronique - Florent Chastel : numéro un / responsable médical et gréement - Ewen Le Clech : numéro un / responsable mécanique hydraulique, accastillage - Ronan Lucas : numéro un / responsable sécurité - Pierre Yves Moreau : numéro un / responsable accastillage composite - Jérémie Beyou : navigateur.
 
13/12/09
Stand-by à Brest : le trimaran géant est resté bloqué à Lorient pendant de longues semaines en raison des conditions météorologiques. Profitant d'une accalmie, il a rallié le port de Brest vendredi après midi pour y poursuivre son stand-by à proximité d'Ouessant, ligne de départ du trophée Jules Verne.

Déclaration de Pascal Bidégorry : « Nous avons finalement décidé de rallier le port de Brest car cela nous permet d’une part de naviguer avec l’équipage au complet et d’autre part de nous rapprocher de Ouessant. Cela fait plus d’un mois que les conditions à Lorient sont très difficiles et que nous sommes bloqués à terre. Pour le moment aucune fenêtre météo ne semble se profiler à l’horizon pour que nous puissions partir en record, alors il va falloir patienter encore un peu. »
 
photo © Yannick Le Bris
 
02/01/10
Interview Ouest France : Pascal Bidégorry attend la bonne fenêtre météo pour se lancer dans le Trophée Jules-Verne. Objectif : battre les 50 jours de Peyron sur Orange 2 en 2005. Et éviter les icebergs.

Que vous reste-t-il à préparer avant le départ ?
« Rien du tout. Le bateau est prêt. Les vivres sont à bord. Tout le monde est en famille. On profite des fêtes. On communique régulièrement, dans la journée. On ne partira pas dans les tout premiers jours de l'année. »

Qu'attendez-vous pour partir ?
« La bonne météo. Franchement, on ne fait pas les fines bouches. On n'a rien laissé passer. Mais depuis un mois et demi, il n'y a pas eu l'opportunité de faire quatre jours de bateau propres. Les dépressions sont à la latitude de Lisbonne. Les vents de sud nous imposent de tirer des bords. Le bateau n'est pas fait pour ça. Ensuite, il n'y a pas de vent du tout entre Madère et le Cap vert. Il nous faut au moins de bonnes conditions les 7-8 premiers jours. Envisager de partir avant l'hiver était peu opportun. Et en plus l'hiver est en retard. Mais ça va venir. Orange 2 était parti en février. »

Quel sera le principal obstacle du parcours ?
« Les icebergs. Les images satellites montrent qu'autour des 50e, il y en a un peu partout. Ils sont plus au nord que d'habitude. Cela nous imposera un circuit très au nord, donc plus long. On n'est pas des fous du tout. On n'ira pas jouer à la roulette russe. L'important à nos vitesses et avec nos bateaux, c'est de naviguer là où il n'y a pas de glace. »

Groupama 3 va retenter un départ. Il est attendu à Brest dans quelques jours. Une course et un record à la fois ?
« On verra bien. Pour l'instant notre préoccupation c'est la fenêtre météo. On leur souhaite d'abord beaucoup de courage pour bricoler le bateau. »

Plus grand, plus moderne qu'Orange 2, votre bateau vous donne-t-il un sérieux avantage ?
« On parle souvent de saut technologique entre Orange 2 et Banque Populaire V. D'abord, il n'est pas si énorme. Notre potentiel est supérieur de 3 à 5 %. Banque Populaire est plus polyvalent, mais Orange passait très bien dans la mer. Un tas d'outils nous permettent d'être très pointilleux. Mais c'est sûr que depuis Peyron, le tour du monde n'est pas évident. Si on pouvait avoir la même météo, je signerais de suite. Il avait beaucoup moins de glaçons dans le sud qu'aujourd'hui. Nous y allons avec beaucoup d'humilité et beaucoup de respect. »

Propos recueillis par Sébastien PANOU
 
19/01/10
Banque Populaire V passe en code orange - Pascal Bidégorry : " Il est possible que nous ayons une opportunité de partir vendredi dans la journée, mais la situation est encore assez instable. Cela fait plusieurs jours que nous regardons avec attention cette possible fenêtre, mais cela ne bouge pas beaucoup, nous la surveillons donc de très près et nous verrons bien si les choses évoluent en notre faveur. Il y aurait d'autres opportunités la semaine prochaine, nous sommes donc très vigilants. Ce qui est fort probable, c'est que les choses ne se précisent qu'au dernier moment. "

Analyse de Marcel van Triest, le routeur de BPV : " Aujourd'hui nous avons décidé de passer en code orange car il y a certes une fenêtre météo, mais que nous ne sommes pas sûrs de saisir tant elle est incertaine. Si elle évolue, elle peut être une bonne opportunité pour tenter ce record du Trophée Jules Verne. Ce qui peut être compliqué avec l'analyse météo, c'est que ce n'est qu'une question de probabilité et que les visibilités sont parfois très limitées. Aujourd'hui, j'ai plus de visibilité sur l'Atlantique Sud dans une semaine que sur Brest ce vendredi. Donc nous attendons pour voir si cela se précise. Nous aurons, je l'espère une meilleure idée d'ici ce soir ou demain. "
 
22/01/10
Groupama 3 - Banque Populaire V à Brest : le duel psychologique est engagé ...
Dernière minute : retour en code rouge pour BPV.
 
Groupama 3 et Banque Populaire V
photo © Yannick Le Bris
 
03/02/10
Le courrier des lecteurs - Sur le site de Banque Populaire, Pascal Bidégorry répond à quelques questions que tout le monde se pose :

Je souhaiterais savoir pourquoi votre concurrent direct Groupama 3 a trouvé 2 fenêtres météo permettant son départ depuis ces derniers mois et BP5 n'a pas eu encore la possibilité de partir ? Est-ce du à la différence de conception (BP5 plus grand, plus puissant, besoin de vent + fort ?) des 2 bateaux ?
« Non, ce n'est pas dû à une différence de conception si nous n'avons pas saisi les mêmes fenêtres que Groupama 3. Sans porter de jugement sur ce que font Franck Cammas et ses hommes, nous n'avons pas envie de faire n'importe quoi. La décision de départ est lourde de conséquences. Nous n'avons eu aucune opportunité de faire les choses comme il faut jusqu'à maintenant. »

On vient d'apprendre le départ de Groupama 3. Si vous n'avez pas vous aussi pris le départ, je suppose que c'est parce que la fenêtre ne vous parait pas assez fiable? En tous cas, bonne chance pour une prochaine bonne fenêtre et encore merci de nous faire rêver.
« La fenêtre prise par Groupama n'est pas bonne à nos yeux, leur stand by se terminait bientôt, c'est sans doute pour cela qu'ils l'ont prise. Merci pour vos encouragements ! »
 
12/02/10
Banque Populaire passe en code orange : départ probable dimanche.
Déclaration de Pascal Bidégorry : « Cela fait plusieurs jours que les choses semblent évoluer dans le bon sens au niveau de la météo. Nous décidons de passer en code orange ce jour, car en plus du fait que nous arrivons en fin d'échéance de notre stand-by, nous avons enfin l'opportunité d'avoir des perspectives correctes que ce soit dans l'Atlantique Nord ou dans l'Atlantique Sud.
Nous devrions partir dans la journée de dimanche, avec des conditions certainement musclées à partir du Cap Finisterre. Nous savons que cela va être sportif, mais nous nous réjouissons de pouvoir enfin larguer les amarres et tenter ce record du Trophée Jules Verne.
»
 
13/02/10
Code vert pour Banque Populaire V.

Banque Populaire V, c'est pour demain
: après trois mois d'attente à Brest, le maxi-trimaran Banque Populaire 5 devrait (enfin !) s'élancer demain à l'assaut du record de Trophée Jules-Verne. A quelques heures du départ, Pascal Bidégorry livre ses dernières impressions.

