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Temps référence
d'Ouessant à :
Equateur Cap Bonne
Espérance
Cap des Aiguilles Cap
Leeuwin
Tasmanie Antiméridien Cap
Horn
Equateur Ouessant
Orange II
2005
7j 02h 56m 14j 05h 21m 14j 08h 19m 21j 13h 54m 23j 19h 23m 25j 21h 33m 32j 13h 29m 40j 19h 05m 50j 16h 20m
Groupama 3
2008
6j 06h 24m 13j 06h 1m 13j 08h 47m 21j 02h 43s 22j 20h
53m 57s
avarie
Groupama 3
2009
5j 15h
23m 11s
avarie
Groupama 3
2010
5j 19h
6m 47s
14j 13h
31m 43s
14j 15h
47m 54s
21j 14h
21m 54s
23j 9h
26m 7s
25j 7h
36m 36s
32j 4h
34m 7s
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11/03/10
Sous le soleil exactement - Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Hier soir on a passé 3 heures à 6 nds de vitesse avec 5 nds de vent et depuis on a un temps à grains toutes les 10 minutes. Le vent est très instable et pas très fort, c'est pas les grandes vitesses. Mais les conditions sont assez clémentes : beau temps, belle mer et chaleur. On est à l'entée des alizés même si on attend la rotation du vent mais ils ne sont pas très forts. Il va nous manquer quelques nœuds pour pouvoir accélérer avec Groupama. On croise les doigts pour que la réalité soit meilleure que les modèles météo. La rotation devrait intervenir dans les 36 heures avec ensuite forcissement du vent après le Pot au Noir. On pense passer l'Equateur dimanche matin. On croit toujours au record, ça va être serré car on ne sait pas comment ça va être dans l'hémisphère nord. Nous restons dans le match encore aujourd'hui. Dans 5-6 jours on saura si le record est battable ou pas. Ce sera serré et chaque mille gagné est extrêmement important, notamment dans les conditions de transition comme ici. On se bat, on fait au mieux, comme depuis le départ d’Ouessant. »
Bilan du 39e jour - distance parcourue : 256.50 mn - moyenne : 10.69 nds - retard : 309.10 mn

10/03/10
Tempête et fatigue - Loïc Le Mignon : « On devait avoir du 35-37 nds jusqu'à 8-10 heures maxi mais ça a continué avec du vent de 40-42 nds avec de grosses vagues jusqu'à 14 h. Ça a été impressionnant de se retrouver à cet endroit là avec du vent comme ça. Le bateau tapait beaucoup et comme on n'arrivait pas à dormir, on avait deux quarts et demi sur le pont. Du coup c'était plus simple pour les manœuvres : affaler l'orc, naviguer trois ris seuls et après renvoyer la toile au fur et à mesure. Là on est dans du petit temps avec du vent de 10-17 nds assez changeant en orientation. Cela fait 3 heures que l'on bataille avec un grain, il y a des bulles à gauche et à droite et on essaye de passer entre les deux. On espère retrouver des conditions plus optimales pour nous dans la suite du programme. Dans la nuit de jeudi, au niveau de Bahia, on doit toucher du vent de nord-ouest qui va basculer au nord, nord-est puis est-sud-est. Il y a une quarantaine de jours qu'on est sur l'eau et la fatigue commence à se faire sentir, les manœuvres ne se font plus aussi rapidement car on a perdu du poids, du muscle et du tonus. »
Bilan du 38e jour - distance parcourue : 320.70 mn - moyenne : 13.36 nds - retard : 384.20 mn

09/03/10
Nuit musclée - Frédéric Le Peutrec : « La nuit a été assez violente avec du vent de 25-30 nds dans une mer de travers. Le bateau fait des bonds terribles dans tous les sens. Les conditions sont plus éprouvantes pour les bonhommes que pour le matériel. La fatigue, la durée, l'envie exacerbée de ne rien péter et d'arriver rajoutent au stress. Physiquement on est rincés car ça bouge beaucoup dans les bannettes et on a du mal à dormir. Si on avait la capacité de s'arrêter dans un endroit calme et tranquille on s'endormirait tous dans les dix minutes. En ce moment, dans l'action, on ne peut pas checker le bateau. On fait attention aux bruits mais toutes les zones aveugles du bateau sont inaccessibles car il y a trop de mer, trop d'embruns, trop de violence pour s'exposer. Dans quelques heures, on va devoir négocier une dépression orageuse qui vient du Brésil, avec du vent de nord. On va retirer des bords avec bonheur. Je pense qu'il n'y aura pas trop de mer, car le flux n'est pas installé depuis longtemps et il n'est pas très étendu en longitude. On va faire du nord, sans aller trop dans l'ouest, et essayer de se garantir du vent pour rejoindre les alizés de sud-est. »
Bilan du 37e jour - distance parcourue : 508.20 mn - moyenne : 21.18 nds - retard : 331.20 mn

08/03/10
Le temps qui passe - Analyse de Sylvain Mondon de Météo France : « La tactique actuelle consiste à se faufiler en bordure de l'anticyclone dans des vents d'une quinzaine de nœuds et de se rapprocher le plus possible du nord, ce qui implique des virements de bords répétés. Pendant ce temps là, Groupama perd du terrain sur Orange II qui avait eu une trajectoire plus rectiligne. Dès aujourd'hui, vers midi, l'anticyclone va se décaler vers l'est, le vent va se renforcer, ce qui permettra au trimaran d'incurver sa trajectoire vers le nord et d'accélérer la cadence. A partir de mardi soir et jusqu'à jeudi, il faudra longer une zone très active au large de Rio avec des dépressions orageuse qui paralysent énormément le vent. Franck Cammas et ses équipiers devront être très réactifs en termes de positionnement sur le plan d'eau pour pouvoir progresser au maximum vers le nord. Les manœuvres seront donc très nombreuses. » Franck Cammas : « Pour avoir des chances de gagner, il faudrait ne pas avoir plus d'un jour de retard à l'Equateur. Il faut se battre pour ça, mais ça va quand même être limite. »
Bilan du 36e jour - distance parcourue : 304.60 mn - moyenne : 12.69 nds - retard : 326.60 mn

