Trophée Jules Verne 2010
   
Record de Franck Cammas / Groupama 3 ( page 1 / 2 )
 

Temps partiels
(depuis Ouessant)
Équateur Cap Bonne
Espérance
Cap des
Aiguilles
Cap
Leeuwin
Tasmanie Anti-
méridien
Cap
Horn
Équateur Ouessant
2010 - Cammas
Groupama 3
5j 19h
6m 47s
14j 13h
31m 43s
14j 15h
47m 54s
21j 14h
21m 54s
23j 9h
26m 7s
25j 7h
36m 36s
32j 4h
34' 7"
41j 21h 9m 48j 7h
44m 52s
 
 
Résumé
 
Franck Cammas / Groupama 3
Après deux tentatives infructueuses en 2008 et 2009, à la suite d'avaries sur un flotteur, Franck Cammas et ses neuf équipiers ont quitté le port de Brest à bord de Groupama 3, "sur la pointe de pieds pour ne pas réveiller les bleus..." et ont à nouveau franchi la ligne Ouessant - Cap Lizard le dimanche 31 janvier 2010 à 13 heures 55 minutes et 53 secondes (TU), avec la ferme intention de prouver que Groupama 3 était capable de boucler un tour du monde sans encombres et de ravir le Trophée Jules Verne à Bruno Peyron qui le détenait depuis le 16 mars 2005 en 50 jours 16 heures 20 minutes et 4 secondes.

De retour à Brest le samedi 20 mars 2010 à 21 h 40 ' 45 " TU, Groupama 3 a bouclé son tour du monde en 48 jours, 7 heures, 44 minutes et 52 secondes soit 2 jours, 8 heures, 35 minutes et 12 secondes de moins que Bruno Peyon à bord d'Orange II en 2005.
Il aura effectué la distance orthodromique de 21760 milles nautiques à la moyenne de 18.76 noeuds et a en réalité parcouru 28523 milles nautiques sur le fond, à la moyenne de 24.59 noeuds.

La fenêtre météo, considérée au départ comme médiocre, par tous les observateurs y compris Franck Cammas, a quand même permis à Groupama 3 de négocier habilement et rapidement les obstacles météorologiques jusqu'à l'Équateur en établissant le 2ème temps de référence historique sur la distance Ouessant-Équateur.

La traversée de l'Atlantique sud fut beaucoup plus problématique, le trimaran vert ne parvenant à accrocher le train de dépressions du grand sud qu'au 13e jour de navigation. Le cap des Aiguilles, marquant le franchissement de Bonne Espérance, a été doublé avec un retard de 7h30 sur le catamaran Orange II.

Le début de l'Océan Indien n'a non plus tenu ses promesses, puisque le trimaran n'a trouvé la bonne pression de vent, qu'au 19e jour de navigation, à 700 mn à l'ouest des Kerguelen. Groupama 3 s'est alors engagé dans une chevauchée fantastique de 9 jours, qui l'a conduit à la latitude 51.5° sud, au centre du Pacifique sud. Devant des conditions météo assez délicates Franck Cammas et Stan Honey ont alors pris la décision (qui a fait débat à bord et fera longtemps débat à terre) de se dérouter par le nord pour laisser passer au sud une "méchante dépression". Le cap Horn a été rejoint après 32 jours et 4 heures de navigation et avec 9 heures d'avance sur le record.

Toujours fâchés avec l'anticyclone de Sainte-Hélène, Franck Cammas et ses équipiers ont réalisé une remontée de l'Atlantique sud particulièrement laborieuse et ils ont payé le prix fort pour parvenir à franchir l'Équateur, où ils accusaient un retard de 26 heures sur Orange II et un déficit d'environ 400 milles nautiques, qui ont passagèrement entamé le moral d'une partie de l'équipage.

Après l'Équateur, Groupama 3 a rapidement négocié deux obstacles météo qui auraient pu lui faire perdre de nombreuses heures ou jours : le Pot au Noir et une dorsale anticyclonique située à l'ouest du cap Vert et des Canaries. Le trimaran a touché les dépressions d'ouest salvatrices au 45e jour de navigation, a résorbé très rapidement son retard et a rallié Brest en battant le dernier temps de référence détenu par Steve Fosset sur la distance Equateur-Ouessant (hors Jules Verne).

Après 4 ans de labeur et de galères, depuis la conception du bateau, Franck Cammas voit un rêve d'enfance se réaliser et prouve que malgré sa taille et peut-être grâce à son poids plume, le petit poucet des maxi-multicoques est capable de jouer dans la cour des grands.

Les "bleus" de Pascal Bidégorry y parviendront-ils à l'automne 2010, à bord de Banque Populaire V ?

Bruno Peyron a félicité les nouveaux détenteurs du Trophée Jules Verne avec une élégance rare : « Bravo à toute l'équipe de Groupama pour ce parcours exemplaire autour du monde. Je sais la somme de compétences, d'efforts et d'engagement nécessaire à un tel résultat : le design team, l'équipe technique, l'équipe météo, l'équipage et aussi le sponsor dont il faut saluer la détermination et qui a su faire confiance à son équipe y compris dans les moments difficiles. Tous méritent ce succès construit avec méthode. Ils écrivent ainsi, ensemble, une nouvelle belle page de l'histoire du "Trophée Jules Verne". Je suis fier d'avoir été battu par la meilleure équipe de multicoque océanique actuelle et j'ai hâte de relancer notre équipe pour la "reconquête". »

Olivier de Kersauson a également envoyé un message de félicitations : « Bravo pour cette performance extraordinaire... Bravo pour n'avoir jamais baissé les bras ! Bravo pour avoir construit à leur tour, dans l'esprit de la plus belle et de la plus audacieuse des épreuves au Monde, une histoire magnifique. Bienvenue à Franck Cammas et à son exceptionnel équipage dans le Club des détenteurs du Trophée Jules Verne. »

Pascal Bidégorry, spectateur involontaire de ce tour du monde, a lui aussi félicité l'équipe : « Je souhaite vivement féliciter Franck Cammas et l’ensemble de l’équipage de Groupama 3 pour ce record. Il faut aussi saluer leur détermination, leur persévérance de ces quatre dernières années et plus particulièrement sur leurs trois tentatives de Trophée Jules Verne. Ils ont su saisir l’ultime opportunité qu’ils avaient de le battre. Bravo ! »

Équipage : trois chefs de quart : Franck Cammas, Fredéric Le Peutrec et Stève Ravussin; trois barreurs : Lionel Lemonchois, Loïc Le Mignon et Thomas Coville; trois équipiers d'avant Ronan Le Goff, Jacques Caraës et Bruno Jeanjean et le navigateur : Stan Honey. Routage à terre : Sylvain Mondon de Météo France.
 
 
Compte rendu au jour le jour
 
04/11/09
Bruno Peyron : «45 jours, c'est possible»

Cela fait presque quatre ans que votre record tient. Pourquoi une telle longévité ?
«Ces records-là ne sont pas faciles à accrocher car il faut réunir un certain nombre de facteurs pour être en position de l'approcher, puis de le battre. L'heure est peut-être venue de le voir battu. On verra dans trois mois, mais je pense que les deux bateaux actuels, Groupama et Banque Populaire, sont en mesure d'y arriver.»

