Trophée Jules Verne 2008
Tentative de Franck Cammas / Groupama 3 : de Ouessant à Dunedin

Temps
de passage
Equateur Cap Bonne
Espérance
Cap des Aiguilles Cap
Leeuwin
Tasmanie Antiméridien Cap
Horn
Equateur Ouessant
Orange II
2005
7j 02h 56m 14j 05h 21m 14j 08h 19m 21j 13h 54m 23j 19h 23m 25j 21h 33m 32j 13h 29m 40j 19h 05m 50j 16h 20m
Groupama 3
2008
6j 06h 24m 13j 06h 1m 13j 08h 47m 21j 02h 43s 22j 20h
53m 57s
avarie
 
30/11/07
Franck Cammas
Franck Cammas : à peine rentré de sa Jacques Vabre victorieuse, Franck Cammas dévoile l'équipage du tour du monde de Groupama 3.

Groupama a mis les petits plats dans le Grand Palais, pour offrir le meilleur écrin à son skipper fétiche. Hier soir, à Paris, Franck Cammas est entré dans le détail de son prochain Trophée Jules Verne. Ironie : lui et Stève Ravussin, les très récents vainqueurs en multicoque de 60 pieds dans la Transat Jacques Vabre, seront les seuls du bord à ne pas avoir encore enroulé la planète.
À leurs côtés, des caïds du genre. Trois recordmen de la distance (Sébastien Audigane, Jacques Caraës et Ronan Le Goff), trois anciens de The Race (Franck Proffit, Fred Le Peutrec et Loïc Le Mignon), un multirécidiviste de la Whitbread (Yann Dekker).

Dès le 6 décembre, et jusqu'au 10 février, Groupama 3 sera dans les starting-blocks. Le bateau de 32 m, a déjà quelques jolis succès à son actif cette année, bien qu'il n'était pas spécifiquement dessiné pour.

Records réussis sur la Route de la Découverte entre Cadix et San Salvador aux Bahamas ; sur Miami - New York ; sur la plus grande distance parcourue en 24 heures, 794 milles avalés à la moyenne de 33 noeuds ; sur l'Atlantique nord entre New York et le Cap Lizard, il est le premier à le descendre en moins de 100 heures.

C'est dire si les promoteurs de l'épopée qui se profile sont confiants. « On pense pouvoir descendre le Jules Verne à 48 jours », estime-t-on dans l'entourage de l'équipage. Moins de 50 jours et 16 heures suffiraient au bonheur des marins. Ils tomberaient ainsi le temps canon établi par Bruno Peyron et les siens sur Orange 2 en 2005. Depuis, personne ne s'y est frotté.

source : Ouest Bateaux
 
06/12/07
Franck Cammas
Code rouge pour Groupama 3 qui est en stand-by à Lorient où l'équipage est pratiquement au complet (il ne manque qu'un équipier en remplacement de Marcel Van Triest). Chacun participe à la préparation du matériel et de l'avitaillement. La sortie en mer qui était prévue est reportée en raison des conditions météo.
Signification des codes :
- Rouge : pas de météo favorable dans les 120 heures
- Orange : départ possible dans les 72 heures
- Jaune : départ probable dans les 48 heures
- Vert : départ dans les 24 heures.
 
06/12/07
Franck Cammas
" Notre Everest à nous " : interview de Franck Cammas.

Sport24.com : Vous vous attaquez désormais au record du Trophée Jules Verne. Comment prépare-t-on un Tour du Monde ?
Franck Cammas : Je n’y pense pas trop, je me demande ce que je vais faire pendant 50 jours ! Non, j’aborde cela comme un peu comme une Transat. Je n’ai pas trop eu à m’occuper du bateau, c’est Franck Proffit qui s’est chargé de l’avitaillement, du matériel de rechange à bord, du placement et de l’organisation de l’équipage. En exagérant un peu j’arrive presque les mains dans les poches ! Mais, tout le travail effectué en amont ainsi que les quatre records battus nous mettent en confiance pour ce Tour du Monde. Ce sera aussi une découverte pour moi au niveau de la longueur et des mers du Sud que je n’ai jamais naviguées.

Sport24.com : Quelles sont les qualités de Groupama 3 par rapport au bateau Orange II de Bruno Peyron ?

Franck Cammas : Notre bateau est plus léger, plus petit et moins puissant mais il est performant dans les zones de transition et celles où il y a un peu moins de vent. Tout ce qui est sprint dans le Sud, dans la grosse mer et dans le vent, on ne devrait pas aller plus vite. J’espère qu’on ira déjà aussi vite car le parcours d’Orange était bon. Après, je pense qu’on peu gagner un petit peu en descendant l’Atlantique et lors de la remontée à la fin du parcours.

Sport24.com : Comment se passe la vie à 10 sur un bateau ?

Franck Cammas : Ce sont des personnes qui connaissent bien ce genre de parcours et d’épreuve. On a tous nos caractères mais ça se passe très bien. Il y a une relation de confiance entre nous, chacun est performant dans son rôle. Sur le papier, on a un bel équipage et sur l’eau ça sera pareil.

Sport24.com : Qu’est-ce qui vous motive tous les jours à aller chercher des nouveaux records ?

Franck Cammas : J’aime la mer, les bateaux, la vitesse mais aussi jouer avec la météo, avec le pilotage du bateau et toujours être plus fort que nos adversaires. A chaque fois, c’est un vrai défi. Aujourd’hui, ce Tour du Monde représente une vraie valeur sportive. Il y a 15 ans c’était plus une aventure, maintenant c’est devenu, en plus, une course à la performance car les bateaux sont de plus en plus perfectionnés et on est toujours à la limite. Je compare cela à l’ascension d’une montagne. C’est toujours difficile d’arriver au sommet. Alors ce Tour du Monde, c’est un peu notre Everest à nous.

Sport24.com : On se revoit dans 49 jours alors ?

Franck Cammas : C’est jouable ! Si on n’avait aucune chance, on ne partirait pas…

source : sport24.com
 
12/12/07
Franck Cammas
Yves Parlier sera le 10ème homme : il a été choisi pour occuper le poste clé de navigateur. Doté d'un profil atypique, il s'est imposé non seulement pour son expertise météo, mais aussi pour son expérience des circumnavigations et son enthousiasme.

Composition définitive de l'équipage : Franck Cammas, Skipper / Chef de quart-barreur - Franck Proffit, Responsable opérationnel de Groupama 3 - Chef de quart - barreur / Responsable voiles - Stève Ravussin, Chef de quart - barreur / En charge de la vidéo - photo - Frédéric Le Peutrec, Deuxième Barreur / Responsable nourriture du bord - Loic Le Mignon, Deuxième Barreur / Responsable accastillage - Sébastien Audigane, Deuxième Barreur / Responsable médical - Ronan Le Goff, n° 1 / Gréement et accastillage - Jan Dekker, n° 1 / Médical et responsable gréement - Jacques Caraës, n ° 1 / Responsable vidéo - photo - Yves Parlier, Navigateur / Responsable électronique, énergie et eau.

Coté météo, pas d'anticyclone sur les Açores, donc pas d'alizés dans l'atlantique Nord jusqu'au 17 décembre inclus. Par contre, dès mardi 18, les choses devraient évoluer et pourraient donner lieu à une configuration intéressante.
 
15/12/07
Franck Cammas
Problèmes techniques pour Groupama III : à la suite d'une sortie en mer, l'équipage de Groupama III a procédé à une inspection technique et a constaté un décollement de la peau du foil tribord (défaillance du collage des tissus utilisés). Groupama III entre donc en chantier pour une semaine, car il ne peut être question de s'engager sur un tour de monde de 50 jours dans ces conditions.
 