07/03/10
Perdre un chouille : extraits de la vacation de Jacques Caraës : « Nous savions que nous allions concéder quelques milles, mais cela fait partie de ce jeu là. Il faut accepter de perdre un chouille et on espère trouver du meilleur un peu plus haut. Si tout se passe bien, on devrait à un moment ou à un autre arriver à reprendre l'avantage sur Orange II. En 2005, on avait eu cette main magique qui nous avait transportée au portant très haut et très vite, dès la sortie du Horn et bien au delà des Falkland. Maintenant, pour la remontée de l'Atlantique, le trimaran Groupama 3 a des qualités exceptionnelles et même plus importantes pour pouvoir se battre. On n'a pas les mêmes conditions météo mais je pense qu'on a tout a fait notre carte à jouer et surtout sur la partie équatoriale où Orange II avait vraiment eu deux mauvaises journées dont une particulièrement mauvaise. Je crois que c'est un petit peu là que les aiguilles peuvent s'inverser et ensuite si on a l'opportunité de ne pas avoir trop d'ouest à faire mais une route quasi directe pour rentrer dans le Golfe de Gascogne, on peut tout à fait espérer arriver dans un timing positif. »
Bilan du 35e jour - distance parcourue : 485 mn - moyenne : 20.21 nds - retard : 100.10 mn

06/03/10
Entre l'air et l'eau : vacation de Thomas Coville : « On vient de vivre une transition entre les courants marins avec une hausse de la température de l'eau de 6° à 12° en 50 milles et une variation très rapide de la force du vent et de l'état de la mer. Le vent s'est rétabli, la mer est assez plate et on est de nouveau à la vitesse de 25nds conforme au potentiel de Groupama 3. Il est très bien équilibré, toutes voiles dessus, la coque centrale effleure l'eau. Il est entre l'air et l'eau, c'est magique et on se délecte de ces moments rares. À partir du cap Horn, la course contre la montre a commencé. L'objectif n'est plus de faire le tour du monde mais de gagner. Avant on devait maintenir le bateau, aller jusqu'au bout et montrer que ce concept de bateau léger et pas forcément très grand pouvait faire le tour du monde. On l'a prouvé en faisant le cap Horn et maintenant on veut aller jusqu'au bout et gagner. Les conditions qu'on avait depuis 24-36 heures n'étaient pas terribles mais quand on retouche du vent, ça met la banane. D'ici quelques jours, dans d'une transition au niveau du Brésil, il faudra être à 100% de ce qu'on est capables de donner. »
Bilan du 34e jour - distance parcourue : 555.30 mn - moyenne : 23.14 nds - avance : 58.80 mn

05/03/10
Et après ? - Extraits de la vacation de Franck Cammas : « Hier c'était un petit peu mou autour du cap Horn, c'est un peu bizarre de devoir tirer des bords dans ces contrées là. On s'est retrouvés au pied du cap au soleil couchant, on ne pouvait le voir plus près. C'était vraiment génial. C'est une montagne assez haute, encore plus imposante que sur les photos. J'ai très envie d'y retourner en croisière. Le gardien du phare nous a demandé d'où on venait et où on allait. On lui a dit qu'on venait de Brest et qu'on allait à Brest... Il a mis un certain temps avant de comprendre. Depuis on est repartis à fond sur une mer plate, dans un bon bord de reaching, avec un vent qui a adonné. On va faire du près dans du vent stable et pas très fort. Heureusement que Groupama 3 va bien dans ces allures là, mais on ira de toutes façons moins vite qu'Orange II qui était au portant dans des allures extrêmement favorables. On va perdre pas mal de temps sur cette partie là jusqu'à Rio. Il faudra se battre pour revenir après. Il fait froid et on a hâte d'enlever des couches (de polaires), mais ce n'est pas pour maintenant. »
Bilan du 33e jour - distance parcourue : 507.30 mn - moyenne : 21.14 nds - avance : 150.60 mn

04/03/10
Cap Horn : Groupama 3 a franchi la longitude 67° 16' marquant le passage du rocher mythique, situé à l'extrème sud du continent Américain, le 4 mars 2009 à 18 heures et 30 minutes TU, soit après 32 jours 4 heures 34 minutes et 7 secondes de navigation, nouveau temps de référence sur la distance Ouessant - Cap Horn. Il améliore également le temps de référence sur la distance Cap Leeuwin - Cap Horn en 10 jours 14 heures 12 minutes et 13 secondes.
Le record WSSRC de la traversée du Pacifique reste la possession d'Orange II qui avait mis en 2005, 8 j 18 h et 8' pour parcourir la distance Tasmanie - Cap Horn.
 
Groupama 3
Franck Cammas
Frédéric Le Peutrec
   
Stève Ravussin
Lionel Le Monchois
   
Thomas Coville
Loïc Le Mignon
   
Ronan Le Goff
Bruno JeanJean
   
Jacques Carraës
Stan Honey