Que faut-il comme ingrédients pour réussir un tour du monde parfait ?
«D'abord, avant de penser à battre le record, il faut le finir. Et pour finir, il ne faut pas casser. Dans la hiérarchie de mes priorités, j'ai toujours privilégié la fiabilité du bateau, donc j'ai toujours augmenté les coefficients de sécurité de mes multicoques, quitte à être plus lourd que les autres. Autour du monde, il faut du solide car, dans le Grand Sud, il faut aussi un bon équipage, une bonne météo, de la chance.»

Où peut-on grignoter du temps ?
«Dans le choix du départ, forcément, qui permet de gagner un, voire deux jours à l'Équateur. Ensuite, il y a le passage important de l'anticyclone de Sainte-Hélène. Dans l'Indien et le Pacifique, tu peux également grignoter du temps. Nous, on avait eu une météo excellente entre le Cap Horn et l'Équateur, mais une dernière partie très mauvaise entre l'Équateur et l'arrivée. Là, on avait perdu quasiment trois jours. Oui, en 2005, on aurait pu tourner en 47 jours, sans pousser le bateau. Avec notre catamaran optimisé, il est possible de faire le tour en un peu moins de 45 jours.»

Si demain, votre record est battu, y retournez-vous pour le récupérer ?
«Ça commence à me titiller d'y retourner! Avec le catamaran (ndlr: ex-Orange 2, dont il est propriétaire), je sais que j'en ai encore sous le pied, je sais où je peux l'alléger. La marge de progression est grande avec notre plate-forme. Cela dit, je souhaite que mon record soit battu... Pas de dix jours, mais de deux minutes (rires). Car l'envie d'y retourner est toujours là. Le bateau existe et il reste l'engin le plus rapide autour du monde. D'ailleurs, il vient d'être remis en chantier il y a deux semaines dans la perspective de disputer la Route du Rhum 2010. Je me dis que c'est la bonne période pour qu'un nouveau partenaire embarque à mes côtés afin de se présenter au départ des grands records océaniques comme le Trophée Jules-Verne.»

Source : letelegramme.com
 
04/01/10
Interview Ouest France : Trophée Jules-Verne. Groupama 3, de retour à Lorient le 30 décembre, est en cours de travaux. En fin de semaine, Franck Cammas et son équipage seront prêts à s’élancer une troisième fois à l’assaut du record détenu depuis 2005 par Bruno Peyron.

Franck, vous voilà à nouveau sur la ligne de départ du Trophée Jules-Verne ?
« Non, non, le problème c’est qu’on n’est pas prêt à partir avant la fin de la semaine. Et ce qui est dommage c’est que lundi il y avait une situation météo favorable, une bonne fenêtre qu’on n’a pas pu prendre. »

En quoi consiste le check-up auquel vous allez soumettre Groupama 3 ?
«  Il s’agira de renforcer certaines parties et avec les architectes nous allons constater la façon dont les réparations ont supporté le convoyage retour depuis Cape Town dans des conditions parfois musclées. On va rajouter des petits « patchs », un ou deux tissus là où des nœuds d’effort apparaissent. Ensuite on va changer le gréement, un gros morceau. Et avant de repartir, on va effectuer une ou deux sorties afin de finaliser les travaux faits à Cape Town. »

Et d’ici la fin de la semaine vous allez vous ranger à côté de Banque Populaire V, prêts à vous élancer ensemble autour du monde ?
« On a intégré cette éventualité. Avec Pascal (Bidégorry), on dispose des mêmes sources météos, nos bateaux ont les mêmes exigences et ont été dessinés par les mêmes architectes (le cabinet Van Peteghem et Lauriot-Prévost) et ont des caractéristiques de performances assez proches. Mais ensuite chacun adoptera sa propre stratégie et choisira sa fenêtre. C’est elle qui va nous permettre d’aller au plus vite jusqu’à l’équateur, voire même un peu plus loin. Et celle d’Orange 2 n’était pas très bonne… »

L’été dernier, lors du record de l’Atlantique nord (3), vous vous étiez déjà élancés (presque) en même temps…
« ... mais il n’y avait pas de concertation. On est avant tout concurrent sur l’eau, chacun cherche à améliorer sa propre performance. Mais c’est vrai que pour le grand public, un départ ensemble permettrait une plus grande lisibilité. Mais il n’y a clairement pas une volonté commune d’être en même temps sur la ligne de départ. Dans l’histoire du Trophée Jules-Verne on a parfois vu des départs groupés mais jamais ensemble. Chacun a une analyse différente, même s’il paraît difficile d’occulter ce que l’autre fait. »

Mais deux bateaux sur la ligne c’est quand même source d’émulation ?
« On peut déjà penser que si l’un des deux bateaux va au bout, le record ne sera pas loin. Ensuite c’est vrai qu’on fait aussi sa course par rapport à l’autre, ça nous influence, faut-il attaquer ou pas, vaut-il mieux gérer le bateau. Mais l’autre n’est pas plus Banque Populaire V qu’Orange 2 qui détient le record depuis près de cinq ans. »

Au petit jeu des comparaisons, on peut souligner que vous connaissez mieux votre bateau…
« Plus on navigue, mieux c’est. C’est toujours un avantage d’accumuler de l’expérience sur l’eau. Et comme, ils ont les mêmes architectes que nous et que le bateau de Pascal est plus récent, on peut penser à juste titre qu’ils ont profité de notre expérience. C’est normal ! Mais la connaissance du bateau reste fondamentale, comment un équipage vit-il ensemble durant 50 jours est une autre clé importante d’un succès. C’est positif d’avoir passé autant de temps sur l’eau. Entre la descente de l’Atlantique, l’escale en Afrique du sud puis le retour à Lorient, le bateau a avalé 15 000 milles, à travers des dépressions compliqués on a pu mesurer sa résistance, toutes les contraintes ont été poussées au maximum. C’est un acquis. »

Vous serez concurrent sur l’eau. Et à terre, Pascal Bidégorry est aussi un concurrent ?
« Souvenez-vous que Pascal a navigué sur Groupama au début. On ne passera pas nos vacances ensemble mais j’ai un gros respect pour lui. On ne communique pas d’un projet à l’autre mais on a des échanges informels, via les architectes notamment, nos préparateurs se croisent souvent, parfois on s’entraide en se prêtant un zodiac. Quand on est entre personnes intelligentes, tout va bien. Le seul sujet sur lequel on a pu travailler ensemble c’est sur les questions relatives à la sécurité. »

Ce rival vous inquiète-t-il ?
« Banque Pop est plus grand, plus puissant, en terme de performance il possède pas mal d’avantages. Mais je ne parlerai pas d’inquiétude. Nous on connaît mieux notre bateau, mieux le parcours et on a un vécu commun plus important. »

Quelles sont d’après vous les trois clés pour ravir à Bruno Peyron son record ?
« Je dirais la fiabilité du bateau, la météo et l’équipage. Je repars d’ailleurs avec le même qu’en novembre dernier. Des gens qui ont un haut niveau de performance, qui se connaissent bien et ce feeling commun se construit sur la durée. Mais je rajouterai un quatrième élément : la performance. Ensuite, il faut aussi que la chance vous sourit. »