31/12/07
Franck Cammas
Code orange pour Groupama III : un départ est envisagé dans la journée du jeudi 3 janvier 2008. A suivre...
Franck Cammas rend hommage à Francis Joyon : " Il a eu une super météo jusqu'au Cap Leeuwin, notamment au moment de son entrée dans les 40èmes, en dessous de Sainte-Hélène. Il a quasiment réalisé les trois quarts de l'Indien devant un front chaud avec de la bonne mer et des vitesses supérieures à 25 noeuds, ce qui est plutôt exceptionnel. (...) Je l'observe beaucoup, son équipe m'a envoyé des infos sur le positionnement des glaces, ce qui est très sympa car grâce à ça, on sait où il faudra faire attention... Francis est un chouette type. Je suis admiratif de sa course. C'est la première fois qu'il a eu les moyens de construire un bateau moderne et ce n'est pas étonnant de voir ce qu'il fait aujourd'hui sachant ce qu'il était déjà capable de faire avec son vieux canot. "
source : kavadenn.com
 
01/01/08
Franck Cammas
Code jaune pour Groupama III : départ toujours prévu sous 48 heures mais ... " La situation s'est fortement dégradée dans les dernières 24 heures. Le centre de la dépression reste au large de la Bretagne, ce qui devrait entraîner des vents moins forts que prévu sur le départ, mais en revanche une mer beaucoup plus formée (vagues de 7 à 8 mètres dans le Golfe de Gascogne et peut être davantage le long du Portugal). Actuellement, un départ reste envisagé le jeudi 3 janvier et c'est pourquoi nous sommes désormais en code jaune. Mais si la situation continue de se dégrader, il est possible que nous repassions en code rouge demain matin. "
 
02/01/08
Franck Cammas
Code rouge : " la fenêtre du 3 janvier s'est refermée. Le centre de la dépression reste dans l'Ouest, au large de Ouessant et grossit sur tout le golfe de Gascogne. Cela fait un départ au près... pas propice au record. La mer est toujours très forte et dans cette configuration nous arrivons trop tard sur Saint Hélène pour passer. Nous sommes désolés pour les voyageurs, mais nous n'avions pas trop le choix... C'est la vie des chasseurs de records ! " Franck Cammas reste confiant : " Nous sommes en stand-by depuis près d'un mois, même s'il a été repoussé pendant une semaine à cause des foils. Tout est arrangé maintenant. Le fait de partir en début d'année est plutôt favorable pour l'enchaînement des phénomènes météo avec l'été austral et donc des nuits courtes : presque toutes les autres tentatives sur le Trophée Jules Verne se sont élancées en janvier ou février... Nous sommes donc dans les temps et plus motivés que jamais! "
 
06/01/08
Franck Cammas
Interview de Franck Cammas : C'est quoi une fenêtre météo idéale pour s'élancer, au départ de Brest, autour du monde ?
« Ce sont des vents portants dès le départ qui permettent de passer l'équateur en 5-6 jours. Donc, cela signifie des vents de nord-ouest ou de nord-est en Bretagne puis une transition avec les alizés sans la moindre zone de petit temps. À l'arrivée, cela donne un passage de l'équateur en 6 jours : ça, c'est vraiment l'idéal ».

- Jusqu'à quand pouvez-vous poursuivre votre stand-by ?
« Disons qu'après le 10 février, cela devient plus compliqué car on peut se faire prendre dans des vents très forts dans les mers du Sud : c'est ce qui était arrivé au trimaran « Geronimo » en 2004. En effet, en raison des dépressions dans l'hémisphère sud, il est plus sage de partir en janvier-début février car, là-bas, c'est l'été. Du coup, on peut descendre plus sud et faire moins de route autour de l'antarctique ».

- " Groupama 3 " est plus petit et plus léger que les autres géants : n'avez-vous pas peur de l'emmener dans les mers parfois démontées du Grand Sud ?
« Je ne connais pas le Grand Sud, je ne suis jamais allé là-bas. Ce sera donc une découverte pour moi et le bateau mais je n'ai pas spécialement peur d'y aller : tout dépendra de ce qu'on y rencontrera. Lors des autres records, notamment Miami - New York et l'Atlantique Nord, on a déjà rencontré des mers bien tordues. Et malgré cela, le trimaran filait toujours à 25 noeuds, ce qui est largement suffisant pour accompagner les dépressions. On réduira juste plus tôt. Selon nous, l'important n'est pas de gagner des milles dans l'hémisphère Sud mais lors des phases de transition en Atlantique : c'est là qu'on peut grignoter du temps ».

- 50 jours, 16 h 20', soit le temps record du maxi-catamaran " Orange 2 " de Bruno Peyron : il a fallu 19 tentatives en douze ans pour en arriver là. Quel chrono espérez-vous signer sur ce même parcours ?
« Au mieux, deux jours de moins ! Pas beaucoup plus. Il est certain qu'on n'aura pas la même marge que Peyron en 2005, et encore moins celle de Joyon qui est bien parti pour améliorer le record de MacArthur de 11-12 jours ».

source : kavadenn.com
 
19/01/08
Franck Cammas
Code orange : départ possible le 24 janvier 2008, au petit matin.

Interview de Franck Cammas
: à l’aube d’une éclatante performance de Francis Joyon qui va boucler son Tour du Monde en solitaire en 57 jours environ, soit le deuxième meilleur temps jamais réalisé, Adonnante.com s’est tourné vers Franck Cammas qui attend patiement la bonne fenêtre météo pour s’élancer sur le même parcours que Francis Joyon, mais en équipage cette fois-ci

Francis Joyon doit boucler son Tour du Monde en solitaire en moins de 60 jours, cela vous inspire ?
« Francis Joyon a fait un Tour du Monde exemplaire en tous points ; que ce soit pour le pilotage de son bateau, la stratégie et la gestion globale de sa course. Vraiment chapeau ! Il a eu de la réussite sur la première partie de son parcours avec des enchaînements météo très rapides mais il a su conserver ce rythme incroyable jusqu’à la fin. »

Les trimarans ont imprimé leur marque sur les Tours du Monde en Solitaire. Pensez-vous que l’ère des catamarans est révolue pour ceux en équipage ? Qu’apporte un trimaran sur ce type de parcours ?
« Il y a toujours eu des trimarans sur les tentatives en solitaire. Effectivement, les trimarans sont beaucoup plus faciles à gérer en solitaire et continuent à être performants sans avoir besoin de tirer au maximum sur le bateau, chose qui est nécessaire en solo. Comme en 60 pieds Orma, (à part Yves Parlier) les trimarans ont pris le dessus depuis 20 ans. Sur ce type de parcours, où il y a aussi du près, les trimarans montrent aussi plus de polyvalence. »

Il n’est pas nécessaire dans le Grand Sud d’aller plus vite que les dépressions. Par rapport à Orange II où pensez vous gagner des heures précieuses ?
« Effectivement … nous pensons pouvoir gagner des heures surtout en remontant et en descendant l’Atlantique. »

On entend parler en permanence de fenêtre. Sont-elles les mêmes pour une tentative en solitaire ou en équipage ?
« Pas tout à fait, même si nous avons le même souci : avoir des vents portants avec un bon angle (120 à 140° du vent). Comme nous allons plus vite en équipage, la route et les anticipations par rapport aux déplacements des phénomènes météo ne sont pas les mêmes ! »

Si aucune excellente fenêtre ne se présente d’ici à la date limite fixée, partirez-vous quand même comme vous l’avez fait sur l’Atlantique Nord ?
« Oui ! D’ores et déjà, à compter d’aujourd’hui, nous ne sommes plus aussi exigeants pour la fenêtre ! »

Après l’incident survenu sur le mât d’IDEC avez-vous fait un check-up complet du matériel ?
« Nous le faisons tout le temps ! Mais nous avons effectivement comparé ce qu’il y avait pour le blocage des axes de haubans sur Idec et sur Groupama 3. »

Quelles sont les différences entre GroupamaG3 et IDEC ?
« Groupama 3 est deux fois plus puissant car 7 m plus large et 6 tonnes plus lourd. Donc il y a beaucoup plus d’efforts et de tension sur les écoutes et le gréement. Sur Groupama 3, il est inenvisageable de mettre en place tout seul une voile ! Les flotteurs de Groupama 3 sont aussi longs que la coque centrale, ce qui n’est pas le cas d’Idec. »

Multicarte vous verra-t-on un jour sur un Tour du Monde en Solo ?
« Pas avec Groupama 3. Le Tour du Monde en solo ce n’est pas ce qui m’attire le plus pour le moment ! »

Enfin pour la Coupe de l’America, catamaran ou trimaran de 90 pieds ?
« Il faut attendre le premier jour de régate pour voir ! Mais sur un parcours banane un catamaran a plus ses chances que sur un Tour du Monde en solo ! »

source : Adonnante.com - GMo
 
22/01/08
Franck Cammas
Code jaune - 48 heures : Le trimaran doit quitter sa base de Lorient mercredi 23 janvier à 17 h, cap sur Ouessant. Le top départ de la tentative pourrait être donné jeudi vers 17 heures.

