Trophée Jules Verne 2010
 
Record de Franck Cammas / Groupama 3 ( page 2 / 2 )
 

26/02/10
Antiméridien : Groupama 3 a franchi l'antiméridien (ligne de changement de date à la longitude 180°) le 25 février à 21h 32' et 29" TU avec environ 14 heures d'avance sur le temps de passage d'Orange II au même niveau en 2005. Positionné sur la latitude 55° sud, il se trouve à 300 milles nautiques au nord des premières glaces de l'Antarctique. Les conditions climatiques se sont légèrement dégradées avec une température extérieure de 11 ° et une eau à 7°.
Extraits de la vacation de Ronan Legoff : « On a entre 22 et 25 noeuds de vent et on marche à 33-34 noeuds sous 1 ris dans la grand-voile et gennaker medium. Il ne fait pas très froid, on n'est pas trop mouillés, c'est plutôt cool. Là on est au coin du gaz avec Lionel et Frédo en train de préparer à manger. Vous êtes bienvenus si vous voulez. Il y a de la volaille avec de la sauce tomate et du blé réhydraté. Si ça vous dit, welcome ! Par rapport à Orange II, les conditions de vies sont différentes. Sur un catamaran les deux coques sont habitables ce qui permet à l'équipage d'avoir plus d'intimité. »
Bilan du 26e jour - distance parcourue : 664.50 mn - moyenne : 27.69 nds - avance : 430.40 mn
 
27/02/10
Loin des yeux ... - Frédéric Le Peutrec : « Pour l'instant ça se passe bien, la mer n'est pas méchante, on est sous gennaker et grand-voile haute et on glisse entre 30 et 35 nds. On est pratiquement au point le plus éloigné du globe terrestre. Mais on fait un peu d'amnésie pour ne pas se souvenir trop précisément du chavirage de 2008. Si ça nous arrivait ici, ce ne serait pas du tout la même histoire. Là, le danger le plus tangible est celui des glaçons. Il y en a qui ne sont pas loin, à quelques milles. Nous avons la désagréable sensation de circuler dans une région de cailloux sans en avoir la cartographie. Les deux dépressions avec lesquelles on va avancer vers le cap Horn seront un peu plus fortes que prévu mais sans que ce soit une catastrophe. On va avoir du vent arrière avec de la descente max. Dans ces conditions là, on peut supporter du vent assez fort avec la mer dans le sens du vent. Ça n'a rien a voir avec le fait de devoir circuler dans 40 nds et vent de travers. En plus, on est obligés d'accepter le vent car pour passer le cap Horn, on n'a pas d'autre solution que de converger vers le 57 sud. »
Bilan du 27e jour - distance parcourue : 753.40 mn - moyenne : 31.39 nds - avance : 560.20 mn
 
28/02/10
Dans le vif du sujet : à trois jours du passage du Horn, les conditions météo sont de plus en plus musclées pour Groupama 3 qui est poursuivi par une méchante dépression. Extraits de la vacation de Loïc Le Mignon : « La matinée a été assez houleuse avec une mer très hachée et puis ça s'est calmé au fur et à mesure donc on a renvoyé tout doucement. Le vent à tourné, on a empanné et on refait route sud pour se positionner. On devrait retoucher un vent vers le 310 demain midi et pouvoir repartir avec l'avant du front en direction du Horn. Les routeurs ont choisi une route nord dans des mers assez calmes, pour exploiter la pleine puissance du bateau. Cela permet d'aller très vite même si on ne coupe pas le fromage en passant par le sud. Le vent est trop fort en bas. Il fait froid, on a tous sorti les doubles polaires et les gants. Le taux d'humidité est à 120% dans le bateau et rien ne sèche. On commence un peu à avoir hâte de passer le cap Horn et de refaire un peu route nord car on est bien trempés. Le bateau est en bon état. On n'a pas de soucis majeurs sur la structure ou l'accastillage. »
Bilan du 28e jour - distance parcourue : 559.70 mn - moyenne : 23.32 nds - avance : 517 mn
 
01/03/10
Faire le dos rond : Franck Cammas et ses équipiers naviguent dans des conditions assez difficiles et font cap au 65 pour limiter les effets de la grosse dépression qui les poursuit depuis hier et va les dépasser, générant des vents de 40 nds et une mer formée. L'avance engrangée ces derniers jours fond comme neige au soleil.
Extrait de la vacation de Jacques Caraës : « Il y a du vent bien soutenu en ce moment avec des pointes jusqu'à 37 nds. On a réduit la voilure avec deux ris et trinquette. La mer est assez chaotique et pas facile à négocier avec un phénomène de houle et quelques talus de 3 mètres. Parfois le bateau plante un peu et s'arrête mais on passe quand même bien dedans. Il y a une certaine fatigue qui s''installe mais la bonne humeur est toujours là. Les manœuvres sont un petit peu plus difficiles ; il faut être prudents et surtout ne pas s'énerver. Pour contourner la dépression, on a encore un peu de route à faire sur cette amure. L'empannage ne sera pas avant demain. Cela fait un gros détour par le nord mais on n'a pas le choix. On aurait préféré faire l'arrivée au Horn en ligne droite mais ce sera pour une autre fois. La dépression va plus vite que nous et sur l'autre amure, nous aurons une mer encore assez difficile à négocier. D'après les derniers fichiers météo reçus il y a une dépression en place en ce moment au cap Horn avec des vents de 80 nds. Donc la mer ne doit pas être très bonne. Sur un parcours comme le Jules Verne on doit s’attendre à avoir du vent un peu plus fort mais on a été quand même conservateurs en cherchant à contourner le plus gros du coup. C’est très important aussi de ne pas s’installer dans un système qui pourrait engendrer des problèmes techniques ou mécaniques sur le bateau. Le choix a été bon à ce niveau mais la mer n’est malgré tout pas très bien rangée. »
Bilan du 29e jour - distance parcourue : 706.20 mn - moyenne : 29.43 nds - avance : 268.40 mn
 
