Homologation du nouveau record du tour du monde par le WSSRC :
WSSR Newsletter No 206.
The WSSR Council announces the ratification of a new World Record.
Record : Outright Around the World
Yacht : Banque Populaire 5
Name : Loick Peyron. FRA and a crew of 13
Dates : 22nd November 2011 to the 6th January 2012
Start time : 08:31:42 UTC on the 22nd November 2011
Finish time : 22:14:35 UTC on the 6th January 2012
Elapsed time : 45 days 13 hours 42 minutes and 53 seconds
Distance : 21600 NM -
Average speed : 19.75 kts
Comments : Previous record: "Groupama 3" Franck Cammas, FRA. Mar 10. 48d 7h 44m 52s
Note : the RTW distance is calculated based on a “perfect sphere” as per WSSR rule 26.1a and consequently the average speed is for the great circle distance around the world.
John Reed - Secretary to the WSSR Council
10/01/12
Trophée Jules Verne 2011/2012 - vidéos en ligne :
1 - première partie du tour du monde, de Ouessant au Cap Horn ;
2 - deuxième partie du tour du monde, du Cap Horn à Ouessant ;
3 - comparatif en 3D des routes empruntées par Loïck Peyron en 2012, et Franck Cammas en 2010.
09/01/12
Banque Populaire V à vendre ? : après 22 ans de sponsoring voile, Banque Populaire va continuer d'envoyer de la toile en Imoca (Vendée Globe), en Figaro et en olympisme. En revanche, les records, c'est terminé, le Graal du Trophée Jules-Verne ayant été atteint.
La voile serait donc un bon placement. Il est vrai qu'à côté des budgets de football en Ligue 1 (27,5millions d'euros par an pour Brest cette année et 150millions d'euros pour Lyon l'an passé), le coût de construction du plus grand trimaran de course au monde peut paraître faible: 10millions d'euros, auxquels il faut ajouter le budget de fonctionnement à l'année. Le Trophée Jules-Verne en poche, reste maintenant à connaître l'avenir du géant : « Le Trophée Jules-Verne était pour nous le record ultime. On s'était donné trois saisons pour le remporter car on se doutait bien qu'on n'allait pas le battre du premier coup. Là, on est arrivé au bout du cycle. Cette grande chasse aux records est terminée. Nous n'allons pas retenter de battre notre propre record. On a toujours dit qu'une fois le record battu, on arrêtait avec le maxi ». Le géant, qui a rejoint sa base lorientaise hier en fin de journée, ne repartira pas. Sera-t-il vendu? « Si quelqu'un est intéressé, il est évident qu'on regardera », admet Chantal Petrachi. A quel prix? « Je n'en sais absolument rien ».
Aussi fabuleux et rapide soit-il, il ne sera pas simple de vendre un tel engin, surtout en période de crise. Rappelons que « Groupama 3 », vainqueur du Trophée Jules-Verne et de la Route du Rhum, est toujours à vendre mais qu'il n'a pas trouvé preneur à 4,5 millions d'euros.
Source : extraits d'un article de Philippe Eliès pour letelegramme.com
08/01/12
Retour à la maison : ce matin, le trimaran Banque Populaire V a quitté le port du Château à Brest, pour être convoyé jusqu'à sa base de Lorient, où il est arrivé vers 18h.
07/01/12
Interviews :
Loïck Peyron
Franck Cammas
Bruno Peyron
Pascal Bidegorry
07/01/12
Questions à Loïck Peyron : dernières confidences...