Ça sent bon le départ: on imagine que vous et vos douze équipiers avez des fourmis dans les jambes après trois mois d'attente?
« Ah ça oui! Ça va être un énorme soulagement de se retrouver en mer. L'attente fut longue mais c'était surtout beaucoup de boulot, un énorme travail de météo au quotidien. On n'a pas passé trois mois à attendre mais à bosser... pour rien car on n'est pas parti. Ça, c'était vraiment usant. »

Vous partez dimanche: dans quelles conditions météo?
« On part avec un vent de nord-nord-est et au cap Finisterre, ce sera du est-nord-est. Et effectivement, c'est ?cartouche? à la pointe espagnole avec 35 noeuds ?fichier? mais ça dépend où on passe. Ensuite, c'est correct jusqu'à l'équateur, pas transcendant. Pour en revenir aux conditions du départ, au niveau des températures, c'est une bonne préparation pour le Grand Sud (rires). Quand on voit les conditions que l'on va avoir entre Brest et le cap Finisterre, ça risque d'être les heures les plus pénibles au niveau navigation car ça caille. »

En prenant cette fenêtre météo, on imagine que la voie est dégagée dans l'Atlantique Sud?
« Disons plutôt que c'est la première fois depuis trois mois que l'on voit quelque chose de bien. Avant, ce n'est vraiment pas bon: sur 40 modèles étudiés, on en avait 38 qui nous disaient qu'on allait rester coller dans la pétole. Ce n'était pas terrible. D'ailleurs, on l'a vu avec nos petits camarades (ndlr: ?Groupama 3?, piégé par l'anticyclone de Sainte-Hélène). Mais il ne faut pas s'emballer, c'est de la météo à dix-onze jours. »

Finalement, ça valait le coup d'attendre si longtemps...
« Notre objectif est de faire le tour de la planète le plus rapidement possible avec ce trimaran, donc ça ne sert à rien de faire cela dans l'urgence. Pas question de partir la fleur au fusil, d'attaquer comme on l'a fait sur le record de l'Atlantique. Il faut être conscient qu'on part pour 50jours de mer. A nous d'être intelligents, constructifs, calmes. Je suis concentré là-dessus. On veut faire le tour du monde, prendre du plaisir. Après le reste... »

source : Philippe Eliès pour letelegramme.com
 
13/02/10
Dernieres heures à Brest pour Banque Populaire V
   
Banque Populaire V
Pascal Bidégorry Banque Populaire V
 
Pascal Bidégorry Banque Populaire V
Banque Populaire V
photos © Yannick Le Bris
 
14/02/10
Pascal Bidégorry
Flash de 0h15 : " Les systèmes météo évoluant de manière complexe, le Team Banque Populaire continue d'étudier les différents scénarios d'opportunités de départ. "

Flash de 9h07 : " Ce dimanche matin, le Team Banque Populaire annonce un retour en code rouge dans la tentative de record pour le Trophée Jules Verne. En effet, l'analyse du fichier de ce matin montre une dégradation tant dans la force du vent que de la mer au passage du Cap Finisterre, ainsi qu'au niveau de Madère. En conséquence, Pascal Bidégorry et l'ensemble de la cellule météo ont décidé de ne pas prendre la fenêtre qui semblait se présenter et restent donc à quai. Plus d'information à venir. "

Communiqué de 10h55 - Pascal Bidégorry : « Aujourd'hui, nous n’avions pas d’autre choix que de renoncer à cette fenêtre trop risquée pour les hommes et le bateau. C'est une grosse déception parce que tout l’équipage était préparé à y aller. Nous avions tous mis nos sacs à bord. Nous avons pu voir ces dernières années que le Trophée Jules Verne est un défi très difficile. Comme je l’ai toujours dit, notre but est d’abord de réussir le Tour du Monde et ensuite de le battre. Notre motivation est intacte et plus que jamais tout l’équipage veut partir à l'assaut de ce Trophée Jules Verne. »
 
Banque Populaire V
Banque Populaire V
photos © Yannick Le Bris
 
14/02/10
Pascal Bidégorry
Ne pas se jeter dans la gueule du loup : Sur le point de quitter Brest dimanche matin, Banque Populaire V devra finalement encore patienter pour s'attaquer au Trophée Jules Verne. Pascal Bidégorry, skipper du maxi-trimaran, nous en explique les raisons.

Après être passé en code vert samedi, Banque Populaire V ne s'élancera finalement pas à la conquête du Trophée Jules Verne ce week-end. Pour quelles raisons ?
« La météo s'est sérieusement dégradée ces dernières heures. Si nous étions partis, nous aurions eu un franchissement fort en vent (40-45 nœuds) au Cap Finisterre mais au portant donc, à la limite, ce n'était pas très grave. Mais des systèmes de dépressions secondaires se creusent sur la zone de Madère. Ce qui fait que nous aurions rencontré ensuite des vents contraires au pré toujours forts. Ce matin (ndlr, dimanche), la question n'est pas de savoir si c'est raisonnable ou pas de partir. Ce ne sont tout simplement pas des conditions pour faire du bateau. C'est une évidence. »

Cette dégradation météo réduit un peu plus votre fenêtre de départ…
« On est tous bien conscients de la situation. Nous sommes le 14 février et la fin de notre stand-by arrive très vite. Mais on ne peut pas se jeter comme ça dans la gueule du loup. On s'était déjà autorisé des conditions musclées, bien supérieures à ce que l'on avait prévu car on sait que le bateau peut le faire. Mais on doit préserver le matériel sur l'échelle d'un tour du monde. Partir naviguer les trois premiers jours dans ces conditions là, ce serait de la survie pour les hommes et pour le matériel. Et si l'équipage est frais et capable de se faire bastonner pendant trois jours, pour le matériel, dans de telles conditions, la question ne se pose même plus. »

Quelle est la tendance pour les prochains jours ?
« Pour les deux-trois jours à venir, les prévisions ne sont pas extraordinaires mais on reste vigilant. On va se concentrer pour trouver la bonne opportunité de quitter Brest. Le stand by se termine dans dix jours, à ce moment là il nous restera encore une visibilité de quatre-cinq jours. Cela rajoute un peu de piment à l'affaire. Comme s'il en manquait ! Il faut bien comprendre que si l'on n'est pas parti avant, c'est parce que l'Atlantique sud est fermé depuis trois mois. Ce qui me désole un peu, c'est que c'est en train de changer. Je me dis qu'on a tout de même bien fait d'avoir été patient car il commence à y avoir enfin des photos correctes dans le Sud. Ce qui peut nous permettre d'éviter certains détours pas très sympas en termes de performances. »

Comment vivez-vous cette situation ?
« Un stand by comme celui là, c'est limite insupportable car notre place est sur l'eau. J'étais optimiste hier (samedi), donc c'est assez difficile ce matin car j'aurais bien aimé qu'on parte. »

Une telle attente est-elle source de stress pour vous et votre équipage ?
« Oui, c'est très stressant. J'ai fait six mois de stand by cette année, ça commence à faire beaucoup. Heureusement, j'ai la chance de naviguer avec des gens qui connaissent bien le système. On s'est vu régulièrement pendant cette difficile période de stand by, encore la semaine dernière à La Rochelle. Le bateau est archi prêt et l'équipage aussi. On espère désormais un coup de pouce du destin. Car toute l'équipe de Banque Populaire le mérite. »

Comment occupez-vous votre temps durant cette attente ?
« Je vis avec mon ordinateur. On passe beaucoup de temps à faire de la météo au quotidien. C'est une nécessité. J'espère que l'on oubliera vite tout ça sur l'eau. Prendre du plaisir à naviguer enfin. »

source : Guillaume Loisy pour sport24.com
 
15/02/10
Information off - le départ de Banque Populaire V serait devenu très hypothétique :
Aux détours de la vacation téléphonique du jour entre Groupama 3 et son team Parisien, au cours de laquelle Stève Ravussin s'est entretenu avec son père, on a pu apprendre que le départ du maxi trimaran bleu serait devenu très hypothétique pour plusieurs raisons :
- la météo ne parait pas particulièrement favorable dans l'Atlantique nord pour les 10 jours à venir,
- un départ de plus en plus tardif poserait des problèmes de sécurité dans le grand sud,
- certains équipiers ont signé des engagements par ailleurs et ne seront bientôt plus disponibles pour 49 jours ou ... plus ...