Météo Groupama 3 01/03/10
carte météo de la zone le 01/03/10 à 10h TU
 
02/03/10
Pas si Pacifique - Franck Cammas : « Le front nous poursuit. Depuis 4-5 heures il s'est rapproché et le vent est très instable en force. On a très peu de toile puisqu'on a 3 ris trinquette et on fait des pointes à 40 nds. La mer n'est pas trop mauvaise malgré ces conditions. On va empanner pour repartir dans le sud en direction du cap Horn, et quand le front sera passé sur nous, on restera derrière lui dans un vent mollissant dans un premier temps, ce qui nous permettra d'envoyer de la toile. On avance très vite sur l'eau mais on fait beaucoup de chemin et on n'est toujours pas sur les côtes d'Amérique du sud. C'est bien l'océan le plus long du monde et il n'a pas été si pacifique que ça avec des conditions qu'on aurait du trouver dans l'Indien. Vivement le Horn, je pense que ça ira mieux après, mais la nuit prochaine sera assez compliquée. Après on aura deux options possibles : une route atypique très au sud du cap pour faire de l'est et profiter des dépressions au portant pour contourner un anticyclone sinon on devra raser les Falkland, mais on se retrouvera avec un vent de face assez fort. »
Bilan du 30e jour - distance parcourue : 712.60 mn - moyenne : 29.69 nds - avance : 184.30 mn
 
03/03/10
Le cap dur en ligne de mire - Vacation de Lionel Le Monchois : « C'est ambiance grand sud, nous avons 30 nds de vent avec 4-5m de grande houle. Depuis hier soir on est petit gennaker et deux ris dans la grand voile. On n'a pas besoin de beaucoup de toile car il faut abattre et se mettre dans le sens des vagues pour ménager le bateau. En allant vite mais pas trop non plus. On est un petit peu déçus car les pronostics nous donnaient 2 jours d'avance sur Orange II au Horn et en fait on va passer quasiment dans le même temps ou un peu derrière. Groupama 3 est plus polyvalent et plus rapide qu'Orange II mais il faut aussi qu'on ait une météo qui nous permette de jouer. Sur Orange II, après le Horn, une grosse dépression nous avait remonté vers le nord avec un grand coup de pied aux fesses. Là, à priori, ce n’est pas ce qui va se passer pour nous. Compte tenu des prévisions actuelles, après le cap, on devrait attaquer au près vers le nord. Cela reste quelque chose de fascinant de passer à cet endroit là, c'est mythique pour un marin. On a toujours envie d'y aller mais quand on y est on a envie d'en partir. »
Bilan du 31e jour - distance parcourue : 663.40 mn - moyenne : 27.64 nds - avance : 291.40 mn
 
04/03/10
À 60 milles du cap Horn : au 18e jour, Franck Cammas et ses équipiers étaient positionnés à 730 mn à l'est des Kerguelen. Pour rejoindre le cap Horn, ils auront parcouru près de 9570 milles en 14 jours, soit 683.57 mn par jour à la moyenne vertigineuse de 28.48 nds. Record à battre ! Franck Cammas : « C'est une belle délivrance car on sort d'un secteur qui est compliqué, difficile pour le bateau et un peu dangereux pour les hommes. C'est la fin des mers du sud et le début de la remontée de l'Atlantique. Le cap Horn c'est quelque chose de mythique. Pour moi c'est un peu un rêve de gosse qui s'accomplit. Tant qu'on ne l'a pas passé, on n'est pas un vrai marin, donc je vais peut-être le devenir dans quelques heures... Là on est dans une transition avec un vent de 10 nds. Il va refuser et on va même se retrouver au près avant que le vent adonne et nous permette d'accélérer. On va passer assez loin du cap avec la plus petite vitesse qu'on ait pu faire depuis plusieurs semaines. Les jours à venir, on va avoir du près, les vitesses vont fortement chuter et on va perdre pas mal de temps sur Orange II. »
Bilan du 32e jour - distance parcourue : 506.60 mn - moyenne : 21.11 nds - avance : 237.20 mn
 
carte météo de la zone le 04/03/10 à 13h TU
 
04/03/10
Cap Horn : Groupama 3 a franchi la longitude 67° 16' marquant le passage du rocher mythique, situé à l'extrème sud du continent Américain, le 4 mars 2009 à 18 heures et 30 minutes TU, soit après 32 jours 4 heures 34 minutes et 7 secondes de navigation, nouveau temps de référence sur la distance Ouessant - Cap Horn. Il améliore également le temps de référence sur la distance Cap Leeuwin - Cap Horn en 10 jours 14 heures 12 minutes et 13 secondes.
Le record WSSRC de la traversée du Pacifique reste la possession d'Orange II qui avait mis en 2005, 8 j 18 h et 8' pour parcourir la distance Tasmanie - Cap Horn.
 