Rappel de la composition de l'équipage :

Chef de quart - barreur : Franck Cammas (Skipper) / Franck Proffit / Stève Ravussin
Deuxième Barreur : Frédéric Le Peutrec / Loic Le Mignon / Sébastien Audigane
N°1 : Ronan Le Goff / Jan Dekker / Jacques Caraës
Navigateur : Yves Parlier

Expert météo à terre : Sylvain Mondon (Météo France)
 
23/01/08
Franck Cammas
Le jour le plus long : dernières heures à quai pour le trimaran. Les dix équipiers ont achevé les préparatifs, déjeuné à huis clos, répondu aux questions de la presse et quitté Lorient à 17 heures.

« Le parcours d'Orange dans l'hémisphère Sud a été vraiment exceptionnel. Les endroits où on peut gagner du temps sont donc dans cette descente de l'Atlantique jusqu'à l'équateur puis dans la remontée de l'équateur à l'arrivée. Sur la traversée de l'Atlantique nord, on a gagné quatre heures en quatre jours sur Orange II. Si on fait le même calcul, sur 50 jours, on peut gagner deux jours, si on ne se fie qu'à la performance du bateau.
Mais ces calculs ne servent pas à grand-chose. Ce qui est important, c'est le déplacement des phénomènes météo. Si on regarde les statistiques du trophée Jules Verne, il y a une chance sur trois que l'on batte le record.
» (ndlr : 19 tentatives depuis 1993, 6 records battus).
 
Franck Cammas
photo © Yvan Zedda pour cammas-groupama.com
 
24/01/08
Franck Cammas
Un talent de surdoué : Franck Cammas est un obsédé de la performance. Au risque de provoquer parfois des tensions dans son équipe. Quand il faut choisir entre confort et effort, l'homme n'a guère d'états d'âme. Même s'il n'a pas encore fait le tour du monde, il ne croit pas que la longueur de la route doive museler la vitesse de pointe. Quitte à ce que les hommes souffrent. Comme dans tout sport de haut niveau. Lui-même ne se ménage pas. Il ne s'est réservé ni fonction supérieure ni espace privé. Il sera barreur et chef de quart.
Pas facile à cerner, cet Aixois de 35 ans. Un talent de surdoué, un physique de jeune premier, dix ans de carrière et l'un des plus beaux palmarès du monde des multicoques océaniques en équipage. Mais ce fou de compétition détesterait jouer les fonctionnaires du large. Il pourrait rejoindre l'équipage américain de «BMW Oracle» pour une pige de luxe, si par hasard la prochaine Coupe de l'America se résumait à un duel helvético-américain sur des catas géants... Auparavant, avec ses neuf drogués de vitesse, il a un job à faire, une immense boucle de mer à dévorer en un mois et demi. Cinquante jours sous la lance à incendie dehors et un vacarme de TGV dedans. Enfin, moins de cinquante...


source : le Nouvel Observateur
 
24/01/08
Départ
Creac'h
En route pour le "joli voyage" : à 8 heures 50 minutes et 17 secondes (heure française), Groupama 3 a franchi la ligne de départ officielle du Trophée Jules Verne, située entre le Phare du Creach'h (Ouessant) et le cap Lizard (Angleterre). Il s'agit de la20ème tentative depuis la création du challenge.
Pour améliorer le temps de 50 jours, 16 heures, 20 minutes et 4 secondes, réalisé en 2005 par Bruno Peyron à bord d'Orange II, les 10 hommes devront être revenus avant le samedi 15 mars à 1 heure 9 minutes 21 secondes (heure française).
En 2005, Bruno Peyron était également parti le 24 janvier.
Premier objectif : battre le temps d'Olivier de Kersauson sur la distance Ouessant - Equateur établi à 6 jours, 11 heures et 26 minutes
.
 
24/01/08
Franck Cammas
Bruno Peyron sort du bois : « Je pense sincèrement que Cammas peut battre notre record. Et aussi paradoxal que celà puisse paraître, je souhaite leur victoire, afin de rendre encore plus évident notre retour!
Les conditions de départ de Groupama 3 sont idéales pour un bon départ, en tout cas meilleures que les notres pour ce premier partiel, avec de meilleurs angles de descente sur l'équateur où ils peuvent passer, avec près de 2 jours d'avance.
Si nous étions en course, nous ne serions pas forcement sur les mêmes routes. Groupama doit être plus rapide jusqu'a 20 / 25 noeuds de vent, nous devons faire jeu égal entre 25 et 30 noeuds, et je pense que nous devrions avoir un petit plus au dessus de 30 noeuds. Cela veut donc bien dire que nos stratégies météo seraient adaptées à nos ranges de vent respectifs.
Groupama peut faire la différence notamment dans sa descente jusqu'à l'équateur où nous avions choisi de sacrifier une trentaine d'heure pour tenter d'accrocher un front nous permettant de passer dans l'Atlantique sud. Ce sera plus difficile entre l'équateur et le Cap de Bonne Espérance où nous avons été assez vite sur la route directe.
Dans le grand sud, Groupama peut gagner beaucoup s'il a un meilleur angle. Nous avions du rallonger notre route de manière conséquente. Entre le Cap Horn et l'équateur, tout dépendra de la transition avec l'anticyclone de St Hélene où nous avions perdu une trentaine d'heures. De l'équateur à l'arrivée, c'est évidemment le partiel, avec le premier où il y a le plus à gagner. Avec des conditions météo normales et non exceptionnelles sur ce partiel, nous aurions du gagner 3 jours pour terminer en 46 / 47 jours.
Mon objectif en 2008 ? Trouver des partenaires sérieux et motivés pour préparer la riposte !!
»
 
24/01/08
1er jour
Premier bilan : au large de Lisbonne après 24 heures de mer, Groupama 3 se cale dans les temps du record, malgré une mer agitée. Au menu du 2ème jour : 15 à 20 noeuds de vent, molissant vers les Canaries. Point du 25 à 8h15 : distance parcourue : 611 mn - moyenne : 25.46 nds - avance : 23.5 mn.
 
25/01/08
2e jour
Les molles rodent. Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Nous sommes ce midi en train de contourner une zone de petit temps et nous sommes donc assez près du vent (75°) avec seulement 10-11 noeuds de vent. Mais cela nous permet d'avancer quand même à 20 noeuds... plus vite que le routage. Nous avons encore une vingtaine de milles à couvrir pour sortir de cette molle mais il y en a d'autres qui rodent dans le coin ! Il faut faire attention. Nous avons tout déménagé dans le bateau pour mettre les poids plutôt sur l'avant : gasoil, voiles, matériel de sécurité, nourriture... Heureusement que Groupama 3 est un multicoque qui va vite dans ces conditions-là ! Nous avons rendez-vous avec des phénomènes météo dans l'hémisphère Sud et il ne faut pas traîner en route... »
Groupama 3 a été contraint de s'arrêter à 2 reprises dans la nuit pour réparer une pièce en tête de mât.
Point du 26 à 7h45 TU : distance parcourue : 489.1 mn - moyenne : 20.38 noeuds - avance : 62.50 mn.
 