Propos recueillis par Eric HORRENBERGER
 
19/01/10
Groupama 3 passe en code rouge - Franck Cammas : « Groupama 3 n'a jamais été aussi solide qu'aujourd'hui. Ce n'est évidemment pas une garantie de bonne fin car c'est un prototype mais nous avons tout fait pour qu'il soit capable de nous ramener à bon port. A nous de trouver le bon tempo et des conditions météo acceptables même s'il est évident que, sur un tour du monde, nous devrons affronter du mauvais temps. C'est aussi ce qui fait la difficulté du Trophée Jules Verne et tout son intérêt. Reste maintenant à savoir si une fenêtre météo favorable permettra à Groupama 3 de s'élancer dans sa troisième tentative de conquête du Trophée Jules Verne : « Nous-nous donnons jusqu'au 5 février pour partir. Au delà de cette date, nous devrons renoncer pour deux raisons : la première c'est qu'il deviendra très aléatoire de naviguer dans les mers du Sud alors que l'été austral sera passé avec pour conséquences des vents violents, des nuits plus longues et des icebergs nombreux. La seconde raison tient au fait que nous devons équiper Groupama 3 en mode « Solo » en vue de la Route du Rhum. Il devra être prêt dès le mois de juin afin que je puisse m'entraîner dans de bonnes conditions. »
 
21/01/10
Groupama 3 est arrivé à Brest - Franck Cammas : « Plus proche de Ouessant et plus facile à atteindre, notamment avec des vents de nord-ouest, Brest est idéalement placée pour le Trophée Jules Verne. Nous l'avons vu en novembre dernier et nous y retournons donc avec plaisir, d'autant plus que nous avions été très bien accueilli. C'est sympa de se retrouver à nouveau réunis. Ceux qui ont fait le convoyage retour d'Afrique du Sud ont eu le temps de se reposer et de passer du temps en famille. Quant à Groupama 3, il est fin prêt. Les vivres pour le tour du monde sont rangés à bord, il ne reste plus que le « frais » à embarquer à Brest au dernier moment. Nous étudions évidemment la météo avec Sylvain Mondon. Rien n'est très clair pour l'instant mais nous nous tenons prêts à partir. Pour l'instant, nous sommes toujours en code rouge. »
L'équipage du Trophée Jules Verne reste le même : Stan Honey à la navigation, les chefs de quart Franck Cammas, Fred Le Peutrec et Stève Ravussin, les barreurs Lionel Lemonchois, Loïc Le Mignon et Thomas Coville et enfin les équipiers d'avant Ronan Le Goff, Jacques Caraës et Bruno Jeanjean.
 
photo © Eugène Le Droff pour letelegramme.com
 
22/01/10
Groupama 3 - Banque Populaire V à Brest : le duel psychologique est engagé ...
 
Groupama 3 et Banque Populaire V
photo © Yannick Le Bris
 
31/01/10
Groupama 3 à quitté Brest pour Ouessant - Franck Cammas : « C'est un peu la dernière chance pour nous de s'élancer à cause de notre dernière casse technique. La situation est délicate, mais on va la saisir : nous aurons la réponse dans 24 heures au passage du cap Finisterre. Ce n'est pas une fenêtre que nous aurions choisie en début de stand-by parce qu'elle est un peu risquée, mais à ce jour, nous ne voyons pas d'autres opportunités dans les deux semaines à venir. »

Analyse de Sylvain Mondon, météorologue : « Ce sont des échéances que nous suivions depuis plusieurs jours et il y a quatre jours, il n'y avait pas une bonne évolution : nous pensions qu'il n'y avait plus d'ouverture parce que l'anticyclone des Açores venait barrer la route dans le golfe de Gascogne... Et puis samedi matin, tout a changé et dans la soirée, nous avons vu qu'il y avait une fenêtre certes courte (trois heures), mais favorable. Il faut que Franck Cammas et son équipage franchissent la pointe espagnole avant l'arrivée de l'anticyclone, c'est-à-dire avant lundi matin. Il y aura ensuite une dépression au niveau de Madère, à contourner par l'Ouest, puis le franchissement d'une dorsale anticyclonique entre les Canaries et le Cap-Vert où les alizés s'installent durablement. Il y aura donc pas mal de manoeuvres à effectuer, mais la trajectoire est plutôt rectiligne... »
 
Groupama 3
Groupama 3
photos © www.cammas-groupama.com
 
Groupama 3
Groupama 3
photos © Yannick Le Bris
 
31/01/10
C'est parti ! - Le trimaran vert a franchi la ligne de départ (phare du Creac'h / cap Lizard) à 13h 55' 53'' (TU). Pour s'emparer du Trophée Jules Verne détenu depuis 2005 par Bruno Peyron en 50j, 16h, 20' et 4", il devra être revenu à Ouessant avant le 23 mars 2010 à 06h 15' 57'' (TU).
Il s'agit de la 22e tentative depuis la création de l'épreuve et la 3e pour Franck Cammas Rappelons que le taux de réussite sur ce challenge est à ce jour de 29 %.

La phase la plus incertaine concerne le passage du cap Finisterre car l'ouverture est très courte, moins de trois heures d'après les modèles météorologiques ! Et en s'élançant assez tôt, juste après un front froid peu actif et pluvieux, Groupama 3 multiplie ses chances d'arriver à temps à la pointe espagnole qu'il devrait raser de près. Une trajectoire qui se présente aussi favorablement puisqu'une dépression est installée assez Sud, au niveau de l'archipel canarien : en se comblant sur place, elle devrait permettre de bénéficier d'un flux soutenu de secteur Nord et laisser place à un régime d'alizés réguliers.

Dès lundi matin, l'équipage de Groupama 3 saura si le timing est respecté, mais une fois cette incertitude levée, le trimaran géant va pouvoir allonger la foulée... Et si cette trajectoire très directe, très proche de l'orthodromie est aussi un gain non négligeable en termes d'optimisation du temps de parcours, la rançon en est une multiplication des manoeuvres.
 
01/02/10
Un ris et petit gennaker - Franck Cammas : « Nous avons profité d'un vent assez soutenu pour les 3/4 de la traversée du golfe de Gascogne : la brise est rentrée brutalement au large de Ouessant, avec même un peu d'avance. On a eu jusqu'à 30 noeuds sous un ris et petit gennaker sur une mer bien rangée, mais cela a demandé de l'attention. Il a fallu ensuite empanner dans un vent mollissant et adonnant, mais il faisait froid ! On se serait cru dans l'ndien. Avec tout de même une belle pleine lune. Le prochain objectif est la négociation d'une dépression que nous allons contourner par l'Ouest au large de Madère : nous aurons du vent portant, mais il pourra être assez fort, jusqu'à trente noeuds et plus mardi soir ! Avant il y a cette phase de liaison plutôt rectiligne dans laquelle nous sommes en ce moment. La trajectoire proposée par le routage est très proche de l'orthodromie, ce qui nous fait aussi gagner du temps, mais il y aura tout de même encore deux petits passages délicats : l'entrée dans ces basses pressions et l'arrivée dans les alizés avec une traversée de dorsale anticyclonique. »
Bilan du 1er jour - distance parcourue : 502.60 mn - moyenne : 20.94 nds - retard : 94.30 mn
 