Groupama 3
Franck Cammas
Frédéric Le Peutrec
   
Stève Ravussin
Lionel Le Monchois
   
Thomas Coville
Loïc Le Mignon
   
Ronan Le Goff
Bruno JeanJean
   
Jacques Carraës
Stan Honey
 
05/03/10
Et après ? - Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Hier c'était un petit peu mou autour du cap Horn, c'est un peu bizarre de devoir tirer des bords dans ces contrées là. On s'est retrouvés au pied du cap au soleil couchant, on ne pouvait le voir plus près. C'était vraiment génial. C'est une montagne assez haute, encore plus imposante que sur les photos. J'ai très envie d'y retourner en croisière. Le gardien du phare nous a demandé d'où on venait et où on allait. On lui a dit qu'on venait de Brest et qu'on allait à Brest... Il a mis un certain temps avant de comprendre. Depuis on est repartis à fond sur une mer plate, dans un bon bord de reaching, avec un vent qui a adonné. On va faire du près dans du vent stable et pas très fort. Heureusement que Groupama 3 va bien dans ces allures là, mais on ira de toutes façons moins vite qu'Orange II qui était au portant dans des allures extrêmement favorables. On va perdre pas mal de temps sur cette partie là jusqu'à Rio. Il faudra se battre pour revenir après. Il fait froid et on a hâte d'enlever des couches (de polaires), mais ce n'est pas pour maintenant. »
Bilan du 33e jour - distance parcourue : 507.30 mn - moyenne : 21.14 nds - avance : 150.60 mn
 
06/03/10
Entre l'air et l'eau : Thomas Coville : « On vient de vivre une transition entre les courants marins avec une hausse de la température de l'eau de 6° en 50 milles et une variation très rapide de la force du vent et de l'état de la mer. Le vent s'est rétabli, la mer est assez plate et on est de nouveau à la vitesse de 25nds conforme au potentiel de Groupama 3. Il est très bien équilibré, toutes voiles dessus, la coque centrale effleure l'eau. Il est entre l'air et l'eau, c'est magique et on se délecte de ces moments rares. À partir du cap Horn, la course contre la montre a commencé. L'objectif n'est plus de faire le tour du monde mais de gagner. Avant on devait maintenir le bateau, aller jusqu'au bout et montrer que ce concept de bateau léger et pas très grand pouvait faire le tour du monde. On l'a prouvé en faisant le cap Horn et maintenant on veut aller jusqu'au bout et gagner. Les conditions qu'on avait depuis 24-36 heures n'étaient pas terribles mais quand on retouche du vent, ça met la banane. D'ici quelques jours, dans d'une transition au niveau du Brésil, il faudra être à 100% de ce qu'on est capables de donner. »
Bilan du 34e jour - distance parcourue : 555.30 mn - moyenne : 23.14 nds - avance : 58.80 mn
 
07/03/10
Perdre un chouille : Jacques Caraës : « Nous savions que nous allions concéder quelques milles, mais cela fait partie de ce jeu là. Il faut accepter de perdre un chouille et on espère trouver du meilleur un peu plus haut. Si tout se passe bien, on devrait à un moment ou à un autre arriver à reprendre l'avantage sur Orange II. En 2005, on avait eu cette main magique qui nous avait transportée au portant très haut et très vite, dès la sortie du Horn et bien au delà des Falkland. Maintenant, pour la remontée de l'Atlantique, Groupama 3 a des qualités exceptionnelles et même plus importantes pour pouvoir se battre. On n'a pas les mêmes conditions météo mais on a tout a fait notre carte à jouer et surtout sur la partie équatoriale où Orange II avait vraiment eu deux mauvaises journées dont une particulièrement mauvaise. Je crois que c'est un petit peu là que les aiguilles peuvent s'inverser et ensuite si on a l'opportunité de ne pas avoir trop d'ouest à faire mais une route quasi directe pour rentrer dans le Golfe de Gascogne, on peut tout à fait espérer arriver dans un timing positif. »
Bilan du 35e jour - distance parcourue : 485 mn - moyenne : 20.21 nds - retard : 100.10 mn
 
08/03/10
Le temps qui passe - Analyse de Sylvain Mondon de Météo France : « La tactique actuelle consiste à se faufiler en bordure de l'anticyclone dans des vents d'une quinzaine de nœuds et de se rapprocher le plus possible du nord, ce qui implique des virements de bords répétés. Pendant ce temps là, Groupama perd du terrain sur Orange II qui avait eu une trajectoire plus rectiligne. Dès aujourd'hui, vers midi, l'anticyclone va se décaler vers l'est, le vent va se renforcer, ce qui permettra au trimaran d'incurver sa trajectoire vers le nord et d'accélérer la cadence. A partir de mardi soir et jusqu'à jeudi, il faudra longer une zone très active au large de Rio avec des dépressions orageuse qui paralysent énormément le vent. Franck Cammas et ses équipiers devront être très réactifs en termes de positionnement sur le plan d'eau pour pouvoir progresser au maximum vers le nord. Les manœuvres seront donc très nombreuses. » Franck Cammas : « Pour avoir des chances de gagner, il faudrait ne pas avoir plus d'un jour de retard à l'Equateur. Il faut se battre pour ça, mais ça va quand même être limite. »
Bilan du 36e jour - distance parcourue : 304.60 mn - moyenne : 12.69 nds - retard : 326.60 mn
 
09/03/10
Nuit musclée - Frédéric Le Peutrec : « La nuit a été assez violente avec du vent de 25-30 nds dans une mer de travers. Le bateau fait des bonds terribles dans tous les sens. Les conditions sont plus éprouvantes pour les bonhommes que pour le matériel. La fatigue, la durée, l'envie exacerbée de ne rien péter et d'arriver rajoutent au stress. Physiquement on est rincés car ça bouge beaucoup dans les bannettes et on a du mal à dormir. Si on avait la capacité de s'arrêter dans un endroit calme et tranquille on s'endormirait tous dans les dix minutes. En ce moment, dans l'action, on ne peut pas checker le bateau. On fait attention aux bruits mais toutes les zones aveugles du bateau sont inaccessibles car il y a trop de mer, trop d'embruns, trop de violence pour s'exposer. Dans quelques heures, on va devoir négocier une dépression orageuse qui vient du Brésil, avec du vent de nord. On va retirer des bords avec bonheur. Je pense qu'il n'y aura pas trop de mer, car le flux n'est pas installé depuis longtemps et il n'est pas très étendu en longitude. On va faire du nord, sans aller trop dans l'ouest, et essayer de se garantir du vent pour rejoindre les alizés de sud-est. »
Bilan du 37e jour - distance parcourue : 508.20 mn - moyenne : 21.18 nds - retard : 331.20 mn
 