26/01/08
3e jour
Record des 24 heures... Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Nous avons accéléré au près abattu ce samedi midi ce qui nous permet de gagner dans l'Ouest et c'est bon pour la suite, pour attraper les alizés de Nord-Est. Nous avons choisi de passer sous le vent de Madère et au vent des Canaries. Mais je pense que nous devrions subir les perturbations de l'île de Gomera d'ici quelques heures. Le principal écueil est l'archipel car on se prend ce midi le dévent de l'île de Tenerife qui est à 150 milles ! Il faut que nous franchissions cette zone avant de lofer pendant 5-6 heures au près pour retrouver des vents plus portants à l'Est... On ne va pas faire un score aujourd'hui ! Nous n'avons pas fait de très bonnes dernières 24h en termes de distance absolue, mais, avec Franck Proffit, on se disait par contre que nous avions du faire le record des 24h avec moins de 12 noeuds de vent (rires) !
Il faut être très attentif dans ce régime de vent faible car cela se joue à une quinzaine de milles près. Groupama 3 progresse toujours bien, ce qui nous a permis de prendre cette fenêtre : Un bateau autre que Groupama 3 n'aurait pas forcement pu la tenter !
»
Point du 27 à 7h45 TU : distance parcourue : 556 mn - moyenne : 23.16 noeuds - avance : 220.70 mn.
 
27/01/08
4e jour
Le grain grain quotidien... Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Ce n'est pas très simple sur l'eau : on dirait que nous sommes dans un Pot au Noir depuis hier ! Des grains nous ont fait avancer vite la nuit dernière mais ils étaient très instables avec des sautes de vent passant de trente à trois noeuds et 60° de bascule... Vivement que nous touchions des alizés plus établis. Ici, le ciel est très nuageux car nous sommes dans l'axe d'une dorsale proche d'une dépression. On essaye de slalomer entre les grains. »
Point du 28 à 7h45 TU : distance parcourue : 442,7 mn - moyenne : 18.45 noeuds - avance : 242.70 mn.
 
28/01/08
5e jour
Cap sur l'Equateur. Extraits de la vacation de Franck Proffit : « Nous sommes sur du long terme : pour le passage du Pot au Noir, nous avons programmé un long bord vers le Sud-Ouest avant d'empanner afin de piquer plein Sud ensuite. Nous devrions passer l'équateur avant le lever du jour du 30 janvier ... Nous allons toucher des alizés plus forts ce lundi après-midi et nous allons probablement gagner encore du temps sur Orange II. Il se confirme en plus que la suite s'annonce favorable dans l'hémisphère Sud ! »
Point du 29 à 7h45 TU : distance parcourue : 551.1 mn - moyenne : 22.96 noeuds - avance : 420.40 mn.

 
29/01/08
6e jour
Le pot au noir. Point météo de Sylvain Mondon : « Mardi 29 janvier Groupama 3 est en approche finale de la zone de convergence inter-tropicale. Cette zone où se rencontrent les alizés de nord-est et les alizés de sud-est est soumise à une activité orageuse constante. Le pot-au-noir est actuellement assez large puisqu'elle s'étend de 7° Nord jusqu'à 3° Sud. L'activité orageuse est assez éparpillée pour l'instant mais on attend une intensification des orages la nuit prochaine. Ces grains en constantes évolution cohabitent avec de vastes zone de vents faibles, c'est pourquoi les 36 prochaines heures risquent d'être très éprouvantes pour Franck Cammas et son équipage. »
Point du 30 à 7h45 TU : distance parcourue : 423.30 mn - moyenne : 17.64 noeuds - avance : 439.40 mn.
 
30/01/08
7e jour
kersauson
Pas formidable mais pas si mal... - Franck Cammas signe le nouveau temps de référence sur la distance Ouessant - Equateur (2993 mn) en 6 jours 6 heures 24 minutes et 43 secondes. A ce stade, Groupama 3 compte 408 milles nautiques et 20 heures et 32 minutes d'avance sur Orange II.
Il améliore de 5h 1' et 38" le temps réalisé par Olivier de Kersauson le 17 janvier 2003 avec Geronimo (6 jours, 11 heures, 26 minutes et 21 secondes).
Extraits de la vacation de Franck Cammas : « La fenêtre météo n'était pas parfaite, loin de là mais on était en fin de stand-by. Heureusement qu'on a un bateau qui va vite car on n'a pas eu de très bonnes conditions. Ça n'a jamais été idéal dans les transitions et il y en a eu beaucoup sur ce trajet. Une fenêtre excellente nous aurait permis de manoeuvrer peu et de rester au portant ce qui n'a jamais été le cas. C'est plutôt vers le 30ème sud qu'il faut regarder et on a une bonne opportunité pour glisser dans les mers du sud avec des conditions intéressantes le long du Brésil. Comme Orange qui n'avait pas fait un bon temps jusqu'à l'Equateur mais avait pu saisir cette porte d'entrée dans les mers du sud. Nous sommes dans une situation un peu similaire.
Ce n'est pas facile de gagner des heures sur le record. Il va falloir vraiment se battre jusqu'au bout pour avoir un espoir de le battre. Cela motive les troupes et on est content de partir dans ce défi.
»
Point du 31 à 7h45 TU : distance parcourue : 512.9 mn - moyenne : 21.37 noeuds - avance : 436.60 mn.
 
 
31/01/08
8e jour
Glisse, ménage et farniente... Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Nous commençons à gagner dans le sud rapidement, sous grand-voile et solent, la mer est plate. Le bateau a accéléré jusqu'à 30 noeuds, à 120° du vent. Les conditions sont idéales pour le faire glisser. Dans deux jours nous devrions trouver un front qui se décale vers l'ouest et pouvoir traverser Sainte-Hélène assez tôt. Mais compte tenu des temps réalisés par Orange II entre le Brésil et le Cap, nous allons perdre quelques heures sur lui. Au menu du jour : ménage, lessive, rangement et toilette pour tout le monde. »
Point du 1er à 7h45 TU : distance parcourue : 683.50 mn - moyenne : 28.48 noeuds - avance : 658 mn.
 
01/02/08
9e jour
Ça tape un peu… Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Le vent a tourné hier, on a fait 24 heures très rapides, cela continue ce matin avec pas mal de grains et il faut faire attention. Le vent est assez instable, la mer est plutôt plus formée que ce quelle devrait, avec des vagues de travers. Ça tape un peu, mais bon ça va. D'ici ce soir il faudra mettre le gennaker, commencer à partir un petit peu à l'est. On va le faire en deux temps : un petit coup dans la dorsale, repartir plein sud et ensuite choper une dépression qui nous amènera plus rapidement dans l'est. On va essayer de rentrer progressivement dans le sud, de ne pas le faire à fond au milieu des systèmes, mais de rester en bordure. L'objectif est de descendre dans le sud pour attendre que la dépression Argentine veuille bien traverser l'Atlantique avec nous. (...) On a fait notre apéro hebdomadaire avec de la viande des grisons, du fromage, des galettes et un petit pichet de vin. La compétition est de longue haleine, les moments comme ceux-ci sont importants pour le moral de l'équipage. Aujourd'hui, on va trouver le moment de monter dans le mât, de faire un check général avant d'attaquer le sud. »
Point du 2 à 7h45 TU : distance parcourue : 587.9 mn - moyenne : 24.5 noeuds - avance : 704.9 mn.
 