La plus belle image? : « Cette arrivée. C’était joli, dans la boucaille, avec une lumière incroyable et beaucoup de monde. Avec surtout une qualité de partage assez exceptionnelle. »
La plus grande peur? : « Elle a été permanente même si elle s’est peu vue. Dans mon rôle et avec mes responsabilités, on a toujours peur qu’il se passe quelque chose d’imprévu ou de redouté. Les icebergs étaient pas mal, par le nombre et la taille. C’était les enfants d’un iceberg luimême gros comme la Jamaïque, alors forcément…»
La plus belle joie? : « Quand ça s’est terminé. Mais aussi, même si ça a rendu un peu triste Pascal Bidégorry, quand j’ai découvert ce bateau et que j’en ai pris la barre. »
Le plus fou des équipiers? : « Ils ont tous un petit grain de folie. Il en faut pour supporter les moments un peu compliqués qu’on traverse, à cette vitesselà dans les endroits où l’on va. La bonne nouvelle, c’est qu’en additionnant leur folie, ils font les choses très sérieusement. »
Le plus gros coup de gueule? : « Une fois, j’ai haussé le ton. Quelques décibels, pour rappeler à l’ordre les jeunes fougueux. En tant que chef d’orchestre, j’imprime un tempo. C’était important de ne pas laisser les solistes faire déraper tout l’orchestre. »
Le plus grand secret? : « Comme j’aime bien ne pas dramatiser, on a gardé pour nous les quelques petits ennuis techniques, le mât enfoncé, ou les deux galettes de gennaker cassées. Expliquer ça aurait été une perte de temps. Parfois, j’abuse du silence. »
La plus grande envie à terre? : « Elle est presque exaucée à l’heure où je vous parle. J’ai ma femme et mes enfants à côté de moi. Il y a eu quelques larmes, il y en aura encore… Cette arrivée a été forte, très émotionnante. Je préfère ce mot à émouvant. Une arrivée en solitaire est plus égoïste. »
Le plus difficile à terre? : « Il suffit que je regarde les news dix secondes et je vais être très étonné de la futilité terrienne. On retombe vite dans le train-train. Mais avec plaisir. Le plus dur, c’est de gérer les obligations liées à cette belle histoire. »
Le plus grand voeu pour 2012? : « J’aimerais qu’on partage le mot respect. Que chacun essaie de l’utiliser du mieux possible, dans tous les domaines. C’est un petit mot qui peut changer pas mal de choses. »
Le plus grand skipper français? : « Il y en a plein. Personne ne souhaite et ne peut établir un classement entre nous. Regardez, samedi, Cammas a gagné le sprint dans la Volvo Ocean Race. C’est fort. On se respecte tous, parce qu’on a la mer en dénominateur commun. Il y a quelques cons, mais ils sont loin et au soleil. »
Le plus beau projet à venir? : « La Coupe de l’America avec Energy Team et Bruno (son frère). Un autre domaine, très différent. Mais ça reste de la voile et jusqu’à présent on se débrouille pas mal dans cette activité. Je vais vite m’y replonger. J’ai peur qu’il n’y ait pas de vacances. (Sa femme Christine l’interrompt). Ah si, j’ai des doléances! On va partir en croisière en famille, peut-être en février. »
Le plus rapide à l’avenir? : « Banque Populaire V a un potentiel un peu supérieur à Groupama 3, mais les deux peuvent battre ce record. La voile demande un investissement conséquent, mais avec des valeurs exceptionnelles qu’on est les seuls à défendre. Pour un an de salaire d’un footballeur, on fabrique un maxi-trimaran. À la différence que le salaire du footballeur va partir en Suisse ou à Monaco, alors que la même somme sera investie dans les chantiers navals et fera vivre des milliers de personnes. »
Source : Olivier Joly pour le jdd.fr
07/01/12
Présidence de la République : « Le Président de la République s'est entretenu par téléphone avec Loïck Peyron pour lui adresser, ainsi qu'à l'ensemble des membres de son équipage, ses plus chaleureuses félicitations.