10/03/10
Tempête et fatigue - Loïc Le Mignon : « On devait avoir du 35-37 nds jusqu'à 8-10 heures maxi mais ça a continué avec du vent de 40-42 nds avec de grosses vagues jusqu'à 14 h. Ça a été impressionnant de se retrouver à cet endroit là avec du vent comme ça. Le bateau tapait beaucoup et comme on n'arrivait pas à dormir, on avait deux quarts et demi sur le pont. Du coup c'était plus simple pour les manœuvres : affaler l'orc, naviguer trois ris seuls et après renvoyer la toile au fur et à mesure. Là on est dans du petit temps avec du vent de 10-17 nds assez changeant en orientation. Cela fait 3 h que l'on bataille avec un grain, il y a des bulles à gauche et à droite et on essaye de passer entre les deux. On espère retrouver des conditions plus optimales pour nous dans la suite du programme. Dans la nuit de jeudi, au niveau de Bahia, on doit toucher du vent de nord-ouest qui va basculer au nord, nord-est puis est-sud-est. Il y a près de 40 jours qu'on est sur l'eau et la fatigue commence à se faire sentir, les manœuvres ne se font plus aussi rapidement car on a perdu du poids, du muscle et du tonus. »
Bilan du 38e jour - distance parcourue : 320.70 mn - moyenne : 13.36 nds - retard : 384.20 mn
 
11/03/10
Sous le soleil exactement - Franck Cammas : « Hier soir on a passé 3 heures à 6 nds de vitesse avec 5 nds de vent et depuis on a un temps à grains toutes les 10 minutes. Le vent est très instable et pas très fort, c'est pas les grandes vitesses. Mais les conditions sont assez clémentes : beau temps, belle mer et chaleur. On est à l'entée des alizés même si on attend la rotation du vent mais ils ne sont pas très forts. Il va nous manquer quelques nœuds pour pouvoir accélérer avec Groupama. On croise les doigts pour que la réalité soit meilleure que les modèles météo. La rotation devrait intervenir dans les 36 heures avec ensuite forcissement du vent après le Pot au Noir. On pense passer l'Equateur dimanche matin. On croit toujours au record, ça va être serré car on ne sait pas comment ça va être dans l'hémisphère nord. Nous restons dans le match encore aujourd'hui. Dans 5-6 jours on saura si le record est battable ou pas. Ce sera serré et chaque mille gagné est extrêmement important, notamment dans les conditions de transition comme ici. On se bat, on fait au mieux, comme depuis le départ d'Ouessant. »
Bilan du 39e jour - distance parcourue : 256.50 mn - moyenne : 10.69 nds - retard : 309.10 mn
 
12/03/10
Au vent en emporte le temps - Groupama 3 accuse 473 mn de retard soit une journée de navigation. Extraits de la vacation de Lionel Le Monchois : « Il fait beau, grand soleil, j'ai passé une partie de la nuit à dormir à la fraîche sur la plage avant. Depuis une heure on est en train de rentrer dans les alizés. On fait un près rapide à 65° du vent et on marche à 20 nds de moyenne. Le gennaker ne sera pas envoyé avant demain. On est concentrés et détendus. Il n'y a pas de raison d'être tendus, on est encore loin de l'arrivée, la météo peut nous être favorable sur la fin. Tout n'est pas joué, les dés ne sont jetés, il y a encore beaucoup à faire. Groupama 3 est un bateau léger et assez toilé, on s'en tire beaucoup plus facilement que ne le ferait Orange II, dans les mêmes conditions météorologiques, que ce soit en cap ou en vitesse. Maintenant on va pouvoir faire un grand tout droit jusqu'à l'Equateur et après, on devrait pouvoir suivre une route assez directe passant à l'est des Açores. Si on avait eu les mêmes conditions météorologiques qu'Orange II sur ce tour du monde, on serait au moins trois ou quatre jours devant. »
Bilan du 40e jour - distance parcourue : 289 mn - moyenne : 12.04 nds - retard : 473.10 mn
 
carte météo de la zone le 12/03/10 à 14h TU
 
12/03/10
Le pronostic de Bruno Peyron - Selon Bruno Peyron, détenteur du Trophée Jules Verne en 50 jours, 16 heures et 20 minutes, le maxi-trimaran Groupama 3 a de bonnes chances de battre son record autour du monde, car on se souvient que la remontée de l'Atlantique nord avait été très lente pour Orange II suite à de conditions météo difficiles et un problème de safran après une collision avec une baleine au large de l'Argentine, qui avait inquiété l'équipage jusqu'à l'arrivée.
« Depuis la semaine dernière je pense que malgré ses difficultés dans la remontée de l'Atlantique sud, si Groupama 3 arrive à l'équateur avec un jour de retard sur notre record et si l'Atlantique nord est convenable, il devrait battre notre chrono de deux jours...
Et je crois réellement que c'est ce qui va se passer : avec près de 500 milles de retard à une semaine de l'arrivée, ils devraient faire jeu égal à la sortie du pot au noir lundi, et reprendre la tête mardi pour arriver avec deux jours d'avance.
Si c'est cela, c'est parfait et démontre que notre grand cata est toujours dans le match pour la suite et notamment dans la perspective de The Race. En tout cas ils font une belle nav. J'ai envoyé un mail cette nuit à Franck pour les encourager. Je serai évidemment à Brest pour les accueillir comme il se doit car je sais la valeur de l'effort qu'ils sont en train d'accomplir.»