02/02/08
10e jour
Empannage et recalage… Extraits de la vacation d'Yves Parlier (navigateur) : « On vient d'empanner à 10 h 20 TU, on est tribord amure, cap vers le 215 à 90-100° de la route directe. Ce n'est pas du tout un bord rapprochant. Cela nous éloigne plutôt du but, mais cela nous permet de nous recaler, de retrouver un peu de pression avec 16-17 noeuds de vent alors que cela ne fait que 45 minutes que nous avons empanné. C'est très positif, nous allons gagner un petit peu sur le routage qui nous met dans le timing d'Orange II, tout en conservant notre journée et nos 9-10 heures d'avance en Afrique du sud alors qu'hier on perdait quasiment une journée.
Le but est de passer entre deux systèmes qui se déplacent vers l'est alors que nous nous déplaçons vers le sud-est, puis de nous faire rattraper par une dépression qui va plus vite que nous et qui nous permettra de rentrer dans les latitudes sud. Cette dépression nous lâchera et nous serons pris en charge par une seconde dépression. Là on sera vraiment dans le courant d'ouest des latitudes sud. Aujourd'hui, nous allons prendre notre dernière douche avant d'aller au pays des icebergs.
»
Point du 3 à 8h00 TU : distance parcourue : 429.3 mn - moyenne : 17.89 noeuds - avance : 598.20 mn.
 
03/02/08
11e jour
Pas mal mais pas si formidable... Extraits de la vacation de Franck Cammas : « La mer est très maniable, nous sommes en bordure d'anticyclone, le vent rentre avec nous, c'est l'idéal pour aller assez vite. Il manque encore même 2-3 noeuds de vent par rapport à ce que nous pensions. Notre vitesse cible se situe autour de 30 noeuds. Il faut parfois se recaler pour retrouver le vent et rester dans une zone de mer maniable. Les deux prochains jours s'annoncent pas mal mais cela a l'air de se compliquer après le Cap. Donc à suivre...»
Point du 4 à 8h00 TU : distance parcourue : 601.20 mn - moyenne : 25.05 noeuds - avance : 616.20 mn.
 
04/02/08
12e jour
Au sud, c'est bordélique... Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Malheureusement on va être bloqué au nord du 40e pendant 3-4 jours pour laisser passer une dépression assez forte. Les systèmes météos se créent au nord cela nous permet de rester du bon coté. Le sud a l'air d’être bordélique en ce moment. La dépression va nous amener jusqu'à 7 mètres de houle et même du reaching (vent de travers). J'espère qu'on ne va pas butter dedans. Quitte à abattre un peu et rallonger notre route, c'est sur qu'on ne se mettra pas travers à 7 mètres de creux. Donc on sera obligé de partir encore plus dans le nord, de laisser passer la dépression avant de pouvoir loffer et revenir vers le sud. C'est pas du tout les conditions idéales pour entrer dans l'Indien. C'est plutôt compliqué mais le routage nous oblige à partir là. Nous n'avons pas trop le choix. Sinon il fallait aller dans 52 sud et cela ne va pas plus vite. Nous passerons Bonne Espérance mercredi vers 18 h. (...) Mieux vaut avoir de l'avance que du retard, mais nous ne regardons pas trop ça, nous sommes encore très très loin du but. Nous essayons de gérer cette météo comme en si nous étions en couse et ce n'est pas évident. »
Point du 5 à 8h00 TU : distance parcourue : 641 mn - moyenne : 26.71 noeuds - avance : 590.80 mn.
 
05/02/08
13e jour
Température et moral en baisse... Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Nous avons autour de 25 noeuds de vents, le ciel est assez gris mais pour l'instant la mer est dans le bon sens. Nous attendons la dernière rotation pour pouvoir empanner. La météo n'est pas top, loin de là. Bloqués entre beaucoup de mer et du refus, nous ne pouvons malheureusement pas aller glisser dans le sud tout de suite.
Nous sommes coincés par un système météo qui est en train de remonter sur nous, avec un anticyclone derrière et le risque de se faire prendre dedans. Nous n'avons pas eu assez de vitesse pour passer devant ce système.
Nous restons sur l'option nord qui va peut-être nous obliger à freiner un moment à attendre le front suivant, et perdre un jour et demi. Voilà, c'est pas très joyeux au point de vue météo, mais bon c'est la course. Ce n’est pas bon pour le moral de se faire bloquer comme cela par la météo mais malheureusement on n'y peut rien.
(...) Le problème est devant nous et dans 48 heures nous serons dedans. »
Point du 6 à 8h00 TU : distance parcourue : 648.40 mn - moyenne : 27.02 noeuds - avance : 490.50 mn.
 
06/02/08
14e jour
Tour, détours et cachotteries... Extraits de la vacation de Franck Cammas : « On fait énormément de route par rapport à Orange, on n'a pas arrêté d'empanner depuis les côtes du Brésil et là en plus on est en train de repartir dans le nord, donc pas super bien placés pour la suite. Maintenant on est vraiment heureux d'avoir fait le parcours dans des temps identiques à ceux d'Orange qui avait fait un super chrono. Nous sommes en bonne forme mais un peu déçus par la météo qui nous complique la vie. On est en train d'éviter les zones de grosse mer, ce n'est pas idéal ni pour le bateau et le confort, ni pour la performance. Heureusement qu'il y a ce petit record intermédiaire qui nous mettra du baume au coeur parce que la suite pour les 3 prochains jours n'est pas géniale pour nous. Tout dépendra de l'orientation des vagues, à 10° près cela peut changer la vie. Dès que la houle commence à être un peu trop de travers, des chocs sont répercutés dans le bateau avec de grosses amplitudes d'ondes qui passent de l'étrave à l'arrière et tout est secoué à l'intérieur : les bonhommes, les cloisons et la structure. Le pire moment sera dans 24 heures où la mer sera un peu plus travers, un peu plus grosse. On ne peut pas réduire la toile car nous sommes poursuivis par un anticyclone, si on ne veut pas tomber dedans, il faut continuer d'avancer. Si les conditions sont mauvaises on peut juste abattre un peu et gagner encore plus dans le nord. Vivement que cette zone de grosse mer soit passée pour aborder la suite. (...) Yves Parlier est sur la stratification depuis 24 h. Une cloison s'est décollée il y a une semaine. Elle a été recollée une première fois, et ça bouge encore. On lève un tout petit peu le pied car la façon de barrer n'est pas vraiment dans la toile. »
 
06/02/08
14e jour
Cap des Aiguilles... Franck Cammas et ses 9 équipiers ont fixé un nouveau temps de référence sur la distance Ouessant - Cap des Aiguilles en franchissant à 17h37 la longitude 20° E, après 13 jours et 8 heures et 47 minutes de navigation à bord de Groupama 3. Au quart du parcours et après 7200 milles nautiques parcourus, ils conservent 23h 30m et environ 430 milles nautiques d'avance sur Orange II.
Franck Cammas a révélé, aujourd'hui seulement, que le trimaran était victime d'une "petite avarie" depuis 8 jours. Le décollement d'une cloison centrale du bras arrière, qu'Yves Parlier essaye de réparer, aura-t-il des conséquences dommageables sur la suite de la tentative ? Le trimaran pourra-t-il s'engager en l'état, au delà des 40e puis des 50e, pour rester dans les temps du record ? A suivre.
Point du 7 à 8h00 TU : distance parcourue : 624.30 mn - moyenne : 26.01 noeuds - avance : 325.10 mn.
 