Au terme de 45 jours de navigation passés à bord de l'unique et immense trimaran Banque-Populaire, Loïck Peyron, accompagné de ses 13 coéquipiers, devient, avec près de trois jours d'avance, le nouveau détenteur du Trophée Jules-Verne. Ce fabuleux exploit marque l'aboutissement d'une extraordinaire aventure humaine digne des plus grandes épopées du monde de la navigation. »
07/01/12
Premier Ministre : « Le service de presse de Matignon indique que le premier ministre François Fillon a adressé ses plus vives félicitations à Loïck Peyron et à ses équipiers. Cette victoire porte la signature d'un grand navigateur et d'une équipe de marins d'exception. Elle est aussi la marque de la très grande qualité de la voile française. »
07/01/12
David Douillet, Ministre des sports : « La France est très fière de l'exploit que vous avez réalisé. C'est un véritable exemple pour les sportifs Français en cette année olympique. Vous êtes la preuve vivante qu'en équipe, ensemble, avec un objectif commun, on peut tout espérer et tout gagner. »
07/01/12
Olivier de Kersauson : « C'est vraiment très bien ce qu'ils ont fait. C'est même exceptionnel. Je pense à Hubert Desjoyeaux qui en a construit quelques uns de ces bateaux exceptionnels. Le trophée Jules-Verne est un parcours ultime, c'est le record de référence. »
07/01/12
Franck Cammas : « Ils ont réalisé une première partie de tour du monde incroyable avec parfois plus de 2000 milles d'avance. Sur la seconde moitié, ils ont tenu le rythme pour finir avec plus de deux jours d'avance. C'est évidemment une super performance car c'est toujours compliqué de faire un tour du monde. A bord de bateaux qui vont aussi vite, il faut savoir tenir le rythme, les mener à la juste vitesse pour ne pas casser. L'équipage de Banque Populaire a su le faire et c'est du beau boulot. Il y a souvent eu de la frustration dans les trois dernières années. Je pense donc à ceux qui n'ont pas eu la chance de naviguer. Je tire aussi un énorme coup de chapeau à Ronan Lucas, le team manager. Entre la construction et la navigation, c'est lui qui s'est le plus impliqué dans ce projet. »
07/01/12
Bruno Peyron : « De manière symbolique et émotionnelle, oui, je suis ravi. Toute la famille est contente, on en plaisante en disant qu'on va ramener à la maman un quatrième
Jules-Verne à la maison. Le hasard a fait que j'ai été le premier à le lancer, et à chaque fois qu'on me l'a pris, je suis retourné le chercher. Là, Loïck me
venge de Cammas, c'est très bien, et j'ai envie de dire que si on nous le reprend, on y retournera ! »
07/01/12
Loïck Peyron : « Le sentiment de chacun à bord ? Emotion et joie ! Nous avons rempli une bonne partie du contrat. Nous apprécions maintenant notre victoire entre nous avant de revenir à Brest demain matin pour partager cette belle histoire avec tout le monde.
Nos mémoires sont pleines de magnifiques images: le départ, les icebergs, les albatros, les îles Kerguelen... Quand vous naviguez autour du monde pendant 45 jours, vous voyez beaucoup de choses. La seule que nous n'ayons pas vu c'est le cap Horn, mais cette frustration est effacée par ce record que nous avons maintenant entre nos mains.
Nous sommes très fiers ! En passant la ligne, on s'est fait la bise en se disant merci pour cette petite promenade. On dit souvent merci aux marins parce que ça veut dire beaucoup. »
06/01/12
Arrivée à Ouessant : en ralliant la ligne d'arrivée à Ouessant le vendredi 6 janvier 2012 à 22 heures 14 minutes et 35 secondes TU, après 45 jours, 13 heures, 42 minutes et 53 secondes de nagigation, Loïck Peyron, ses 13 équipiers et le trimaran Banque Populaire V se sont appropriés le Trophée Jules Verne et améliorent le temps du précédent record de 2 jours, 18 heures, 1 minute et 59 secondes.
Ils améliorent également le temps de référence de la remontée de l'Atlantique, Cap Horn-Ouessant, en ayant parcouru la distance en 14 jours, 15 heures, 24 minutes et 5 secondes, soit 1 jour, 11 heures, 46 minutes et 40 secondes de moins que Franck Cammas en 2010.
Distance orthodromique (parcours le plus court) : 21600 mn parcourus à la moyenne de 19.75 nds.
Distance sur le fond : 29002 mn parcourus à la moyenne de 26.51 nds.