source : http://www.courseaularge.com
 
13/03/10
La délivrance - Extraits de la vacation de Thomas Coville : « Là ça glisse bien, on a retrouvé des conditions un peu plus favorables pour aller vite. On a 15-16 nds de vent et le bateau avance à 28-30 nds. Les conditions de navigation et de vie à bord sont très clémentes et très agréables. On reste concentrés dans cette partie du parcours où on peut gagner ou perdre beaucoup de milles très facilement. On est conscients d'avoir beaucoup de choses à gagner en ce moment. Naviguer dans ces régions c'est du bonheur total. La vacation tombe au mauvais moment pour moi car à chaque fois je rate une demie heure de barre, donc je vous en veux un petit peu quand même. Le moral est béton et tant que la ligne ne sera pas coupée, on donnera tout. Au fur et à mesure qu'on va s'approcher d'Ouessant, la notion de temps va se faire de plus en plus sentir, mais pour l'instant on est plus dans la logique de négocier les étapes les unes après les autres. La prochaine sera le passage de l'Equateur. On a une position relativement ouest qui rend ce passage délicat plus facile à franchir. On va surement avoir des ralentissements mais cela ne devrait pas trop nous handicaper. On n'est pas dans la position de devoir prendre des risques inconsidérés en coupant le Pot au Noir à l'est. On ne veut pas se projeter trop loin pour ne pas se mettre une pression inutile. Aujourd'hui notre objectif est de faire marcher le bateau au mieux et de bien faire ce qu'on sait bien faire. On a tous la sensation d'avoir bien fait le boulot qu'il fallait faire et au bon moment et c'est satisfaisant. »
Thomas Coville s'exprime sur l'option prise dans le Pacifique sud : « Pour être très honnête, à bord, à un moment donné, pour certains, on aurait dû couper un peu plus le fromage et être plus engagés au sud. Mais c'était une décision stratégique de Franck et de Stan de préserver le bateau pour pouvoir aller jusqu'au bout, parce que pour gagner il faut finir. Refaire le film après n'a pas tellement d'intérêt. Une fois que la décision est prise il faut l'assumer et toute l'équipe l'assume solidairement. La discussion a eu lieu à bord et chacun a donné son avis. Après il y a deux personnes qui tranchent à bord et on leur fait confiance. On pourra le débriefer et en reparler à postériori pour éventuellement progresser mais on n'a pas cette frustration là en ce moment et on n'est pas dans cet état d'esprit là. Franck a été très cohérent par rapport à ce qu'il avait envie de faire. Dès le départ il avait déjà en tête la manière dont il voulait gérer le bateau et le parcours. C'était clair dès le début, il n'a pas dérogé par rapport à cette règle, il n'y a pas de surprise. Les sensibilités des uns et des autres ne sont pas très importantes. L'important est qu'on ait fait un truc ensemble et qu'on l'ait fait en cohésion totale. »
Bilan du 41e jour - distance parcourue : 508 mn - moyenne : 21.17 nds - retard : 483.30 mn
 
14/03/10
Équateur : Groupama 3 a franchi la latitude 0° à 11h 04m 53s TU, après 41 jours 21 heures 9 minutes de navigation depuis Ouessant. Le trimaran compte environ 26 heures de retard sur Orange II. Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Ça a été laborieux, nous avons été un peu surpris par la faiblesse des alizés. L'Atlantique sud a été assez catastrophique en termes météo pour nous, on a toujours été au près serré et rarement sur la route directe. On ne peut pas imaginer pire sur ce parcours là. J'espère qu'on va se rattraper dans la dernière partie. Des vents d'ouest sont annoncés la semaine prochaine, mais il faut être dans le timing des routages que l'on n'arrive pas à suivre depuis 40 heures car on a moins de vent. Les retards accumulés rendent plus difficile le franchissement de la dorsale, mais c'est vrai qu'on a la chance d'apercevoir des vents d'ouest pas très éloignés de la route directe entre les Canaries et Brest et que l'anticyclone est en train de s'effondrer. Il faut arriver à attraper ce train là, mais c'est pas évident car il reste encore deux barrières météo aléatoires de petit temps à franchir. »
Bilan du 42e jour - distance parcourue : 448.40 mn - moyenne : 18.68 nds - retard : 402.60 mn
 
15/03/10
Maintenant ou jamais : Le Pot au Noir a finalement été passé dans de bonnes conditions. Le 44e jour avait été très mauvais pour Orange II (166 mn), ce qui devrait permettre à Groupama 3 de remettre rapidement les compteurs à zéro. Frédéric Le Peutrec : « Ça va vite au reaching à 80° du vent, sur une mer peu formée. Les conditions sont géniales pour faire naviguer Groupama 3. On va profiter de l'alizé pendant 24 heures puis ça va mollir au niveau d'une dorsale qui est la dernière barrière météo nous séparant du flux dépressionnaire qui circule entre les Etats Unis et l'Europe et que l'on va rejoindre au sud des Canaries. Mais ce contournement ne nous inquiète pas car on s'est beaucoup décalé à l'ouest et on le fait encore, de manière à se garantir la pression et de ne pas tomber dans ces calmes. Si on arrivait ce week-end, ce serait bien. Je suis content qu'on en soit là, dans les temps, ce n'est que du bonus. On y croit vraiment, on n'est pas loin de conclure, c'est pour ça qu'il y a un peu de tension et de concentration à bord. On a envie d'arriver, on est tendus vers la ligne d'arrivée qui nous délivrera. »
Bilan du 43e jour - distance parcourue : 564 mn - moyenne : 23.50 nds - retard : 216.40 mn
 