 
07/02/08
15e jour
Fier de mon équipage... Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Le vent est très très instable, la mer ne l'est pas moins, elle est haute avec 7 mètres de creux mais elle n'est pas encore très longue, c'est très désagréable. Le vent passe de 20 à 28 noeuds dans une risée, il est très difficile de savoir comment il faut toiler le bateau. On essaye de limiter les chocs au maximum mais parfois le bateau part très vite au dessus de 30 noeuds puis s'arrête brutalement. La plus grosse crainte est la mer. Les multicoques freinent en premier à cause de l'état de la mer et nos pas à cause du vent. C'est surtout le vent apparent sur le bateau qui est dangereux, on a intérêt à éviter une mer de travers et un peu grosse. Vivement que la mer se calme. On a encore 12 heures difficiles, après la mer devrait s'allonger et diminuer ce qui nous permettra d’accélérer. (...) Samedi nous aurons rendez-vous avec une dépression qui se forme devant nous et nous avancerons avec elle vers l’est en direction d'un anticyclone que nous contournerons par le sud pour arriver à Leeuwin. (...) La cloison décollée n'est pas une pièce maîtresse du bateau, mais on la répare pour limiter les mouvements et éviter un décollement plus important. (...) Je suis très très bien entouré, ce sont des gars très compétents, très surs, ils n'hésitent pas à aller manoeuvrer alors que la plage avant est à moitié sous l'eau. Je suis fier de mon équipage. »
Point du 8 à 8h00 TU : distance parcourue : 531.20 mn - moyenne : 22.13 noeuds - avance : 204.80 mn.
 
08/02/08
16e jour
Vers l'adonnante... Extraits de la vacation de Franck Cammas : « La mer se calme un peu, il y a moins de chocs, mais elle n'est toujours pas rangée car on suit la zone de houle. Cela va durer encore 24 heures, mais c'est toujours mieux qu'hier. Le vent passe de 15 à 25 noeuds en deux risées et nous oblige à toiler comme si il y avait toujours 25 noeuds. Là on a deux ris-trinquette. Ce matin on avait deux ris seuls car sur les crêtes de vagues cela partait à 28 noeuds de vent et en bas il n'y en avait que 15, 11 parfois. Le vent va se stabiliser, on va pouvoir mieux régler le bateau et essayer de se glisser dans le sud, le long d'une dorsale anticyclonique, avant de retrouver demain une adonnante avec des vents d'ouest qui nous permettra d'envoyer le gennaker. Nous allons descendre comme cela quasiment jusqu'aux Kerguelen avant d'empanner. (ndlr : à l'heure de la vacation, Groupama 3 était positionné à la latitude 38.50° sud alors que les Kerguelen sont situées à 49.30° sud) On va faire du reaching pendant 50 heures, pas trop vite, mais sur une trajectoire rectiligne. Faire du reaching dans ces mers formées fait souffrir les hommes et la structure du bateau. »
Point du 9 à 7h04 TU : distance parcourue : 524.90 mn - moyenne : 21.87 noeuds - avance : 175.90 mn.
 
09/02/08
17e jour
Le rodéo de l'Indien... Extraits de la vacation de Sébatien Audigane : « Ça va toujours pas mieux, l'Indien est fidèle à sa réputation. Ça fait maintenant trois jours qu'on fait du saute-mouton dans les vagues. Là on était dans la bannette avec Franck et Jacques et on n'a pas pu dormir une seconde. On est en lévitation constante. Le bateau saute de vague en vague, il y a une mer formée très dure de face et on a vraiment du mal à avancer. D'ici les dix prochaines heures on devrait toucher un peu d'adonnante. A la barre en ce moment c'est difficile. On essaye de freiner le bateau qui a tendance à s'emballer très vite à la moindre risée afin ne pas dévaler les pentes à 35 noeuds puis sauter par dessus une vague et tout casser. Cela ressemble à du rodéo. (...) Ça fait un moment qu'on n'a pas regardé la position d'Orange. Pour l'instant, la préoccupation principale est de sortir de cette mer, de retrouver des vents portants et le potentiel maximum du bateau. »
Point du 10 à 8h00 TU : distance parcourue : 577.40 mn - moyenne : 24.06 noeuds - avance : 353.50 mn.
 
10/02/08
18e jour
De l'enfer au paradis ? Extraits de la vacation de Stève Ravussin : « On commence doucement à sortir de l'enfer des trois derniers jours. On est avec la mer et c'est la première fois que ça glisse. C'est enfin meilleur qu'avant. Le matériel souffrait beaucoup. C'était dur pour le matériel et l'équipage. Je ne pensais pas qu'on allait autant taper, aussi longtemps. On fait un meilleur cap avec la mer. Pour l'instant on s'en sort pas trop mal, on va vite pouvoir allumer. »
 
11/02/08
19e jour
Latitude 46° Sud, cap au 90... Extraits de la vacation de Franck Cammas : « On a fait une bonne nuit sous gennaker, mais depuis ce matin le vent est très changeant. On traverse un front et ça refuse énormément. Là on est à nouveau au reaching à 80° du vent, on a du beaucoup réduire. Le vent est en train de retomber, on va envoyer de la toile. On est reparti plein est car la route sud nous semble difficile. On se remet un peu au travers avec un vent de nord qui nous empêche d'aller très vite, mais au moins on fait route directe vers l'est. (...) Le vent de nord nous emmènerait au sud et jamais il n'y aurait du sud-ouest pour nous remonter. Plus on va dans le sud, plus on risque de se retrouver avec des vents contraires. On attend que les dépressions se créent plus bas pour pouvoir descendre. (...) Le problème c'est qu'on avance plus vite que le front situé derrière nous et pas assez vite pour franchir le front devant nous. On est un peu coincé, cela peut mettre 48 heures pour qu'on sorte de cette zone de transition. Pour l'instant on bute un peu contre un mur. On va essayer de faire une journée rectiligne vers l'est et on verra ce qui se passe. »
Point du 12 à 8h00 TU : distance parcourue : 535.70 mn - moyenne : 22.32 noeuds - avance : 520.60 mn.
 
12/02/08
20e jour
Groupama 3 s'engage dans les 50èmes hurlants... Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Nous sommes avec des vents d'ouest / sud-ouest, tribord amure, 25 noeuds de vent, un ris-trinquette pour aller un peu plus vite vers le sud, donc on ne fait pas de la descente max. On gagne un peu dans le sud. L'objectif est de se positionner pour la suite mais bon on ne va pas gagner beaucoup non plus. On a un problème avec une dépression qui va se créer dans notre nord dans 3 jours et qui va faire des vents de nord très forts. Donc il faut éviter cette zone là et une façon de l'éviter c'est peut-être d'aller dans le sud et de la laisser passer avant de passer derrière elle. On essaye de se faufiler, c'est pas évident. (...) Pour l'instant on n'est pas beaucoup en avance, loin de là et malheureusement on a encore des météos de merde je trouve. J'aimerai bien que ça change un peu. On n'arrive jamais a être en bordure d'une dépression et d'un anticyclone. Il y a toujours des trucs qui nous tombent un peu ..., du vent de nord assez brutal ou du vent de sud assez brutal. Le point positif est que la mer n'est pas très haute et que ça passera et ça c'est bien. (...) Toute cette ambiance et cette pression d'être loin et dans un milieu vraiment à part, c'est vrai qu'on le ressent. Tout le monde sait exactement où se situe Groupama sur la carte. On n'en parle pas trop. On essaye de faire avancer le bateau et tout le monde arrive à très bien gérer cela. »
Point du 13 à 8h01 TU : distance parcourue : 562.20 mn - moyenne : 23.43 noeuds - avance : 434.20 mn.
 