02/02/10
Vent portant et mer maniable : Groupama 3 a négocié par l'Ouest les basses pressions installées sur l'archipel de Madère pour bénéficier d'un vent de secteur Nord-Est soutenu qui devrait tourner en fin d'après-midi au Nord en mollissant.
Extraits de la vacation de Lionel Lemonchois : « Nous sommes en bordure de la dépression madérienne et les températures sont nettement plus clémentes qu'hier... C'est plutôt gris, mais ça commence à être sympa. On a déjà repris notre rythme sans faire les fous avec le bateau : nous sommes là pour gérer un tour de la planète, sans effort et tranquillement... On est en train de dérouler le gennaker de brise, car on marchait à vingt huit-trente noeuds sous foc solent et un ris dans la grand voile jusqu'à maintenant. La mer n'est pas très ordonnée, mais dans les heures qui viennent, nous devrions avoir traversé le plus fort du vent. Il y a cinq ans, nous n'avions pas été très rapides sur Orange 2 : j'étais alors avec Ronan Le Goff et Jacques Caraës. Peut-être que dans cinq ans, je serais encore là ! »
Bilan du 2e jour - distance parcourue : 587.3 mn - moyenne : 24.47 nds - avance : 3.4 mn
 
03/02/10
Le courrier des lecteurs - Sur le site de Banque Populaire, Pascal Bidégorry répond à quelques questions que tout le monde se pose :

Je souhaiterais savoir pourquoi votre concurrent direct Groupama 3 a trouvé 2 fenêtres météo permettant son départ depuis ces derniers mois et BP5 n'a pas eu encore la possibilité de partir ? Est-ce du à la différence de conception (BP5 plus grand, plus puissant, besoin de vent + fort ?) des 2 bateaux ?
« Non, ce n'est pas dû à une différence de conception si nous n'avons pas saisi les mêmes fenêtres que Groupama 3. Sans porter de jugement sur ce que font Franck Cammas et ses hommes, nous n'avons pas envie de faire n'importe quoi. La décision de départ est lourde de conséquences. Nous n'avons eu aucune opportunité de faire les choses comme il faut jusqu'à maintenant. »

On vient d'apprendre le départ de Groupama 3. Si vous n'avez pas vous aussi pris le départ, je suppose que c'est parce que la fenêtre ne vous parait pas assez fiable? En tous cas, bonne chance pour une prochaine bonne fenêtre et encore merci de nous faire rêver.
« La fenêtre prise par Groupama n'est pas bonne à nos yeux, leur stand by se terminait bientôt, c'est sans doute pour cela qu'ils l'ont prise. Merci pour vos encouragements ! »
 
03/02/10
Cap sur l'autoroute du sud : La nuit s'est plutôt bien déroulée pour Groupama 3 qui a dépassé l'archipel des Canaries. Le trimaran est situé en bordure de l'anticyclone qui se réinstalle et effectue une descente vers le sud assez proche de l'orthodromie. Le vent, mollissant à 13 nœuds, doit effectuer une rotation de Nord-ouest à Nord pour finir au Nord-est en forcissant entre 17 à 20 nds. A ce moment, le maxi-trimaran empannera pour se caler sur l'autoroute du sud avec un angle qui lui permettra de ne pas passer trop près de l’archipel du Cap Vert et de franchir l'Equateur entre les longitudes 25° et 30 ° ouest. Vacation de Stève Ravussin : « Nous avons beaucoup manœuvré en passant de 32 à 13 nds de vent en moins 6 heures. Il y a eu pas mal de boulot mais tout se passe bien. Maintenant les conditions sont belles : ciel bleu, mer bleue. Il ne fait ni trop chaud, ni trop froid; nous avons enlevé une couche. C'est très sympa. Nous avons 13 à 15 nœuds de vent. Nous sommes sous gennaker léger pour les vents en dessous de 13 nds. Nous sommes au bord de très peu de vent donc il n'y a pas de vague du tout. »
Bilan du 3e jour - distance parcourue : 561.20 mn - moyenne : 23.38 nds - avance : 170 mn
 
04/02/10
La clé du Jules Verne - Franck Cammas : « Nous n'aurions certainement pas pris cette fenêtre en début de stand-by mais là ça va vite, pas loin de 30 nœuds. Nous avons des Alizés normaux de 16-17 nœuds et ça avance bien. Nous sommes là où nous voulions et nous avons avancé plutôt mieux que nous espérions, donc c'est bien. Nous attaquerons le Pot au Noir dans une journée. Il n'a pas l'air très compliqué car nous allons être positionnés assez ouest. Par contre, après l'Équateur, nous allons rencontrer une barrière météo qui est plus ou moins franchissable suivant les modèles. Ce premier passage vers Rio pour entrer dans les mers du sud, dans 4 ou 5 jours, lorsqu'il va falloir faire le virage vers la gauche, est un peu la clé du Trophée Jules Verne. Sur cette fenêtre tardive, nous ne gagnerons pas de temps sur Orange II dans la descente de l'Atlantique. Si on en perd pas trop c'est bien, si on en perd trop, cela sera rédhibitoire pour le Trophée. Il y a des passages possibles. J'espère que les prévisions vont aller plutôt dans le bon sens que dans le mauvais et que nous allons pouvoir les saisir. »
Bilan du 4e jour - distance parcourue : 497.70 mn - moyenne : 20.74 nds - avance : 244.90 mn
 
05/02/10
Désirs d'avenir : l'enchainement s'avère plus favorable que prévu pour Groupama 3 qui file à bonne vitesse en direction du Pot au Noir, à 30 nds de moyenne sur une mer maniable et dans les alizés soutenus et réguliers entre 15 et 18 nds. Extraits de la vacation de Jacques Caraës : « Nous avons une bonne pression de vent sous solent et grand-voile haute sur une route plus sud. La vitesse est forte car nous avons plus de vent apparent. Les conditions de navigation sont faciles, idéales même. Il y a une cohésion parfaite dans l'équipage, avec les qualités et les défauts des uns et des autres. Nous avons le bateau en main, les manoeuvres s'enchainent parfaitement. Chacun a sa place et cela percute tout de suite. Il y a de la concentration mais aussi du plaisir. Nous devrons faire une route très ouest le long du Brésil pour éviter l'anticyclone de Ste Hélène qui prend bien trop de place sur l'Atlantique sud en ce moment. C'est là que ça va se corser un petit peu pour nous, pour descendre chercher le train des 40èmes rugissants. Mais on peut arriver dans un bon timing au niveau de Cap Town. »
Bilan du 5e jour - distance parcourue : 685.80 mn - moyenne : 28.58 nds - avance : 562.30 mn
 
 
06/02/10
Equateur : Groupama 3 a franchi l'Équateur à 9h 2' 40" TU soit après 5j 19h 6' 47" de mer depuis Ouessant, 2ème meilleur temps historique. Franck Cammas : « C'est très bien et au delà de ce qu'on espérait au départ pour cette partie là. On peut être très content même si on aurait pu espérer presque mieux juste en regardant les dernières heures : le Pot au Noir s'est un peu réveillé au moment où on le franchissait, avec des vents très aléatoires qui tournaient de tous les cotés pendant 7-8 heures. Il a été court mais plus violent que ce qu'on imaginait. En ce moment il n'y a pas énormément de vent : 12-13 nds. Il nous manque quelques nœuds pour pouvoir accélérer et glisser. On aimerait que ça vienne. Là la route est assez traditionnelle, la dorsale est très proche des côtes et il va falloir la contourner. Le routage nous fait passer dans la bande côtière, à quelques milles des plages du Brésil. Cela nous fait faire un gros détour. C'est toujours un passage délicat mais il l'est encore plus que d'habitude. On va faire de notre mieux même si cela ne va pas être évident. Orange II risque de nous repasser devant. »
Bilan du 6e jour - distance parcourue : 476.40 mn - moyenne : 19.85 nds - avance : 619.90 mn
 