(ndlr : Stève Ravussin est engagé sur Groupama 3 alors que son frère Yvan fait partie de l'équipage du trimaran Banque Populaire V)
 
01/03/10
Le Team Banque Populaire reporte sa tentative à l’automne 2010 : " Malgré une période d'attente et d'étude des opportunités de départ entamée dès la mi-novembre 2009, Pascal Bidégorry et ses hommes n'ont pu trouver le créneau nécessaire à leur tentative de record dans le Trophée Jules Verne. Dans ces circonstances, le Team Banque Populaire décide aujourd'hui de remettre à l'automne prochain son rendez-vous avec le tour du monde en équipage. Les faits sont là et contraignent donc le Team Banque Populaire à remettre ses attentes et ses espoirs à un avenir qui reste toutefois proche. Une chose est sûre, à l'automne prochain, c'est avec une envie et une motivation décuplées que Pascal Bidégorry et ses hommes retourneront à l'assaut du Trophée Jules Verne. En attendant, ils auront à cœur de poursuivre leur entraînement, car qu'on se le dise, le départ sur cette belle aventure n'est que partie remise... Le Maxi Banque Populaire V devrait donc quitter le port du Château à Brest qui l'accueillait depuis deux mois et regagner sa base lorientaise de Keroman dans les prochains jours. "
 
30/08/10
Equipage de Banque Populaire V : le team a annoncé la composition de l'équipage devant participer à la tentative de Trophée Jules Verne, prévue pour la fin de l'année 2010. Il faut noter l'arrivée de Frédéric Le Peutrec, ancien chef de quart de Groupama 3, de l'Anglais Brian Thompson, en qualité de barreur-régleur et de l'Espagnol Juan Vila, en qualité de navigateur.

Déclaration de Pascal Bidégorry : " Je souhaitais que nous nous enrichissions de quelques expériences solides et c'est chose faite avec l'arrivée de trois marins qui ont de l’expérience, un gros bagage autour du monde. Nous avons déjà eu l'occasion de naviguer tous ensemble en Méditerranée (sur le convoyage retour) et il y a une excellente ambiance quand ils sont à bord, ce qui ne gâche rien ! Je me réjouis du Mercato 2010. Ca va dans le bon sens et complète un équipage déjà réputé pour sa grande qualité. Nous allons avoir des navigations riches dans les semaines à venir ".
 
 
Composition de l'équipage :

Pascal Bidégorry
: skipper, hors quart
Juan Vila : navigateur, hors quart

Quart n°1
Yvan Ravussin : chef de quart, responsable vidéo et composite
Brian Thompson : barreur-régleur
Thierry Chabagny : barreur-régleur
Pierre-Yves Moreau : numéro un, responsable accastillage et composite

Quart n°2
Fred Le Peutrec : chef de quart
Emmanuel Le Borgne : barreur-régleur, responsable médical
Erwan Tabarly : barreur-régleur, responsable électronique
Ronan Lucas : numéro un, responsable sécurité

Quart n°3
Jérémie Beyou : chef de quart
Kevin Escoffier : barreur-régleur, responsable vidéo
Xavier Revil : barreur-régleur, responsable avitaillement à bord
Florent Chastel : numéro un, responsable médical et gréement

Marcel van Triest : routeur à terre
 
31/08/10
Très envie d'y aller : L'hiver dernier, le maxi-trimaran Banque Populaire 5 était resté plus de 100 jours en stand-by à Brest. Pour rien. En vue d'une nouvelle campagne autour du monde, Pascal Bidégorry a sélectionné 14 équipiers. Début du stand-by, le 1ernovembre prochain.

Lors de votre chantier d'été, quelles modifications avez-vous apportées au bateau?
«Ce chantier d'un mois a essentiellement servi à changer des bidouilles d'accastillage, le rail de grand-voile, un winch, etc. On a travaillé sur la fiabilité, notamment sur des points vitaux. D'ailleurs, je ne suis pas convaincu qu'on aurait pu boucler le tour du monde l'année dernière sans pépins. On a aussi bossé sur l'ergonomie intérieure où il y avait des choses à revoir».

Quand démarre la période de stand-by pour le Trophée Jules-Verne?
«Le 1er novembre (ndlr: soit un départ possible pendant la Route du Rhum)».

Quand s'arrêtera-t-elle?
«On a vu la dernière fois qu'après la mi-février, ça ne passait plus».

Dans l'équipage, on retrouve le noyau dur mais aussi des nouvelles têtes comme Brian Thompson, Juan Vila et Fred Le Peutrec, transfuge de «Groupama 3». Pourquoi avoir choisi ces marins-là?
«Comme dans tous les sports collectifs, il faut chercher à améliorer l'équipe. Alors, on en a essayé des marins! J'avais bien accroché avec Juan Vila (quatre Volvo Ocean Race, cinq Coupe de l'America, dont une victoire avec Alinghi en 2007) lorsqu'il était venu avec l'équipe d'Alinghi s'entraîner à Lorient. Il était intéressé par ce genre de projet. Je voulais aussi m'entourer de personnes ayant un profil tourdumondiste et gros bateaux, d'où l'arrivée de Brian Thompson (Vendée Globe, deux tours du monde sur maxi-catamarans, etc). C'est lui qui était demandeur. Quant à Fred Le Peutrec, on a des accointances depuis longtemps. Fred est le seul marin à qui j'ai proposé d'embarquer avec nous. Il en avait encore envie après son Trophée Jules-Verne sur Groupama 3. Il est ravi d'être là, il s'éclate. Ces trois mecs-là se sont rapidement intégrés au reste de l'équipage».

Avec un temps record de 48 jours, 7h44' 52'', la barre est encore plus haute. Cela ajoute-t-il de la pression?
«Honnêtement, je n'y pense pas. On ne va pas faire n'importe quoi parce qu'il y a ce temps-là. Les autres records, on ne les a pas battus parce qu'on «mulait» plus que les autres mais surtout grâce à la météo. A mon avis, c'est sur ce point-là qu'il faudra être pointilleux. J'espère qu'on aura des opportunités de partir tôt. Je pense aussi qu'on saura saisir les fenêtres dîtes ?trou de souris?. Mais cela ne va pas changer ma façon de naviguer et d'appréhender ce tour du monde. On sait qu'il faut d'abord finir, ensuite bien utiliser son bateau et ne pas le casser. C'est la règle. Après, on verra bien si on fait 48 jours, 46 jours ou 50 jours. Au retour, l'essentiel sera de se dire qu'on a fait au mieux. Là, on est tous prêts à y aller. Il y a une bonne ambiance, plus d'affinités. C'est bon signe».

D'autres records intermédiaires d'ici-là?
«Non, je ne pense pas. On aura tout le loisir de faire deux-trois petits records le jour où on aura terminé le Trophée Jules-Verne. L'hiver dernier, l'attente à Brest fut une expérience particulière à vivre donc là, j'avoue que je n'ai qu'une seule envie: qu'on aille faire du bateau».

Source : Le Télégramme
 
19/10/10
Pascal Bidégorry : « Se servir de chaque expérience pour grandir »

Quelle est votre votre actualité ?
« Dès le 1er novembre démarrera notre stand-by pour le Trophée Jules-Verne. »

Un an après avez-vous des regrets de ne pas être parti, comme Groupama 3 qui s’est approprié le meilleur chrono autour du monde (48 jours 7 h 44’ 52’’) ?
« Beaucoup de gens ont parlé à notre place ou ont émis des avis… Ce qui me dérange, c’est que j’ai l’impression qu’on me demande toujours de devoir me justifier. Avec du recul, c’était peut-être un mal pour un bien. Jamais nous n’avons observé une bonne fenêtre météo, trois fois nous étions sur le point de nous élancer depuis Brest avec tout l’équipage à bord mais le positionnement de l’anticyclone de Sainte-Hélène n’était pas bon. Le plus rapide à atteindre le cap de Bonne-Espérance et à entrer dans le sud a été Franck Cammas en 2008 (13 jours 6 h) mais derrière Groupama 3 a chaviré. L’an dernier, nous savions que Bruno Peyron sur Orange encore détenteur du Trophée avait mis 14 jours 5 h. Jusqu’à Noël donc nous voulions atteindre Bonne-Espérance dans le temps de Cammas, ensuite nous étions prêts à accepter d’y arriver un peu moins vite comme Peyron. L’an dernier Franck (Cammas) a d’ailleurs mis 6 h de plus qu’Orange (14 jours 14 h) pour effectuer la descente. C’est la preuve que la météo n’était pas si favorable que ça. Or nous, nous sommes conscients que ce n’est pas dans le sud qu’on fera des différences mais dans la descente puis la remontée de l’Atlantique. Et il n’y a que la première phase qu’on peut maîtriser. »

Vous parliez d’un mal pour un bien…
« Aujourd’hui, je n’éprouve aucun regret. Avec le recul tu te dis forcément que tu aurais pu être un peu plus joueur, un poil plus opportuniste. Mais avec Ronan Lucas, le directeur technique du projet, nous devons aussi gérer la viabilité d’un projet et d’une équipe. Or je suis fier de ce que nous avons accompli depuis deux ans et je ne parle pas que des records Atlantique ou « Med » mais aussi de l’aspect humain du projet. »