16/03/10
Dernière épine dorsale : à 9h TU, Groupama 3 avait récupéré la totalité de son retard sur Orange II. Dernière difficulté en vue avant le retour à Ouessant : le franchissement de la dorsale anticyclonique qui marque la transition entre les alizés d'Est et le train de dépressions de secteur ouest en provenance du continent Nord-Américain.
Extraits de la vacation de Jacques Caraës : « On a tout dessus : gennaker médium, trinquette intermédiaire et grand-voile haute derrière. On est dans un système bien actif, cela marche à bon train et la vitesse est très bonne. Tout se passe pour le mieux, les conditions sont idéales, ça sent l'écurie. Le fait de repasser devant Orange II, nous redonne de l'espoir, de l'enthousiasme et de l'énergie.
On restera toujours un petit peu inquiets jusqu'au bout car il y a l'approche sur la Bretagne avec ses obstacles, il peut y avoir des containers dans l'eau, il peut y avoir plein de choses sur la route. Donc il y aura toujours au fond de tout ça un petit peu d'inquiétude, tant que la ligne ne sera pas passée mais ceci dit, la stratégie qui s'annonce est plutôt positive.
Après la dorsale, on a la chance de pouvoir récupérer un front dépressionnaire et si on arrive à se maintenir devant le premier front, je pense qu'on arrivera vraiment tôt, on peut même imaginer samedi soir. De toutes façons, derrière il y a encore un régime d'ouest soutenu, donc à priori, on ne devrait pas manquer de vent sur la fin.
On n'a pas à regretter notre départ un petit peu délicat de Brest; si on arrive avec le record en poche, ce sera la meilleure récompense autant pour l'équipe technique, les navigants, que le partenaire qui nous suit depuis le début.
Sur Groupama 3 on a été un petit peu plus haut dans la prise de risques, mais on n'avait pas trop le choix car le temps d'Orange II était très bon et il a fallu forcément tirer beaucoup plus sur le bateau pour aller très vite.
»
Bilan du 44e jour - distance parcourue : 613.80 mn - moyenne : 25.58 nds - avance : 71.80 mn
 
carte météo de la zone le 16/03/10 à 22h TU
 
17/03/10
Va bene : Groupama 3 a bien négocié les hautes pressions de la dorsale et a rejoint les flux salvateurs de secteur sud-sud-ouest qui vont le conduire rapidement à Ouessant. Franck Cammas : « On a retrouvé le vent avec le sourire car les fichiers montraient que l'on pouvait se faire manger par la dorsale mais on s'en est bien extrait par le nord. On ne va pas attaquer exagérément, il faut rester concentrés et faire attention. On peut arriver sans forcer à rester dans le système dépressionnaire. Tout dépendra de la mer et il faudra peut-être multiplier les empannages pour éviter les zones qui craignent autour des fronts. Mais on va toiler le bateau normalement et ne pas prendre de risques inutiles en ce moment, ce serait mal venu. On fait régulièrement un check visuel de la structure. Il n'y a rien de visible, tout va bien pour le sprint final. C'est sur qu'il faudra faire attention sur ces derniers jours parce que ça va un petit peu forcer sur le bateau. Au bout de 50 jours, le matériel peut s'user. Mais on est confiants, le bateau n'a pas souffert ces dernières semaines car la mer n'était pas très formée. » Bilan du 45e jour - distance : 485.20 mn - moyenne : 20.22 nds - avance : 412.20 mn
 
18/03/10
Objectif terre - Extraits de la vacation de Franck Cammas : « On approche de l'arrivée, on est dans des vents portants, pas très stables mais régulièrement forts. On a une meilleure perspective que la semaine dernière car on a passé la dorsale qui aurait pu être problématique en nous arrêtant quelques heures voir quelques jours. L'ambiance à bord est dictée par les conditions météos qui commencent à être bien musclées. Le confort s’est énormément réduit à bord. On parle un peu moins depuis qu’on est entré dans ces vents d’ouest plus forts et on est plus concentrés sur la marche du bateau et sur les manœuvres qui sont plus difficiles à réaliser. La mer est assez courte et agitée, cela ne glisse pas tant que ça, on butte parfois dans les vagues. On va avoir du vent assez fort avec des empannages. C'est la manœuvre la plus risquée pour le matériel si des erreurs sont faites ou si une rafale ou une vague surviennent au mauvais moment. On va avoir une nuit agitée où on sera extrêmement proches du centre de la dépression. Le vent sera plus instable, tournera rapidement et il faudra poursuivre ses oscillations. On essaye de s'aligner avec le vent qui est changeant de manière à ne pas être ni sous-toilé ni sur-toilé pour ne pas se mettre en difficulté. Il ne faut pas que la dépression nous double sinon ce serait encore plus compliqué. Demain matin ça ira beaucoup mieux, on sera sortis de la zone proche de la dépression et on pourra se diriger directement vers Brest. On reste concentrés car 1500 milles cela ne se fait pas comme ça. On a toujours la crainte d'avoir un problème, de ne pas pouvoir suivre le routage et de se retrouver avec une situation météo compliquée, dans des zones à risques qui peuvent endommager le bateau. Les conditions de l'arrivée seront quand même assez puissantes et pour rester performant, il faudra choisir un vent pas trop fort. On pense franchir la ligne dans l'après midi ou la soirée de samedi. »
Bilan du 46e jour - distance parcourue : 585.50 mn - moyenne : 24.40 nds - avance : 844.20 mn
 