13/02/08
21e jour
À la recherche de la trace de Joyon... Extraits de la vacation de Frédéric Le Peutrec : « Il y a de la bonne humeur, même si météorologiquement, ce n'est pas si simple de circuler en ce moment dans le sud. Joyon ne nous a pas laissé sa trace. On a beau la chercher, on ne la trouve pas. Il n'y a que des gens d'expérience sur Groupama 3. Ils savent que quand c'est pas bon un jour, il faut savoir patienter et attendre le lendemain, en espérant que les autres soient meilleurs. En ce moment on a un tout petit peu d'avance sur Orange, il n'y a pas de catastrophe. Il faut garder la tête haute et de l'enthousiasme. Dans la difficulté ce n'est pas la peine de s'enfoncer nous-mêmes. Donc on est prêt à saisir l'opportunité qui se présentera à un moment ou à un autre. On n'en doute pas.
La situation n'est pas simple, les systèmes ne sont pas très homogènes. Il y a pas mal de liaisons à effectuer qu'on a du mal à faire, avec des zones tampons de petit temps dans lesquelles on bute en ce moment. Il y a un anticyclone assez massif dans le sud de l'Australie qui nous oblige à un positionnement sud pour rattraper sa bordure. On a couru derrière un front qui aurait pu nous permettre de démarrer sur du vent de nord et rattraper le flux anticyclonique mais en fait ce front se déplace plus vite que nous. Là on est dans peu de vent, avec une mer qui est formée mais sans vent. On glisse tranquillement, le bateau va bien, le ciel est dégagé, l'eau est à 6°. On vient d'empanner, on fait un bord plutôt vers le sud, on cherche notre chemin.
»
Point du 14 à 8h06 TU : distance parcourue : 388.70 mn - moyenne : 16.20 noeuds - avance : 333.40 mn.
 
14/02/08
22e jour
Cap Leeuwin : ça caille copieux à la latitude 55° sud... Groupama 3 a doublé le Cap Leeuwin (Australie), situé à la longitude 115° Est, à 9h51 TU soit après 21 jours, 2 heures et 43 secondes de navigation depuis Ouessant. Le trimaran améliore de 11 heures et 6 minutes le temps réalisé par Orange II en 2005 et reste en avance de 12 heures. Extraits de la vacation de Franck Cammas: « Il fait froid, on est 53 ou 54° sud, l'eau est à 3°. Ça caille copieux, on ne reste pas longtemps dehors. Ce n'est pas du tout une zone réputée à iceberg, cela n'empêche qu'il faut regarder et que nous jetterons oeil sur le radar la nuit à venir.
Le vent est un peu remonté depuis 5-6 heures, c'est super. On va enfin avancer avec le vent d'ouest. Nous sommes toujours tribord amure en gagnant dans le sud en attendant une rotation, pour repartir à l'est dans 5-6 heures et viser le sud de la Nouvelle Zélande.
»
Point météo par Sylvain Mondon : « On a un cap qui devient intéressant avec de très bonnes vitesses, l'avance va pouvoir augmenter à nouveau dans les prochains jours. Ensuite Groupama 3 va rencontrer des vents moyens autour de 40 noeuds avec rafales autour de 50 au passage de la Nouvelle Zélande, avec des creux de 7 à 8 mètres. Par contre une dépression se déplace vers le sud de la Nouvelle Zélande avec des vents moyens de 60 noeuds, rafales à 80 et les creux dépasseront 10 mètres. On va rester vigilants sur la trajectoire de cette dépression pour ne pas être coincés par la Nouvelle Zélande dans des conditions extrêmes. Si la sécurité le nécessitait, on pourrait envisager un ralentissement du bateau. »
Point du 15 à 8h00 TU : distance parcourue : 611.60 mn - moyenne : 25.48 noeuds - avance : 340.60 mn.
 
 
15/02/08
23e jour
À 8 h TU : 8e journée à plus de 600 milles... Extraits de la vacation de Franck Proffit : « Malgré le nombre de milles parcourus en plus, malgré une météo plutôt très mitigée depuis l'Equateur, cela fait quand même plaisir d'avoir encore une douzaine d'heures d'avance sur Orange II, ce qui prouve l'excellent potentiel de Groupama 3 et la faculté d'aller vite quand on peut. (...) On peut avoir facilement 3-4-5 jours de bonne glisse parce qu'on va avancer avec le système. Faire 700 milles en une journée, ce n'est pas vraiment l'objectif. L'objectif principal reste le record du Trophée Jules Verne et de préserver le bateau. »
Au franchissement, le 16/02 à 4h43 TU, de la longitude 146° 49' E', marquant le passage de la Tasmanie, le trimaran compte 22 heures et 29 minutes d'avance sur le catamaran.
Franck Cammas fixe un nouveau temps de référence sur la distance Ouessant - Tasmanie en 22 jours, 20 heures, 52 minutes et 43 secondes. Par contre, il n'améliore pas le temps du record du monde WSSRC sur la distance Cap des Aiguilles-Tasmanie, appartenant à Bruno Peyron en 9 jours, 11 heures et 4 minutes.
Point du 16 à 8h00 TU : distance parcourue : 680.70 mn - moyenne : 28.36 noeuds - avance : 444.50 mn.
 
16/02/08
24e jour
Cap Maison... Extraits de la vacation de Stève Ravussin : « On a passé la mi-parcours, on est content de rentrer pour revoir toute la famille, nos petites chéries, etc... Ça va bien, le bateau avance bien, on est un peu où on veut, on est assez content que le bateau ne souffre pas, il est en très bon état. L'équipage est heureux. »
Point du 17 à 8h00 TU : distance parcourue : 662.10 mn - moyenne : 27.59 noeuds - avance : 574.70 mn.
 
17/02/08
25e jour
Faire le dos rond... Extraits de la vacation de Franck Proffit : « On est au plus fort du flux de la dépression avec des vents qui oscillent entre 30 et 40 noeuds. Nous venons d'empanner avec 35 noeuds de vent, cela ne s'est pas super bien passé, une petite latte a été cassée et il va falloir réparer. Quand on commence à casser des lattes, en général les autres suivent. C'est la une qui est cassée, elle n'est pas trop importante, on peut continuer à naviguer comme ça sans soucis. On la changera dès que ça se calmera au niveau du vent.
Une autre dépression se déplace dans le Nord et nous essayons d'éviter le gros du centre qui est à 200 milles dans notre sud où il y a des vents de 50 noeuds en ce moment et 11-12 mètres de creux. On ne veut pas trop jouer dans ce secteur là donc on fait un tout petit peu de nord pour rester dans des tranches de 30-40 noeuds avec des mers plus faciles.
Ce n'est pas dans ces mers là que l'on va le plus vite et puis il y a toujours le soucis de casser du matériel. Il vaut mieux faire le dos rond et malheureusement faire des trajectoires assez nord, donc plus longues, donc plus pénalisantes en termes de performances de records.
»
 
18/02/08
Groupama 3 a chaviré à 0h43, à 80 milles nautiques de la côte Est de la Nouvelle Zélande ... Déclaration de Franck Cammas : « Nous venons de chavirer. Le flotteur sous le vent (bâbord) s'est cassé en deux, entraînant la rupture des deux bras de liaison puis le chavirage par le côté. L'équipage est au complet, réfugié à l'intérieur de la coque centrale de Groupama 3. Aucun des 10 équipiers n'est blessé. Il y a 5 à 7 mètres de vagues et 25 à 30 noeuds de vent. La mer déferle et, pour l'instant, on ne peut mettre personne dehors. »
 
 
 

 
 

 
 

 
 

 
 

 
 

 
 

 
 

 
18/02/08
Communiqué de l'ambassade de France à Wellington (Nouvelle Zélande) : « La France remercie chaleureusement les autorités de Nouvelle-Zélande pour leur aide et pour l’efficacité dont elles ont fait preuve pour le sauvetage en mer de Franck Cammas et de l’équipage de son multicoque victime d’un retournement au large des côtes néo-zélandaises vers 03H00 du matin, heure de Paris.
Informée de cet accident par le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) de Gris-Nez (Nord Pas de Calais), la marine néo-zélandaise est en effet rapidement intervenue avec ses hélicoptères. Notre ambassade à Wellington a suivi de près le sauvetage du skipper et de ses dix coéquipiers et a demandé à notre consul honoraire à Dunedin de se rendre auprès d’eux. »
 