Vous pourriez être revanchard. Mais ce n’est pas du tout l’impression que vous donnez ?
« L’an dernier, le record de la traversée de l’Atlantique (3 jours 15 h 25 mn 48 s) nous a desservis. Nous n’étions pas pour autant architops, là nous sommes plus matures, le projet est plus abouti. Il y a un an je ne suis pas persuadé que nous aurions fait le tour du monde, c’est facile de le dire aujourd’hui. »

Et aujourd’hui vous vous en sentez capable et de battre le record du même coup ?
« On a mis cette année à profit pour soigner la cohésion et la fiabilité du projet. On a pris du coffre. Avant et après le record de la Méditerranée (14 h 20 mn 34 s), on a pu se pencher sur des petits soucis liés à la taille du bateau, liés à sa haute vitesse, des problèmes auxquels on n’avait pas pensé avant. Pendant un an, on a alterné convoyages, navigations sur dix jours, sorties relations publiques, on a vraiment eu un contenu de navigations intéressantes. Des choses qu’on n’avait pas pu faire avant. »

Côté équipage vous passez de 13 à 14 hommes à bord.
« Et pas seulement par superstition (rire). Disons que le système antérieur était un peu branlant. J’appartenais à un quart mais j’en sortais parfois pour gérer la météo ou la communication. Alors on allait réveiller un équipier hors quart qui se reposait. J’ai accueilli trois nouveaux équipiers plutôt expérimentés : Fred Le Peutrec qui était à bord de Groupama 3, l’Anglais Brian Thompson 5e du dernier Vendée Globe et l’Espagnol Juan Vila, très pointu en météo. Je voulais à bord des gens disponibles dans leur tête et impliqués, pas seulement des marins qui viennent faire une pige. »

Un mot sur Maxi Banque Populaire V.
« En terme de performance, on n’a rien révolutionné. On a surtout travaillé sur l’optimisation dans tous les détails, avec un gros travail sur le plan de voilure. Et surtout on a tous une meilleure connaissance du bateau. »

Et qu’est ce qui a évolué chez le skipper ?
« Il y a un an, je faisais trop tout à fond avec l’envie de bien faire. Notamment sur le plan météo. Et quand toutes les 6 h, il y a 30 fichiers qui tombent… Il faut se servir de chaque expérience pour grandir. Et cette fois, nous essayerons de nous créer la chance. »

Propos recueillis par Eric Horrenberger pour Ouest France
 
21/10/10
Banque Populaire V est arrivé à Brest : le trimaran, qui a quitté sa base de Lorient à 7h30, est arrivé au Port du Château de Brest vers 17h30, après avoir effectué un petit détour par la ligne de départ du Trophée Jules Verne à Ouessant. Repérage du "terrain" pour s'imprégner des lieux ?
Dès le 1er novembre, Pascal Bidégorry et ses équipiers, se mettront en stand-by, dans l'attente d'une fenêtre météo propice à l'établissement d'un nouveau record.
 
photo Yannick Le Bris
photo Voile.banquepopulaire.fr
 
04/11/10
Départ imminent ? - Invité par le Télégramme, dans son émission " Le Télégramme refait le Rhum ", Jerémie Beyou, barreur-navigateur du maxi-trimaran Banque Populaire V, a indiqué qu'un départ serait possible dimanche.
Il a ajouté que l'équipage était prêt à partir pour ainsi profiter d'une fenêtre météo susceptible de les conduire assez rapidement à l'équateur.
Le site officiel du sponsor est muet à ce sujet et affiche toujours le code rouge : pas de départ avant trois jours.
 
photos © Yannick Le Bris
 
13/12/10
Code Orange : Ronan Lucas, Team Manager du Team Banque Populaire : « Nous surveillons une fenêtre depuis plusieurs jours. Cette fenêtre qui présentait un scenario intéressant consistait en une dépression qui devait se déplacer vers les Canaries et qui nous permettait de profiter de ce vent fort pour descendre vers l’équateur, avec un peu d’Alizés et dans des temps inférieurs à 6 jours. Or depuis hier soir cette dépression ne vient plus aussi rapidement vers les Canaries ce qui nous oblige à faire plus de route pour toucher les vents portants de cette dépression. De plus le vent entre cette dépression et l’équateur commence nettement à s’affaiblir. Donc si cela reste tel quel, nous accumulerions dès le début trop de retard. Il est donc possible que nous décidions de ne pas prendre le départ, car la fenêtre n’est pas, à l’heure actuelle, celle que nous attendons. Néanmoins il reste encore un espoir de retrouver le scenario d’hier et de passer en code vert. C’est pour cette raison que nous serons tous à Brest ce soir pour étudier les derniers fichiers météo et prendre une décision. Ce qui est sûr, c’est que nous avons tous très envie de partir »
 
14/12/10
Code Rouge : Banque Populaire V est repassé en code rouge ce matin.

Déclaration de Pascal Bidégorry : «Les craintes que nous avions depuis hier se confirment. La fenêtre qui était favorable avant-hier s'est encore dégradée et en l'état actuel des choses, elle nous fait avoir 24 heures de retard au Pot au Noir. Nous étions prêts à partir mais là nous n'avons aucun regret».
 
19/12/10
À la limite de la paranoïa : le skipper du maxi-trimaran Banque Populaire et ses treize hommes d’équipages se préparent à battre le record du tour du monde à la voile sans escale, aujourd’hui propriété de Franck Cammas (48 jours et 7 heures).

Mais les fenêtres météo sont rarissimes, et les départs de Brest reportés en permanence. D’où une certaine nervosité…

Pascal, comment vivez-vous cette attente ?
« Le « stand-by » n’est pas quelque chose d’agréable à vivre parce qu’on ne sait jamais trop quoi faire. On doit rester sur le qui-vive en scrutant méticuleusement la météo. Parfois on se dit « là il va y avoir un truc », et puis la météo n’est toujours pas bonne, et tout le monde repart chez soi… »

Vous êtes susceptible de partir depuis le 1e novembre et jusqu'en février 2011. A quoi ressemblent vos journées ?
« On se réunit deux fois par jour avec les principaux responsables de l’équipage. Nous étudions les systèmes météorologiques par visioconférence deux fois par jour avec notre routeur météorologue, basé à Palma de Majorque. Nous sommes en contact quasi-permanent, presque obsédés par la moindre évolution météorologique. Nous sommes à la limite de tomber dans la paranoïa ! »

« Nous partirons d’ici à février »

Quelle est l’ambiance dans l’équipage ?
« Nous sommes avant tout une bande de potes qui désire vivre une grande aventure. Nous nous retrouvons deux matinées par semaine pour faire du sport et maintenir une cohésion d’équipe. Une sortie à vélo est souvent au programme du dimanche matin. »

L’hypothèse de vous voir rester à quai tout l’hiver comme l’an passée est-elle plausible ?
« Non, c’est absolument impossible. Il est sûr et certain que nous partirons à l’assaut du tour du monde. Nous partons pour battre un record et à ce titre, il est normal d’attendre la meilleure fenêtre météorologique possible pour ne pas partir avec du retard par rapport au temps de référence détenu par Franck Cammas. »

Source : www.rmc.fr
 
17/01/11
Code Orange : le maxi-trimaran Banue Populaire V vient de passer en code orange. Le départ, pour la première tentative de Pascal Bidégorry sur le Trophée Jules Verne, pourrait intervenir entre jeudi et dimanche.
Pascal Bidégorry : « On avait décidé depuis le début de saisir la moindre opportunité qui s'offrirait à nous et je suis forcément ravi qu'elle se présente, enfin ! Je suis très content de changer de mode ! C'est très bien que l'histoire concrète démarre et nous allons l'écrire au mieux. 48 jours pour un tour du monde c'est à la fois long et court. Le parcours est semé d'embûches, surtout avec ces maxi bateaux de records. Je suis très heureux de retrouver les navigants. L'attente a été longue et tout le monde est resté concentré sur l'objectif. Je me dis que ça va être vraiment bien d'être sur l'eau avec toute cette équipe. J'ai juste hâte qu'on ait un peu plus de visibilité sur la fenêtre afin de confirmer qu'au delà du fait qu'elle soit viable, elle soit aussi sportivement constructive pour démarrer notre aventure. »
 
21/01/11
Code Vert : le team Banque Populaire envisage un départ dans la journée de samedi 22 janvier.