06/01/12
Personne ne verra nos jolis sourires - Loïck Peyron : « Tout se passe bien, dans une mer d'Irlande un peu grise. Comme toutes les dernières heures, on a hâte que cela se termine, mais on apprécie chaque seconde. Il faut qu'on termine proprement, comme ça. On est à peu près tranquilles, paisibles, si tant est que l'on puisse l'être à 35nds de moyenne. Rien ne change à bord, il n'y a pas d'euphorie particulière pour l'instant. Quand on est partis, on espérait réaliser ce temps puisqu'on n'avait emmené que 45 jours de nourriture. Comme quoi c'était un tout petit peu prévu. C'était un espoir qui était un peu écrit. Il fallait un petit de chance, de compétence forcément, un petit peu de tout pour arriver à ça. Mais ce n'est pas encore fini. Une fois de plus, arrêtons de vendre la peau de quoi que ce soit avant de l'avoir chassé. Le vent va mollir tout doucement, la mer va s'aplatir relativement bien devant nous, ça va être assez joli. L'arrivée sur la ligne à Ouessant est prévue vers 21h30 et 22h TU. Les marins sont pudiques, on va mettre un point d'honneur à franchir la ligne de nuit, comme ça personne ne verra nos jolis sourires, on va garder ça pour nous. »
Bilan du jour 45 - distance parcourue : 719.80 mn - moyenne : 29.99 nds - avance : 1577 mn
05/01/12
Question à Pascal Bidégorry : Débarqué du projet en avril dernier, Pascal Bidegorry a suivi le Trophée Jules Verne derrière son ordinateur. Avec envie et non sans amertume.
Question : On imagine que cela ne doit pas être agréable de voir un autre skipper à la barre d’un engin qu’on a conçu, optimisé et avec lequel on a performé ?
PB : « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise (il souffle)... Bien sûr que je suis envieux ! D’avoir travaillé aussi longtemps, aussi durement, d’avoir mis autant de cœur, fait autant de sacrifices pour ce projet et de voir tout s’arrêter comme ça... Avec le trimaran de 60 pieds, puis avec le maxi-trimaran, on a gagné un certain nombre de courses ou de records pendant huit ans mais cela ne les a pas empêchés de me remercier du jour au lendemain. » Source : www.letelegramme.com
05/01/12
Ne pas faire refroidir les pneus - Marcel van Triest, routeur à terre : « Le bateau a entre 22 et 25 nds de vent de sud-sud-ouest, il va empanner pour aller chercher un petit peu plus de pression. Après cela va être tout droit avec des vitesses moyennes de 30 nds. Pour le WSSRC, il faut passer la ligne à moins de 4 milles nautiques d'Ouessant pour que le viseur puisse voir le bateau. Il y a deux règlements, celui du Jules Verne et celui du tour du monde. En ce qui concerne le Jules Verne, on pourrait couper la ligne plus au nord. L'arrivée est toujours prévu pour demain minuit heure de Paris. » Loïck Peyron : « On en train de slalomer et on va ré empanner dans peu de temps. On n'a pas tout à fait le vent qu'il faut pour l'instant. Jusqu'ici il n'y a pas eu d'erreur mais ça peut arriver assez vite. Donc il faut faire attention à ne pas faire refroidir les pneus parce que la sortie de route peut-être facile, surtout que le vent est assez capricieux. Il faut absolument qu'on avance relativement vite pour ne pas perdre le train de cette dépression qui va nous quitter bientôt, en partant vers le nord. (...) On a envie de rentrer mais il y a une sorte d'envie cachée de laisser trainer les heures. Il n'y a pas beaucoup d'épanchement. Ce n'est pas encore l'heure de faire le bilan, peut-être par superstition. (...) Ma première idée n'est pas de manger quoi que ce soit au niveau alimentaire, mais de retrouver ma femme et de la manger du regard, au minimum... »
Bilan du jour 44 - distance parcourue : 764.90 mn - moyenne : 31.87 nds - avance : 1361.80 mn
04/01/12
Question à Franck Cammas - Avez-vous pris des nouvelles de Banque Populaire V, qui est en passe de battre votre record sur le Trophée Jules Verne ?