07/02/10
L'épine dorsale : Positionné à 200 mn dans le nord de Salvador de Bahia, Groupama 3 s'est engagé dans le contournement par l'ouest de l'anticyclone de Sainte-Hélène, passage obligatoire pour rejoindre les trains de dépressions de l'Atlantique sud. Comme prévu, son avance sur Orange II s'est réduite significativement, passant de 669 mn à 525.8 mn à 11h TU. Extraits de la vacation de Frédéric Le Peutrec : « Nous sommes grand-voile haute et solent malgré des conditions de vent variables en force et en direction. Le contournement de l'anticyclone est contrariant car on va devoir faire de la route. Mais cela fait partie des conditions aléatoires que l'on doit rencontrer dans un tour du monde. Cela fait partie du challenge. » Analyse de Sylvain Mondon de Météo France : « Les alizés se renforcent de quelques nœuds à la faveur de la progression vers le Sud et de la traversée d'une zone avec quelques cumulus développés entre 6° Sud et 10° Sud. Les vents de 13/16 nœuds ont fait place à des vents de 16 à 19 nœuds, avec des vitesses moyennes entre 20 et 24 nœuds. »
Bilan du 7e jour - distance parcourue : 544.10 mn - moyenne : 22.67 nds - avance : 538.90 mn
 
08/02/10
Rendez-vous : Groupama 3 file à bonne vitesse à 150 mn des côtes du Brésil, cap au sud - sud-ouest, dans un vent mollissant, avec un rendez-vous à ne pas manquer. Lionel Le Monchois : «Le bateau avance à 20-25 nds sous grand gennaker et on fonce vers le sud. Le vent est en train de tourner et doit passer à l'est puis au nord. Nous continuons la route que nous faisons depuis 48 h. Quand le vent passera au nord, il faudra jouer avec et empanner plusieurs fois. La route directe vers le sud de Bonne Espérance n'est pas pour tout de suite. On va d'abord descendre vers les 40èmes avant de faire de l'Est. Nous sommes partis pour faire un joli détour. Il y a un rendez-vous avec un front dans le sud. Si on le rate, c'est 2 jours de différence à Leeuwin. Donc il va falloir être dessus. Tout le monde se pose des questions mais un peu moins que ces derniers jours. Maintenant, plus on s'éloigne de la maison, moins on a de chances de faire demi-tour. La route est devant nous et quoiqu'il arrive il va falloir que ça se fasse. Pour l'instant il n'y a pas de pessimisme à bord. On y croit. Même si cela ne va pas être facile.»
Bilan du 8e jour - distance parcourue : 539.20 mn - moyenne : 22.47 nds - avance : 456.00 mn
 
09/02/10
Détours du monde : après une nuit passée dans un vent mollissant, le trimaran vert a obliqué sur la gauche et avance à la moyenne de 25 nds en se rapprochant de la route d'Orange II. Frédéric Le Peutrec : « Les conditions sont idéales, on est sur mer plate, cela glisse très bien. On est sous gennaker, bâbord amure et on suit la rotation du vent qui petit à petit s'est orienté vers le nord et passe légèrement au nord-ouest. Notre route suit naturellement la courbure de l'anticyclone. D'ici 1 h - 1 ½ on va sans doute tenter un empannage pour regagner un peu dans le sud-ouest de manière à se repositionner sur un flux qu'on espère atteindre demain. On va reperdre du terrain sur Orange II mais si on continuait à s'obstiner comme ça on se retrouverait irrémédiablement dans des hautes pressions sans vent. Il ne faut pas s'entêter à continuer comme ça en se disant qu'on est sur la route d'Orange II et que du coup on maintient l'écart. Ce serait un mauvais calcul. L'objectif est de pouvoir arriver avec une demi-journée de retard à la longitude de Bonne Espérance, peut-être un peu moins. »
Bilan du 9e jour - distance parcourue : 472.20 mn - moyenne : 19.68 nds - avance : 392.90 mn
 
carte météo de la zone le 09/02/10 à 13h TU
 
10/02/10
Zigs Zags : Groupama 3 a connu une nuit assez difficile avec des ralentissements à moins de 15 noeuds en zigzagant entre les bulles anticycloniques, dans des vents irréguliers. Et la nuit prochaine sera bien pire encore.
Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Ce matin le vent est un peu plus faible que la météo ne le prévoyait et on risque de se faire manger par une bulle anticyclonique. La mer commence à onduler un peu en raison des effets du sud mais elle est dans le bon sens. Le premier front avec du vent d'ouest n'arrivera que demain soir. Il faut qu'on soit à l'heure au rendez-vous.
La météo est un peu compliquée, j'espère que dans le sud ce sera plus simple et qu'on fera de belles traversées devant les fronts chauds dans des mers calmes, pas trop agitées du moins. On a hâte d'y être car cela fait un petit peu de temps qu'on traine dans les tropiques et on a du mal à trouver la porte de sortie de l'Atlantique sud.
»
Bilan du 10e jour - distance parcourue : 442.70 mn - moyenne : 18.45 nds - avance : 271.7 mn
 
11/02/10
L'hémorragie : le trimaran a perdu 600 mn en 5 jours. Positionné à 37° sud, à 2300 mn du Cap des Aiguilles, son avance n'est plus que de 40 mn mais le moral reste intact. Franck Cammas : « Nous sommes en train de sortir de la zone anticyclonique, le vent est devant nos étraves. Là on a accéléré, on avance à 15 nds avec 10 nds de vent. On a choisi une option un peu plus risquée en tentant de se faufiler au milieu de cette zone de calmes plats, mais on a perdu un peu moins de temps que si on avait fait le tour. Pour l'instant on est content de notre choix mais ça c'est vraiment joué à pas grand chose. Heureusement qu'on est allé plus vite que prévu dans certains endroits. Le problème de cette fenêtre était le passage autour de l'anticyclone de Ste-Hélène et l'entrée dans les 40e Rugissants. D'après le routage on doit passer avec 5 à 8 h de retard à Bonne Espérance. On n'est pas en bonne posture pour le moment par rapport à Orange mais les conditions s'annoncent bonnes pour traverser l'Indien. Dans quelques jours on va avoir largement assez de vent pour faire avancer le bateau. »
Bilan du 11e jour - distance parcourue : 315.60 mn - moyenne : 13.15 nds - retard : 30.30 mn
 