Pascal Bidégorry : « Il y a cette dépression sur les Canaries qui a tendance à traîner au large et nous donne un déroulé plus long et plus mou qu'envisagé au départ. Nous essayons de nous caler au mieux par rapport à ce qu'il se passe en début d'Atlantique Sud et notamment en fonction des dépressions qui partent de l'Amérique du Sud de manière assez régulière.

Notre objectif est d'en bénéficier et surtout de ne pas arriver en fin de cycle. Nous sommes aujourd'hui dans une fenêtre qui, pour ce qui est du Pot au Noir et de l'entrée dans l'Atlantique Sud, nous met au mieux dans les temps du record.
»

22/01/11
Banque Populaire V a quitté le port de Brest ce matin à 8h50 : reportage photos réalisé par mon ami Yannick Le Bris, que je remercie.
 
   
   
photos © Yannick Le Bris
 
22/01/11
Top départ : Banque Populaire V a franchi la ligne de départ Ouessant - Cap Lizard, à 12 heures, 11 minutes et 45 secondes, heure Française (11h 11m et 45s TU).

Pour remporter le Trophée Jules Verne, détenu par Franck Cammas, en 48 jours, 7 heures, 44 minutes et 52 secondes, les 14 hommes devront être revenus, au plus tard le vendredi 11 mars 2011 à 19 heures, 55 minutes et 37 secondes (heure Française), après avoir parcouru la distance théorique de 21760 milles nautiques.

Pascal Bidégorry : « On va partir avec du vent portant. On va faire le tour d'une dépression. En dessous de cette dépression on ne va pas se cacher que ce n'est pas extraordinaire. Toutes les secondes sur le record seront importantes. Il faut aller vite, il faut être clairvoyant. Il ne faut pas casser le moindre truc. Il faudra accepter éventuellement d'avoir du retard parce que la météo aura fait son choix.
Je suis impatient qu'on se retrouve sur l'eau parce que je pense qu'on le mérite bien. J'ai hâte que, demain matin, demain soir ou dans deux jours, on se dise : "ça y est, on y est !". Je pense qu'on est tous prêts depuis bien longtemps, maintenant il faut vivre tout ça. Je suis content de partir parce que ce stand by a quand même été un peu pénible et donc c'est libératoire tout ça. J'attends avec impatience de pouvoir me dire qu'on est dans le Trophée Jules Verne, ce pour quoi on travaille depuis quatre ans. Ce sera un petit instant de vie super agréable. Je suis également ravi de partir avec cet équipage, parce qu'indépendamment de leurs compétences sportives, ce sont vraiment de belles personnes et il y a une super ambiance à bord. C'est agréable de partager ça avec ces gens là et je me réjouis de vivre avant tout une belle histoire d'hommes.
»
 
photos © Benoit STICHELBAUT/BPCE
 
23/01/11
Message de Groupama : Franck Cammas, actuel détenteur du Trophée Jules Verne, souhaite bon vent et encourage l'équipage de Banque Populaire :
« Qu'ils se fassent plaisir sur ce parcours, l'un des plus beau que l'on puisse imaginer avec des passages extraordinaires. C'est une belle aventure qui les attend, une histoire humaine avec quatorze bonhommes et une navigation très technique avec un grand et beau bateau.
Ils ont tous les ingrédients pour faire un beau parcours. Je leur souhaite d'arriver au bout, ce qui n'est jamais évident sur ce genre de parcours et comme c'est leur première tentative, il y a toujours des interrogations.
Banque Populaire est beaucoup plus grand que Groupama 3, près de neuf mètres. C'est un gage de puissance qui leur permettra parfois de gagner quelques noeuds de vitesse comme on l'a vu lors du record de l'Atlantique. Mais le record se jouera essentiellement sur la météo car cette différence de vitesse ne leur permettra pas compenser une mauvaise météo.
»
 
23/01/11
Pétole à Ouessant - Extraits de la vacation de 12h avec Pascal Bidégorry : « Sur la ligne de départ il n'y avait pas de vent, 10 minutes après ça c'est levé, un quart d'heure après c'était parti. L'approche d'Ouessant dans la pétole, c'était un peu étonnant. Partir dans ces conditions là vers un record, je n'avais pas imaginé ça comme ça. Après, mine de rien, ça a été quand même une entrée en matière un peu costaud. On a eu jusqu'à 45nds de vent cette nuit avec une mer forte et courte à l'approche du Cap Finistère. Le bateau avait tendance à planter un peu. Il faut faire gaffe à ces vitesses là. Hier après-midi on a eu un petit souci de charge avec le moteur, une fuite de gas-oil dans le bateau. Enfin, rien d'extraordinaire. Depuis ce matin, on est plus focalisés sur la météo à venir, que sur la petite avance que l'on peut avoir. L'important c'est de bien regarder la météo des prochains jours, le contournement de la dépression sur les Canaries. Rien de bien mirobolant à venir, rien de catastrophique non plus. Mais cela pourrait être mieux. »
Bilan du 1er jour - distance parcourue : 717.30 mn - moyenne : 29.89 nds - avance : 172.90 mn
 
24/01/11
Ça glisse bien - Extraits de la vacation avec Pascal Bidégorry : « Nous avons passé une nuit super, avec en moyenne 25-30 nds de vent, et la mer s'est quand même un petit peu aplatie. C'est devenu beaucoup moins pénalisant pour aller vite avec le bateau. Là ça glisse bien, c'est bien stabilisé. On a fait ce qu'on voulait en stratégie par rapport au contournement de la dépression. L'idée est de se rapprocher au maximum du centre, pour avoir le vent qui tourne et faire la route la plus courte, sans aller trop près, pour ne pas tomber dans des trous de vent ou des vents irréguliers. On s'en sort bien et tout va bien. Là on est bâbord amure, et vers 19 h ça va mollir et on passera tribord amure avec des vents de 20 nds. La transition avec le Cap Vert va être un peu plus délicate. On va passer l'axe de l'anticyclone avec des vents assez faibles. Les derniers routages sont un tout petit peu plus optimistes. A mon sens, l'Eta à l'Equateur va tourner autour de 6 jours, avec peut-être 2-3 heures de moins ou 2-3 heures de plus. C'est un peu ce que je pensais depuis le début. »
Bilan du 2e jour - distance parcourue : 674.40 mn - moyenne : 29.10 nds - avance : 158.20 mn
 
 
25/01/11
Chaud devant - Extraits de la vacation de Pascal Bidegorry : « Depuis ce matin, il y a vraiment un gros changement de température. Cette nuit on était encore en ciré et puis là, ce matin, il y a une chaleur, c'est de la folie. On a pas mal bossé parce qu'on envoyé de la toile, changé de gennaker et on est en train d'avancer le matos dans le bateau pour recentrer les poids. Là, on a en moyenne 15nds de vent, alors que toute la nuit on avait entre 22 et 24nds. Mais c'était prévu : on descend vers le chaud, donc il y a un petit peu moins d'air. On a un peu d'avance car depuis qu'on est parti, je pense qu'on n'a pas trop trainé en route, même si depuis hier, on a un peu navigué avec le vent pile dans notre axe derrière, donc à faire des empannages qui rallongent la route. Il y a eu du très bon boulot fait par l'équipage depuis le départ. On est plutôt concentrés sur ce qui va se passer dès demain et puis sur le sud qui ne s'annonce pas de manière extraordinaire pour l'instant. Il faut vraiment croiser les doigts et qu'on ait un peu de réussite, parce que je pense que ça va être compliqué. »
Bilan du 3e jour - distance parcourue : 659.90 mn - moyenne : 27.50 nds - avance : 271.80 mn
 
26/01/11
Dans les alizés - Extraits de la vacation de Pascal Bidegorry : « La nuit a été super agréable avec plus de vent. Avec le réchauffement de la température, les alizés ont tendance à faiblir jusqu'au milieu de l'après midi et dès qu'arrive la tombée de la nuit et que ça se rafraichit un peu, tout ça se réactive. C'est plus agréable car on arrive à aller plus vite. Là on a 10nds de vent et on marche à 17nds. On sait très bien qu'on ne va pas gagner du temps aujourd'hui. On savait en partant que les alizés seraient très faibles. On a ajusté notre fenêtre météo par rapport à ça, en essayant d'en avoir un maximum dans le minimum et en sachant très bien que ce serait la partie délicate. Il était évident qu'on irait très vite jusqu'aux Canaries et qu'après ce serait un peu plus compliqué. Sur les fichiers, cet après-midi, on aura un peu plus de vent au moment où avec le réchauffement on devrait en avoir un peu moins. Mais enfin, quand on a une fenêtre météo pour partir, on fait avec ce qu'on a et on est bien content d'être là. Notre avance va diminuer comme neige au soleil, mais ça fait partie de ce qu'on savait. »
Bilan du 4e jour - distance parcourue : 419.60 mn - moyenne : 17.48 nds - avance : 198.80 mn
 