19/03/10
Maison - Extraits de la vacation de Franck Cammas : « On est dans des vents de nord pas très forts juste en avant d'un front qui devrait nous amener beaucoup plus d'air mais on sera au près reaching pour une bonne partie du reste du parcours. On est au voisinage du centre d'une dépression avec des vents de sud à l'avant et nord à l'arrière et comme la dépression va un peu plus vite que nous, elle a commencé à nous dépasser. Là on est entre les deux vents et on va recevoir le vent de nord, ce qui va nous permettre d'accélérer et de rester au contact de cette dépression jusqu'en Bretagne. La réalité de ce qu'on a sur l'eau est souvent assez différente de ce qu'on peut voir sur les fichiers car le vent tourne brutalement en force et en direction et c'est très difficile de faire avancer le bateau régulièrement et efficacement. La mer est toujours orientée avec une houle de sud-ouest, elle est plutôt dans le bon sens car elle n'a pas encore eu le temps de se croiser avec le vent. On a tous hâte d'arriver, je commence à avoir beaucoup de rendez-vous téléphoniques et je préfèrerais rester plus concentré sur la marche du bateau et être avec l'équipage pour manœuvrer. Sinon, ça roule et j'espère qu'on sera bien servi dans les dernières heures de mer pour profiter de ces derniers moments là, parce qu'en ce moment on est toujours la tête dans le guidon. »
Bilan du 47e jour - distance parcourue : 594 mn - moyenne : 24.75 nds - avance : 1158.90 mn
 
20/03/10
On arrivera quand on arrivera ... : Franck Cammas et ses équipiers devraient passer la ligne d'arrivée au milieu de la nuit, puis resteront en mer pour partager ensemble et en toute intimité les derniers instants de vie à bord (et aussi pour ne pas mobiliser la presse trop tôt ...). Le trimaran entrera dans le goulet de Brest à 9h30 locale pour arriver sous voile dans la rade de Brest et rejoindre le quai du port du Château vers 10h45. Extraits de la vacation de Franck Cammas: « Ça va pas mal, on a remis le solent, le vent est remonté juste après, on est presque sur-toilé mais ça va. Estimer notre heure d'arrivée n'est pas très facile et puis cela nous importe peu. On essaye d'avancer et puis on arrivera quand on arrivera. Il ne faut pas trop trainer car il y a une dorsale derrière nous et on tomberait dans le petit temps donc on veut rester à peu près dans du vent pas trop mal sans forcer le bateau. Là ça secoue un petit peu mais ça va et si on peut gagner des minutes c'est tant mieux. C'est ce qu'on est en train de faire car on va assez vite par rapport au routage. Mais il faut surtout arriver tous entiers. »
Bilan du 48e jour - distance parcourue : 593.10 mn - moyenne : 24.71 nds - avance : 1412.30 mn
 
 
20/03/10
C'est fait ! - Groupama 3 a franchi la ligne d'arrivée marquée par le Phare du Creac'h et le cap Lizard le 20 mars 2010 à 21h 40m 45s TU, après 48 jours, 7 heures 44 minutes et 52 secondes de navigation. Franck Camas et ses 9 compagnons s'emparent du prestigieux Trophée Jules Verne qui était la propriété de Bruno Peyron depuis le 16 mars 2005. Ils améliorent l'ancien record de 2 jours, 8 heures 35 minutes et 12 secondes. Le trimaran a parcouru les 21760 milles théoriques à la moyenne de 18.76 noeuds.
A passage, ils s'attribuent deux temps de référence : la remontée de l'Atlantique,
Cap Horn - Ouessant, effectuée en 16 jours, 3 heures 10 minutes et 45 secondes et la distance Equateur - Ouessant parcourue en 6 jours, 10 heures 35 minutes et 52 secondes. L'ancien temps de référence sur le dernier tronçon avait été établi en 2004 par feu Steve Fosset (hors Jules Verne).
 
Equipage de Groupama 3
 
21/03/10
Après une nuit passée au mouillage près de Camaret, où l'équipage s'est fait livrer des sushis par un zodiac en pleine nuit, la dream team est arrivée à ce matin à Brest.
 
Arrivé&e de Groupama 3 à Brest
 
Equipage de Groupama 3
 
EquipaFranck Cammas
photos © Yannick Le Bris
 
21/03/10
Message de Bruno Peyron : "Bravo à toute l'équipe de Groupama"

« Bravo à toute l'équipe de Groupama pour ce parcours exemplaire autour du monde. Je sais la somme de compétences, d'efforts et d'engagement nécessaire à un tel résultat : le design team, l'équipe technique, l'équipe météo, l'équipage et aussi le sponsor dont il faut saluer la détermination et qui a su faire confiance à son équipe y compris dans les moments difficiles. Tous méritent ce succès construit avec méthode. Ils écrivent ainsi, ensemble, une nouvelle belle page de l'histoire du "Trophée Jules Verne".
Je suis fier d'avoir été battu par la meilleure équipe de multicoque océanique actuelle et j'ai hâte de relancer notre équipe pour la "reconquête".
»
 
21/03/10
Message d'Olivier de Kersauson : " Bravo pour cette performance extraordinaire. "
« Bravo pour cette performance extraordinaire... Bravo pour n'avoir jamais baissé les bras ! Bravo pour avoir construit à leur tour, dans l'esprit de la plus belle et de la plus audacieuse des épreuves au Monde, une histoire magnifique. Bienvenue à Franck Cammas et à son exceptionnel équipage dans le Club des détenteurs du Trophée Jules Verne. »
 
21/03/10
Message de Pascal Bidégorry : " Bravo ! "
« Je souhaite vivement féliciter Franck Cammas et l’ensemble de l’équipage de Groupama 3 pour ce record. Il faut aussi saluer leur détermination, leur persévérance de ces quatre dernières années et plus particulièrement sur leurs trois tentatives de Trophée Jules Verne. Ils ont su saisir l’ultime opportunité qu’ils avaient de le battre. Bravo ! »
 
21/03/10
Communiqué de la Présidence de la République : "Le Président de la République a appris la magnifique victoire de Franck CAMMAS qui vient de remporter le trophée Jules VERNE. Franck CAMMAS a ainsi bouclé son tour du monde en moins de 50 jours sur son trimaran Groupama III. Cette performance exceptionnelle confirme les plus grandes qualités de marin de Franck CAMMAS et le Chef de l’Etat lui adresse ses plus chaleureuses félicitations."
 