12/02/10
Entrée dans les 40e à 3.5 nœuds ! Après une nouvelle nuit d'enfer, le chemin de croix se termine pour Groupama 3. Vacation de Lionel Le Monchois : « Ce matin les choses semblent s'éclaircir devant nous. Nous avançons à une vingtaine de nœuds avec un vent de secteur nord - nord ouest de 10 nds sous solent et grand voile haute, sur mer très calme. Dans les heures à venir, cela devrait forcir. On fait enfin route vers l'est, donc on est plutôt confiant. L'Indien à l'air assez maniable, il ouvre ses portes toutes grandes. La traversée ne devrait pas être trop pénible avec des vents de secteur nord-ouest, donc pas très froids. Nous devrions rester entre 40° et 45° jusqu'au cap Leeuwin. Dans un tour du monde, la motivation principale est d'aller trainer ses fesses sur ces latitudes. Aller défier les mers du sud, dans l'imaginaire ça reste des endroits fascinants. C'est à part. Des occasions de venir ici il n'y en a pas beaucoup. C'est toujours très intense. Il y a toujours une petite part d'angoisse. On a l'impression d'être un peu seul au monde. Ici, il n'y a pas de cargo, pas de terre en vue, on est loin de tout. »
Bilan du 12e jour - distance parcourue : 305.30 mn - moyenne : 12.72 nds - retard : 385.50 mn
 
13/02/10
La relance ! Groupama 3 fait cap au 90. Il a repris de la vitesse, affichant des moyennes de 32-34 nœuds depuis hier à 18h TU et a avalé près de 784 mn au cours des dernières 24 heures, refaisant ainsi une partie de son retard sur Orange II. Extraits de la vacation de Bruno Jeanjean: « Le voyage commence à prendre tout son sens par rapport à l'aventure qu'on va vivre. On est au 41e sud en avant du front et on file à 35 nds sous 2 ris solent sous un vent de 28-30 nœuds, la mer est maniable. La vitesse est assez régulière vers 34 nœuds même si on a fait des petites pointes proches des 40 nœuds. La mer s'est un petit peu levée depuis deux heures, elle est un petit peu plus hachée. Mais les conditions sont excellentes Dans ces conditions un peu musclées les barreurs sont très prudents. Le bateau ne souffre pas du tout et on est tous contents maintenant d'avoir retrouvé du vent même si on a troqué les tee-shirts contre les cirés. La vie à bord n'est pas difficile, ça bouge un petit peu, mais c'est acceptable, on arrive à dormir, à faire à manger et à vivre. »
Bilan du 13e jour - distance parcourue : 783.90 mn - moyenne : 32.66 nds - retard : 347.10 mn
 
carte météo Groupama 3
carte météo de la zone le 12/02/10 à 19h TU
 
14/02/10
Grappillage : Groupama 3 grappille mille après mille pour réduire le retard accumulé face à Orange II. La tâche est rude, car le catamaran avait réalisé de belles moyennes avant Bonne Espérance. Thomas Coville : « Ça pédale pas mal depuis 48 heures, on a attrapé du vent et ça va très vite, ça glisse. On fait des moyennes de 32-33 nds parfois 40. Le bateau est en parfaite condition, nous aussi. Barrer la nuit demande une attention soutenue. Il faut avant tout sentir le bateau, que ce soit en termes de vitesse ou par rapport à l'état de la mer. Il faut placer le bateau parfaitement au bon endroit et surtout ne pas le faire cogner contre un mur d'eau ou le faire tomber dans un trou. Barrer, c'est subtil mais c'est avant tout un vrai plaisir. Plus on prend de plaisir plus on apprend et plus on apprend plus on prend de plaisir. La spirale est très vertueuse. La période qui est devant nous, Bonne Espérance - Leeuwin, est celle que je redoute le plus dans notre parcours. L'Indien est l'océan le plus dur en termes d'état de la mer. Ce sont des endroits où on est juste toléré par la nature, mais ils me font rêver, je ne peux m'en lasser. »
Bilan du 14e jour - distance parcourue : 757.50 mn - moyenne : 31.56 nds - retard : 283.80 mn
 
15/02/10
Cap des Aiguilles : Groupama 3 a franchi la longitude 20 ° est du cap des Aiguilles le 15 février 2010 à 5h 43' et 47" TU soit après 14 jours, 15 heures, 47 minutes et 54 secondes de navigation depuis Ouessant. Le retard sur Orange II est de 7h30.
Extraits de la vacation de Stève Ravussin : « Le cap des Aiguilles a été très gentil avec nous. Nous l'avons passé dans de très belles conditions. Là on est entre les deux systèmes, on a un tout petit peu moins de vent que la nuit passée, mais on va en avoir pas mal dès cet après midi. On va être au reaching pendant une vingtaine d'heures avec environ 34-40 nds de vent mais avec des vagues de derrière et travers ce qui est toujours plus facile qu'une mer de face. On a fait un check complet pour voir si la structure ou le mât avaient été touchés. Pour l'instant tout va pour le mieux. On va pas mal préparer le bateau pour la nuit. On va amener l'orc devant car cette nuit ce sera certainement 3 ris et orc. Il faut être prêt avant que la lumière tombe pour ne pas avoir de problème avec les drisses. »
Bilan du 15e jour - distance parcourue : 666.50 mn - moyenne : 27.77 nds - retard : 203 mn
 
16/02/10
Pétole par 43° sud : le trimaran a nettement ralenti cette nuit, la moyenne descendant jusqu'à 6.7 nds à 5h TU. Il a reperdu 130 mn sur Orange II en 24 heures.
Sylvain Mondon de Météo France : « Groupama 3 n'a pas été assez rapide pour rejoindre le front qui s'est dérobé devant eux. Ils essayent de récupérer ces vents de nord avec l'aide du front suivant qui va fusionner avec le flux qu'ils ont manqué. Les vents seront moins forts que ce qu'on craignait hier, donc la progression sera moins compliquée. La trajectoire va être un peu plus courbe et passer au 45-46° sud au niveau des Kerguelen puis remonter en latitude pour rejoindre Leeuwin. Je peux les aider lorsque les phénomènes sont de taille suffisante mais lorsque les variations sont de petite échelle je ne peux leur être d'aucune utilité. » Franck Cammas : « On est toujours dans une zone un peu merdique, qu'on n'arrive pas à franchir. À la place du vent on a la mer du front, venant de face. En pratique on n'arrive pas à suivre notre routage à cause de la mer. Je pense qu'on ne va pas s'en sortir rapidement.»
Bilan du 16e jour - distance parcourue : 368.60 mn - moyenne : 15.36 nds - retard : 375.70 mn
 
Frédéric Le Peutrec
 
17/02/10
A la recherche du vent perdu - Franck Cammas : « Depuis 48 h on espérait plus de vent. Là on a un vent de sud assez régulier de 14-15 nds avec une mer pas trop forte mais de 3/4 de face sous le vent. On n'a pas réussi à attraper le vent qui était devant nous mais on a bon espoir pour la nuit prochaine. Le front devrait arrêter sa couse en avant ce qui nous permettra d'attraper demain matin des vents de nord-ouest favorables et de commencer à aller vite vers Leeuwin. Ces systèmes nous emmènent pour l'instant dans le nord. C'est pas plus mal pour ne pas être confrontés aux glaces qui sont présentes avant Kerguelen. Une route sud serait un peu trop risquée par rapport aux dépressions qui peuvent se former dans notre nord. Cela pourra tenir jusqu'en Tasmanie si on se débrouille bien et si on maintient un rythme élevé de 32nds de moyenne. Ce qui n'est pas évident mais qui peut nous permettre de faire des milles facilement. Pour le moment on n'a pas été très bien servi par la météo. Mais l'équilibre se fera se faire sur la longueur. La route est encore extrêmement longue, on fera le bilan à la fin. »
Bilan du 17e jour - distance parcourue : 495.30 mn - moyenne : 20.64 nds - retard : 337.90 mn
 