27/01/11
Pot pourri - Extraits de la vacation de Pascal Bidegorry : « Cette nuit ça s'est bien passé, on a eu quand même eu encore des conditions avec pas mal de vent. On s'était bien décalé dans l'ouest pour pouvoir anticiper cette molle, pour passer au niveau du 30e, au niveau du Pot au Noir. C'est ce qu'on voulait faire. Et puis ça a molli. Là pendant que je vous parle, il y a 2.5 nds de vent. On était sous gennaker, on est parti au près, on a viré de bord. On vient de ré-empanner parce que le vent a fait un tour complet. Là il n'y a rien, on avance à 3 nds. C'est pas brillant. On est dans le Pot. C'est très actif au niveau grains, par contre c'est que de la flotte. Le Pot est long en latitude, il nous reste encore 120 milles pour en sortir. Donc, vous voyez, on n'est pas arrivé quoi. 120 milles à 20 nds ça fait 6 heures, à 10 nds ça fait 12 heures, à 3 nds, je vous laisse faire le cacul. Mais bon, de toutes façons, là je pense que ça ne peut pas être pire. Au moment où je vous parle, il y a 4 nds de vent là. Vous voyez, ça s'améliore. Au plus fort de la tempête, le vent se calme et au plus fort de la pétole, cela ne peut que s'améliorer. »
Bilan du 5e jour - distance parcourue : 604.60 mn - moyenne : 25.19 nds - avance : 127.10 mn
 
 
28/01/11
Équateur - Banque Populaire V a franchi l'Équateur à 4h 56' TU, après 5j 17h 44m et 15s de navigation depuis Ouessant. Il compte 1h 22m d'avance sur le temps réalisé par Groupama 3 en 2010, mais n'améliore pas le temps de référence de 5j 15h 23m et 11s, établi par Franck Cammas en 2009.

Extraits de la vacation de Pascal Bidegorry : « La journée d'hier a été un peu tendue parce que c'est toujours plus facile de faire du bateau quand il y a un peu de vent que quand il n'y en a pas du tout. Avec les quatre premiers jours et demi de course, on avait l'opportunité de faire un très très bon chrono au Pot, mais il en a décidé autrement. Cela fait partie des choix que l'on a faits au départ.
Là ça va, on marche à 27 nds, avec 15 à 17 nds de vent, on est au reaching, un peu vent de travers, grand-voile haute et solent. Il y a encore quelques grains, on va bientôt trouver un ciel un peu plus établi avec des alizés et un vent un peu plus stable. Je pense qu'aujourd'hui, il y a des chances qu'on passe assez près du Brésil. La sécurité voudrait qu'on essaye vraiment de contourner l'anticyclone de Sainte Hélène le plus près possible de la côte. L'anticyclone est très large d'est en ouest, donc il nous barre complètement la route. Il va vraiment falloir faire le grand tour, dans sa partie nord. On a des bateaux qui vont vite. Il faut aller dans du vent pour se servir des performances du bateau. Des fois on accepte de se rallonger la route.
C'est bien de voir qu'on est dans le rythme, mais on est au début de l'histoire. On sait très bien qu'à des moments on sera euphoriques parce qu'on aura un peu d'avance et qu'il y aura des moment qui seront un peu plus délicats à vivre parce qu'on aura du retard. Cela fait partie de la loi des records. Une des forces de l'équipage de Franck Cammas, l'année dernière, c'est d'avoir toujours gardé le bon tempo, d'avoir cru dans leurs chances jusqu'au bout et cela leur a réussi. Donc c'est ce qu'on va faire. Ne vous inquiétez pas, on est dessus, on ne va pas lâcher le morceau. Ça c'est certain !
» Bilan du 6e jour - distance parcourue : 392.60 mn - moyenne : 16.36 nds - avance : 53.30 mn
 
carte météo du 27/01/11 à 15h TU
 
29/01/11
Le grain grain quotidien - Extraits de la vacation de Pascal Bidegorry : « On a refait le Pot au noir, rebelote, bis repetita, jusqu'à 1 ou 2 h du matin. On allait assez vite, sur une eau plate, à 26-27-30 nds. C'était plutôt sympa. En 2e partie de nuit, on a eu beaucoup d'activité nuageuse, beaucoup de cumulonimbus. Des grains dans tous les sens. Sur le radar vous en aviez un devant, un sur le coté, un au vent, un derrière. En fait il y en avait partout. Cela zigzaguait dans tous les sens pour essayer de les éviter, ce qu'on a pas pu faire pour 3 d'entre eux. C'est à dire qu'il y en avait tellement que c'était un peu difficile. Dans ces phases de transitions là, un coup on marche à 31 nds et puis 10 minutes après, vous êtes à 2 nds pendant 1/4 d'heure. Ça été un peu comme ça toute la nuit. Avec Juan, on a passé la nuit, sur le pont avec le radar, et puis, bien sûr, à tourner aussi les manivelles. Le quart de stand-by et le quart "on" avaient bien besoin de nous pour manœuvrer dans les grains. Donc, ça a été un peu sportif. J'étais content en début de nuit parce qu'on avait quasiment doublé notre avance à l'Equateur. Et puis on a reperdu ce qu'on avait doublé. Cela fait partie des choses de la vie et des choses de la voile. (...) L'anticyclone de Sainte-Hélène est un petit peu en travers de la piste, entre Bonne Espérance et Récif. On n'a pas d'autre alternative que de faire le grand tour. On va énormément se rallonger la route, mais on n'a pas le choix. Donc c'est pas la peine de se poser trop de questions. »
Bilan du 7e jour - distance parcourue 510.50 mn - moyenne : 21.27 nds - avance : 36.80 mn
 
30/01/11
Côte à côtes - Extraits de la vacation de Pascal Bidégorry : « Cette nuit, on a fait de la glisse sympa à 20-27 nds, dans le contournement de l'anticyclone de Sainte-Hélène, même si c'est de la glisse qui nous rapproche pas du but. Il suffirait qu'on fasse 2-3 heures d'ouest et puis on verrait les côtes Brésiliennes. On n'a pas d'autre alternative que de faire ce grand contournement. Il faut s'armer de patience. A partir de demain soir on va arriver à attraper une petite dépression au large des côtes Uruguayennes. Et là on pourra commencer à obliquer notre route plus vers le sud. Cela fera du bien au moral de se dire qu'on met un petit peu d'est dans notre route et qu'enfin on se rapproche d'un cap qui s'appelle Bonne Espérance. Je ne savais pas qu'il portait aussi bien son nom, mais je commence à comprendre pourquoi. Les prochaines 24 h qu'on va faire, c'est 24 h de trop. Si on peut limiter notre retard à moins de 24 h à Bonne Espérance, ce que je pense possible, et à priori avec une connexion de l'Indien qui a l'air d'être pas mal du tout, voilà, ça va aller. C'est encore trop tôt pour parler de tout ça.»
Bilan du 8e jour - distance parcourue : 516.90 mn - moyenne : 21.54 nds - retard : 29.40 mn
 