FC : « J’ai regardé il y a deux jours. Je savais très bien que Loïck Peyron et son équipage allaient arriver largement dans les temps du record ! Visiblement, ils arriveront vendredi soir ou samedi. C’est bon pour eux et je leur souhaite beaucoup de plaisir. Je ne suis pas trop surpris par leur performance. Ils ont fait un bon parcours, surtout sur la première partie, avec 2000 milles d’avance. »
Source : Rodolphe Massé pour rmcsport.fr
04/01/12
Hommage à Pascal Bidégorry - Loïck Peyron : « Le jour se lève. Nous avons fait le dos rond autour de l'anticyclone des Açores, exactement comme il fallait le faire. Nous sommes sur une mer plate, avec une petite dépression sur notre hanche gauche et nous slalomons en dosant l'effort, avec pas beaucoup de vent à droite dans l'anticyclone et beaucoup de vent à gauche dans la dépression. Ça va vite, on est à 30 nds de moyenne. On risque de passer très très nord, dans le Fasnet et les Scilly. L'Eta est à peu près identique pour vendredi soir. (...) Il nous reste encore deux jours et demi de joli travail à faire. Cela n'empêche pas qu'on reste concentrés. La devise du bord est Fast mais pas trop furious. (...) On sent qu'il y a eu du boulot sur le bateau, depuis trois ans, non seulement de conception mais aussi de navigation. Tout ce programme n'a certainement pas démarré quand je suis arrivé. J'ai juste eu la chance incroyable d'arriver au sommet de la progression technique. J'ai changé la manière d'aborder le bateau, de le mener, en étant plus roseau que chêne; mais je n'ai pas fait de changement structurel. (...) Au niveau technique, tout va progresser et il est évident que ce record sera probablement battu dans quelques années. »
Bilan du jour 43 - distance parcourue : 621 mn - moyenne : 25.88 nds - avance : 1033 mn
03/01/12
Vers la terre promise - Loïck Peyron : « S'il est un mode de déplacement extrêmement aléatoire et imprévisible, c'est bien la marine à voile ; et cela ne le rend pas désuet pour autant. Même à bord du maxi Banque populaire V, le plus rapide chasseur de record de la planète, les choses ne se passent pas toujours comme on les avait rêvées, voire même seulement espérées. Et alors, où est le problème ?
Toutes ces frustrations, ces moments de doute, de fatigue et de stress, arc-bouté dans cette coque étroite à chaque saut de vague, toutes ces angoisses nocturnes dans les glaces, et ces joies silencieuses, quand la glissade sous un ciel brillant nous rapproche enfin de nos racines terriennes... Tout cela fait nos souvenirs et alimente les conversations du bord, autant que la prochaine virée imaginaire dans les bistrots brestois ou parisiens. Avec leurs lots d'aléas, ce sont au moins trois longues journées et trois plus longues nuits encore, qui nous séparent de cette pointe de l'Europe.
Nous avons courbé le dos et adouci notre trajectoire pour ne pas faire souffrir notre grand bébé bleu. Mer et vent s'accordent enfin à nous ouvrir un passage convenable vers notre destination. La lune elle-même nous aide un peu plus tous les soirs à guider nos fières étraves dans les creux sombres des vagues luisantes. Et si c'est encore un plein océan qu'il nous faut traverser, les narines se tournent déjà vers la terre promise à l'affût de la moindre phéromone perdue dans le vent. Un horizon peut en cacher un autre ; celui qui fuit devant nous est un beau lièvre que nous allons attraper. »
Source : carnet de bord de Loïck Peyron pour www.lemonde.fr
03/01/12
Savoir infléchir les routes - Loïck Peyron : « On est dans un ciel bleu exceptionnel, avec quelques petits nuages en bordure. Ça va accélérer au fur et à mesure. On fait le contournement de l'anticyclone. Le vent arrive tout doucement, exactement comme prévu. Tout va bien. On sait que la mer va être relativement calme pour les 3-4 jours à venir. Les conditions vont être enfin absolument parfaites pour finir ce tour du monde dans les meilleures conditions pour le bateau et les bonhommes. On est en train de déplacer tout le matériel, les vêtements et la nourriture restante, de l'avant vers l'arrière. On va se limiter à 30nds en n'allant pas trop dans le nord. Nous pourrons ainsi faire mollir le vent, en nous rapprocher un peu plus de l'est, s'il y en avait trop. Tout cela dans un souci d'intégrité de l'ensemble du navire, pour arriver dans le meilleur état qui soit à Ouessant, dans quelques jours. La route un peu plus courte était vraiment beaucoup trop casse-bateau. Il faut savoir investir, infléchir les routes. Le but du jeu est tout simplement de battre le record. Peu importe le delta. Le dernier routage nous amène à Ouessant le 6 à 23h TU. »
Bilan du jour 42 - distance parcourue : 388.50 mn - moyenne : 16.19 nds - avance : 850.60 mn