18/02/10
Au bord de la dépression : La nuit a été difficile pour Groupama 3 qui a enregistré une moyenne de 4.1 nds à 8h TU, mais la situation s'est inversée depuis la fin de matinée. Franck Cammas : « Ça avance. On est assez contents d'avoir trouvé le vent qu'on attendait depuis quelques temps. On commence à envoyer les chevaux. On est au dessus de 25-30 nds depuis ce matin même si ce n'est pas encore très stable. C'est extrêmement frustrant d'être bloqués derrière un front qui pouvait nous libérer. Par trois fois on a tenté de passer sans réussite. La quatrième a été la bonne puisque le front s'est arrêté ce qui nous a permis de le traverser. Il n'y avait pas grand chose à faire si ce n'est que d'attendre que les conditions évoluent. On n'est pas stressés par les temps d'Orange, on essaye surtout d'utiliser au mieux le vent que l'on peut avoir et on fera les comptes à la fin. On a fait de notre mieux et on n'a vraiment aucun regret par rapport à la façon dont on a mené le bateau. Le vent de nord-ouest va forcir à 35 nds et devrait nous permettre de faire une trajectoire idéale jusqu'à la Nouvelle Zélande. »
Bilan du 18e jour - distance parcourue : 409.70 mn - moyenne : 17.07 nds - retard : 433.20 mn
 
19/02/10
Chevauchée fantastique dans l'Indien : Franck Cammas ne ménage pas sa monture qui file vers l'est à bon train. Frédéric Le Peutrec : « On avance avec le système dans un vent de nord-ouest entre 27 et 31 nds qui mollit un petit peu, ce qui nous oblige dérouler le petit gennaker de brise. La mer est partiellement formée, pas méchante mais comme on va vite, on se prend de bons paquets d'eau dans la figure. L'humidité est pénible, nous sommes trempés, dedans, dehors. On fait le stand-by avec les fringues mouillées sur nous, de manière à ce qu'elles sèchent car si on les pose à coté, elles pompent toute l'humidité du bateau. On va faire une trajectoire assez rectiligne jusqu'au sud de la Tasmanie, voir même Nouvelle Zélande hormis quelques recalages. Notre route sud va nous permettre d'en faire moins à 30 nds de moyenne avec un cap à l'est efficace. Pour l'instant il y a une dépression stationnaire au sud de la Nouvelle Zélande qui devrait se combler à notre arrivée. Si c'est le cas, l'entrée dans le Pacifique pourrait s'enchaîner rapidement sans transition. C’est à suivre mais la dynamique est là. »
Bilan du 19e jour - distance parcourue : 763.40 mn - moyenne : 31.81 nds - retard : 233.80 mn
 
carte météo de la zone le 19/02/10 à 14h TU
 
20/02/10
Cap à l'est à vitesse soutenue : Groupama 3 fait cap au 90 sous un ris dans la grand-voile, trinquette intermédiaire et gennaker, dans un vent de nord-ouest 28 nds sur mer assez maniable. Extraits de la vacation de Jacques Caraës : « On est un peu sous le soleil depuis quelques heures, c'est plus agréable. La navigation est plus sympathique qu'il y a 24 heures. Le rythme est assez élevé mais avec prudence malgré tout. On n'est pas là pour faire les cacous. On sait que c'est long. » Analyse de Sylvain Mondon de Météo France : « Une perturbation très active passe sur les Kerguelen : le centre circule sur 55° Sud et le front froid s'étendant vers le Nord se rapproche de Groupama 3. Le front froid associé à ce nouveau système a balayé le précédent front froid que Franck Cammas et son équipage ont réussi à rattraper puis à dépasser jeudi dernier. Le nouveau front accompagnera le trimaran géant sur une grande partie de la moitié Est de l'océan Indien. La mer se formera un peu plus avec une houle d'Ouest qui va s'amplifier toute la journée samedi puis s'atténuera lentement dimanche. »
Bilan du 20e jour - distance parcourue : 751.50 mn - moyenne : 31.31 nds - retard : 211.50 mn
 
21/02/10
Régate : après 21 jours de mer, Groupama 3 fait pratiquement jeu égal avec Orange II. Extraits de la vacation de Bruno Jeanjean: « On a eu des conditions météo assez exceptionnelles dans l'Indien avec une mer assez bien organisée et propice à des vitesses élevées et le vent n'a jamais dépassé 30 nds de moyenne avec une petite pointe à 40 nds. Cette nuit on a fait plusieurs changements de gennakers en passant du petit qu'on avait depuis trois jours, au grand pour revenir au petit et quelques empannages pour pimenter un peu l'exercice. Là on a tout dessus gennaker médium, grand-voile haute et trinquette. Cela se passe à merveille à bord avec les équipiers, l'ambiance est extra. Chacun est bien à sa place et on est servis par les conditions météorologiques pas très difficiles. On est toujours à la poursuite d'Orange II qui est encore en tête à ce jour mais on a quand même bien réduit l'écart sur lui et on compte bientôt le doubler. Je suis assez enthousiaste et excité à l'idée d'être ici, de passer le cap Leeuwin demain et de se diriger vers la Nouvelle Zélande et le Horn pour rallier l'arrivée. »
Bilan du 21e jour - distance parcourue : 656 mn - moyenne : 27.33 nds - retard : 124.10 mn
 
22/02/10
Cap Leeuwin : Groupama 3 a dépassé la longitude du Cap Leeuwin le 22 février 2010 à 4h 17' et 47" TU après 21 jours, 14 heures, 21 minutes et 54 secondes de navigation depuis Ouessant.
Il s'adjuge le nouveau temps de référence sur la distance Cap des Aiguilles - Cap Leeuwin en 6 jours 22 heures et 34 minutes et améliore de 7 heures le temps réalisé par Orange II en 2005. Prochain objectif : le record WSSRC de la traversée de l'Océan Indien, du cap des Aiguilles à la pointe sud de la Tasmanie située à la longitude 146° 49' 39". Temps à battre : 9 jours, 11 heures et 4 minutes.
Bilan du 22e jour - distance parcourue : 721.90 mn - moyenne : 30.08 nds - retard : -137.40 mn

Interview de Franck Cammas réalisée par Philippe Eliès pour letelegramme.com :

Vous vous retrouvez quasiment à égalité avec Orange II au cap Leeuwin: on imagine que vous êtes satisfait?
« Oui, on est content d'être dans le même rythme car on avait du retard à l'entrée de l'océan Indien. On a rattrapé une bonne partie de ce retard, donc c'est bien. Maintenant, il faut savoir que nous ne sommes pas tous les jours le nez sur les écarts avec le record d'Orange II. On essaye d'avancer le plus vite possible et la route est encore très longue. »

Un Atlantique nord correct, suivi d'un sud pourri et un début d'Indien difficile. D'un point de vue météorologique, cette troisième tentative est-elle plus compliquée que les deux précédentes?
« C'est évident car on a dû avaler 1.000 milles de plus qu'Orange II sur la même portion. L'Atlantique sud nous a obligés à rallonger la route. Et 1.000 milles, cela fait quasiment deux jours de plus... »