 
31/01/11
En travers de la piste - Extraits de la vacation de Pascal Bidégorry : « La nuit s'est très bien passée. On est repassé bâbord amure hier soir, avec un cap à peu près au sud et on a marché à 22-23 nds de moyenne toute la nuit. Depuis que le jour s'est levé, le vent a diminué un peu en intensité et on marche maintenant à 17-18 nds. Le vent va tourner dans la journée au nord et on profitera de cette bascule au nord pour faire un petit bout de tribord amure. Donc on empannera et, bien sûr, on va repartir vers les côtes d'Amérique du Sud, un peu en travers de la piste par rapport à notre but qui est Bonne Espérance. Ça va être encore une journée où il faut encore investir dans l'ouest pour garder un minimum de pression de vent, parce que devant nous il y a cette sacrée Sainte Hélène qui nous barre le chemin.
Dès demain, on va être soumis à l'influence d'une dépression qui va arriver d'Amérique du Sud et nous permettre de faire une route sud-est avec un vent de 15 à 20 nds. On pourra démarrer et la dépression va nous amener de manière quasi certaine au milieu de l'Atlantique sud. Après, honnêtement, je vais pas vous en dire beaucoup plus, parce que quand on regarde les modèles, il y a une diversité dans tout ça qui est assez étonnante. Il n'y a rien de vraiment sûr. Chacun y va de sa petite théorie et c'est pas évident de définir quelque chose, même à moyen terme. Donc on essaye d'être le plus constructif possible déjà à court terme : surtout de ne pas se faire croquer par l'anticyclone, arriver à bien rentrer dans la force du vent de cette dépression pour pouvoir vraiment partir avec et après on envisagera la suite un petit peu plus tard
. »
Bilan du 9e jour - distance parcourue : 406.40 mn - moyenne : 16.93 nds - retard : 189.00 mn
 
01/02/11
La météo décidera - Extraits de la vacation de Pascal Bidégorry : « Tout va bien à bord, l'équipage est en pleine forme. D'ici 4 ou 5 heures on va faire 20-25 nds et on va vraiment pouvoir exploiter le maxi Banque Populaire un peu plus que ces derniers jours.
Avec les modèles de ce matin, on a un peu plus de visibilité. Pour les deux jours et demi à venir, ça a l'air de concorder sur le fait qu'on va bientôt avoir du vent et repartir. On va enfin pouvoir mettre un peu d'est dans notre route. Notre retard va se stabiliser autour de 400-450 mn. J'espère qu'on va pouvoir grignoter, petit à petit, des petits milles dans les prochains jours.
Entre le Pot et surtout le contournement de Sainte-Hélène, on n'aura jamais vu une trajectoire aussi ouest pour un bateau qui tente le Trophée Jules Verne. On a des centres anticycloniques qui se retrouvent autour des 42-43-44° S. Ce sont des latitudes où on devrait naviguer. Cela pose un gros problème parce que tu vas naviguer au portant, mais tu navigues dans les 50° S, voir beaucoup plus. Hier on avait encore des routages qui nous faisaient descendre jusqu'à 55° S. On a un léger petit problème, c'est qu'on a un rassemblement d'icebergs en approche du cap de Bonne Espérance par 44° S et quand je dis un rassemblement, c'est presque une île tellement il y en a en densité. On ne peut pas faire n'importe quoi non plus, par rapport à ça.
De toute façon, jusqu'à la ligne d'arrivée, on se battra tous, parce qu'on est vraiment déterminés pour faire de notre mieux. Il ne faut pas se voiler la face, c'est la météo qui va décider. Mais c'est pas un scoop, tout le monde le sait. Je sais très bien que c'est pas sur la vitesse du bateau qu'on arrivera à récupérer 400 ou 500 mn de retard, juste en appuyant plus sur le champignon. Et on sait très bien que plus on appuie sur le champignon, plus on se rapproche des problèmes de casse. Il faut savoir doser tout cela et on va le faire.
Il y a moyen de gagner une journée, une journée et demi ou deux jour sur ce record. Mais au dessus de 1000 mn de retard, cela deviendra compliqué. Mais en voile, tant que la ligne n'est pas passée, rien n'est fait.
»
Bilan du 10e jour - distance parcourue : 309.50 mn - moyenne : 12.90 nds - retard : 404.60 mn
 
02/02/11
40e Rugissants - Extraits de la vacation de Pascal Bidégorry : « On commence à avoir entre 30 et 35 nds de vent. On a été obligé de lofer un peu parce que le bateau va trop vite. Comme il y a de la mer, si on va à 40 nds, on va tout péter. Donc il faut diminuer la toile et essayer de calmer la bête. Pour la suite, je pense qu'on est bien dans la merde. Dans les modèles qu'on a, cela ne passe pas du tout, du tout, du tout. J'ai jamais vu ça. Les seules routes qui pourraient nous faire passer dans un temps à peu près correct, ce serait des routes où on passerait par 55-57° S. Donc quand je dis qu'on est dans la merde... Il va falloir trouver une solution à ce problème et pour l'instant je ne l'ai pas. Je suis un peu perplexe pour la suite, au niveau météo, parce que je pense que cela risque de prendre des proportions... J'ai bien peur que ce soit un peu dramatique. C'est franchement pas terrible. On sait qu'on a des glaçons par 43° S à Bonne Espérance. Après on pourrait naviguer plus sud, il y a quelques trucs seuls dans leur coin. Il y a moyen d'en laisser quelques uns dans notre nord. Je ne sais pas trop quoi penser. »
Bilan du 11e jour - distance parcourue : 741.20 mn - moyenne : 30.88 nds - retard : 13.60 mn
 
 
03/02/11
Pain blanc, pain noir - Extraits de la vacation de Pascal Bidégorry : « Ça a été un peu sportif hier matin, parce que la mer était courte. Cette nuit ça a été très vite. On a plongé un peu moins sud que prévu pour pouvoir trouver une mer un peu plus plate et aller vite avec le bateau sans trop lui tirer dessus. Cela fait 24 heures qu'on a vu des vitesses entre 31 et 40 nds. On s'était fixé 35 36 nds. C'était pas mal en terme de performance. Le pain noir mat arrive. A Bonne Espérance, la situation est compliquée et exceptionnelle en cette période de l'année. On sait qu'il y a des glaces par 45.5° S. C'est une île énorme qui s'est pétée en plusieurs morceaux, avec des growlers partout, dans un endroit où en monocoque on n'irait pas, donc en multi, à la vitesse où ça va, si on touche le moindre truc, ce sera la catastrophe. J'espère qu'on va passer Bonne Espérance un peu plus vite que ce que peuvent nous donner les modèles de routage. On fait un cap un peu moyen qui nous permette de faire une route au plus près des glaces, qu'on envisage pour l'instant et qui nous ferait passer au mieux le col. »
Bilan du 12e jour - distance parcourue : 752.70 mn - moyenne : 31.36 nds - avance : 456.30 mn
 
03/02/11
Avarie sur la dérive centrale - Déclaration de Pascal Bidégorry : « Cette nuit, nous avons immédiatement ressenti l'effet du choc mais le Maxi Banque Populaire V ne s'est pas arrêté. En revanche, nous avons pris la décision de stopper la marche du bateau et de rouler les voiles. Nous avons passé une heure à la cape, mais dans la nuit noire, il n'était pas facile de se rendre compte des dégâts. Ce qui est sûr c'est qu'il manque un bout de la dérive et la crash-box est arrachée. Nous avons constaté dans un second temps que le barreau de la dérive était cassé et qu’il manquait 40 cm de la dérive. Ainsi nous avons donc décidé de calmer un peu le jeu, de stabiliser notre vitesse à 25 nœuds et de laisser un minimum de dérive dans l'eau afin de ne pas aggraver les choses. Notre idée est de naviguer plus loffé qu'on ne l'avait fait pour être, demain au lever du jour, dans une zone avec moins de vent et moins de mer, afin de pouvoir lever les 600 kg de dérive et voir précisément ce qu'il en est. Mais nous maintenons un cap au Sud Est. »

L'Afp a interrogé Vincent Lauriot-Prévot, l'un des architectes du trimaran : « A priori le bateau n'est pas en danger. Il semble que seule la partie fusible de la dérive soit partie. Il faut la hisser complètement pour s'assurer que le puits n'est pas endommagé et qu'il n'y a pas d'entrée d'eau. Si la dérive est seulement un peu raccourcie, cela ne devrait pas poser de problème. Par contre, il ne faudrait pas que le "trimmer" (volet correcteur de dérive) soit endommagé. Francis Joyon avait connu pareille avarie, sans que cela l'empêche de boucler son tour du monde, lors d'une précédente tentative. »
 