18/02/08
Réaction d'Olivier de Kersauson après le chavirage de Groupama 3 : « Après une première moitié de Tour du Monde très rapide que nous suivions avec passion, on regrette de voir s'arrêter cette démonstration, sans doute due à des conditions de mer particulièrement difficiles dans cette zone à cette époque. Ils sont tous sains et saufs et c'est l'essentiel : D'abord ramener les hommes, puis le bateau et si possible le record... On espère les revoir vite sur le magnifique parcours du Trophée Jules Verne, dont la violence et la beauté font toute la valeur. »
 
19/02/08
Sauvetage de Groupama 3 : Franck Cammas a quitté Dunedin en début de journée à bord d'un bateau de 25 mètres, équipé d'un moteur de 1000 cv, pour se rendre sur la zone de chavirage, accompagné par 8 équipiers munis du matériel nécessaire au retournement du trimaran. Yves Parlier est resté à terre pour assurer la liaison avec la base Lorientaise du team. Entretien téléphonique de Franck Cammas : « Le team Groupama de Lorient nous a transmis un plan et une procédure qui devraient nous aider à remettre le bateau à l'endroit. On en a pour une douzaine d'heure de mer avant de le retrouver. Si tout se passe bien, on pourrait être de retour à terre avec Groupama 3 en remorque dans quatre jours, probablement à Christchurch. »
 
20/02/08
Sauvetage en cours... Yves Parlier : « D'après ce que je vois sur les vidéos des journalistes qui ont survolé deux fois Groupama 3 aujourd'hui, les opérations vont bon train. Le mât en trois morceaux ainsi que la partie avant du flotteur bâbord sont dégagés du bateau. Les gars s'affairent sur la partie arrière du flotteur qui est coincée sous la coque centrale. On peut difficilement espérer de meilleures conditions météo malgré une longue houle résiduelle qui doit les gêner. Je n'ai pas beaucoup de relations directes avec le bateau mais j'imagine qu'ils ont bien d'autres choses à faire. Ils font un travail formidable et ne prennent aucune minute de repos pour essayer de retourner Groupama 3 avant la nuit. »
 
 

 
21/02/08
Le remorquage a débuté : selon la presse Neo-Zélandaise, la tentative de retournement de la coque centrale de Groupama 3 a échoué au large de Dunedin. Le navire envoyé sur zone, le Clan Mcleod, a pris le trimaran en remorque et évolue à la vitesse de 2.5-3 noeuds. Son retour à Dunedin est prévu vendredi, en fin de journée. Une nouvelle tentative de retournement pourrait avoir lieu a l'arrivée, avec l'aide d'une grue portuaire.
 
22/02/08
Toujours la poisse... Le trimaran est arrivé à Otago mais se voit interdire l'entrée du port en raison de mouvements prévus de portes-conteneurs. Cette situation est d'autant plus inquiétante que les conditions météorologiques se dégradent sensiblement dans la région : des vents avec rafales à 100 km/h sont annoncés.
 
23/02/08
Fin du chemin de croix... Après une très longue attente à faire des ronds dans l'eau à proximité de la digue, le trimaran écorché vif est entré dans l'étroit chenal du petit port de commerce d'Otago à 10h50 (heure locale). Il a été remorqué par une embarcation du port pendant 5 heures, à la vitesse de 1.5 noeuds. La circulation des navires de commerce a été suspendue pendant les opérations de remorquage. Les équipiers de Groupama 3 sont en train de vider le trimaran de ses équipements et vont pomper l'eau dans la coque centrale et dans les bras de liaison qui avaient été volontairement percés lors des essais de retournement en pleine mer. Une nouvelle tentative de retournement devrait avoir lieu dimanche matin à l'aide d'une grue portuaire. Groupama 3 est à bon port.
 
 
 
 

photos © Martin Balch
 
 
24/02/08
Mission accomplie... Groupama 3 flotte à nouveau dans le bon sens dans le port de commerce d'Otago. Les opérations de levage du trimaran ont été précédées par une longue phase de tri de bouts, cordages, drisses et élingues du gréément enchevêtrés entre le trampoline, la coque et les restes du flotteur bâbord. Groupama 3 a été soulevé à la jonction des bras de liaison et du flotteur tribord par deux grues installées à quai, puis positionné à la verticale. Le remorqueur de port le Kapu, a alors tiré la coque centrale pour l'éloigner du quai, donnant ainsi une inclinaison à la structure du trimaran qui a permis aux deux grues de le déposer doucement sur ses coques.
Mission accomplie pour Franck Cammas qui n'a pas voulu abandonner son bateau en pleine mer, mais la grand-voile, une petite section du mât n'ont pu être récupérés et les dégâts semblent importants. Une expertise devrait avoir lieu sur place, avant d'envisager un transport du multicoque par cargo, à destination de Lorient.
Merci Franck Cammas, Franck Proffit, Stève Ravussin, Loic Le Mignon, Frédéric Le Peutrec, Sébastien Audigane, Jan Dekker, Ronan Le Goff, Jacques Caraës, Yves Parlier et ... Groupama 3.
A bientôt pour un prochain Trophée Jules Verne ?
 
 

 
 

 
photos © Martin Balch
 
27/02/08
Franck Cammas
Post scriptum... extraits de la conférence de presse de l'équipage de Groupama 3 à Paris.

Franck Cammas : « On n'a pu faire que 24 heures sur tout l'Indien où on a pu exploiter le bateau comme on voulait. Sinon on était ou trop rapide, ou pas assez rapide par rapport à un phénomène météorologique. On n'a pas été gâté, j'espère que le sud n'est pas tout le temps comme ça. Pendant quelques jours on s'est demandé comment cela tenait et en Nouvelle Zélande on a peut-être eu la réponse. Le sud est un endroit où on s'engage, c'est difficile, on est loin de tout, il faut vraiment être en autonomie complète, il faut faire zéro erreur, il y a une certaine pression vis à vis de cela. »

Jacques Caraës : « Le paramètre essentiel qui laisse passer ces bateaux là est la météo. Comme le racontait Francis Joyon "c'est la mer qui m'a laissé passer". Et bien elle n'a pas voulu en laisser passer deux cet hiver et on n'est pas passé. »

Franck Cammas : « On n'en sait pas plus aujourd'hui au sujet de la casse. Il faut qu'on prenne le temps d'en parler avec les architectes, le calculateur de la structure, avec le chantier et regarder si tout a été fait conformément à ce qui a été prévu. Le concept du bateau ne doit pas changer, cela doit jouer sur quelques kilos de carbone qui manquent. Mais il ne faut rajouter 10 tonnes sur le bateau pour que cela tienne. On veut repartir l'hiver prochain, même si c'est un objectif peut-être très très ambitieux. Mais on veut repartir avec un bateau qui a un comportement identique à celui qu'il avait avant de chavirer et sans arrière pensée quant à la fiabilité du flotteur ou autre.
On a la chance d'avoir un partenaire qui a chaque fois qu'il nous est arrivé des accidents s'est trouvé derrière nous à la seconde suivante. Cela nous permet d'avoir toujours un objectif, c'est important pour oublier les mauvaises passes. L'objectif est de refaire ce tour du monde au plus vite.
L'avenir immédiat, c'est un départ en cargo pour Lorient le 13 mars, trouver un chantier, reconstruire un flotteur et un mât en entier et reconstituer le puzzle. C'est ambitieux, mais viser une mise à l'eau pour début novembre, un mois de navigation pour voir si tout fonctionne comme avant et ensuite un début de stand-by, ce serait bien.

J'ai envie de naviguer le plus vite possible. Si il y a des plans pour naviguer, je les saisirais. C'est en repartant que l'on ne pense pas au chavirage ou aux choses pas sympas. Cela reste toujours ma façon de voir et ce n'est pas ce chavirage qui va changer ma passion. »
 
Franck Cammas