Vous frappez à la porte du Pacifique, un océan que vous ne connaissez pas: avez-vous une petite appréhension avant de l'aborder. Ou, au contraire, une grande hâte d'y aller?
« J'ai très envie de découvrir le Pacifique car, la dernière fois, je m'étais arrêté à l'entrée. Le Pacifique est réputé plus pacifique que l'Indien mais ça dépend des années. Il faut voir si on aura la chance d'être dans le bon timing par rapport aux dépressions. Mais bon, le Pacifique, nous n'y sommes pas encore car avant d'y arriver, nous allons connaître deux jours difficiles jusqu'à la Nouvelle-Zélande. »

Entre le cap Leeuwin et le Horn, Bruno Peyron et Orange II avaient été très rapides en 2005. Quel est votre objectif au cap Horn?
« On fait avec la météo que l'on a et on verra bien ce qui se passera. On ne prendra pas des risques exagérés pour arriver avec tel ou tel écart au Horn. On fera le bilan là-bas. Ici, on mène le bateau comme s'il n'y avait pas de record à battre. Peyron avait effectivement eu un bon Pacifique. Si nous avons de moins bonnes conditions météo dans cette partie-là, on ne prendra pas plus de risques pour suivre la cadence. »

Après 21 jours de mer, y a-t-il des signes de fatigue à bord?
« Les gars sont en forme même si on a eu deux jours musclés, avec de la mer et du vent. Les dernières 36heures étaient bien plus cool, presque faciles pour l'Indien. Dans 36 heures, on va attaquer des moments plus difficiles, avec du vent et surtout une mer plus croisée. Actuellement, on file à 30 noeuds sur la route directe, pas très sud, ce qui ne fait pas gagner des milles facilement mais nous sommes dans une zone de mer simple qui ne fatigue pas le bateau et évite de faire souffrir la structure. »

La peur de casser est-elle toujours omniprésente à bord?
« Disons qu'on choisit des zones de mer pas trop cassantes quand on a le choix. Quand on n'a pas le choix, on y va. Mais le but est de placer le bateau dans des situations simples pour aller vite, quitte à rallonger notre route. Ce que nous avons fait depuis le départ et on va continuer à faire comme ça. »
 
 
23/02/10
Le positif est de retour : le trimaran a refait son retard sur Orange II et, ayant dépassé la zone d'icebergs positionnés sur la latitude 47°, il peut maintenant s'engager sur une route plus sud, donc plus courte. Vacation de Frédéric Le Peutrec : « En ce moment on aligne des milles faciles vers l'est, tout droit et au portant. On savait qu'on allait combler notre retard sur Orange II sous l'Australie car il a fait des empannages dans une transition un petit peu compliquée. Mais on sait aussi que la Pacifique a été extrêmement rapide pour lui, sur une trajectoire tendue, assez sud et que ce sera difficile de tenir sa moyenne de point à point entre la Tasmanie et le cap Horn. Donc c'est bien d'être au contact maintenant et le but ce sera si possible d'avoir un petit peu d'avance au cap Horn. Et comme on le pensait à l'origine du projet de Groupama 3, là où il y a moyen de faire la différence, c'est sur la descente et la remontée de l'Atlantique. Ça n'a pas été le cas sur la descente en raison de la météo dans le sud et bien maintenant il faudra jouer sur le retour qui n'a pas été forcément rapide pour eux. »
Bilan du 23e jour - distance parcourue : 742 mn - moyenne : 30.92 nds - avance : 52 mn
 
24/02/10
Record WSSRC de la traversée de l'océan Indien : en franchissant la longitude 146° 49' 39" le 23 février 2010 à 23h 22' TU, Groupama 3 a battu le record sur la distance cap des Aiguilles - Tasmanie en 8 jours 17 heures 39 minutes et 12 secondes. En 2005, Bruno Peyron avait réalisé, à bord d'Orange II, le temps de 9 jours, 11 heures et 4 minutes. Extraits de la vacation de Franck Cammas : « C'est bien d'avoir passé l'Indien aussi rapidement, c'est une bonne surprise. On a un bateau qui est court et qui n'est pas censé aller très vite dans ces secteurs là mais c'est quand même la météo qui décide de tout. On voit qu'avec une météo qui n'était pas très bonne au début mais qui a été régulière par la suite, on a pu faire un très bon temps malgré une route nord. On est contents d'avoir récupéré un peu de temps sur l'Indien. Maintenant il faut qu'on aille au cap Horn et ça va être un gros morceau. Il y a des modèles météo qui sont biens, d'autres moins biens, mais on devrait faire une bonne partie du chemin devant une dépression qui va arriver vers nous dans deux jours. »
Bilan du 24e jour - distance parcourue : 659 mn - moyenne : 27.46 nds - avance : 208.40 mn
 
25/02/10
50e Hurlants : peu avant 20 h TU le 24/02, Groupama 3 s'est engagé au dessous de la latitude 50 ° sud, et a dépassé ce matin la longitude de Dunedin, le trop fameux petit port du sud-est de la Nouvelle-Zélande... Franck Cammas : « On va vite et c'est bien pour s'approcher du cap Horn, de l'arrivée et pour la performance, même si le confort est moindre à bord dans les hautes vitesses en raison du choc avec les vagues. Mais pour l'instant on été bien servis avec un vent qui n'a jamais été très violent et une mer pas très haute non plus, même si par moments elle est un peu croisée comme la nuit dernière. On est passés à 3 milles d'une île. C'était sympa de revoir la terre qu'on n'avait pas vue depuis Ouessant. C'est une île inhabitée, extrêmement sauvage, avec des cascades d'eau qui tombent dans la mer. C'était joli à voir cette île du bout du monde perdue au milieu de l'océan Pacifique. On va vivre les 4-5 prochains jours dans le froid et le passage du cap Horn sera une vraie délivrance pour nous. Mais c'est aussi ce qu'on est venus chercher, on aime ça et c'est une belle aventure humaine. »
Bilan du 25e jour - distance parcourue : 707 mn - moyenne : 29.46 nds - avance : 371.20 mn
 
Franck Cammas
 
26/02/10
Antiméridien : Groupama 3 a franchi l'antiméridien (ligne de changement de date à la longitude 180°) le 25 février à 21h 32' et 29" TU avec environ 14 heures d'avance sur le temps de passage d'Orange II au même niveau en 2005. Positionné sur la latitude 55° sud, il se trouve à 300 milles nautiques au nord des premières glaces de l'Antarctique. Les conditions climatiques se sont légèrement dégradées avec une température extérieure de 11 ° et une eau à 7°.
Extraits de la vacation de Ronan Legoff : « On a entre 22 et 25 noeuds de vent et on marche à 33-34 noeuds sous 1 ris dans la grand-voile et gennaker medium. Il ne fait pas très froid, on n'est pas trop mouillés, c'est plutôt cool. Là on est au coin du gaz avec Lionel et Frédo en train de préparer à manger. Vous êtes bienvenus si vous voulez. Il y a de la volaille avec de la sauce tomate et du blé réhydraté. Si ça vous dit, welcome ! Par rapport à Orange II, les conditions de vies sont différentes. Sur un catamaran les deux coques sont habitables ce qui permet à l'équipage d'avoir plus d'intimité. »
Bilan du 26e jour - distance parcourue : 664.50 mn - moyenne : 27.69 nds - avance : 430.40 mn