21/03/10
Le Trophée Jules Verne en 222 secondes : résumé du tour du monde accompli par Franck Cammas à bord de Groupama 3 en 48 jours 7 heures 44 minutes et 52 secondes.
 
 
26/03/10
WSSRC : le record du tour du monde établi le 20 mars 2010, par Franck Cammas et ses équipiers, à bord de Groupama 3, a été validé par le WSSRC :

WSSR Newsletter No 182. Groupama Round the World. 26/03/10
The WSSR Council announces the ratification of a new World Record:
Record: Round the World. Outright.
Yacht: “Groupama 3”. 103ft Trimaran
Name: Franck Cammas FRA and a crew of 9.
Dates: 31st January 2010 to the 20th March 2010.
Start time: 13:55:53
Finish time: 21:40:45.
Elapsed time: 48 days 7 hours 44 minutes 52 seconds
Distance: 21760NM
Average speed: 18.76kts
Comments: Previous record: "Orange II” Bruno Peyron. FRA. 50d 16h 20m 4s in 2005.
 
27/04/10
WSSRC : le record de la traversée de l'océan Indien, établi le 23 février 2010 par Franck Cammas et ses équipiers à bord de Groupama 3, a été validé par le WSSRC :

WSSRC Newsletter No 183. Groupama Indian Ocean 27/04/10
The WSSR Council announces the ratification of a new World Record:
Record: Indian Ocean Intermediate Record
Yacht: “Groupama 3”. 103ft Trimaran
Name: Franck Cammas FRA and a crew of 9.
Dates: 15th February to the 23rd February 2010.
Start time: 05:43:00
Finish time: 23:23:00
Elapsed time: 8 days 17 hours 40 minutes
Comments: Previous record: “Orange II, Bruno Peyron. FRA, 9d 11h 4m in 2005.
 
18/05/10
Musée de la Marine : Franck Cammas et son équipage de Groupama 3 ont reçu le trophée Jules-Verne, lors d'une cérémonie organisée au Musée nationale de la Marine à Paris, où est conservée l'oeuvre très originale de l'Américain Thomas Shannon. Thomas Coville, Fred Le Peutrec, Loïc Le Mignon, Lionel Lemonchois, Bruno Jeanjean, Ronan Le Goff, Jacques Caraës, le Suisse Stève Ravussin, entourant Franck Cammas et son routeur Sylvain Mondon, tous équipés de gants blancs, ont pris possession du trophée.
L'équipage était presque au complet, seul l'Américain Stan Honey manquant à l'appel. " Je suis ravi de céder la place à la meilleure équipe du monde ", a déclaré Bruno Peyron, précédent détenteur du record du tour du monde à la voile.

Source : AFP
 
Trophée Jules Verne
18 mai 2010 : remise du Trophée Jules Verne à Franck Cammas et ses équipiers
 
 
Chronologie du record de Franck Cammas - Groupama 3 en 2010
 
Ouessant
31/01/2010 13:55:53 TU
-
-
-
 
Equateur
06/02/2010 09:02:40 TU
5 j 19 h 6 m et 47 s
avance
1 j 7 h 49 m
 
Bonne Espérance
15/02/2010 03:27:36 TU
14 j 13 h 31 m et 43 s
retard
8 h 10 m
 
Cap des Aiguilles
15/02/2010 05:43:47 TU
14 j 15 h 47 m et 54 s
retard
7 h 30 m
 
Cap Leeuwin
22/02/2010 04:17:47 TU
21 j 14 h 21 m et 54 s
retard
27 m
 
Tasmanie
23/02/2010 23:22:00 TU
23 j 9 h 26 m et 7 s
avance
9 h 56 m
 
Antiméridien
25/02/2010 21:32:29 TU
25 j 7 h 36 m et 36 s
avance
13 h 56 m
 
Cap Horn
04/03/2010 18:30:00 TU
32 j 4 h 34 m et 7 s
avance
8 h 55 m
 
Equateur retour
14/03/2010 11:04:53 TU
41 j 21 h 9 m
retard
1 j 2 h 4 m
 
Ouessant
20/03/2010 21:40:45 TU
48 j 7 h 44 m et 52 s
avance
2 j 8 h 35 m
 
Temps de référence
au départ d'Ouessant
Equateur Cap Bonne
Espérance
Cap
des Aiguilles
Cap
Leeuwin
Tasmanie Antiméridien Cap
Horn
Equateur Ouessant
Bruno Peyron
Orange II - 2005
7j 02h 56m 14j 05h 21m 14j 08h 19m 21j 13h 54m 23j 19h 23m 25j 21h 33m 32j 13h 29m 40j 19h 05m 50j 16h 20m
Franck Cammas
Groupama 3 - 2008
6j 06h 24m 13j 06h 1m 13j 08h 47m 21j 02h 43s 22j 20h
53m 57s
avarie
Franck Cammas
Groupama 3 - 2009
5j 15h
23m 11s
avarie
Franck Cammas
Groupama 3 - 2010
5j 19h
6m 47s
14j 13h
31m 43s
14j 15h
47m 54s
21j 14h
21m 54s
23j 9h
26m 7s
25j 7h
36m 36s
32j 4h
34m 7s
41j 21h 9m 48j 7h
44m 52s