04/02/11
Carie et coton tige - Extraits de la vacation de Pascal Bidégorry : « Je ne sais pas ce qu'on a tapé parce que ça nous a carrément cassé le barreau structurel de la dérive, 1.2 mètre au dessus et on a un peu abimé le puits et le trimmer. On s'est arrêté 3 heures ce matin et on a sorti la dérive de l'eau. On a plongé en dessous pour voir les fonds du bateau aussi. Là on essaye de couper le bout qui est abimé sur un mètre. Sachant qu'on a 2.2 m de dérive qui sont partis, donc si on recoupe encore 1 m, il ne va pas nous rester grand chose dans la flotte. Déjà, il faut qu'on arrive à la couper avec une scie à métaux et une perceuse en faisant des avants trous. Le barreau structurel de la dérive, c'est super costaud, cela prend vachement de temps à percer, je ne suis même pas sûr qu'on arrive à la couper. Si on arrive à la couper, l'idée est d'essayer de réparer la partie basse pour fermer la dérive pour essayer de la rendre étanche. Parce qu'autrement cela va continuer à se délaminer à haute vitesse et le petit bout qui nous reste va continuer à partir en charpie.
C'est comme si on voulait nettoyer une carie avec un coton tige. C'est pas terrible tout ça. L'essentiel est de savoir si on peut réparer la dérive et est-ce qu'on peut continuer à faire les 3/4 du tour du monde qui nous reste à faire. Il faut bien voir qu'on est quand même par 46° S, on n'est pas dans un atelier à la bonne température. Il y a au moins 24 heures de boulot alors qu'il nous faudrait 3 jours. Après le bateau est susceptible de naviguer à 35 ou 40 nds, avec les fortes compressions qu'il y a dans l'eau et il faut que cela tienne encore pendant 3/4 de tour du monde. Je ne suis pas convaincu de l'histoire, cela risque d'être compliqué. Déjà, on va prendre les choses dans l'ordre. Il faut essayer de couper le morceau parce que si on ne peut pas couper le morceau, c'est foutu.
Moi, je ne ferai pas le tour du monde avec un bateau à 50% de son potentiel de vitesse avec une dérive qui peut partir en chou-fleur. J'en ai gros sur la patate mais on est tous déterminés à réparer ce truc comme il faut. Je navigue avec des gens solidaires. On s'est tous dit qu'on ne lâchera pas le morceau aussi facilement.
»
Bilan du 13e jour - distance parcourue : 469.60 mn - moyenne : 19.57 nds - avance : 195.60 mn
 
 
05/02/11
Abandon - Extraits de la vacation de Pascal Bidégorry : « On n'a pas l'outillage à bord pour refaire une dérive. La réparation est longue parce qu'on est par 46° S, il fait froid, on est dans le brouillard à couper au couteau depuis deux jours, il y a un degré d'humidité monstrueux. Il y a des temps de séchage (à respecter) entre plusieurs phases. On ne pourra pas remettre la dérive avant demain midi ou demain soir. Le bout qui nous reste est minuscule, il fait 2 m alors que la dérive fait 5.80 m en configuration Trophée Jules Verne. On se retrouve avec un moignon ridicule à l'échelle du bateau.
Le temps passe vite, ça va faire deux jours et demi qu'on a tapé et qu'on n'avance pas des masses. Et ça va continuer comme ça. On est à des années lumière de notre objectif de faire le tour du monde dans des conditions normales et de battre quoi que ce soit. Cela fait 2.5 jours que je veux toujours retarder l'échéance mais que je la vois venir. J'espérais aussi que la météo s'améliore, mais ce n'est pas le cas. On aurait pu naviguer dans le sud mais en utilisant le potentiel de Banque Populaire en convoyage mais pas dans la perspective de battre le record du trophée Jules Verne.
Il faut faire en sorte qu'on puisse ramener le bateau à Lorient, dans des conditions normales de sécurité. Je veux rassurer tout le monde, il n'y a aucune inquiétude à avoir, le bateau n'est pas abimé.
Moi je suis déterminé
(à retenter ce record), car on a un engin fiable qui mérite beaucoup mieux que ce qu'on est capable de lui offrir aujourd'hui. C'est une certitude et il faut continuer à travailler là dessus pour l'avenir.
Ce matin ça va. La déception a été importante sur les 2 derniers jours, je suis vraiment passé par des moments d'abattement. Je suis frustré de mettre cap au nord. C'est ça qui me dérange.
»
Bilan du 14e jour - distance parcourue : 155.70 mn - moyenne : 6.49 nds - retard : 342.90 mn
 
 
 
05/02/11
L'impitoyable Trophée Jules Verne - Pascal Bidégorry a mis un terme à sa tentative de tour du monde, en équipage, sans escale, dans le cadre du Trophée Jules Verne. Sur les 23 tentatives enregistrées, depuis la création du challenge, en 1990, 7 records ont été validés. Soit un taux de réussite de 30 %. À noter, que seul Bruno Peyron a pu établir un record dès son premier essai, en 1993.
 
06/02/11
Les chances de repartir ne sont pas nulles - Pascal Bidégorry : « Cap au nord, cap à la maison. Malheureusement ! Avec beaucoup de regrets. C'est encore plus dur aujourd'hui qu'hier. Depuis ce matin je n'arrive pas à me sortir des fichiers, comme si on continuait la course. C'est difficile de tourner la page.
Il y a une quinzaine de jours de navigation
(pour rentrer à Lorient). Ça va être par moments long parce qu'on n'est plus dans une optique de record mais dans l'optique de ramener un bateau sur un objectif qu'on n'est pas arrivé à mener à son terme comme on voulait.
On va continuer à suivre la météo de près. C'est plus qu'évident ! Pour avoir quelque chose de très bien pour repartir. Mais on va faire les choses dans l'ordre. Entre le moment où on va toucher terre et le moment où on aura pu faire un check complet du bateau, il va se passer une dizaine de jours. On a une autre dérive à l'atelier, donc c'est pas un souci. Dans ma tête, les chances de repartir ne sont pas nulles. Si début mars on a une fenêtre météo, après avoir fait un bon check du bateau et qu'on n'a pas découvert de truc particulier, on pourra se poser ce genre de question. On verra. Encore faut-il qu'on ait une bonne fenêtre météo. Mon but c'est de faire le record. Le bateau a un très bon potentiel, grâce à sa longueur dans ces conditions là. Mais il ne faut pas rêver, ce qui fait qu'il y aura ou non un succès sur ce Trophée Jules Verne, c'est avant tout la météo qui va le dicter.
Il faut avoir beaucoup d'humilité et de respect sur les prestations sportives qui ont été faites par le passé. J'ai toujours dit que ce serait un record très difficile à battre.
»
 
20/02/11
De retour à Lorient - Pascal Bidégorry et ses 13 équipiers ont regagné Lorient ce dimanche matin, peu avant 10 h : « On a poursuivi notre travail sur ces 15 jours retour. On s'était fixé comme objectif de continuer à naviguer comme si on était en record... notamment dans l’organisation du bord, dans le prolongement de ce qu’on a fait sur les douze premiers jours de course. C'était important, il ne fallait pas s'arrêter et garder la même dynamique.
Le bateau est bien, c'est un fait, tout le monde le dit, mais je me suis régalé à naviguer avec l'équipage à bord. Je pense qu'on a tout pour réussir ce projet comme il faut. On a fait une trentaine de jours de mer. c'est sûr que ça va nous servir énormément, qu'on revient beaucoup moins bête qu'on est parti ! Les gars du team ont fait un travail énorme et on a tous un peu grandi. On a appris à vivre ensemble dans la performance du bateau. Vivre ensemble à 20 nœuds et vivre ensemble à 35 nœuds, ce n'est pas pareil. Dans la gestion du record, j'ai essayé d'apprendre en regardant les autres et en voyant l'intelligence avec laquelle ils ont mené leur bateau et leurs hommes. On voit que ce n'est pas simple. On n'a pas cassé le bateau. On a bien navigué. On a tapé quelque chose mais on n'a pas fait d'erreur.
On espère repartir. Il y a dix jours de travail sur le bateau. Il faut faire un check complet parce qu'on a quand même navigué 30 jours sur un multicoque de 40 mètres.
»
 
Banque Populaire V
 
09/04/11
Comuniqué du team Banque Populaire : « Après 7 années d’une coopération fructueuse, le Team Banque Populaire et Pascal Bidégorry cessent leur collaboration à compter d'aujourd'hui en raison d'une divergence sur la stratégie sportive à venir de la marque Banque Populaire dans la voile ».

Ce communiqué vient officialiser une rumeur qui circulait sur le web depuis une dizaine de jours. Le "divorce " aurait principalement pour origine, des tensions à bord avec l'équipage, des stand-by trop longs, des résultats jugés insuffisants et une mauvaise communication, autant à terre, qu'en mer.

Michel Desjoyeaux est donné favori pour le remplacement de Pascal Bidégorry, mais le nom de Lionel Lemonchois est également avancé.